Château de Meudon

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Château de Meudon
Image illustrative de l'article Château de Meudon
Restitution virtuelle du Château Vieux de Meudon
Période ou style Architecture baroque
Type Palais
Architecte Louis Le Vau / Jules Hardouin-Mansart
Propriétaire initial Abel Servien, Louvois, Monseigneur
Destination initiale Résidence
Propriétaire actuel République française
Destination actuelle Parc et jardins pour la partie publique / Autre partie gérée par l'Observatoire de Paris
Protection Logo monument historique Classé MH (1972, 2000, domaine et « bâtiment Y »)
Coordonnées 48° 48′ 18″ N 2° 13′ 52″ E / 48.805, 2.2311148° 48′ 18″ Nord 2° 13′ 52″ Est / 48.805, 2.23111  
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Hauts-de-Seine
Commune Meudon

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Meudon

Le château de Meudon est un château situé à Meudon dans le département français des Hauts-de-Seine. Il fut la résidence de Louvois puis de Monseigneur, dit le Grand Dauphin. Incendié en 1795 (ancien château) et en 1871 (nouveau château), le nouveau château, dont la démolition avait été envisagée, est transformé en 1876 en observatoire avant d'être rattaché à l'Observatoire de Paris en 1927.

Le site du château sur l'arête d'un plateau boisé offre des vues sur la Seine et Paris. Situé entre Paris et Versailles, au cœur d'une abondante réserve de chasse, jouissant d'une topographie idéale pour de vastes jardins, il bénéficia d'aménagements somptueux de la part de ses propriétaires successifs.

L'ensemble du domaine fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 12 avril 1972[1].

Le Hangar appelé « bâtiment Y » dans le parc de Chalais-Meudon fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 4 juin 2000[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château Renaissance[modifier | modifier le code]

La grotte de Meudon

On dispose de peu de sources sur l'origine du château, à part quelques noms de seigneurs à partir du XIIe siècle et la mention d'un manoir du Val de Meudon au XIVe siècle.

Le fief de Meudon est acheté en 1426 par Guillaume Sanguin, valet de chambre de Charles VII et trésorier du duc de Bourgogne. Le manoir n'est démoli qu'en 1520 par Antoine Sanguin qui fait construire un corps de logis carré en brique et pierre d'un étage avec combles à lucarnes ouvragées. Il est égayé à l'italienne de pilastres, bandeaux et encadrement de pierre. Antoine Sanguin fait don du château en 1527 à sa nièce Anne de Pisseleu maîtresse de François Ier. Pour mieux loger sa maîtresse, il entreprend d'ajouter deux pavillons carrés et deux ailes en retour terminées par des pavillons identiques. Ces agrandissements respectent le style du corps de logis. Dans le style d'Écouen on ajoute aux pavillons des tourelles d'angle en encorbellement.

À la mort de François Ier, Anne de Pisseleu, en disgrâce, doit vendre le domaine de Meudon en 1552 à Charles de Guise, cardinal de Lorraine. Le cardinal transforme alors sa résidence en s'inspirant des modèles italiens. Il fait doubler les ailes côté cour d'une galerie et terrasse sur des dessins de Primatice. Les intérieurs sont décorés de scènes du Concile de Trente par Taddeo et Federigo Zuccaro. Des jardins en terrasse et une orangerie sont créés autour de petits bâtiments dont un petit palais de fantaisie dédié aux nymphes et aux muses et surtout une grotte édifiée sur les dessins de Primatice entre 1552 et 1560. Celle-ci forme un petit palais sous un soubassement formé d'arcades. Trois pavillons adossés à la pente mélangent les styles italien et français. Le pavillon central abrite la grotte décorée de mosaïques, coquillages, coraux et majoliques dont le maître d'œuvre est Primatice. À l'étage du pavillon central, des antiques sont exposés. Cette grotte connaît un succès immédiat et sera louée par Pierre de Ronsard dans le Chant pastoral sur les noces de Mgr Charles, duc de Lorraine et Madame Claude, fille II du roy[2]. L'un des pavillons latéraux portera d'ailleurs le nom du poète.

