Château de Compiègne

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Château de Compiègne
Image illustrative de l'article Château de Compiègne
La façade côté jardin du château de Compiègne
Période ou style Architecture néoclassique
Architecte Ange-Jacques Gabriel et Louis Le Dreux de La Châtre
Début construction 1751
Fin construction 1788
Protection Logo monument historique Classé MH (1994)
Site web www.musee-chateau-compiegne.fr/
Coordonnées 49° 25′ 09″ N 2° 49′ 52″ E / 49.419167, 2.83111149° 25′ 09″ Nord 2° 49′ 52″ Est / 49.419167, 2.831111  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Picardie
Commune Compiègne

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Château de Compiègne

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Château de Compiègne

Le château de Compiègne est une ancienne résidence royale et impériale située à Compiègne dans l'Oise (Picardie, France).

Le château de Compiègne fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 24 octobre 1994[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le palais royal mérovingien[modifier | modifier le code]

Quatre palais se sont succédé à Compiègne. Le plus ancien remonte au début de la dynastie mérovingienne et datait vraisemblablement du règne de Clovis[2]. Il était probablement construit en bois et son emplacement est malaisé à déterminer.

De nombreux actes officiels sont datés de Compiègne, ce qui semble indiquer que les Mérovingiens y passaient du temps. C'est dans ce « palais royal »[3] de Compiègne que meurt Clotaire Ier en 561, au retour d'une chasse à Saint-Jean-aux-Bois.

C'est à Compiègne que Clotaire II fait la paix avec son neveu Thibert II (ou Théodebert) en 604. Dagobert Ier y réunit en 633 le parlement qui décide de la fondation de la basilique de Saint-Denis et c'est au palais qu'était conservé son trésor, partagé en 639 entre ses successeurs.

Sous les Carolingiens, Compiègne est fréquemment le lieu de réunion des « assemblées générales » d'évêques et de seigneurs et, à partir du règne de Pépin le Bref, devient un lieu important sur le plan diplomatique : c'est là qu'en 757, Pépin accueille, au milieu d'une grande assemblée, une ambassade de l'empereur de Constantinople Constantin V Copronyme et qu'il reçoit l'hommage du duc de Bavière, Tassilon III. C'est là aussi que Louis le Pieux réunit plusieurs assemblées dont deux, en 830 et 833, tentent de le pousser à l'abdication.

Le palais de Charles le Chauve[modifier | modifier le code]

Charles le Chauve établit progressivement à Compiègne le siège de son autorité royale puis impériale. En 875, il y reçoit une ambassade de l'émir de Cordoue, Muhammad Ier, qui apporte de riches présents convoyés à dos de chameau. Sacré empereur à Rome à la Noël 875, Charles fonde en 877 l'abbaye Notre-Dame de Compiègne[4] qu'il établit à l'emplacement de l'ancien palais mérovingien, tandis que lui-même se fait construire un nouveau palais situé vers l'Oise, auquel l'abbaye sert de chapelle impériale, sur le modèle du palais que son grand-père Charlemagne avait créé à Aix-la-Chapelle.

Le fils de Charles le Chauve, Louis II le Bègue, est intronisé et sacré à Compiègne en 877, dans la chapelle palatine, où il est enterré deux ans plus tard, en 879. C'est là qu'est sacré Eudes, duc de France, fils de Robert le Fort, proclamé roi en 888 par l'assemblée des grands de préférence à Charles le Simple, trop jeune. Devenu roi à son tour, ce dernier séjourne fréquemment à Compiègne qui reste la principale résidence des souverains de la deuxième dynastie. C'est là que meurt le dernier des Carolingiens, Louis V, en 987.

Les Capétiens continuent à fréquenter Compiègne, mais le palais perd progressivement son rôle politique. Le développement de la ville de Compiègne les conduit à aliéner peu à peu l'ancien domaine royal au profit de la population[5]. Philippe Auguste renforce les murailles de la ville et fortifie le vieux palais carolingien en érigeant un donjon pour mieux contrôler l'Oise.

Le processus d'aliénation du domaine royal s'achève sous Saint Louis; seules la grande salle et la tour de l'ancien palais sont conservées comme siège et symbole de l'administration militaire et féodale, mais les grandes assemblées doivent désormais se tenir à l'abbaye Saint-Corneille. Le roi ne conserve à Compiègne qu'une modeste résidence en lisière de la forêt, au lieu-dit Royallieu[6].

Le palais médiéval[modifier | modifier le code]

Charles V édifie vers 1374 un château à l'origine du palais actuel. En 1358, alors qu'il n'est encore que régent du royaume, il a réuni à Compiègne, dans l'ancien palais carolingien, les états généraux et éprouvé le manque de sécurité du logis de Royallieu, en lisière de forêt.

Il décide alors de bâtir un nouveau château sur un terrain qu'il rachète en 1374 aux religieux de Saint-Corneille, à qui Charles le Chauve l'avait vendu. Il faut faire abattre les maisons qui s'y trouvent et les travaux ne sont pas terminés lorsque Charles V meurt en 1380.

C'est ce château qui, agrandi au fil des siècles, va donner naissance au palais actuel; n'en subsistent que quelques vestiges noyés dans la maçonnerie du bâtiment.

