Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye

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Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye
Image illustrative de l'article Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye
Vue cavalière des châteaux et des terrasses au XVIIesiecle. Gravure de Claude Chastillon
Période ou style Renaissance, classique
Type Château de plaisance
Architecte Philibert Delorme
Propriétaire initial Henri II
Destination initiale Résidence royale
Propriétaire actuel détruit, excepté quelques dépendances
Coordonnées 48° 53′ 53″ N 2° 06′ 04″ E / 48.89806, 2.1011148° 53′ 53″ Nord 2° 06′ 04″ Est / 48.89806, 2.10111  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Île-de-France
Département Yvelines
Commune Saint-Germain-en-Laye

Le Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye est un château de la seconde moitié du XVIe siècle, aujourd'hui détruit, situé à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Cette ancienne résidence royale vit naître le roi Louis XIV.

Le Château Neuf, construit par Henri II, fut la résidence royale de 1659 à 1680, année où la cour le quitta pour se réinstaller au Château Vieux situé à proximité, nouvellement agrandi et modernisé.

Construction[modifier | modifier le code]

Le bâtiment central, construit sur le bord de la terrasse, avait été commandé en 1556 à Philibert Delorme par Henri II et Catherine de Médicis, trois ans avant la mort du roi dans un tournoi, à Paris.

Une suite de terrasses et d'escaliers, nommée par les contemporains maison du théâtre, facilitait l'accès à la baignerie sur la Seine.

Catherine de Médicis évita d'y venir vers la fin de sa vie, parce que son astrologue Ruggieri lui aurait prédit que Saint-Germain la verrait mourir. Superstitieuse, elle aurait peu fréquenté les lieux portant ce nom. Son installation dans l'Hôtel de la reine, à Paris, près de Saint-Eustache, aurait été motivée par cette prédiction, au détriment des Tuileries, qu'elle faisait construire et qui dépendaient de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. Cette histoire, maintes fois relatée, demeure cependant de l'ordre de la légende.

Dès le début de son règne, en 1593, Henri IV vient à Saint-Germain qui lui plait beaucoup pour la vue que le Château Neuf et la terrasse offrent sur la vallée de la Seine, rappelant les dispositions du château de Pau. Il commande à Baptiste Androuet du Cerceau son extension avec un aménagement des terrasses jusqu'à la Seine. Les travaux commencent en 1594. Ils sont rapidement terminés par l'architecte d'exécution Jean de Fourcy, ainsi que Guillaume Marchant pour les travaux de maçonnerie, les travaux se poursuivant avec l'aménagement des grottes avec leurs automates mus par des jets d'eau, dus aux frères Thomas et Alexandre Francini. Le jardin à la française, qui s'étale jusqu'à la Seine sur cinq terrasses, a été conçu par le paysagiste Étienne Dupérac et le jardinier Claude Mollet.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Château Neuf en 1637,
par Auguste Alexandre Guillaumot (1815-1892) (Gallica)
Vestiges du Château Neuf, vus de Chatou : le pavillon Henri IV (ancien pavillon en brique rouge), et une demi-rampe.

Il fut d'abord le lieu de séjour de ceux qui l'on fait construire : Henri II qui meurt en 1559, trois ans après son inauguration, et surtout Catherine de Médicis.

Deux jours après le décès du roi François II le 5 décembre 1560, la reine de Navarre arrive à Saint-Germain, escortée par un brillant cortège à la tête duquel caracole son second mari le duc de Vendôme, et les fêtes se succèdent pendant plusieurs jours avec des jeux divers et même une course de taureaux. Parmi les invités se trouvent le petit Henri de Béarn (fils de Louis de Bourbon et de Jeanne d'Albret) futur Henri IV, et le duc d'Orléans, futur Henri III.

Henri IV fit considérablement agrandir le Château Neuf et y séjourna régulièrement, tandis que ses nombreux enfants, légitimes et bâtards, demeuraient au Château Vieux[1].

C'est aussi dans ce château que Louis-Dieudonné, le futur roi Louis XIV, est né le 5 septembre 1638. Louis XIII y est mort le 14 mai 1643.

Mais lorsque le 13 septembre 1648, la reine et ses enfants doivent quitter Paris pour Saint-Germain, ils s'installent, sans doute pour des raisons de sûreté, dans le Château Vieux qui ne contient aucun meuble. Ceux envoyés de Paris seront interceptés et pillés par des hommes de la Fronde. Cependant, quelques mois plus tard, la Grande Mademoiselle vient, elle aussi, chercher asile à Saint-Germain et s'installe au Château Neuf où « elle couche dans une fort belle chambre en galetas, bien dorée et grande, mais sans vitre et avec peu de feu ».

En 1668, une grande cérémonie est organisée en partant du Château Neuf pour le baptême du Grand Dauphin qui a lieu à la chapelle du Château Vieux.

Vestiges du Château Neuf : le pavillon Henri IV (carte postale, vers 1900)

C'est seulement entre 1669 et 1673 que Louis XIV fait réaliser par Le Nôtre la grande terrasse. En 1680, Jules Hardouin-Mansart essaie d'agrandir et de moderniser le Château Vieux en remplaçant cinq tourelles par des ailes en pavillon.

En 1682, la cour déménage pour le château de Versailles.

Le Château Neuf a été en 1650 le lieu de refuge de Charles II Stuart après l'exécution de son père.

Le 7 janvier 1688, Louis XIV accueille à Saint-Germain Jacques II Stuart en exil. Il séjourne avec sa cour au Château Neuf, puis dans les deux châteaux, jusqu'à sa mort en 1701.

Le 19 janvier 1777, le Château Neuf, délabré, est donné par le roi Louis XVI à son jeune frère le comte d'Artois avec une somme de 600 000 livres pour exécuter les travaux. Des projets de démolition et de reconstruction sont établis par les architectes François-Joseph Bélanger et Jean-François-Thérèse Chalgrin.

Mais la Révolution arrive, le château est saisi comme bien national et vendu à l'ancien régisseur qui le démolit, lotit le terrain et vend les matériaux.

Il n'en reste aujourd'hui que le Pavillon Henri IV, le Pavillon du jardiner, une terrasse et ses deux rampes au bout de la rue Thiers qui surplombe l'avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny et quelques vestiges dans les caves du quartier (au 3 rue des Arcades, par exemple).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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