Un joyau du classicisme[modifier | modifier le code]

À la mort du cardinal de Lorraine, le château reste propriété de la famille de Guise. Il est pillé pendant les guerres de religion puis sous la fronde. Il est racheté en 1654 par Abel Servien, surintendant des finances qui prend le titre de baron de Meudon. Il fait faire de grands travaux d'embellissement par Louis Le Vau. Le château est richement meublé et décoré. L'avant-corps central est remplacé par un pavillon octogonal surmonté par un haut toit en pyramide tronquée avec une vaste terrasse à son sommet : la calotte de Meudon d'où l'on peut admirer les jardins. On y accède par un grand escalier à double révolution. Le premier étage abrite un grand salon à coupole ouvert sur les jardins dans le style du Château de Vaux-le-Vicomte. Servien fait édifier une vaste terrasse sur l'avant-cour et commence à tracer le parc : une allée centrale est dégagée et l'on creuse bassins et étangs. Cet ensemble est clôturé en 1656. Servien meurt en 1659. Son fils est contraint de vendre le domaine de Meudon à Louvois en 1679.

Pour le puissant ministre, la situation de Meudon est idéale, à proximité de Versailles et de Chaville où se trouve la propriété familiale. Il se lance dans une série d'aménagements grandioses. Louvois enrichit la façade du château de bustes et de balcons sur colonnes. Il aménage somptueusement l'intérieur. Il fait poser des boiseries en 1684. Au-dessus des portes, figurent des peintures de fleurs dans le style de Jean-Baptiste Monnoyer, un cabinet présente des miniatures des bosquets de Versailles. La grande galerie qui occupe l'aile droite est ornée de 12 toiles de Van der Meulen sur les grandes batailles du règne. Louvois fait réaliser de vastes travaux hydrauliques pour alimenter les plans d'eau du parc. Le parc haut est percé et Le Nôtre travaille entre 1679 et 1681 sur les jardins. Il crée de nouveaux bosquets et bassins en particulier dans les jardins hauts et le parterre devant la grotte. Il fait également aménager un grand potager le long de l'avenue du château, afin de subvenir aux besoins du château ; potager qui prendra par la suite le nom de «potager du Dauphin ». En 1695, sur proposition de Louis XIV, la veuve de Louvois, Anne de Souvré échange Meudon contre le Château de Choisy et une soulte[3]. Le château va alors connaître sa période la plus brillante.

L'âge d'or du château[modifier | modifier le code]

Le Grand Dauphin, "Monseigneur"

Le Grand Dauphin fit faire de grands travaux au château de Meudon et contribua de sa cassette particulière aux frais et aux embellissements de ce château pour une somme de un million cent quarante mille livres, quoique le roi son père l'eût mis au nombre des habitations royales et à la charge des bâtiments de la Couronne[4]. Il fait redécorer les salons à son goût. Le Dauphin laisse s'exprimer à Meudon son tempérament d'artiste et ses propres conceptions artistiques rompant avec l'aspect grandiose du style Louis XIV. Pour la première fois, on utilise des lambris bois et or de chêne, sculptés et vernissés, précurseurs du style Régence. Le Dauphin réunit à Meudon ses riches collections qui rivalisent avec celles du roi : vases d'agate, tissus des Indes, tapisseries des Gobelins, porcelaines de Chine, tableaux de grands maîtres et surtout sa collection de gemmes. D'humeur changeante, il n'hésite pas à faire décorer certaines pièces à plusieurs reprises. Il occupa même quatre appartements différents dans le château au gré des agrandissements successifs. Le Dauphin aime à s'entourer à Meudon de ses amis, artistes et courtisans. Il y loge également sa maîtresse Mademoiselle de Choin, fée de Meudon qui est l'âme du domaine. Comme son père au château de Marly, Louis de France aime à retrouver à Meudon une ambiance plus détendue et chaleureuse auprès d'une compagnie choisie. Pour loger cette nombreuse suite, le Dauphin doit entreprendre de vastes travaux d'agrandissement. Il fait d'abord ouvrir une série d'appartements en entresol. Mais cela est insuffisant et, en 1702, il fait bâtir l'aile des marronniers qu'il relie au château par une galerie suspendue. Il y aménage au rez-de-chaussée un appartement de réception d'une surprenante simplicité qui tranche avec la pompe versaillaise. Il fait construire de nouveaux communs qui sont encore visibles. Il confie également à Jules Hardouin-Mansart la construction d'une chapelle. Antoine Coypel, ami du Dauphin, peint les tableaux d'autel. Les sculptures sont réalisées par Noêl Jouvenet, François Lespingola et Jean Hardy.

