Jacques Grippa

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Jacques Grippa (1913-1990) est un homme politique belge.

Membre de la direction bruxelloise du Parti communiste belge (PCB) dans les années 1930, il fut l'un des dirigeants de la Résistance, arrêté par les nazis et torturé au fort de Breendonk. Il ne parlera pas, contrairement à plusieurs autres chefs communistes.

En 1963, il est exclu du PCB pour avoir soutenu Pékin contre Moscou lors de la rupture sino-soviétique. Maurice Massoz, Maurice Delogne et René Raindorf sont aussi exclus et sont rejoints par de nombreux membres de la fédération bruxelloise du PCB[1].

Le 22 décembre ces militants formèrent le Parti communiste wallon, présidé par Henri Glineur. Dans son journal La Vérité est lancé un Appel au Peuple wallon. Pour le journal, le fédéralisme est un combat de classe. En novembre 1965, fut fondé un Front populaire wallon. Toutefois l’Encyclopédie du Mouvement wallon (tome III, p. 1222-1223) émet des doutes à l'égard de l'engagement wallon de ce petit parti. Il faut cependant signaler qu'aux élections législatives de 1965 à Mons (où se présentait Jacques Grippa), au Borinage, de même que dans de nombreuses autres régions de Wallonie, plusieurs listes qu'on peut classer à l'extrême gauche se présentèrent aux suffrages des électeurs notamment en cartel avec le PCB ; phénomène qui pouvait parfois se prolonger à droite comme avec le PSI du député-bourgmestre d'Hyon Albert L'Allemand qui utilisa le créneau wallon tout en étant très mal accepté par le Mouvement wallon en quelque sorte officiel.

Jacques Grippa sera le premier et le principal leader maoïste en Belgique et en Europe. Le Parti communiste chinois le chargea d'organiser les marxistes-léninistes européens. Il fonda le Parti communiste de Belgique, d'obédience marxiste-léniniste, et l'hebdomadaire la Voix du peuple pour combattre les « révisionnistes » du Parti communiste belge. En 1967, le gouvernement chinois met brutalement fin à son soutien à Jacques Grippa. Le PCB-Pékin (surnom du PC de Grippa) implose et un nouveau Parti communiste marxiste-léniniste de Belgique (PCMLB) apparaît.

À partir de 1968, Jacques Grippa défend les positions de Liu Shaoqi, l'ancien président du Parti communiste chinois écarté du pouvoir par Mao Zedong. Jacques Grippa poursuivra son combat, mais avant sa mort il se rapprocha, après une tentative avortée en direction du Parti du travail de Belgique (PTB), du Parti communiste belge, resté prosoviétique.

En France, le courant « grippiste » a été représenté de 1965 à 1976 par le Centre marxiste-léniniste de France.

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 2010, p. 169.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Au cœur de la galaxie marxiste-léniniste promaoïste de Belgique, avec une photo inédite de Jacques Grippa et Mao Zedong, article de Manuel Abramowicz [1]