Vulcain (mythologie)

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Vulcain
Dieu de la religion de la Rome antique
Vulcain portant la tunique et le bonnet conique des artisans, bronze romain du Ier siècle ap. J.-C., musée des Beaux-Arts de Lyon.
Vulcain portant la tunique et le bonnet conique des artisans, bronze romain du Ier siècle ap. J.-C., musée des Beaux-Arts de Lyon.
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Lemnius, Mulciber, Mulcifer, Etnæus, Tardipes, Junonigena, Chrysor, Callopodion, Amphigyéis
Nom latin Vulcanus
Fonction principale Dieu du feu, de la forge, des métaux et des volcans
Fonction secondaire Patron des forgerons
Représentation Homme boiteux en tenue de forgeron doté d'une épaisse barbe bouclée
Résidence Sous l'Etna
Équivalent(s) par syncrétisme Héphaïstos (mythologie grecque)
Compagnon(s) Cyclopes
Culte
Région de culte Rome antique
Date de célébration 8 jours en août (Volcanalia)
Famille
Père Jupiter ou aucun
Mère Junon
Conjoint Venus
Symboles
Attribut(s) Marteau et tenailles

Vulcain, Vulcanus en latin, est le dieu romain du feu, de la forge, des volcans, des métaux et le patron des forgerons. Fils de Jupiter et de Junon, il a pour parèdre tantôt Junon, tantôt Maia, tantôt Ops, tantôt Vesta et tantôt Stata Mater, mais il n'est pas l'époux de Vénus[1]. Il réside sous l'Etna où il forge les traits de foudre pour son père. Il est représenté en costume ouvrier, vêtu de l'exomide, coiffé du pileus, tenant les tenailles (forceps) d'une main, le marteau (malleus) de l'autre, parfois auprès d'une enclume. Il incarne non seulement le feu bienfaisant, source des industries humaines, mais aussi le feu destructeur dont il peut précipiter ou suspendre le cours : sous le surnom de mitis, le doux, ou quietus, le tranquille, il est celui qui peut éteindre les incendies[2].

Il est honoré chaque année au cours des Volcanalia. Les Romains l'ont identifié au grec Héphaïstos.

Les Néoplatoniciens (et principalement le philosophe Porphyre de Tyr) en ont fait une représentation anthropomorphique du feu divin descendu sur terre, et devenu feu central. Sa descente l'affaiblissant, il est représenté comme boiteux à cause de sa chute. Il a donc besoin de la hylè, c'est-à-dire du bois, ou de la matière comme support.

Mythe[modifier | modifier le code]

Vulcain fut jeté par Jupiter du haut de l'Olympe, suite à son intervention entre Jupiter (Zeus) et Junon (Héra). Mais on dit aussi qu'il a été jeté dans l'océan par sa mère, Vulcain qui fut ensuite recueilli par des nymphes.Sa forge se situe sous l'Etna. Il a forgé des bijoux pour les nymphes qui l'ont recueilli.

Enfance[modifier | modifier le code]

Vulcain a pour parents Junon et Jupiter. Il naît difforme et, honteuse d'avoir mis au monde un fils pareil, la déesse le lança de l'Olympe, afin que personne ne le vît. Cependant, il tomba dans la mer, si bien qu'il ne se fit point de mal, et il fut recueilli par les belles Thétis et Eurynomé, filles d'Océan. Pendant neuf années, entouré de leurs soins, il demeura dans une grotte profonde, et il montra un grand talent à leur fabriquer des boucles, des agrafes, des colliers, des bagues, des bracelets sur sa forge. La mer le cachait sous ses flots, si bien qu'aucun des dieux ni des hommes ne connaissait le lieu de sa retraite, sauf les deux divinités qui le protégeaient.

