Jean Hérault de Gourville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean Hérault de Gourville par Gérard Edelinck d’après Hyacinthe Rigaud.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gourville.

Jean Hérault, Baron de Gourville, né le à La Rochefoucauld et mort le à Paris, est un mémorialiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

D’abord valet de chambre de l’abbé Louis de La Rochefoucauld, il devient maître d’hôtel puis secrétaire de La Rochefoucauld, alors prince de Marcillac, agent de la Fronde où il joue un rôle très actif et mémorialiste. Il chercha à faire évader les princes lors de leur arrestation. Il organisa un enlèvement raté de Retz. À la fin de la Fronde, il organisa le rapt du directeur des postes et obtint une rançon de 40 000 livres. Puis il fut intendant de l’armée de Catalogne.

Fouquet lui fait obtenir la recette générale des tailles de Guyenne, source de sa fortune considérable. Il signe 13 traités entre 1657 et 1661. En 1660, il devient conseiller d’État et achète le château et seigneurie de Gourville pour la somme de 100 000 livres. Il prend le nom de cette terre. Ses activités de financier lui valent un procès à l’issue duquel il est condamné à être pendu. Il le fut en effigie place du Palais. Il partit aux Pays-Bas et voyagea beaucoup. En 1671, après avoir rendu de nombreux services à la couronne, en Espagne notamment, il obtient les lettres d’abolition de sa condamnation (y compris pécuniaire). Cette condamnation et la liberté qui lui a été laissée de s’y dérober peuvent s’expliquer, pense Daniel Dessert, comme un soin pour éviter d’avoir à le faire témoigner au procès Fouquet. Gourville secourt la famille de Fouquet pendant sa prison.

En 1669, il devient intendant de la maison de Condé. Très considéré, il est ami, presque sur un pied d’égalité, de Condé, de La Rochefoucauld, de Mme de Sévigné et de Boileau. Cas assez rare d’une ascension sociale à partir d’une origine très modeste.

Devenu impotent, il écrit ses Mémoires en 1702 ; elles furent publiées en 1724[1].

« Garantissez-moi de mes amis, écrivait Gourville proscrit et fugitif. Je saurai bien me défendre de mes ennemis ». (Sénac de Meilhan, 1736-1803, Considération sur l’esprit et les mœurs.) Saint Jérôme avait déjà écrit : « Il est moins malaisé de se garder d’un ennemi déclaré que d’endurer un ennemi caché sous un nom d’ami. » (Apologie contre Rufin, fin du livre second.)

Il est enterré à Saint-Sulpice.

Jugements sur Gourville[modifier | modifier le code]

Daniel de Cosnac, qui a fait sa connaissance pendant l’Ormée, la Fronde bordelaise : « Gourville était homme capable de négocier, habile, fertile en expédients »[2]. Sainte-Beuve a dit de lui, dans ses Causeries du lundi, qu’il était « quelque chose comme le Gil Blas et le Figaro du XVIIe siècle »[1]. À sa mort Sévigné écrit : « Je suis fort touchée de la mort de Gourville, avec lequel j’avois renoué un commerce très-vif ; j’ajouterai que son bon esprit étoit si parfaitement revenu, que jamais lumière n’a tant brillé avant de s’éteindre. »

Iconographie[modifier | modifier le code]

Le portrait de Gourville a été peint par Hyacinthe Rigaud en 1703 pour 300 livres[3]. Gérard Edelinck a gravé ce portrait en 1705.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Cardinal de Retz, Œuvres, Paris, Gallimard, coll. « La Pléiade »,‎ 1984 (ISBN 2-07-011028-1), note 1 de la p. 502 (p. 1449).
  2. Daniel de Cosnac, Mémoires, t. I, Paris, Jules Renouard, 1852, p. 82
  3. Roman, 1919, p. 101.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Notice sur Gourville, in Mémoires de J.H. de Gourville
  • Notice in Daniel Dessert, Argent, pouvoir et société au Grand Siècle, Paris, Fayard, 1984, p. 604.