Château de Choisy-le-Roi

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Château de Choisy
Image illustrative de l'article Château de Choisy-le-Roi
Le château de Choisy au temps de la Grande Mademoiselle, vu depuis la Seine. Gravure de Pérelle.
Période ou style Classique
Type Château
Architecte Jacques V Gabriel
Début construction 1678
Fin construction 1686
Propriétaire initial Mademoiselle de Montpensier
Destination initiale Maison de plaisance
Destination actuelle Vestiges
Protection  Inscrit MH (1927)
Coordonnées 48° 45′ 46.58″ N 2° 24′ 32.14″ E / 48.7629389, 2.408927848° 45′ 46.58″ Nord 2° 24′ 32.14″ Est / 48.7629389, 2.4089278  
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Val-de-Marne
Commune Choisy-le-Roi

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Choisy

Le château de Choisy était un château royal situé à Choisy-le-Roi (actuel département du Val-de-Marne).

Deux pavillons Louis XVI font l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 2 mai 1927[1].

Le château au XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Entre 1678 et 1686, mademoiselle de Montpensier, cousine de Louis XIV, dite « la Grande Mademoiselle », fait l'acquisition pour 40 000 livres d'une « maison de plaisance » située à Choisy et fait construire à la place un château sur des plans de Jacques V Gabriel. Ce château est connu par des gravures de Mariette, Pérelle et Aveline. Le fronton sculpté et la décoration intérieure sont l'œuvre d'Étienne Le Hongre. André Le Nôtre est consulté sur les jardins : trouvant le site sinistre (« On n’y voyait la rivière que comme par une lucarne. »), il conseille de commencer par « mettre bas tout ce qu’il y avait de bois », ce qui ne fut pas fait. La princesse ne suivit pas les instructions de Le Nôtre et conserva le peu de couvert qu'elle avait. Elle tenait surtout à voir, le raconte-t-elle dans ses mémoires, la circulation fluviale depuis sa chambre.

Mademoiselle le lègue à sa mort en 1693 au Grand Dauphin Louis de France (1661-1711), qui l'échange contre le château de Meudon à Anne de Souvré, veuve de Louvois : le roi préférait que son fils ne s'éloignât pas de Versailles. En 1716, il est vendu à Marie Anne de Bourbon (1666-1739), princesse douairière de Conti, mademoiselle de Blois fille légitimée de Louis XIV et de madame de La Vallière qui le prolonge d'une longue aile sur le jardin. Curieux des splendeurs françaises, Pierre le Grand y passa alors. Après la disparition de la princesse de Conti en 1739, son héritier le duc de La Vallière vendit meublé, dans la même année, Choisy à Louis XV. Celui-ci, désireux de disposer d'une résidence à proximité de la forêt de Sénart, dans laquelle il aimait chasser, ne cessa d'y apporter des embellissements apportés par son Premier architecte, Jacques-Ange Gabriel, qui poursuivit ainsi l'œuvre de son père.

Avec l'accroissement de la famille royale, le corps central du château est doublé en profondeur. On construit une salle de spectacles, des écuries, une orangerie, un pavillon des bains. En 1754, Gabriel élève le Petit château, maison particulière du roi, abritant la célèbre table volante, montant mécaniquement du sous-sol toute dressée. Les meilleures artistes et artisans conjuguèrent leur talent pour orner la demeure de la famille royale considérée comme une des expressions les plus abouties de ce « moment de perfection de l'Art français » que fut le règne de Louis XV. Celui-ci considéra toujours Choisy comme sa maison familiale à l'inverse de Versailles, Fontainebleau et Compiègne, résidences officielles. Parmi les décorateurs figurent Desportes, Oudry, Jean-Jacques Bachelier.

Le château de la marquise de Pompadour[modifier | modifier le code]

Madame de Pompadour fait de fréquents séjours à Choisy à partir de 1746, et aura un appartement au premier étage au-dessus de celui du roi.

Des archives et des mémoires ont permis de reconstituer en partie la vie de Louis XV, de la marquise de Pompadour et d'une partie de la cour dans le château de Choisy, pour l'occasion nouvellement aménagé au goût du roi et de sa maîtresse, bienfaitrice des arts, des sciences et des lettres. Il était donné notamment des soupers fins, avec une trentaine d'invités, parfois plus, où les convives donnaient libre cours à leur désir et à leur goût en matière de cuisine et de gastronomie. Le service en effet était « à la française », c'est-à-dire avec de trois à cinq services où étaient présentés à chaque fois plusieurs dizaines de plats différents répartis sur les tables. Le vin qui n'était jamais présent sur la table (comme les verres) était servi « à la demande », puisque les convives avaient la possibilité de demander aux quelques valets présents de les servir ou de choisir des vins disponibles ou encore en cave. Très différents du protocole accompagnant les repas officiels du château de Versailles, ces soupers participent à l'essor de la cuisine et de la gastronomie moderne, à l'origine de la cuisine française telle qu'elle est encore aujourd'hui célébrée en France et à l'étranger : produits de qualité (écrevisses), poissons, volailles, gibiers et viandes de boucherie (veau, bœuf, agneau), cuisine au beurre, légumes verts, fruits de saison, cuisine simple mais inventive, cuissons réduites, cuisine bourgeoise, art de la table, confort, calme et volupté. L'art de la conversation sans pour autant tomber dans la rhétorique et les jeux de mots se marie ici aux arts de la table au service des plaisirs des convives… Paradoxalement, c'étaient les jours en maigre, lorsqu'il n'y avait que des produits de la mer ou de rivière à table, que ces repas étaient les plus luxueux et probablement les plus fins (turbots, truites, esturgeons, bars, écrevisses…).

