Zhang Chunqiao

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Zhang Chunqiao (chinois simplifié : 张春桥 ; chinois traditionnel : 張春橋 ; pinyin : Zhāng Chūnqiáo ; EFEO : Tchang Tch'ouen-kiao) est un maoïste radical qui a occupé plusieurs postes au sommet du gouvernement de la République populaire de Chine avant d'être arrêté en octobre 1976 et condamné en 1981 pour son appartenance à la bande des quatre.

Jeunesse et ascension[modifier | modifier le code]

Fils d'un journaliste progressiste de Shanghai, né en 1917 dans une famille d'intellectuels de la province de Shandong, il a fréquenté de bonnes écoles et s'est forgé une éducation honorable.

Zhang a rejoint la Ligue des écrivains de gauche à l'adolescence, s'opposant au pouvoir de Tchang Kaï-chek, et a rejoint le Parti communiste chinois (PCC) en 1938, après la conférence de Yan'an, à l'âge de vingt et un ans[1].

Il a suivi une carrière d'apparatchik du journalisme d'État, écrivant pour l'agence Chine nouvelle à partir de 1950 et dans le quotidienJiefang Ribao (Libération), grimpant dans la hiérarchie du parti à mesure que sa réputation de journaliste croissait, jusqu'à être nommé chef du département de la propagande de la ville de Shanghai en 1963.

La révolution culturelle[modifier | modifier le code]

Il accéda au poste envié de secrétaire du Parti à Shanghai en 1966, année-charnière. Au sein du groupe de la révolution culturelle, mené par Jiang Qing, Chen Boda (le secrétaire de Mao) et Yao Wenyuan, et avec l'appui du Grand Timonier, Zhang a été l'un des acteurs-clés de la révolution culturelle dans la métropole de Chine orientale au pire moment de la terreur maoïste, entre 1966 et 1969. Il est membre des 9e et 10e Politburos du PCC. En 1967 Zhang dirigea avec Wang Hongwen le Comité révolutionnaire de Shanghaï, avec pour but de créer une Commune populaire de Shanghai sur le modèle de la Commune de Paris de 1870. Le mouvement, qui avait dégénéré, fut réprimé dans le sang quand il fut devenu évident que c'était un échec patent.

Le combat contre les modérés[modifier | modifier le code]

Zhang rejoignit le Comité central du PCC en 1969, et fut promu au Comité permanent en 1973. La même année, Deng Xiaoping, accusé pendant la révolution culturelle d'être « l'instrument no 2 du capitalisme », revint dans les allées du pouvoir. Mais les différentes des factions rivales continuaient de diviser le pouvoir politique. D'un côté, on trouvait le Premier ministre Zhou Enlai, Deng Xiaoping et une faction de modérés ou pragmatiques, de l'autre les radicaux, les gauchistes ou maoïstes menés par Jiang Qing. À la mort de Zhou Enlai en janvier 1976, Mao choisit son protégé Hua Guofeng, à mi-chemin entre le deux factions, pour assurer les fonctions de Premier ministre.

Le procès de la bande des quatre[modifier | modifier le code]

Un mois après la mort de Mao Zedong en septembre 1976, les membres de la bande des quatre (Zhang, Jiang Qing, la femme de Mao, Wang Hongwen et Yao Wenyuan) furent arrêtés par une unité d'élite de l'armée populaire de libération (APL), marquant la fin de la révolution culturelle.

À cette date, Zhang était vice-Premier ministre, no 3 dans la hiérarchie du pouvoir — c'est-à-dire derrière Deng Xiaoping, lui aussi vice-Premier ministre, et Hua Guofeng, le Premier ministre en titre. Il était également directeur du Département de Politique générale de l'APL, membre du comité central et du Politburo et considéré comme l'un des successeurs potentiels de Mao Zedong à la tête du PCC.

Accusés d'avoir tenté d'assassiner Hua Guofeng, le nouveau dirigeant du parti, un modéré comme Deng, les « Quatre » furent les vedettes de ce qui a été appelé la version chinoise des Procès de Nuremberg, un procès télévisé mené par trente-cinq juges. Le procès fut considéré par tous les observateurs extérieurs comme une mise en scène de légalité. Également accusés d'être directement responsables de la persécution de 729 511 personnes et de la mort de 34 800 d'entre elles pendant la révolution culturelle, ils servirent de boucs émissaires au régime entier. La page était tournée.

Zhang a été condamné par la Cour suprême de Pékin à la peine de mort, peine commuée en prison à vie en janvier 1983 après deux ans de moratoire. Puis sa sentence a été réduite à dix-huit ans de prison. Zhang avait été libéré sur parole pour raisons médicales en janvier 1998. Il est mort d'un cancer le 21 avril 2005 à l'âge de 88 ans[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Zhang Chunqiao, Obituary, The Economist, May 21st-27th 2005.
  • Zhang Chunqiao, 88, One Of China's Gang Of Four, Dies, The New York Times, May 11, 2005.
  • Zhang Chunqiao, un membre de la "bande des quatre", Nécrologie, Le Monde, 12.05.05.
  • China's Gang of Four member dies, BBC News, Shanghaï, May 10, 2005.
  • Member of China's Gang of Four Dies, The Associated Press, May 10, 2005.
  • Les Habits Neuf Du Président Mao, Chronique De La Révolution Culturelle, Simon Leys, ed. Champ Libre, 1971.

Références[modifier | modifier le code]