Abimael Guzmán

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Manuel Rubén Abimael Guzmán Reynoso, alias Président Gonzalo (né le 3 décembre 1934 à Mollendo, province d'Islay, Région d'Arequipa, dans le sud du Pérou) est le fondateur du Sentier lumineux (PCP-SL).

Il est le fils naturel d'un riche marchand[réf. nécessaire]. Sa mère est morte alors qu'il avait cinq ans[réf. nécessaire]. Après des études de philosophie, il devient professeur de philosophie à l'université d'Ayacucho, une région pauvre du Pérou.

En dissidence du parti communiste péruvien, il se tourna vers le maoïsme. Après un séjour de plusieurs mois en Chine, il démissionne de l'université en 1978, et entre dans la clandestinité pour fonder le Sentier lumineux, un mouvement qui prône la lutte armée pour renverser l'État péruvien. Qualifiés de terroristes par le pouvoir en place, ils étaient particulièrement violents et brutaux. Il fut des initiateurs de la « guerre populaire prolongée » qui débuta par un acte symbolique en mai 1980 : à deux jours des élections, un commando brûla les urnes de Chuschi, un village isolé du département.

Arrestation et jugement[modifier | modifier le code]

Son organisation est à l'image de son fondateur : obsédée par le secret. Ainsi, entre 1977 et 1991, les autorités ne parviennent à mettre la main sur aucune photo ou vidéo de lui. En 1992, durant le premier gouvernement d'Alberto Fujimori, le Groupe spécial d'intelligence (Grupo Especial de Inteligencia - GEIN) de la Direction nationale contre le Terrorisme (DINCOTE) commence à rechercher dans plusieurs résidences de Lima, suspectant que les terroristes les utilisaient comme refuge. Une des maisons surveillées, située dans le quartier aisé de Surquillo est celle de la danseuse Maritza Garrido Lecca, qui y vivait supposément seule. Cependant, les agents du GEIN remarquent que les poubelles de cette maison contenaient beaucoup plus de déchets que ce qu'une seule personne peut produire. Surtout, ils découvrent des tubes de crèmes et de médicaments utilisés pour le traitement du psoriasis, une maladie de peau dont ils savent que Guzmán souffre. Le 12 septembre 1992, le GEIN fait irruption dans la maison. Au second étage, ils trouvent et arrêtent Abimael Guzmán, et huit autres dirigeants du Sentier Lumineux, dont Laura Zambrano et Elena Iparraguirre, cette dernière étant la compagne de Guzmán.

Lors de la capture, la police saisit l'ordinateur de Guzmán, qui contient des documents qui révèlent la composition de son armée, les armes dont le groupe dispose ainsi que la localisation de leurs bases dans chaque région du pays. Le Sentier Lumineux compte alors 23 430 membres, armés de 235 revolvers, 500 fusils, et 300 autres armes comme des grenades. Le gouvernement présente alors Guzmán comme un psychopathe et un délinquant commun, l'exposant publiquement devant tous les médias de communication dans une cage, vêtu d'un uniforme rayé blanc et noir.

En octobre 1993, depuis sa prison, Guzmán propose, sous la pression du bras droit de Fujimori, Vladimir Montesinos, un accord de paix entre les membres du Sentier Lumineux encore dans la clandestinité et l'État péruvien, lequel ne se concrétise pas. Cette proposition a fait débat au sein des dirigeants du Sentier lumineux encore en liberté, certains s'estimant trahis par Guzmán, d'autres prenant cette déclaration comme un signe de la défaite du mouvement.

Guzmán est jugé par un tribunal militaire formé de juges masqués, afin de les protéger ainsi que leurs familles de représailles. À l'issue de ce procès de trois jours, il est condamné à la prison à perpétuité et incarcéré à la prison de la base navale de Callao. En 2003, le Tribunal constitutionnel estime que le tribunal militaire est anticonstitutionnel et ordonne un nouveau procès devant des juridictions civiles. Le 5 novembre 2004 commence le nouveau procès de Guzmán. Un scandale éclate après que Guzmán s'est servi de la présence de la presse internationale comme une vitrine pour son mouvement. Les trois juges nommés sont accusés en outre d'être trop cléments avec lui. Deux d'entre eux démissionnent. Un troisième procès est donc programmé. Il débute en septembre 2005 et condamne le 13 octobre 2006 Guzmán à une peine de prison à perpétuité pour le délit de « terrorisme contre l'État ». Il est aujourd'hui détenu à la prison de Callao.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur Abimael Guzmán[modifier | modifier le code]

  • 2007 : La Cuarta espada de Santiago Roncagiololo, traduit en français par François Rambaud, Éditions du Cerf, 2012, sous le titre La quatrième épée. L’histoire d’Abimael Guzmán et du Sentier lumineux Un compte rendu de ce livre.