François de Neufville de Villeroy
| François de Neufville Duc de Villeroy | |
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Le maréchal de Villeroy, Alexandre-François Caminade, 1834
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| Surnom | Le maréchal de Villeroy |
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| Naissance | 7 avril 1644 à Lyon |
| Décès | 18 juillet 1730 (à 86 ans) à Paris |
| Origine | |
| Allégeance | |
| Grade | Maréchal de France |
| Conflits | Première guerre austro-turque Guerre de la Ligue d'Augsbourg Guerre de Succession d'Espagne |
| Distinctions | Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit Chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis |
| Autres fonctions | Ambassadeur de France à Venise Gouverneur et lieutenant général du Lyonnais |
| Famille | Famille de Neufville de Villeroy |
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François de Neufville, 2e duc de Villeroy (1685), né à Lyon le 7 avril 1644 et mort à Paris le 18 juillet 1730, est un militaire français. Il est élevé à la dignité de maréchal de France au printemps 1693.
Sommaire |
Biographie[modifier]
Origines et jeunesse[modifier]
Fils de Nicolas V de Neufville de Villeroy, duc de Villeroy, et de Madeleine de Blanchefort de Créquy, il est élevé à la cour de France, et est un ami d'enfance du roi Louis XIV, dont son père avait été le gouverneur. Le roi garde pour lui une certaine tendresse et lui passe ses défauts et son insuffisance. Courtisan accompli, homme de belle prestance et de grand air, il sait conserver assez longtemps la faveur royale malgré de nombreuses défaites militaires.
Carrière militaire[modifier]
Colonel d'infanterie en 1664[1], il est ambassadeur de France à Venise en 1668 et en 1688 et gouverneur et lieutenant général du Lyonnais en survivance de son père. Nommé brigadier en 1672, maréchal de camp en 1674 puis lieutenant-général en 1677[2], il fut fait chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit le 31 décembre 1688[3] et chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis en avril 1694[4].
Dans la carrière militaire, il montre de la bravoure à la guerre, mais, par incapacité et par présomption, il accumule les désastres lorsqu'il est appelé à commander en chef. Blessé à la bataille de Saint-Gothard, il prend part à de nombreux combats en Flandre puis dans l’armée du Rhin.
Élevé à la dignité de maréchal de France le 27 mars 1693[5] sans avoir jamais exercé de responsabilités importantes, il reçut en 1695 le commandement de l’armée du maréchal de Luxembourg, ordonna l'absurde bombardement de Bruxelles et perdit la ville de Namur.
Durant la guerre de Succession d'Espagne, envoyé en Italie en remplacement de Nicolas de Catinat, il essuya une défaite humiliante devant le prince Eugène à Chiari en 1701 et fut fait prisonnier en février 1702 à la bataille de Crémone, suscitant l'ironie des chansonniers :
-
- Par la faveur de Bellone,
- Et par un bonheur sans égal,
- Nous avons conservé Crémone
- Et perdu notre général.
Il est échangé contre le comte Wallenstein, capturé par le marquis de Coëtlogon en 1703, et rentre en France. Il connait de nouveaux revers en 1706 devant le duc de Marlborough à Ramillies et doit abandonner les places des Flandres et se replier sur Lille. Ce dernier désastre met un terme à sa carrière militaire.
Malgré ces revers, qui font de lui la risée de la Cour et de la Ville, il se montre « magnifique en tout » (Saint-Simon). C'était, ajoute Saint-Simon, « un homme qui n'avait aucun sens et qui n'avait d'esprit que ce que lui en avait donné l'usage du grand monde au milieu duquel il était né et avait passé une très longue vie. »
En dépit de cela, Louis XIV le nomme chef du conseil royal des finances (1714-1715) et, dans son testament, l'institue gouverneur de Louis XV, et cette désignation, que le Régent ne chercha d'ailleurs pas à remettre en cause, fut confirmée par le Parlement de Paris. Il fut également membre du conseil de Régence.