Il existe un article universitaire relativement exhaustif et complet qui présente à la fois le cadre (le château, le roi, la marquise et leurs convives) et ces soupers, en mettant l'accent justement sur la partie maigre. Cette recherche a été réalisée sous la direction de Daniel Roche, professeur au Collège de France, spécialiste du XVIIIe siècle et de la culture matérielle, et de Jean-Louis Flandrin, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, spécialiste de l'histoire de la sexualité et de l'alimentation[2]. Ce sont les serres de Choisy qui on fait connaître l'ananas en France.

Louis XVI utilisera de moins en moins Choisy jusqu'à ordonner son démeublement en 1787. Pendant la Révolution, le château devient bien national, le roi conservant à son usage le Petit château. Il semble qu'un marchand de matériaux se porte acquéreur de certains lots afin d'en extraire les matériaux les plus vendables. Ne réglant pas son acquisition, il en est chassé. Les précieux décors intérieurs n'auraient été démantelés que sous l'Empire, époque bien indifférente aux boiseries Louis XV dont on ne retrouve pas la trace.

Le château au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Dépouillés, les bâtiments abandonnés tombent progressivement en ruine et seront emportés par l'installation du chemin de fer d'Orléans en 1839. Les beaux communs de Gabriel seront utilisés par la faïencerie Boulenger jusqu'à sa fermeture et ne disparaîtront que dans les années 1960, avec les vestiges du Petit château alors retrouvés par Georges Poisson. Conservateur du musée de l'Île-de-France, ce dernier, après une campagne de presse, propose à la ville le transfert des façades du Petit château dans le parc de Sceaux (à l'instar de celles du pavillon de Hanovre). La municipalité, après de longs atermoiements, ne donnera pas suite à cette proposition de sauvegarde. Elle ne s'opposera pas à la destruction de ces vestiges afin de laisser s'édifier un grand projet d'urbanisme inspiré des théories de Le Corbusier[Lequel ?] [réf. nécessaire].

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Il ne reste aujourd'hui du château de Choisy que de bien rares vestiges :

  • Les deux pavillons d'entrée, encadrant un saut-de-loup et bordés d'un fossé sec, le mur semi-circulaire surmonté de quelques vases (MH).
  • Récemment restaurée, l'église paroissiale édifiée par Ange-Jacques Gabriel, devenue cathédrale Saint-Louis et Saint-Nicolas, présente à son chevet un unique pavillon royal tourné vers le château et destiné à l'accès de la cour. À l'intérieur, donnant sur le chœur subsistent les loges du roi et de la reine, qui leur permettaient d'assister face à face à la messe, sans être vus depuis la nef.
  • Outre les inventaires subsistants du XVIIIe siècle, un grand nombre de meubles, tableaux et objets d'arts sont connus ou réapparaissent sur le marché de l'art.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Renaud Serrette, Décor intérieur et ameublement du château de Choisy-le-Roi sous Louis XV et Louis XVI (1739-1792), mémoire de maîtrise d'histoire de l'art sous la direction de MM. Alain Mérot, Thibault Wolvesperges et Gérard Mabille - Université de Paris IV - Sorbonne, 2001-2002. Lauréat du 3e prix 2002-2003 de l'université Paris-XII - Val-de-Marne, décerné par le conseil général.
  • Stéphane Castelluccio, chercheur au CNRS (France), son article dans un Versalia récent sur la vie à la cour de Choisy.
  • Marie France Noël a travaillé sur les menus de Choisy lors de l'exposition les tables royales au musée de Versailles.
  • Jean Nérée Ronfort, L'Estampille, numéro 218, octobre 1988.
  • B. Chamchine, Le Château de Choisy (thèse), Jouve, Paris, 1910.
  • Auguste Franchot, Histoire de Choisy-le-Roi, Choisy, 1926 ; Paris, 2004 (ISBN 9782843735165 et 9782843735172).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00079868 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Julien Lefour, « La marée lors des soupers de Louis XV avec la marquise de Pompadour », in Élisabeth Ridel, Éric Barré, sous la direction d'André Zysberg, Les Nourritures de la mer, de la criée à l'assiette, actes du colloque, Centre de recherche d'histoire quantitative, Histoire maritime, no 4, Caen, 2007, 25 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Voir service des archives de la ville et l'association Sauvegarde et mémoire de Choisy-le-Roi (B.p. 48, 94600 Choisy, France) qui recueille toute information.

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