Jules Janssen

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Jules Janssen

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Portrait par Jean-Jacques Henner

Naissance 22 février 1824
Paris (France)
Décès 23 décembre 1907 (à 83 ans)
Meudon (France)
Nationalité française
Champs Astronomie
Institutions Académie des sciences
Diplôme Doctorat ès sciences physiques

Pierre Jules César Janssen, plus connu sous le nom de Jules Janssen, né le 22 février 1824 à Paris et mort le 23 décembre 1907 à Meudon, est un astronome français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un accident survenu dans sa jeunesse le gêne énormément pour marcher, ce qui retarde ses études.

Il obtient son doctorat ès sciences physiques avec une thèse sur l'Absorption de la chaleur rayonnante obscure dans les milieux de l'œil[1] en 1860 et devient professeur de physique à l'École d'architecture en 1865. Attiré par les travaux de Gustav Robert Kirchhoff et Robert Wilhelm Bunsen sur la spectroscopie, il est l'un des premiers à associer le spectroscope à prisme à l'astronomie.

En 1863, il confirme que la Lune n'a pas d'atmosphère, puis en 1867 que celle de Mars contient de la vapeur d'eau. Il étudie le rayonnement solaire et sa perturbation par l'atmosphère terrestre. Envoyé par le Bureau des longitudes en Inde pour l'observation de l'éclipse totale à Guntur en 1868, il découvre une méthode d'observation des protubérances solaires en tout temps. C'est au cours de cette observation qu'il remarque le 18 août 1868 une raie inconnue dans l'atmosphère solaire : c'est celle de l'hélium[2], ainsi nommée par J. Norman Lockyer. Il est distingué chevalier de la Légion d'honneur en 1868.

Ce sera la seule mission scientifique de toute l'aventure des ballons montés.

Curieusement, la plaque commémorative (largement posthume) de cet exploit, sur le socle de sa statue au château de Meudon, le représente décollant du parc du château, alors qu'il a décollé de la Gare d'Orléans.

Il devient membre de l'Académie des sciences le 10 février 1873, puis, le 26 mai 1874, il est élu au Bureau des longitudes. En 1874, il invente le « revolver astronomique », pour pouvoir photographier le passage de la planète Vénus devant le Soleil et va jusqu'au Japon pour obtenir le meilleur point de visée. Il est lauréat de la Médaille Rumford en 1876.

Jules Janssen pousse à la création de l'Observatoire d'astronomie physique à Paris, décidé en 1875. Il présente un projet de restauration du château de Meudon, commence à installer divers instruments d'observation dès 1876, puis obtient les fonds nécessaires (plus d'un million de francs de l'époque) à reconstruire les bâtiments. Suite à la promulgation de la loi l'instaurant le 15 avril 1879, les travaux démarrent; une grande coupole est créée qui abrite toujours des instruments d'observation. L'Observatoire de Meudon reste l'un des laboratoires de référence pour l'étude du Soleil.

À partir de 1888, malgré son âge et son infirmité, il fait trois fois l'ascension du Mont Blanc pour y établir un observatoire. Il réussit après de nombreux aléas à faire installer une lunette de 30 cm au plus près du sommet, à 4 800 m d'altitude, pour minimiser les perturbations atmosphériques. Cet observatoire resta en place pendant quinze ans.

Janssen fut président d'honneur de la Société française de photographie de 1891 à 1893, succédant à Eugène Péligot, et président de l'Union nationale des sociétés photographiques de France en 1892.

En 1906, il reçoit la médaille du progrès de la Royal Photographic Society[3].

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (4e division)[4].

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Sa mémoire[modifier | modifier le code]

Jules Janssen partage la découverte de l'hélium avec sir Joseph Norman Lockyer. Il publia en 1904 l'Atlas de photographies solaires, avec près de 6 000 prises de vue en grande partie obtenues à l'observatoire de Meudon.

La Société astronomique de France (SAF) décerne chaque année depuis 1897 un prix Jules-Janssen.

La ville de Meudon a nommé en son honneur la place où se situe l'entrée de l'Observatoire. Un cratère lunaire porte son nom, Janssen (45,4°S, 40,3°E), ainsi qu'un cratère martien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Janssen, Sur l'absorption de la chaleur rayonnante obscure dans les milieux de l'œil. Suivi de Propositions de chimie données par la faculté, Paris, Mallet Bachelier,‎ 1860 (lire en ligne)
  2. (en) R. K. Kochhar, « French astronomers in India during the 17th - 19th centuries », Journal of the British Astronomical Association, vol. 101, no 2,‎ 1991, p. 95–100 (lire en ligne)
  3. Progress Medal
  4. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 432

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Grande Lunette de Meudon, par Audoin Dollfus aux éditions Les Yeux de la Découverte, 2006 (ISBN 2-271-06384-1)
  • (en) David Aubin, « Orchestrating Observatory, Laboratory, and Field: Jules Janssen, the Spectroscope, and Travel », Nuncius 17 (2003), p. 143-162. [PDF][1]
  • Un globe-trotter de la physique céleste: l'Astronome Jules Janssen, par Françoise Launay aux éditions Vuibert, 2008 (ISBN 978-2-7117-7069-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. (fr) L’Astronomie expérimentale et l’Observatoire de Meudon, par Rodolphe Radau, dans la Revue des Deux Mondes, tome 161, 1900
  2. L'épopée de Jules Janssen au Mont Blanc sur le site de l'Observatoire de Paris.
  3. La Création de l'observatoire de Meudon par Françoise Launay de l'Observatoire de Paris. [PDF]
  4. Les transits de Vénus par Gilbert Lavaux.
  5. Nécrologie dans La Nature