En 1705, la place manque toujours. Le Dauphin décide de démolir la grotte, passée de mode, et d'y construire un nouveau château, le Château neuf. Sa réalisation à laquelle collaborent Mansart et Louis XIV est confiée aux entrepreneurs de la Chapelle du château de Versailles. Le Château neuf comprend deux étages sur le parc et quatre sur l'ancien parterre de la grotte. Il est composé de trois pavillons couronnés de toits à terrasse faîtière reliés par un corps de logis un peu plus bas. Cette sobre architecture est enrichie par des sculptures sur les pavillons latéraux et des anges soutenant les armes du Dauphin sur le pavillon central. C'est surtout la disposition intérieure qui est l'innovation principale du bâtiment. Des enfilades d'appartements s'ouvrent sur un grand couloir médian desservant de grandes salles de réunion. La décoration intérieure qui met en lumière les collections du Dauphin est composée de lambris vernissés ou peints de couleurs claires, rehaussées de dorures. Le Château neuf fait l'admiration de toute l'Europe et lance un nouveau style.

Les jardins ne sont pas en reste. Le dauphin fait l'acquisition en 1696 du domaine de Chaville. Il se constitue une vaste réserve de chasse où lui et son père, qui aime Meudon, pratiquent la vénerie. Le parc de Meudon est ainsi relié à celui de Versailles. De nombreux embellissements sont menés dans les jardins. Louis XIV prend d'ailleurs plaisir à conseiller son fils en la matière. Il rédige même une Manière de montrer Meudon[5] sur le modèle de son texte rédigé pour Versailles[6].

Concernant le Château neuf, on peut se faire une idée du volume du vestibule d'entrée ouvert à l'italienne (voir le plan du premier étage ci-joint) en se rendant au musée Jacquemart-André à Paris, dans le salon de musique, qui a la même configuration. En outre, la façade sur jardin du château de Compiègne s'inspire de la façade sur deux niveaux du Château-Neuf de Meudon.

Plan général du Domaine de Meudon et Chaville

Déclin et destructions[modifier | modifier le code]

Le Château-Vieux de Meudon, aujourd'hui détruit (reconstitution)

À la mort du Dauphin en 1711, le château est délaissé. Louis XV lui préfère le château de Bellevue qu'il fait construire pour Madame de Pompadour. Le château est utilisé pour le logement des courtisans. Le parc est délaissé au profit de la réserve de chasse. On détruit des bosquets et l'on comble des étangs pour faciliter le passage des équipages. Le château est en partie pillé en 1792. En 1793 il est transformé par la Convention en établissement national pour différentes épreuves. Il sert alors de fabrique d'aérostats. En outre, un atelier d'artillerie est installé, où l'on procède à des essais d'obus.

En 1795, un incendie ravage le Château vieux. Il est détruit en 1803 après récupération de certains ornements réutilisables :

  • les colonnes de marbre sont réemployées pour l'Arc de Triomphe du Carrousel, (cette anecdote rapportée depuis 200 ans n'est pas juste : un article récent de Christophe Bourrel le Guilloux, dans Le Primatice Architecte, 2010, démontre la fausseté de cette proposition). Par contre, pour deux autres colonnes du Louvre situées au centre du pavillon Lescot, cela n'a pas encore été contredit
  • les colonnes en pierre à la petite rotonde du Luxembourg.

En 1807, Napoléon restaure les jardins et fait réaménager le Château neuf. Il y installe le roi de Rome en 1811. Mais, à la chute de l'Empire, le château est à nouveau délaissé. Le site est stratégique, dominant Paris, et une batterie d'artillerie prussienne y est installée en 1870. Le château est incendié par les Prussiens en 1871. Ses ruines sont confiées à l'astronome Jules Janssen en 1875, qui, entre 1880 et 1885, y construit, avec l'architecte Constant Moyaux, un observatoire, rattaché à l'observatoire de Paris en 1927[7].