Ses épreuves[modifier | modifier le code]

Un jour, Junon se promenait sur Terre, et elle rencontra les deux nourrices de Vulcain. Les voyant parées des plus merveilleux bijoux, elle leur demanda d'où ils venaient. On lui répondit que c'était l'enfant qu'elles avaient recueilli qui les fabriquait. Junon alla le voir, et, reconnaissant la difformité qui l'avait dégoûtée à sa naissance, se fit tout sucre et miel avec son fils afin d'obtenir des bijoux encore plus beaux que ceux qu'elle avait déjà vus dans la forge. Vulcain, conservant au fond de son cœur du ressentiment contre sa mère, à cause de cette injure, fit une chaise d'or. Junon admire un siège si précieux et, n'ayant aucune méfiance, veut s'y asseoir. Aussitôt, elle est prise comme dans un trébuchet et seul Vulcain a le pouvoir de la délivrer. Cette aventure de la mère des dieux suscita l'hilarité de tous les habitants de l'Olympe. C'est du moins ce que prétend Homère[réf. nécessaire].

Ailleurs, Homère raconte que ce fut Jupiter lui-même qui précipita Vulcain du haut du ciel. Le jour où, pour punir Junon d'avoir excité une tempête qui devait faire périr Hercule, Jupiter avait suspendu cette déesse au milieu des airs, Vulcain, par un sentiment de compassion ou de piété filiale, vint au secours de sa mère. Il paya cher ce mouvement de bonté. Jupiter le prit par les pieds et le lança dans l'espace. Après avoir roulé tout le jour dans les airs, l'infortuné Vulcain tomba sur l'île de Lemnos, où il fut recueilli et soigné par les habitants. Dans cette épouvantable chute, il se cassa les deux jambes, et resta boiteux pour toujours.

Vulcain est le fils de Jupiter et de Junon selon Homère, de Junon seule selon Hésiode [3], pour lequel la déesse aurait engendré Vulcain par parthénogénèse, afin de se venger de Jupiter qui venait de donner naissance à Minerve sans concours féminin.

Il a d'abord été l'époux d'Aglaé, l'une des trois Charites, puis de Vénus. Mais dans l’Iliade, sa compagne est la déesse Charis ou la Grâce personnifiée, et à Rome, sa parèdre traditionnelle était l'antique déesse Maia, considérée comme une déesse de la Croissance [4], et plus tard confondue avec la Pléiade du même nom. On lui prête de nombreux enfants, presque tous bâtards : les Cabires par la nymphe Cabeirô[5], les dieux Paliques par la nymphe Etna, divinité du volcan sicilien éponyme (selon diverses scholies), et aussi Erichthonios, un autochtone regardé comme un être mi-homme, mi-serpent et rangé parmi les héros fondateurs d'Athènes[6]. Nonnos fait du dieu de l'Amour, Éros ou Cupidon, le fils adultérin de Vulcain et de Vénus (Dionysiaques).

Un jour, il apprend que son épouse, Vénus, le trompait avec Mars. Le mari trompé tisse un filet métallique invisible et les y enferme pendant leur sommeil. À leur réveil, tous les dieux de l'Olympe purent rire des deux amants pris au piège. Mais les dieux de l'Olympe se moquèrent aussi de Vulcain, le mari trompé.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Diego Vélasquez, La Forge de Vulcain, 1630, musée du Prado.

C'est le dieu du feu, des métaux et de toutes les matières qui brûlent, des volcans (en particulier sous-marins) et des forgerons. Les armes prises à l'ennemi lui étaient consacrées.

Il a pour domaine les volcans. Sa propre forge se trouve dans les îles Lipari, dans une des îles Éoliennes (couverte de rochers, dont le sommet vomit des tourbillons de fumée et de flamme ; c'est du nom de cette île, appelée autrefois Volcanie, aujourd'hui Vulcano, qu'est venu le mot Volcan) ou sous l'Etna, en Sicile. Là, il confectionnait des armes avec l'aide des Cyclopes, notamment les armes d'Énée.