C'est dans ce château que Charles VI réunit les états généraux de 1382. Les rois séjournent fréquemment à Compiègne avec une interruption au XVe siècle, la ville tombant aux mains des Bourguignons entre 1414 et 1429. Charles VII, qui vient de se faire sacrer à Reims, y fait son entrée solennelle le 18 août 1429 et y séjourne pendant douze jours, inaugurant la tradition du séjour du roi à Compiègne au retour du sacre, qui sera observée par presque tous les monarques jusqu'à Charles X inclus.

Il ne revient à Compiègne, accompagné du dauphin, le futur Louis XI, qu'en 1441, pour trouver un château très endommagé au cours de différents sièges, qu'il fait remettre en état et agrandir en 1451, à l'occasion d'un séjour prolongé.

Charles VIII et Louis XII font plusieurs séjours à Compiègne. François Ier, qui y vient fréquemment, fait améliorer les bâtiments et se préoccupe de l'aménagement de la forêt.

Son fils, Henri II, qui y séjourne pour des durées généralement plus longues, fait décorer la Porte-Chapelle, percée dans le rempart de la ville pour donner accès à la cour de la chapelle du château.

Charles IX est à l'origine de la création d'un « jardin du Roi » d'environ six hectares[7], qui constitue l'amorce du futur parc. Les troubles des guerres de Religion sont peu propices à de longs séjours royaux à Compiègne. Henri III doit renoncer à tenir à Compiègne les états généraux de 1576[8], mais c'est en l'église de l'abbaye Saint-Corneille que son corps est transporté pour y être inhumé après son assassinat en 1589[9], Compiègne étant alors la seule ville royale à être encore « au roi ».

Le château de Compiègne, inoccupé et mal entretenu durant les guerres de Religion, est devenu inhabitable. Lorsque Henri IV vient à Compiègne, il préfère loger en ville, tandis que l'atelier des monnaies est installé dans le château en 1594. Toutefois, à partir de 1598, les travaux de réparation commencent.

Quand Louis XIII vient pour la première fois à Compiègne, en 1619, il trouve le séjour si agréable qu'il y revient trois fois dans l'année. En 1624, il s'y installe d'avril à juillet et reçoit au château une ambassade du roi d'Angleterre Jacques Ier ainsi que les délégués des Provinces-Unies. Lors de son dernier séjour, en 1635, Louis XIII ordonne la réfection totale des appartements du Roi et de la Reine, réalisée sous la régence d'Anne d'Autriche.

Sous Louis XIV l'exiguïté du château amène à construire en ville des bâtiments pour les grandes et petite chancelleries, les écuries du Roi et de Monsieur, des hôtels pour les ministres et leurs bureaux, car Compiègne est, avec Versailles et Fontainebleau la seule demeure royale où le Roi réunisse le Conseil. Pour autant, le roi considère avant tout Compiègne comme un séjour de repos et de détente; il aime à y chasser et fait tracer le Grand Octogone, 54 routes nouvelles et construire des ponts de pierre sur les ruisseaux.

L'Électeur Maximilien-Emmanuel de Bavière séjourne à Compiègne de 1708 à 1715.

En 1666 a lieu le premier "camp de Compiègne", premier d'une série de seize grandes manœuvres militaires, dont le dernier se tiendra en 1847, destinées à la formation des troupes et de leurs chefs, à l'éducation des princes et au divertissement de la Cour et du peuple. Le plus important de ces camps est celui de 1698 où, selon Saint-Simon, « l'orgueil du Roi voulut étonner l'Europe par la montre de sa puissance [...] et l'étonna en effet ».

Après 1698 Louis XIV ne revient plus à Compiègne et le château reste inoccupé pendant dix ans.

D'octobre 1708 à mars 1715, il accueille l'Électeur de Bavière Maximilien II Emmanuel, mis au ban de l'Empire et à qui son allié Louis XIV offre asile et protection à Compiègne.

La reconstruction du château au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Louis XV arrive pour la première fois à Compiègne le 4 juin 1728. Le jeune roi a choisi de s'établir au château pendant qu'est réuni à Soissons le congrès qui discute de la paix avec l'Espagne. Prenant un grand plaisir à chasser dans la forêt, il va chaque été y passer un à deux mois.

L'incommodité du château, ensemble de bâtiments sans unité, sans plan d'ensemble, mal reliés entre eux et trop petits[10] devient manifeste. Après une campagne d'aménagements intérieurs (1733), des travaux d'agrandissement sont réalisés sous la direction de Jacques V Gabriel de 1736 à 1740.

Le château devint rapidement la résidence préférée de Louis XV, qui envisagea un temps d'y déplacer sa résidence permanente.

Entre 1740 et 1751, plusieurs projets de reconstruction totale sont présentés. Tous sont éclipsés par celui qu'Ange-Jacques Gabriel présente en 1751 : immédiatement agréé, il est aussitôt mis à exécution. Malgré les travaux, Louis XV continue de venir souvent à Compiègne, où il aime à chasser. C'est là qu'il choisit d'organiser, le 14 mai 1770, une réception en l'honneur de l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche, venue épouser le dauphin, futur Louis XVI, et accueillie en forêt de Compiègne quelques heures auparavant.

Sa mort n'interrompt pas les travaux, qui sont poursuivis à partir de 1776 sous la direction de Louis Le Dreux de La Châtre, élève d'Ange-Jacques Gabriel avant de devenir son collaborateur; il achève la reconstruction du château en respectant scrupuleusement les plans de son maître. L'ensemble – gros œuvre et décors – est achevé en 1788.

