Bon Boullogne

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La Fille de Jephthé par Boullogne, musée de l'Ermitage.

Bon Boullogne, dit Boullogne l’aîné, baptisé le à Paris où il est mort le , est un peintre et graveur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

D’abord élève de son père, le peintre Louis, dont il a été longtemps considéré comme le plus doué de ses enfants, Bon Boullogne montra de bonne heure de grandes dispositions pour la peinture. On pense qu’il l’a aidé dans ses travaux dans la Grande Galerie du Louvre. Colbert lui donna la pension du roi à Rome, sans avoir concouru pour le prix de peinture à la vue d’un Saint Jean, demi-figure, que son père lui avait présenté et qu’il trouva si bien, que, par son ordre, le tableau resta dans les salons de l’Académie.

Boullogne demeura cinq ans à Rome, et y acquit à un très haut degré l’art de faire des pastiches, réalisant des copies des œuvres célèbres, en particulier quelques fresques de Raphael destinées à être reproduites en tapisseries aux Gobelins. Il eut, par la suite,l'occasion de tromper avec ses imitations, les plus habiles connaisseurs. Il quitta Rome pour aller en Lombardie étudier le Corrège et le Carrache, tout en préférant le Guide, le Dominiquin, l'Albane et tous les autres peintres, ce qui explique les grandes affinités de sa peinture, particulièrement en mythologie, avec l’école de Bologne.

De retour en France, il fut reçu à l’Académie royale en 1677 et, l’année suivante, nommé professeur et peintre du roi. Sa réputation le fit distinguer par Louis XIV, qui lui donna une pension de six cents livres. Il travailla dans l’église des Invalides, au palais et à la chapelle de Versailles, à Trianon.

Excellant dans le coloris, Bon Boullogne dessinait aussi bien qu’il composait. Il était extrêmement laborieux, et peignait souvent, avant et après le jour, à la lueur d’une lampe attachée à son chapeau. Il avait coutume de dessiner sur du papier gris, à la pierre noire relevée de blanc ; ses dessins, faits avec trop de facilité, ne sont souvent qu’indiqués.

Ce peintre avait un caractère gai, plein de saillies, aimait et protégeait ses élèves, et fut toute sa vie tendrement attaché à son frère Louis de Boullogne, avec lequel il vécut en commun jusqu’à son mariage avec Anne Lourdet, fille du directeur de la manufacture de la Savonnerie, le 8 avril 1687.

Il a peint à Paris :

  • à Notre-Dame, le Paralytique
  • aux Invalides, les chapelles Saint-Jérôme et Saint-Ambroise, composées chacune d’une coupole et de six tableaux peints à fresque
  • aux Chartreux, dans le chœur, la Résurrection de Lazare ;
  • à la Conception, sur le maître-autel, l’immaculée Conception ;
  • au couvent de l’Assomption, la Présentation au Temple, et le Mariage de la Vierge ;
  • aux Petits-Pères, Saint Jean-Baptiste et Saint Grégoire ;
  • à l’Académie, le Combat d’Hercule contre les Centaures et les Lapithes ;
  • au palais de Justice, la Justice accompagnée de la Force et de la Modération ; Hercule chassant la Calomnie et la Discorde ; trois Déesses donnant des couronnes pour animer les arts ;
  • aux Célestins, Apothéose de saint Pierre Moron ;

Il a aussi peint à Versailles:

  • dans la chapelle du château, neuf petits plafonds représentant des Apôtres groupés avec des Anges et au-dessus des orgues, les Concerts des Anges ;
  • à l’ancienne paroisse, une Cène et le Mariage de sainte Catherine ;
  • dans les appartements, à Trianon, à la Ménagerie, de nombreux sujets.

Le tableau oblong de chevalet, saint Benoît ressuscitant un enfant, que possède Le musée du Louvre, donne une bonne Idée de sa manière. Il a, en outre, peint à Orléans, à Toulouse, à l’abbaye de Saint-Riquier, etc. Il s’est représenté lui-même, dans son atelier, causant avec un poète et un musicien. Il a gravé de sa main trois morceaux : Saint Bruno, Saint Jean-Baptiste, un Sujet d’Almanach.

Audran, Cochin, Boquet, Langlois, Moyreau, etc., ont laissé des estampes d’après les tableaux de Bon Boullogne.

Bon Boullogne eut pour élèves: Nicolas Bertin, Pierre-Jacques Cazes, Pierre Dulin, Charles Parrocel, Jean Raoux, Jean-Baptiste Santerre, Robert Tournières, Louis de Silvestre, François Hutin, Sébastien Leclerc, Claude Verdot.

Il fut inhumé à Saint-Roch, sa paroisse, laissant deux fils nés en 1688 et 1689, dont l’aîné, qui d’abord étudia la peinture, se fit ensuite recevoir avocat ; ils moururent tous deux avant leur père en 1708 et 1716.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Parmi ses tableaux, on distingue :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amédée de Caix de Saint-Aymour, Les Boullogne : une famille d’artistes et de financiers aux XVIIe et XVIIIe siècles, Ed. Henri Laurens, Paris, 1919.
  • Antoine Schnapper, « Plaidoyer pour un absent : Bon Boullogne (1649 - 1717) », dans Revue de l'Art, 1978, n°40-41, pp.121-140.

Source[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 7, Paris, Firmin-Didot, 1857, p. 13-4.

Liens externes[modifier | modifier le code]