Bien que le Château-Vieux ait été détruit, il reste tout de même beaucoup de la splendeur du domaine. On peut encore admirer l'avenue du château tracée par Louvois, les corps de garde et les communs du Grand Dauphin, le chenil de Louvois, la grande trouée de Servien, le nymphée et l'orangerie de Le Vau, et on devine le site des jardins en terrasse en contrebas de l'observatoire, ainsi que l'étang de Chalais et le tapis vert. Et surtout, la grande terrasse, réalisation la plus imposante, est en parfait état de conservation.

Description détaillée du domaine[modifier | modifier le code]

Le Château Vieux[modifier | modifier le code]

Chateauvieuxmeudonpremieretagelouvois2.jpg

Le « Château-Vieux », ou Grand Château, est le bâtiment central du domaine. Il se situe dans l'axe principal de la Grande Perspective. Il contenait au premier étage les plus belles pièces : l'appartement de Louis XIV, celui de Mme de Maintenon, le Grand Appartement de Monseigneur, ainsi que les pièces d'apparat, à savoir le Salon ovale, dit Salon des Maures, la Galerie de Meudon (d'une superficie de près de 300 m2), le salon du Petit Pont et le Salon des Albanes. On y trouve également le grand escalier.

Au premier étage, l'appartement de Louis XIV se compose d'une antichambre, dit le « Cabinet des Glaces », recouverte entièrement de miroirs, de la chambre du Roi, d'une petite pièce de passage, permettant de rejoindre les arrières, d'un cabinet d'Angle, commun avec celui de l'appartement de Monseigneur. L'appartement de Madame de Maintenon se compose d'une antichambre, d'une chambre, d'un Cabinet des Miroirs, pendant du Cabinet des Glaces du Roi, ainsi que de petites pièces à usage d'arrière-cabinets. L'appartement de Monseigneur se compose d'une antichambre, d'une salle à manger, d'une chambre et d'un cabinet d'angle, communs avec l'appartement du Roi.

Situées au premier étage, les pièces d'apparat (dites des « Jeux ») sont principalement : le Salon ovale, dit salon des Maures, où étaient installés douze bustes de Maures et Mauresques, le salon du Petit Pont, la Galerie, qui mesure quarante mètres de long et le salon des Albanes ;

La Chapelle[modifier | modifier le code]

La chapelle a été achevée en 1702, sur les plans de Jules Hardouin-Mansart. Cette construction a été suivie par Louis XIV lui-même, comme l'ensemble des travaux de Meudon. Cette chapelle est d'ailleurs formée sur le même modèle que la grande chapelle de Versailles. Toutefois, la chapelle de Meudon sera achevée une dizaine d'années avant celle de Versailles. Comme cette dernière, la nef est voutée en berceau et se termine par un cul-de-four au-dessus du sanctuaire. Au-dessus du maître-autel l'on voit une grande peinture d'Antoine Coypel haute de quatre mètres quatre-vingt-cinq sur trois de large, qui figure la Résurrection.

L'Aile des Marronniers[modifier | modifier le code]

L'ancienne cour des Offices, ou Basse Cour, sera transformée par Monseigneur, afin de créer des pièces d'apparat luxueuses. L'ensemble de l'annexe prend désormais le nom de l'Aile des Marronniers. Les grandes pièces de réception s'étendent sur la largeur de la Terrasse des Marronniers.

La Grotte de Meudon[modifier | modifier le code]

La grotte de Meudon est la sœur jumelle de cette « Maison du Théâtre » commencée pour Henri II, en 1556, par De l'Orme et continuée dès 1559 par le Primatice, joli belvédère qui, à la suite d'agrandissements vers la fin du siècle, deviendra le Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye.