Louis XVI vient très peu à Compiègne; il y séjourne une première fois en 1774, peu après son accession au trône, et, conformément à la tradition, s'y arrête en 1775 trois jours en allant à Reims et trois jours en en revenant. Par la suite, il n'y fait que quelques brefs séjours de chasse. L'accélération des travaux, à la suite de décisions prises par le Roi et la Reine en 1782, rendait au demeurant le château difficilement habitable. le couple royal ne vit pas ses appartements terminés.

L'assemblée des notables de 1787 juge les dépenses effectuées à Compiègne excessives. Sous la Révolution, le mobilier est vendu, comme celui des autres résidences royales (mai-septembre 1795).

En 1799, une première section du Prytanée militaire est installée au château, avec d'autres éléments, elle forme l'École des Arts et Métiers, qui occupe le bâtiment jusqu'en 1806.

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

Le 12 avril 1807, par un décret daté de Finckenstein, Napoléon Ier ordonne la remise en état du château. L'architecte Louis-Martin Berthault est chargé de la direction des travaux. Ceux-ci consistent en la mise hors d'eau du bâtiment et en de considérables travaux de réaménagement intérieur et de décoration[11]. Une grande galerie (galerie de Bal) est notamment créée dans une aile de la cour des Cuisines à partir de 1809.

Le jardin est entièrement replanté et une continuité est créée avec la forêt, le mur d'enceinte étant remplacé par une grille.

Charles IV d'Espagne, déposé par Napoléon Ier, est détenu à Compiègne pendant quelques mois en 1808.

Dans l'ancienne aile de la Reine, Berthault commence par aménager sommairement un appartement destiné au logement d'un roi étranger, qui ne tarde pas à recevoir Charles IV d'Espagne, qui arrive à Compiègne le 18 juin 1808, après avoir été contraint d'abdiquer. Il y reste jusqu'en septembre avant d'être transféré à Marseille.

Napoléon accueille à Compiègne l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche, future impératrice, le 27 mars 1810 pour leur première rencontre. La Cour revient à Compiègne après le mariage, célébré à Paris. Elle y retourne l'été suivant, le couple impérial étant accompagné, cette fois-ci, du roi de Rome. En 1813, le château abrite provisoirement le roi de Westphalie Jérôme Bonaparte et la reine Catherine.

Le 1er avril 1814, le château est vaillamment défendu par le major Otenin. Peu après, Louis XVIII, sur le chemin de Paris, choisit de s'y arrêter quelques jours pour analyser la situation avant de faire son entrée dans la capitale (29 avril - 2 mai 1814)[12].

Dans les années suivantes les princes et les princesses de la famille royale viennent fréquemment à Compiègne, mais toujours pour de brefs séjours d'un à deux jours, parfois même une nuit ou quelques heures, à l'occasion d'une chasse, avec une très petite suite.

Charles X fait son premier séjour à Compiègne comme roi de France du 8 au 10 novembre 1824, accompagné d'une suite nombreuse. Du 24 au 27 mai 1825, il s'y arrête sur le chemin de Reims et, au retour, séjourne au château, selon l'usage, du 1er au 13 juin. Il y vient ensuite fréquemment pour de brefs séjours de chasse, en dernier lieu du 24 au 29 mai 1830. Le château est sous le majorat de Mathieu de Montmorency et Arnouph Deshayes de Cambronne.

Le règne de Napoléon III marque une période faste pour le château de Compiègne.

Louis-Philippe vient pour la première fois à Compiègne en 1832 pour préparer le mariage de sa fille aînée Louise avec le roi des Belges Léopold Ier, qui est célébré au château le 9 août 1832.

Après la Révolution de 1848, Compiègne devient domaine national. Le Prince-Président, Louis-Napoléon Bonaparte, s'y rend en février 1849 à l'occasion de l'inauguration de la ligne de chemin de fer Compiègne-Noyon.

Devenu empereur, il revient y passer une dizaine de jours du 18 au 28 décembre 1852, avec une suite d'une centaine de personnes. Au cours de l'automne 1852, il y fait une cour assidue à Eugénie de Montijo. S'étant émerveillée lors d'une promenade dans le parc de l'effet produit par les gouttes de rosée sur un trèfle, elle se voit offrir dès le lendemain par l'Empereur une broche d'émeraudes et de diamants[13] en forme de « trèfle de Compiègne »[14]. La Cour revient à Compiègne en 1853 et 1855, mais ce n'est qu'en 1856 que commence la série des « Compiègne », c'est-à-dire un séjour d'un mois à un mois et demi chaque automne[15], pour les chasses en forêt, avec organisation des invités en « séries » d'une centaine d'invités chacune. Il y avait généralement quatre séries[16]. L'étiquette est réduite à son minimum, les invités jouissant d'une large indépendance. Eugénie de Montijo

De l'art du tapissier-décorateur...