Le maréchal prit ses fonctions le 15 février 1717 et les exerça pendant cinq ans. Durant cet intervalle, il n'apprit probablement rien à son élève, sinon peut-être le maintien. Soupçonneux, prétendant multiplier les précautions contre un éventuel empoisonnement, il agace le Régent. Le 10 août 1722, il va jusqu'à lui refuser un entretien en tête-à-tête avec le roi[6]. Il est disgracié le soir même, jeté dans une voiture et expédié sur sa terre de Neufville. Informé de cet exil, Louis XV montra beaucoup de peine sans que l'on sache si le petit roi orphelin regrettait l'homme ou la perte supplémentaire d'un de ses proches.
Mariage et descendance[modifier]
Il avait épousé le 28 mars 1662[7] Marguerite-Marie de Cossé-Brissac (1648-1708). Ils eurent sept enfants :
- Louis Nicolas de Neufville de Villeroy (1663-1734), duc de Villeroy, qui épouse Marguerite Le Tellier de Louvois, fille du marquis de Louvois[8] ;
- Camille de Neufville de Villeroy ;
- François Paul de Neufville de Villeroy (1677-1731), archevêque de Lyon (1714) ;
- François-Catherine de Neufville de Villeroy (†1700) ;
- Madeleine Thérèse de Neufville de Villeroy (1666-1723), en religion
- Françoise Madeleine de Neufville de Villeroy, qui épouse Jean de Sousa, comte de Prado ;
- Catherine Anne de Neufville de Villeroy (1674-1715), en religion ;
Le maréchal de Villeroy loge pour l'essentiel avec la Cour. Sous la Régence, il s'installe brièvement à l’hôtel Salé, rue de Thorigny.
Armoiries[modifier]
| Blasonnement :
D'azur au chevron d'or, accompagné de trois croisettes ancrées du même.
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Anecdotes[modifier]
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- Le maréchal de Villeroy apparaît dans le film de Bertrand Tavernier, Que la fête commence. Sous les traits d'Alfred Adam, il est en effet dépeint comme un personnage totalement dénué de culture et d'intelligence, suspicieux à l'extrême et traité par le Régent de « maréchal de dernier ordre ».
- Le portrait de Ménippe dans Les Caractères de La Bruyère a aussi été peint d'après le maréchal de Villeroy. L'auteur y montre un homme assimilé à un « perroquet », hypocrite, dénué de toute intelligence, qui répète « des sentiments et des discours ».
Notes et références[modifier]
- Saint-Simon 1879, p. 114
- http://www.museemilitairelyon.com/spip.php?article34
- A.C de Neufville, Histoire généalogique de la Maison de Neufville sur Google Livres
- http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k81465j.image.hl.r=+Villeroy.f135.langFR
- Christophe Levantal, Ducs et pairs et duchés-pairies laïques à l'époque moderne : (1519-1790) sur Google Livres, p. 985
- Yves Combeau, Le comte d'Argenson, 1696-1764: Ministre de Louis XV sur Google Livres, p. 39
- http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Neufville-de-Villeroy.pdf
- Luc-Normand Tellier, Face aux Colbert : les Le Tellier, Vauban, Turgot ... et l'avènement du libéralisme, Presses de l'Université du Québec, 1987, pp. 448-451.Etext
Article connexe[modifier]
Sources[modifier]
- Saint-Simon, Mémoires de Saint-Simon : nouvelle édition collationnée sur le manuscrit autographe, augmentée des additions de Saint-Simon au Journal de Dangeau, t. 1, Paris, Hachette, 1879, 682 p. [lire en ligne], p. 114
- Jean de Viguerie, Histoire et dictionnaire du temps des Lumières. 1715-1789, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2003, (ISBN 2-221-04810-5)
- (en) « François de Neufville de Villeroy », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [lire en ligne]
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