« Le Primatice peignit pour le cardinal de Lorraine pour son Château de Meudon une grotte composée de plusieurs pièces entre autres de celle du pavillon où il y avait quantité de figures peintes à fresque dans le plafond ; on a détruit cette grotte en bâtissant le nouveau Château du temps de Monseigneur le Dauphin ayeul du Roy. »[8]

Le Château Neuf[modifier | modifier le code]

C'est à l'architecte Jules Hardouin-Mansart que l'on doit les plans du Château-Neuf que Louis XIV lui-même a approuvés. En effet, le marquis de Dangeau précise au 21 mai 1706 : étant à Marly, « le roi travailla le matin avec Mansart, qui lui montra les plans des bâtiments que S. M. veut faire à Meudon à l'endroit où est la grotte ». Ainsi, l'initiative des travaux semble revenir au roi, et les plans de l'annexe nouvelle lui sont soumis par le surintendant des bâtiments pour que le souverain, selon son habitude, les approuve ou les corrige.

Il est élevé sur l'emplacement de la Grotte, démolie préalablement.

L'originalité du bâtiment réside dans un couloir central qui dessert l'ensemble des logements.

Après presque deux cents ans d'existence, un incendie le ravage, le 31 janvier 1871. Les ruines sont livrées aux intempéries, sans doute un peu pillées, jusqu'en 1879 où une loi concrétise le choix du site de Meudon comme observatoire. Un projet de réaménagement des ruines est alors établi par l'architecte Constant Moyaux, sauvant de la destruction ce qui restait du château, en particulier les deux étages inférieurs moins affectés par le feu[9].

Les Communs[modifier | modifier le code]

Les nouveaux communs existent toujours de nos jours et sont parfaitement conservés ! Ils sont situés à l'entrée du domaine, en haut de l'avenue d'accès au château.

Les trois cours intérieures communiquent toutes par un passage central dégagé pour les chevaux. Les écuries ne possèdent qu'un seul étage, mansardé, ceci afin de ne pas boucher la vue sur Paris depuis l'Étang de Bel Air situé plus haut. Des logements en abondance pour le personnel du château garnissent cet étage.

Les Jardins[modifier | modifier le code]

Les jardins de Meudon étaient d'une grande magnificence, notamment durant la présence de Monseigneur, fils de Louis XIV. Il existait les jardins hauts et les jardins bas, sans compter la Grande Perspective, chef-d'œuvre de Meudon, qui s'étend sur un axe d'environ 3,5 km de long !

Le Parc[modifier | modifier le code]

Le parc de Meudon s'étendait jusqu'à celui de Versailles. Le dénivelé du terrain, la forêt dense, les nombreux étangs, de grandes plaines situées sur les hauteurs sont les principales caractéristiques de ce Parc au XVII° et XVIIIe siècle.

Le statut juridique du domaine de Meudon de nos jours[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, le domaine de Meudon est scindé en deux.

La partie basse : La grande terrasse et l'orangerie sont gérées par la ville. Ces espaces sont librement accessibles au public.

La partie haute : Le château neuf, les jardins hauts, ainsi que les communs situés à l'entrée, dépendent du ministère de l'Éducation nationale et sont affectés à l'Observatoire de Paris.

L'État reste le propriétaire de l'ensemble du domaine, tant en ce qui concerne la partie affectée à l'Observatoire que celle gérée par la mairie.

Toutefois, en ce qui concerne la partie du domaine accessible au public, l'État a signé une convention de gestion du domaine national de Meudon avec la ville de Meudon, laquelle en est désormais le gestionnaire. Financièrement, l'État assume toujours son rôle de propriétaire et gère les travaux d'élagage ou d'entretien. Il laisse à la Ville le soin de gérer ce site situé sur son territoire.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources des XVII° et XVIIIe siècle :

Bibliographie contemporaine :