(...) "le carnage fut encore plus complet à Compiègne (qu'au château de PAU) lorsqu'en 1863 on remit en état le château pour les réceptions impériales. Les tapisseries n'ont pas seulement été coupées ou rempliées pour rentrer de force dans les dimensions de panneaux isolés; mais on les a détaillées par morceaux afin de tendre, à l'aide de rajoutages, en un décor ininterrompu des parois entières (..) on taillait, pour ouvrir les baies, à plein corps des tapisseries découpées par surcroît sur leurs contours, suivant les profils ou les ressauts des moulures. Puis, pour donner à ces morcellements composites une apparence d'ensemble, on les entourait d'un même motif de bordures empruntées à celles des suites qui pouvaient en fournir le plus de mètres superficiels (...) Les autres bordures dont on ne trouvait pas l'utilisation sur les parois, allaient garnir des rideaux de velours". (...) Sur les dix pièces que compte la tenture des Muses de Le Brun, six figurent au château en cet état de mutilation".

Fernand Calmettes, "Les tapisseries du Mobilier National" (la Revue de l'Art ancien et moderne no 68, 10/11/1190,p. 376 et 377; la p. 375 reproduit la photo d'une paroi recouverte d'une tapisserie percée d'une baie et "combinée" avec des fragments d'autres pièces - archives personnelles).

En 1870 et 1871, le château est occupé par les Prussiens.

Il accueille en 1901 le tsar Nicolas II de Russie, dernier souverain à résider à Compiègne. Pendant la Première Guerre mondiale, les Anglais s'y installent, puis l'état-major allemand en 1914. Le château est transformé en hôpital en 1915 avant d'abriter le Grand Quartier général de mars 1917 à avril 1918.

Après la Guerre, le service des Régions libérés s'installe au château et occasionne des dégâts importants : en 1919, un incendie dévaste la Chambre de l'Empereur et le Cabinet du Conseil. En 1939, avec la Seconde Guerre mondiale, le château est vidé de son mobilier, qui retrouvera sa place en 1945.

Le 23 septembre 2006, le château accueille le sommet France-Allemagne-Russie réunissant Jacques Chirac, Vladimir Poutine et Angela Merkel[17].

Le château de Compiègne, appartenant à l'État, est affecté au ministère de la Culture et administré par la direction des musées de France. Le musée national du château de Compiègne, dirigé par un conservateur du patrimoine ayant rang de conservateur en chef ou de conservateur général, est chargé de conserver les trois musées qu'abrite le château, soit les appartements historiques et leur mobilier, le musée du Second Empire, le musée de la voiture.

Architecture et décors: généralités[modifier | modifier le code]

Architecture du château du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Façade sur le jardin

Avec ce château construit entre 1751 et 1788, Ange-Jacques Gabriel et Louis Le Dreux de La Châtre réalisent l'un des monuments les plus sobres du grand style Louis XV, celui du projet de Gabriel pour le château de Versailles (le « Grand dessein »), alors même que la construction a été presque entièrement exécutée sous le règne de Louis XVI.

Le terrain est incommode à la fois par l'irrégularité de son périmètre, résultant de l'emprise des anciens remparts de la ville, et par sa dénivellation, toute la partie vers le parc étant en surélévation. Gabriel a su compenser de manière magistrale ces deux irrégularités :

  • le château affecte un plan triangulaire inhabituel : le petit côté est la façade sur la place d'Armes par où se fait l'entrée dans la cour d'honneur, le grand côté la façade sur la rue d'Ulm et l'hypoténuse, la principale façade sur le jardin, positionnée de biais par rapport à l'axe de la cour d'honneur. De manière caractéristique de l'architecture du XVIIIe siècle, cette irrégularité est rendue insensible, à l'intérieur, par le jeu d'une rotule, prévue par Gabriel. Les angles de vues sont étudiés avec soin de manière à gommer le sentiment d'irrégularité du bâtiment.
  • pour le dénivelé, l'architecte n'a pourvu la façade sur le parc que de deux niveaux (un rez-de-chaussée et un étage), mais, depuis le jardin, il a donné une impression d'exhaussement de ce long bâtiment bas en construisant un mur de terrasse[18]. Toutes les autres façades du bâtiment ont trois niveaux (rez-de-chaussée, étage, attique)[19], le rez-de-chaussée de la façade sur le jardin correspondant au premier étage du reste du bâtiment), tandis que l'étage de cette façade correspond à l'attique. Mais ce changement de niveau est totalement insensible car on ne voit jamais simultanément la partie à deux niveaux et celle à trois niveaux sauf à l'angle de la place d'Armes, où la différence est corrigée par la terrasse.

À l'intérieur, la distribution est claire et la plupart des grandes circulations sont doublées par des circulations de service. À chaque intersection de deux corps de bâtiments, un escalier dessert l'ensemble des étages. La principale innovation introduite par Le Dreux par rapport aux plans de son maître a été la substitution d'un escalier droit à l'impériale à l'escalier tournant initialement envisagé du côté de la reine à droite de la cour d'honneur.

Pour la chapelle, qui ne fut réalisée que sous la monarchie de Juillet, Gabriel avait imaginé un plan en croix grecque tandis que Le Dreux a proposé un projet de plan quadrilobé.

Les grands appartements occupent le niveau qui correspond au rez-de-chaussée de la façade sur jardin et au premier étage du reste du château. Le décor architectural des façades est sobre et précis et ne cherche qu'à rythmer, sans ornementation inutile.

Décors interieurs[modifier | modifier le code]

Le salon de musique

Sous Louis XV, tout le décor intérieur de l'appartement du roi est voué à la chasse : portraits de chiens par Alexandre-François Desportes et Jean-Baptiste Oudry en dessus-de-porte, grandes cartes de la forêt de Compiègne par Pierre-Denis Martin le jeune, tapisseries de la tenture "des Chasses du Roi", tissées aux Gobelins spécialement pour Compiègne sur des cartons d'Oudry. Les boiseries sont en blanc, sans rehauts de dorure ou de couleur.