Ce dieu, si laid, si difforme, est de tous les habitants de l'Olympe le plus laborieux, et en même temps le plus industrieux. C'est lui qui, comme en se jouant, fabriquait les bijoux pour les déesses, lui qui, avec ses Cyclopes, dans l'île de Lemnos ou dans le mont Etna, forgeait les foudres de Jupiter. Il eut l'idée ingénieuse de faire des fauteuils qui se rendaient d'eux-mêmes à l'assemblée des dieux. Il n'est pas seulement le dieu du feu, mais encore celui du fer, de l'airain, de l'argent, de l'or, de toutes les matières fusibles. On lui attribuait tous les ouvrages forgés qui passaient pour des merveilles : le palais du Soleil, les armes d'Achille, celles d'Énée, le sceptre d'Agamemnon, le collier d'Hermione, la couronne d'Ariane, le filet invisible dans lequel il prit Mars et Vénus, etc. Vulcain a pour symbole un marteau et pour attribut une fête consacrée le 23 août.

Culte[modifier | modifier le code]

Ce dieu avait plusieurs temples à Rome, mais hors des murs : le plus ancien, disait-on, avait été bâti par Romulus. Dans les sacrifices qui lui étaient offerts, on avait coutume de faire consumer par le feu toute la victime, de n'en réserver rien pour le festin sacré ; ainsi, c'étaient réellement des holocaustes. La garde de ses temples était confiée à des chiens ; le lion lui était consacré.

On regarda comme fils de Vulcain tous ceux qui se rendirent célèbres dans l'art de forger les métaux. Les surnoms les plus ordinaires qu'on donne à Vulcain, ou Héphaïstos, sont Lemnius (« le Lemnien »), Mulciber ou Mulcifer (« qui manie le fer »), Etnæus (« de l'Etna »), Tardipes (« à la marche lente »), Junonigena (« fils de Junon »), Chrysor (« brillant »), Callopodion (« qui a les pieds tordus, cagneux, boiteux »), Amphigyéis (« qui boite des deux pieds »), etc. Utilisé comme durcissant des métaux, l'arsenic est oxydé, lors de la fonte des minerais métallifères, en trioxyde d'arsenic. Les métallurgistes antiques, exposés à ce composé toxique, devaient probablement développer des neuropathies périphériques à l'origine de difformités et paralysies et ont ainsi associé leur Dieu à cette infirmité[7].

Servius Tullius, sixième roi de Rome, se prétendait fils de Vulcain. Un temple lui fut dédié, en 215 avant l'ère chrétienne.

Ses fêtes, les vulcanales, se célébraient au mois d'août, c'est-à-dire durant les chaleurs ardentes de l'été. En l'honneur du dieu du feu, ou plutôt considérant le feu comme le dieu même, le peuple jetait des victimes dans un brasier, afin de se rendre la divinité propice. À l'occasion de ces fêtes, qui duraient huit jours consécutifs, il y avait des courses populaires où les concurrents tenaient une torche à la main. Celui qui était vaincu donnait sa torche au vainqueur.

Représentations dans les arts[modifier | modifier le code]

Sur les anciens monuments, ce dieu est représenté barbu, la chevelure un peu négligée, couvert à moitié d'un habit (parfois une peau de bête) qui ne lui descend qu'au-dessus du genou, portant un bonnet rond et pointu. De la main droite, il tient un marteau, et de la gauche, des tenailles. Bien que, selon la fable, il fut boiteux, les artistes supprimaient ce défaut ou l'exprimaient à peine sensible. Ainsi, il se présentait debout, mais sans aucune apparente difformité.

Dans Le Paradis perdu de John Milton, Vulcain, sous le nom de Mulciber, est le grand architecte des Enfers.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jérôme Carcopino 1968, p. 89.
  2. Jérôme Carcopino 1968, p. 78.
  3. Théogonie (Hésiode), vers 928-929.
  4. Macrobe, Jean le Lydien, et d'autres
  5. Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], X.
  6. Apollodore d'Athènes, III, 14,6.
  7. (en) M Harper, « Possible toxic metal exposure of prehistoric bronze workers. », Occupational and Environmental Medicine, vol. 44, no 10,‎ 1er octobre 1987, p. 652-656 (DOI 10.1136/oem.44.10.652)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Harari et Gilles Lambert, Dictionnaire de la mythologie grecque et latine, Grand livre du mois, 2000
  • Jérôme Carcopino, Virgile et les origines d'Ostie, Presses universitaires de France,‎ 1968 (deuxième édition), p. 79 à 148 : Le Vulcain latin