  • Paul Biver, Histoire du Château de Meudon, Jouve et Compagnie, 1923. (Thèse)
  • Bourel Le Guilloux Christophe, “Il castello e la grotta di Meudon”, in Sabine Frommel (Dir.), Francesco Primaticcio, p. 283–303, Milan, 2005, Electa.
  • Bourel Le Guilloux Christophe et Morin Christophe, “Epilogi per una foresta di colonne: la Rotonda dei Valois e il castello di Meudon”, in Sabine Frommel (Dir.), Francesco Primaticcio, p. 228–233, 2005 Milan, Electa
  • Bourel Le Guilloux Christophe, « “Pour donner plaisir & contentement” : la grotta all’antica in Francia negli anni Cinquanta », in Coll., Villa Lante a Bagnaia, Milan, 2005, Electa, pp. 230–243.
  • (Collectif) sous la direction d'Alexandre Gady, Jules Hardouin-Mansart, Édition de la maison des sciences de l'homme, 2010.
  • Decrossas Michaël, Primatice à Meudon : un chantier inachevé, in “Documents d’histoire parisienne”, no 7, Paris 2005, p. 61–72
  • Devedjian Franck, "De la Cour des Offices à l'Aile des Marronniers : l'identification d'un plan inédit du château de Meudon", in Bulletin des Amis de Meudon no 246, octobre 2010, p. 2 à 29.
  • Devedjian Franck, "L'aspect extérieur du Château-Vieux de Meudon à la fin du règne de Louis XIV", in Versalia, n° 16, 2013, Société des Amis de Versailles, p. 91 à 110.
  • Devedjian Franck, "Le troisième château de Meudon : un plan inédit de l'Hôtel Courtin et de ses jardins", Meudon, 3 mars 2013, publié sur le site de l'auteur.
  • Devedjian Franck, Architecture et décor du château de Meudon sous Monseigneur (1695-1711), Master d'Histoire de l'Art, sous la direction d'Alexandre Gady, Paris IV Sorbonne, juin 2013.
  • Devedjian Franck, Manière de montrer Meudon, Les Amis du paysage française, octobre 2013.
  • Frommel Sabine et Flaminia Bardati, Fransceco Primatice, architecte (1503-1570), Éditions Picard, mars 2010.
  • de Grouchy (vicomte), Meudon, Chaville, Bellevue, 1893.
  • Jantzen Michel, avec la collaboration de Valérie Solignac, Plan général des jardins et châteaux de l'ancien domaine de Meudon. Étude historique et iconographique, commande du Ministère de la Culture, 1979.
  • Jestaz Bertrand, Jules Hardouin-Mansart, ' Édition Picard, 2008, 2 tomes en coffret.
  • Hamilton Hazlehurst Franklin, Des jardins d'illusion, le génie d'André Le Nostre, Somogy Éditions d'Art, traduction française 2005.
  • Herlédan Marie-Thérèse, Les perspectives de Meudon et la constitution foncière d'un axe, XVIe - XVIIe siècle, dans La culture d'André Le Nôtre, 1613-1700. Institutions, arts, sciences et techniques, actes du colloque de Sceaux, octobre 1999, sous la direction de G. Farhat, M. Mosser, A. Picon.
  • Hoog Simone, édition de l'ouvrage de Louis XIV, Manière de montrer les jardins de Versailles, Paris, Réunion des Musées nationaux, 1982.
  • Leproux Guy-Michel, Claudes Foucques, architecte du cardinal de Lorraine, de Diane de Poitiers et de Charles IX, in “Documents d’histoire parisienne”, no 5, Paris 2005, p. 15–26.
  • Ménard Jean, L'étonnante histoire du réseau hydraulique du château de Meudon, édition le taureau volant, 2003.
  • Pons Bruno, Le décor de l'appartement du Grand Dauphin au château neuf de Meudon, 1709. Gazette des Beaux-Arts, 1991-02, Tome CXVII - 1465e livraison.- p. 59-76
  • Villadier Francis et Marie-José, Histoire du Château de Meudon, imprimerie municipale de Meudon, février 1985.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00088117 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Le Chant Pastoral de Ronsard évoquant la Grotte de Meudon.