Ce décor, dont certains éléments sont mis en place dès les aménagements de 1733, reste en place jusqu'en 1781; il n'en reste que quelques réemplois de panneaux de boiserie dus à Jacques Verberckt dans des endroits secondaires.

Le décor entièrement refait entre 1782 et 1786 continue de s'inscrire dans la tradition du château « en blanc », dans un parti-pris de simplicité et de fraîcheur adapté à une résidence d'été et de chasse[20]. Les tissus étaient en revanche particulièrement soignés; ce décor a subsisté en partie, notamment dans l'appartement préparé pour Marie-Antoinette.

Le décor intérieur a été profondément remanié sous le Premier Empire : Compiègne présente aujourd'hui un décor Premier Empire homogène de la meilleure période, ce qui en fait l'image la plus fidèle qui ait subsisté jusqu'à nous d'une grande résidence impériale du temps de Napoléon Ier[21].

Ce décor résulte des travaux exécutés à partir de 1808 par Louis-Martin Berthault, et poursuivis selon ses plans jusqu'au début de la Restauration. Par contraste avec la période précédente, l'Empire utilise ici des couleurs primaires, joue de contrastes accusés, et propose une extrême somptuosité de décors mêlant boiseries, bronze, peinture, fixés sous verre, draperies, etc.

Appartements historiques[modifier | modifier le code]

Salles d'apparat[modifier | modifier le code]

  • Escalier d'honneur : l'escalier d'honneur permet d'accéder à la salle des gardes du roi; sa rampe en fer forgé date du XVIIIe siècle, sur le palier est exposé un sarcophage gallo-romain ayant servi de cuve baptismale à l'abbatiale Saint-Corneille.
  • Salle de bal : cette vaste salle a été construite pour l'arrivée de l'impératrice Marie-Louise, en éventrant deux étages de petits appartements; le plafond est orné de peintures glorifiant les victoires de Napoléon; à l'extrémité de la salle sont peintes des scènes mythologiques, par Girodet.
  • Galerie des chasses : cette galerie est ornée de tapisseries des Gobelins réalisées à partir de 1735, d'après des cartons d'Oudry.
  • Galerie des Cerfs : cette galerie accueille la suite des tapisseries des Gobelins de la Qalerie des Chasses; elle servait de salle des gardes de la reine, puis de l'impératrice.
  • Galerie Natoire : cette galerie fut édifiée sous Napoléon III pour mener au théâtre impérial; ses décors évoquent l'histoire de Don Quichotte, et présentent des tapisseries exécutées d'après les cartons de Natoire.
  • Salle Coypel : faisant suite à la Galerie Natoire, cette longue pièce poursuit le programme décoratif dédié à l'histoire de Don Quichotte.
  • Salle des gardes du roi:
  • Salon des huissiers : cette pièce (dite aussi Antichambre) commandait l'accès aux appartements du roi et de la reine.

Appartements du Roi et des Empereurs[modifier | modifier le code]

  • Salle à manger de l'Empereur : À l'origine cette salle était considérée comme une antichambre double desservant de part et d'autre les appartements de la reine Marie Antoinette aujourd'hui appelé Appartement du Roi de Rome et les appartements de Louis XVI devenus les appartements des Empereurs. Les murs sont en faux-marbre et faux-onyx. Les dessus de portes sont surmontées de trompes oeil grisaillés réalisés par Sauvage datant de l'époque Louis XV et Louis XVI. Au-dessus de la cheminée se trouve un trompe-l'oeil représentant Anacréon, poète grec accompagné d'une jeune femme lui servant du vin dans une coupe. À partir de 1807, Napoléon Ier fait de cette pièce la salle à manger. Le mobilier est en acajou ; la table est une table composée de rallonges et les chaises qui l'entourent sont de style Empire représentant des lyres ; attributs d'Apollon[22].
  • Salon des cartes : Anciennement l'antichambre des Nobles sous Louis XVI, avant de servir de salon des Grands Officiers sous Napoléon Ier, et enfin de salon des Aides de camp et salon des Cartes sous Napoléon III. Sous le Second Empire (1852-1870), Napoléon III (1808-1873) séjourne à Compiègne pendant les mois d'octobre à novembre de la plupart des années de son règne ; saison pendant laquelle sont organisées, accompagnées de la Cour, ce qui sera appelé ultérieurement les Séries. Elles correspondent à ce qu'étaient les salons au XVIIIe siècle ; chaque série dure une semaine et a un thème particulier (arts ; littérature ; musique... ) ; tous les grands artistes de l'époque y viennent. Les invités logent dans tout le second étage du château, où sont aménagés les chambres à l'instar d'un hôtel. On y trouve également un fumoir ainsi qu'une bibliothèque. Les activités sont variées : visite du chantier de reconstruction du château de Pierrefonds ; chasse à courre en forêt ; balade au parc ou en forêt... C'est dans cette salle précisément que les invités sont présentés de manière officielle auprès de l'Empereur et de l'Impératrice ; cette salle servait de lieu de conversation et aussi de divertissement comme en témoignent plusieurs jeux : palet, billard japonais[22].
  • Salon de famille : Cette pièce est l'ancienne chambre à coucher de Louis XVI ; l'alcôve montre clairement la disposition du lit du roi. Cette salle est au centre même du château ; de la fenêtre centrale l'on aperçoit une grande allée en ligne droite partant de la terrasse allant jusqu'à un belvédère situé 4 km plus loin. Cette allée porte le nom d'allée des Beaux-Monts. Elle a été mise en place sous le Premier Empire pour l'Impératrice Marie-Louise. Le mobilier du Second Empire présente un ensemble de différents styles : fauteuils Louis XV, confidents, indiscrets. Le style Second Empire est une reprise des divers styles qui ont précédé ; la modernité et le confort étant toutefois de mise[22].
  • Cabinet du Conseil : Le cabinet du Conseil est l'ancien cabinet de réunion du roi ; cette salle a subi de graves dégâts lors d'un incendie en 1919. Le mur central est orné d'une tapisserie représentant Le passage du Rhin par Louis XIV ; les dessus de portes représentent les premiers rois de France de la maison capétienne de Bourbon (1610-1830), à savoir Henri IV (1589-1610) ; Louis XIII (1610-1643) ; Louis XIV (1643-1715) et Louis XV (1715-1774). De chaque côté des fenêtres, des tapisseries représentent des victoires militaires de la France lors de sa participation dans la Guerre d'indépendance des États-Unis[22].
  • Chambre à coucher de l'Empereur : c'est la chambre à coucher des empereurs Napoléon Ier et Napoléon III ; aujourd'hui, elle est restituée dans son état Premier Empire. La couleur dominante est le rouge dit cramoisi ; un lit central dit lit bateau de style Empire avec à son devant deux colonnettes représentant le buste d'Athéna déesse de la Guerre. Les symboles et attributs de L'Empire sont ici omniprésents : aigle impérial au-dessus du lit ; abeilles autour des étoiles sur les tissus rouges du mobilier ; feuilles de chêne et d'olivier sur les portes. Le mobilier est composé entre autres d'une méridienne ; un somno ; une cuvette ; une chaise d'aisance (pot de chambre). La salle a également subi des dommages lors de l'incendie de 1919 ; la peinture du plafond exécutée par Girodet et achevée en 1822 a disparu. Napoléon Ier n'ayant jamais connu cette œuvre, il a été décidé de ne jamais la restaurer[22].
  • Bibliothèque : aménagée sous le Premier Empire, la bibliothèque conserve notamment un bureau mécanique ; appelé ainsi car un tiroir secret permet de glisser notamment des plans et des cartes. Le plafond est orné d'une peinture de Girodet : Minerve entre Apollon et Mercure. Les ouvrages présents ne datent pas de l'époque impériale ; les 2 000 livres ici présents sont un don du tsar Nicolas II lors de sa visite officielle en France en 1901. Une porte dissimulée par de faux livres donne accès aux appartements de l'Impératrice[22].

Appartements de l'Impératrice[modifier | modifier le code]

  • Salon de musique ou Salon de thé de l'impératrice Eugénie : initialement réaménagé au Premier Empire comme appartement de l'impératrice Marie-Louise, ce salon était destiné au divertissement dont la musique ; cette fonction a changé sous le Second Empire où l'impératrice Eugénie transforma la pièce en salon de Thé. A 17 heures lors des Séries de Compiègne, l'impératrice conviait des invités ; discussions ; divertissements et diverses petites choses et expériences s'y déroulèrent. Cette pièce a été restaurée en 2012 sous son état Second Empire. Le mobilier, provenant des appartements de Marie-Antoinette à Saint-Cloud, illustre la passion de l'impératrice Eugénie pour la vie de la reine de France ; on trouve également un goût prononcé pour l'exotisme et l'Orient avec les tapisseries représentant des scènes du Sultan et de la Sultane ainsi que quatre armoires laquées illustrant des paysages d'Asie[22].
  • Chambre de l'Impératrice : La chambre est représentée sous son aspect Premier Empire tel que le désirât à l'origine l'impératrice Joséphine ; cependant cette dernière n'en bénéficia jamais ; le divorce d'avec l'empereur ayant lieu au moment de l'aménagement de la pièce. À la fin cette chambre sera celle de l'impératrice Marie-Louise ; cette seconde épouse de Napoléon Ier le rencontra pour la première fois dans ce château. Marie-Louise n'apprécia pas le décor somptueux de la chambre ; aussi décida t-elle d'installer un lit d'appoint disposé dans le boudoir, encore visible en visite commentée. Au centre, le lit à baldaquin est formé de rideaux de soie blanche et de mousseline brodée d'or. Deux statues d'anges en or soutiennent les rideaux. De chaque côté des cheminées, se trouvent des représentations picturales des Quatre saisons à l'exception du Printemps pris par les Prussiens lors du siège de 1870. Au plafond, l'on trouve des peintures de Girodet au titre de « L'Aurore chassant la nuit ». L'Aurore est représentée sous forme de femme et la nuit en vieillard[22].
  • Salon des dames d'honneur : ce salon tout comme la chambre avait été voulu à l'origine par l'impératrice Joséphine ; dans ce salon tout un ensemble de sièges et de fauteuils dédiés a une catégorie très précise de personnes. Un respect de la hiérarchie, c'est-a-dire de l'étiquette, est exigé. Le canapé est exclusivement réservé à L'empereur et L'impératrice ; les sièges avec accoudoirs aux proches et ainsi de suite jusqu'au bas de la hiérarchie où les derniers demeurent debout. Les tissus des sièges et du canapé montrent des cornes d'abondances en forme de J, anagramme de Joséphine. Les dessus de portes représentent plusieurs déesses de la mythologie grecque et romaine[22].
  • Salon des Fleurs : Le salon des Fleurs, dit aussi deuxième salon, doit son nom aux panneaux peints de fleurs d'après Redouté installé ici. À l'origine il s'agissait d'un salon de jeux de la Cour. Au Second Empire, cette salle était devenue la chambre à coucher du prince impérial Louis Napoléon Bonaparte ; le jeune prince engagé dans l'armée Britannique de la reine Victoria fut tué en Afrique du Sud par les zoulous en 1879. En 1910, l'impératrice Eugénie, alors âgée de 84 ans, vint à Compiègne comme simple visiteur où elle suivit une visite commentée. En arrivant dans la chambre, elle se sentit mal à l'aise et s'évanouit ; elle déclina son identité mais ne fut pas reconnue ; le directeur de l'époque se déplaça et constata qu'il s'agissait bien de l'impératrice. Cette dernière demanda la faveur de rester seul quelques instants. Cette faveur lui fut accordé[22].
  • Salle à manger de l'Impératrice : cette salle à manger fut aménagée sous le Premier Empire et accueillit le premier diner intimiste de Napoléon Ier et de Marie Louis en 1810 ; les murs de la pièce sont tendus de stucs ; un mélange de poussière de craie ; de plâtre et de couleur ocre. Le tapis est une reconstitution d'un tapis en peau de léopard rappelant la Campagne d'Égypte. Le plafond à caissons sculptés représente l'art de la table et l'art musical[22].