  3. Voir les mémoires du marquis de Dangeau, au mercredi 1er juin 1695 : « Le matin, le roi proposa à M. de Barbezieux l'échange de Choisy avec Meudon ; il lui demanda pour combien madame de Louvois avoit pris Meudon dans son partage ; M. de Barbezieux lui dit qu'elle l'avoit pris pour 500.000 francs ; sur cela, le roi lui dit qu'il lui en donnerait 400.000 de retour et Choisy, qu'il comptoit pour 100.000 francs, si cela accomodoit madame de Louvois ; qu'il le chargeoit de l'aller savoir d'elle, mais qu'il ne lui demandoit aucune complaisansce ; qu'il vouloit qu'elle traitât avec lui comme avec un particulier et ne songeât qu'à ses intérêts. M. de Barbezieux alla à Paris trouver madame sa mère, qui est contente de l'offre du roi et à qui l'échange convient fort. On signera le contrat au premier jour ; on n'a commencé à parler d'affaire que le matin, et elle fut finie le soir ».
  4. Histoire du château de Meudon décrite dans le livre scanné par Google Books - LE SIÈCLE DES BEAUX ARTS ET DE LAGLOIRE ou LA MÉMOIRE DE LOUIS XIV JUSTIFIÉE DES REPROCHES ODIEUX DE SES DÉTRACTEURS OUVRAGE OU SONT PASSÉS EN REVUE LES PRINCIPAUX AUTEURS QUI ONT ÉCRIT SUR LE RÈGNE BU GRAND ROI DEPUIS 1715 JUSQU'À NOS JOURS - ANCIEN SECRÉTAIRE DES ARCHIVES DE LA COURONNE - VERSAILLES CHEZ DUFAURE IMPRIMEUR RUE DE LA PAROISSE 21 - 1838
  5. MANIERE DE MONTRER MEUDON Il faut arriver par l'Avenue, et ensuite passer par la superbe Terrasse, pour arriver dans la Cour, où l'on doit descendre de carrosse. On visitera les appartements, et on sortira ensuite par le vestibule du milieu du Château. On ira droit à la Terrasse au-dessus de l'Orangerie, d'où l'on considérera la face de la Maison, les berceaux, l'Orangerie, le Parterre du Globe, celui de la Grotte, les grandes Allées de l'Orangerie, l'Ovale, les autres fontaines, et pièce d'Eau, que l'on peut voir d'une seule vue. On tournera à droit, et on ira en passant devant la Grotte, faire le tour du parterre du Globe, en tournant par la petite Terrasse des Marronniers en suivant la balustrade. On fera aussi remarquer la vue qu'il y a à l'Angle qui regarde l'Orangerie, puis on continuera la marche par-devant le Globe, que l'on fera regarder, ensuite on descendra sur le parterre de la grotte, par le premier Escalier que l'on trouve en venant de ce côté. On descendra ensuite par la Rampe de main gauche pour faire le demi-tour dudit parterre, et arrive à la rampe de l'Orangerie, où l'on descendra. On fera le tour de l'Orangerie, puis on descendra dans la grande allée de l'Orangerie jusqu'au grand Quarré. On descendra ensuite par la Rampe à droite de la pièce de l'Ovale ; on s'arrêtera un peu au bas de ladite Rampe, pour regarder les Allées qui y aboutissent, et les fontaines que l'on peut voir de cet endroit. On continuera la promenade par l'Allée des fontaines jusqu'à l'endroit où elle commence à s'élargir pour considérer l'octogone, la pièce des sept gerbes, les deux cascades et le vertugadin. On passera de là par la fontaine du cabinet (de Guénégaud), qui est dans le bois et on regagnera par les allées du même bois l'allée des fontaines, on descendra à l'Octogone (de Plomb), et ensuite le degré pour aller par l'allée du milieu du parterre jusqu'à la pièce des sept gerbes où l'on s'arrêtera pour regarder de cette place, les Cascades, la gerbe de l'octogone et les nappes et bouillons qui sont au bout de l'allée basse. On traversera ensuite à gauche, on longera l'allée basse jusqu'à la fontaine d'Artelon) qui est au bout, et on s'assoira aux bancs qui sont dans la place pour considérer l'effet d'eau de cette fontaine. Il faudra remonter ensuite par l'Allée en esse (S) qui conduit au point de vue, où l'on fera une pose pour regarder la vue. On ira par l'Allée du bout du jardin jusqu'à celle du petit bois qui se trouve au milieu de la salle des marronniers (près du jardin de M. Courtin), laquelle on traversera, et ensuite on retournera à gauche pour regagner le bassin qui est au milieu de l'allée du point de vue. On ira ensuite passer aux fontaines qui sont entourées de marronniers, et aux marronniers de Cléopâtre. Quand on sera vis-à-vis de la statue de Cléopâtre, on tournera