Appartement double de Prince[modifier | modifier le code]

  • Salle à manger
  • Salons
  • Chambre à coucher

Appartements du roi de Rome[modifier | modifier le code]

  • Salon-boudoir
  • Salle de bains
  • Boudoir
  • Chambre à coucher
  • Premier salon ou Salon des Noces
  • Salon des jeux de Marie-Antoinette

Musée du Second Empire et Musée de l'Impératrice[modifier | modifier le code]

Le Musée de Second Empire est installé dans les appartements des Maréchaux. Le château de Compiègne est "affecté" à la période du Second Empire en raison des nombreux séjours qu'ont effectués les souverains, en particulier lors des réceptions d'automne dites des Séries de Compiègne. Cette affectation muséale a été choisie en lieu et place du château de Saint-Cloud incendié en 1870 vraisemblablement par un obus français, l'actuel Parc de Saint-Cloud comporte seulement un petit musée du souvenir du bâtiment disparu à côté de poste d'accueil.

Cette partie du château ne se visite en principe qu'accompagné, sauf de rares ouvertures libres, se renseigner le jour même à l'accueil, même par téléphone.

Le musée du Second Empire comprend de nombreuses peintures de cette période en particulier le célèbre tableau de Franz Xaver Winterhalter "L'Impératrice Eugénie et ses dames d'honneur", des peintures de Dubufe, Cabanel, Dedreux, parmi d'autres artistes de renom et un beau mobilier.

Ces collections ont fait l'objet d'une intéressante analyse dans la Revue des Musées de France Revue du Louvre no 2012-4 "Les collections et politiques d'acquisition de Compiègne p.48 à 90" et no 2012-5 "Compiègne : Les musées nationaux" p. 65 à 99"

Le musée du Second Empire sert de référence et complète des expositions temporaires organisées par le château lui-même : « A la table d'Eugénie - Le service de bouche des Palais impériaux 2009 », « Un salon de thé pour l'Impératrice Eugénie 2012 » restauration entière du mobilier de l'ex-salon de musique (image ci-dessus dans son état tissus rouges installés lors de la visite du Tsar de 1901), avant restauration sur des modèles d'origine Napoléon III retissés en vert comme le lit de l'Impératrice et « Folies textiles 2013 » avec le lit de l'Impératrice qui se trouvait à l'Élysée.

Le Musée de l'Impératrice issu des collections d'un donateur particulier qui habitait Pierrefonds, M.Ferrand, et qui s'est porté acquéreur de nombreux souvenirs de la famille impériale après le décès de l'Impératrice en 1920. Légués à la Ville de Compiègne ces objets sont déposés au Château. Ce musée est surtout un musée empreint de nostalgie du souvenir de l'Impératrice et de son fils unique, le Prince Impérial, héritier du trône décédé en 1879 sans héritier en Afrique du Sud et sous l'uniforme britannique.

Musée de la voiture[modifier | modifier le code]

La Jamais contente y est exposée.

Le parc[modifier | modifier le code]

La force asservie par l'amour, œuvre en marbre de 1824 de Nicolas-Pierre Tiolier

Le petit parc du château de Compiègne est classé monument historique depuis le 24 octobre 1994 et inscrit au pré-inventaire des jardins remarquables[23]. Le jardin à la française, initialement projeté par Ange-Jacques Gabriel, ne fut jamais achevé. À partir de 1811, Louis-Martin Berthault, créateur du parc de Malmaison, replante la partie centrale en un jardin à l'anglaise à dominante arborée, caractéristique du goût du temps.

Il comporte une terrasse en terre-plein, un dessin d'allées régulières et irrégulières avec une allée couverte et un jardin fleuriste. Il est parsemé d'un kiosque, d'un pavillon de jardin, d'une maison rustique, d'une orangerie, d'une serre et d'une glacière

Le berceau de l'Impératrice[modifier | modifier le code]

Cette tonnelle longue de 1 200 m et couverte de plantes grimpantes permettait à l'impératrice (Marie-Louise, puis Eugénie) de relier la forêt au palais sans s'exposer au soleil du jardin alors à découvert. À cette époque il faut garder le teint pâle.

L'avenue des Beaux-Monts[modifier | modifier le code]

L'avenue des Beaux-Monts longue de quatre kilomètres et large de soixante mètres, prolonge le Petit Parc et la vue depuis le château. Elle est ouverte en 1810 par Napoléon Ier pour évoquer la perspective de Schönbrunn à l'archiduchesse d'Autriche Marie-Louise. Elle est terminée deux ans après la mort de l'empereur, en 1823.

Événements[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00114635 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Plusieurs chartes des Ve et VIe siècles évoquent un compendium palatium qui implique un caractère de palais plus que de simple villa, parmi toutes celles que possédaient les Mérovingiens.
  3. Grégoire de Tours emploie la formule palatium regale.
  4. devenue ultérieurement Saint-Corneille
  5. Ce processus commence sous Louis VII, qui accorde une charte communale à Compiègne en 1153.
  6. aujourd'hui nom d'un quartier de Compiègne
  7. 18 arpents
  8. Ils ont lieu en définitive à Blois.
  9. Le corps d'Henri III sera transféré à la basilique de Saint-Denis en 1610.
  10. Le château ne peut abriter, et encore avec difficulté, que la famille royale et son service. Les princes du Sang et les grands officiers de la Couronne doivent loger leur suite en ville dans des maisons louées. Les courtisans logent en ville dans des maisons louées au nom et aux frais du Roi ou chez des particuliers (logements dits « à la craie », les portes des maisons où des chambres à louer ayant été recensées et marquées alors à la craie).
  11. L'essentiel du décor est confié à l'entreprise Dubois et Redouté. Percier et Fontaine ainsi que le peintre Girodet-Trioson participent à la décoration. D'importantes commandes de mobilier sont passées à Jacob-Desmalter ainsi que, dans une moindre proportion, à Marcion, les soieries correspondantes étant commandées à Lyon.
  12. Le roi est accueilli par les maréchaux d'Empire Ney, Macdonald, Moncey, Sérurier, Brune, Berthier, Marmont, Oudinot et Victor, et par de nombreux fidèles comme le duc de Lévis, la duchesse de Duras, la princesse de La Trémoille, les Montmorency, Pauline de Tourzel, devenue comtesse de Béarn. Il y rencontre Talleyrand, qu'il fait attendre plus de deux heures ; c'est à ce moment que se place la célèbre scène rapportée par Talleyrand dans ses mémoires : « Je suis bien aise de vous voir, lui aurait dit Louis XVIII ; nos maisons datent de la même époque. Mes ancêtres ont été les plus habiles. Si les vôtres l'avaient été plus que les miens, vous me diriez aujourd'hui : “Prenez une chaise, approchez-vous de moi, parlons de nos affaires.” Aujourd'hui : c'est moi que vous dis : “Asseyez-vous et causons.” » Le lendemain, 30 avril, Louis XVIII reçoit à Compiègne le tsar Alexandre Ier de Russie. « Louis XVIII traita fort dédaigneusement Alexandre en qui il ne voyait guère qu'un satrape oriental. Il usa de toutes les subtilités de l'étiquette en usage à l'ancienne cour de France pour lui faire sentir le monde qui les séparait désormais. A table, Louis XVIII s'assit dans un fauteuil, ne lui laissant qu'une chaise comme à tous les autres invités. À chaque porte, il passa devant lui et lui fit ainsi subir mille vexations. [...] Alexandre rentra ulcéré à Paris. » (Évelyne Lever, Louis XVIII, Paris, Hachette, coll. Pluriel, 1988, pp. 342-343)
  13. Elle la portera toujours désormais, la considérant comme un talisman
  14. Les "Séries" à Compiègne
  15. Il n'y eut pas de Compiègne en 1860 et en 1867. Le dernier eut lieu en 1869.
  16. Trois en 1856, cinq en 1858 et 1859, six en 1861.
  17. Le choix du château de Compiègne pour ce sommet renvoie à la rencontre entre le Président de la République française, Félix Faure, et le tsar Nicolas II qui avait eu lieu à Compiègne près d'un siècle auparavant.
  18. Cet effet a été en partie détruit sous le Premier Empire par la construction de la rampe qui descend vers le parc.
  19. On ne compte pas les deux niveaux d'entresols. En fait, le château a cinq niveaux.
  20. L'intendant du Garde-Meuble, Marc-Antoine Thierry de Ville-d'Avray, que cette simplicité désolait, fit ajouter quelques touches de dorure ici et là.
  21. À Versailles, à Fontainebleau, l'Empire a dû composer avec des décors plus anciens.
  22. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Jean Marie Moulin, Guide du Musée national du château de Compiègne, Réunion des Musées Nationaux, 1992.
  23. « petit parc du château de Compiègne », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fr. Thiveaud Le Hénand, La Reconstruction du château de Compiègne au XVIIIe siècle, Thèse de l'École des Chartes, 1970.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]