à gauche pour regagner l'Allée basse où l'on fera encore remarquer la fontaine (d'Artelon) qui est bout. Il faudra ensuite remonter la petite rampe et repasser devant les cascades (de la pièce de M. Le Nôtre) et devant la pièce des gerbes jusqu'à l'allée qui monte à la gerbe de la demi-lune, laquelle on suivra jusqu'à cette fontaine dont on fer le tour, puis on montera par l'Allée de la demi-lune dans la grande Allée de l'Orangerie laissant le grand carré à droite. Il faudra remonter par l'allée neuve des communications jusqu'à la petite route qui monte au Parasol (dans le bois de l'Orangerie, au-dessus du grand Carré) laquelle il faudra suivre jusqu'audit Parasol, et on s'y reposera pendant quelque temps. On continuera la promenade par l'Allée à mi-côté jusqu'à la calotte pour voir la vue champêtre qui ne laisse pas d'avoir son agrément. On ira dans l'Allée du Gladiateur par celle du milieu du Bois de la petite Étoile, et en tournant à gauche, on suivra la grande Allée, jusqu'au rond du Gladiateur, où il faudra s'assoier pour considérer les différentes vues qui s'y rencontrent. Il faudra se remettre en marche par l'Allée qui va du rond du Gladiateur, tomber au milieu des cloîtres, on tournera à gauche pour faire le tour de ce lieu magnifique, que l'on continuera jusqu'à la grande allée qui va couper la Rivière, où l'on fera une petite pose pour voir les Chûtes d'Eau. On suivra toujours la même Allée jusqu'à l'endroit où elle donne dans celle du mail, où l'on tournera à droite, et il faudra la suivra passant par le grand rond jusqu'à la première Allée qui va au bassin du petit bois de bel air. On entrera dans ledit Bois, et l'on fera le demi-tour du Bassin, puis on gagnera la pièce de bel air. On fera le tour de cette pièce la laissant à gauche jusqu'à l'Allée du milieu qui va rendre au bassin de bel Air, dont on fera le tour tournant à gauche pour enfiler l'Allée du bel air, et la suivre jusqu'à l'entrée du bois de Montafilan. On entrera dans ledit Bois pour l'allée qui va au Cabinet de Pierre (ou de Montafilan), on tournera à droite dans l'allée du milieu qu'il faudra suivre jusqu'au bassin, et à la Terrasse de Montafilan. On suivra la Terrasse tournant à gauche pour descendre dans l'Allée qui va au Cabinet de la belle vue (situé au-delà des Capucins, sur la Garenne de Sèvres) dans lequel on entrera pour se reposer et y voir Paris, Saint-Cloud et les environs. Il faudra descendre sur le bastion des Capucins dont on fera le tour, et après y avoir demeuré quelque temps à considérer la beauté et la richesse du Pays, on remontera par la belle Allée jusque vis-à-vis le pont du Château qui entre dans le bout de la Galerie. On descendra par l'Escalier qui va du parterre du Bois, au parterre du Château, on fera le tour de la Maison et on ira sortir par la Grille qui sépare la superbe Terrasse des parterres. On finira la promenade par faire le tour de la superbe Terrasse et revenir par le Quinquonche (ou terrasse des Marronniers).
  6. Texte de Louis XIV, Manière de montrer les jardins de Versailles, disponible sur Wikisource.
  7. Un décret du 6 septembre 1875 créé en région parisienne un observatoire d'Astronomie physique. Janssen s'installe aux Communs en 1876. Le choix du site est concrétisé par une loi de 1879, des crédits de plus d'un million de francs ayant été votés en 1878 pour la restauration du château et l'achat d'instruments. En 1927, le regroupement avec l'Observatoire de Paris fait du site de Meudon sa Section d'Astrophysique.
  8. Abrégé de la vie des fameaux peintres, par Antoine-Joseph Dézallier d'Argenville (p 215) 1745.
  9. P-A Gatier, M. Jantzen, Architectes en Chef - Inspecteurs Généraux des Monuments Historiques, Transformation des ruines de l'ancien château neuf en observatoire, in "Comité de Sauvegarde des Sites de Meudon", Bulletins no 121 et 122, 2006