Federigo Zuccaro

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Federigo Zuccaro, autoportrait, après 1588
Dôme à Florence

Federico Zuccaro ou (Zuccari) (1542 ou 1543 à Sant'Angelo in Vado - 1609 à Ancona) est un peintre et architecte italien considéré comme l'un des maîtres du maniérisme romain du début du Cinquecento.

Biographie[modifier | modifier le code]

Federigo Zuccaro continua à la Trinité du Mont, église des Minimes de Rome, qui relève de la France, parce qu'elle a été fondée par Charles VIII, des fresques commencées par son frère Taddeo. Ses premiers succès assez rapides le firent appeler à Florence, où on le chargea de peindre la grande coupole de l'église métropolitaine.

Frédéric eut l'audace d'y placer des figures hautes de cinquante pieds, sans parler de celle de Lucifer, si démesurée, qu'elle fait paraître les autres des figures d'enfants. Il a écrit lui-même cette dernière particularité, en ajoutant que ces figures étaient les plus colossales que l'on eût encore faites dans le monde. (voir : Lettere pittoriche, t. 6, p. 147.)

Luigi Lanzi pense qu'à l'exception de l'immensité de la composition, on n'a guère sujet de louer cet ouvrage. Même du temps de Pierre de Cortone, on pensa à faire substituer d'autres peintures de ce dernier artiste ; et l'on ne fut arrêté que par la crainte qu'il ne vécût pas assez longtemps pour terminer cette entreprise. Après ce travail, Frédéric eut la prétention de peindre toutes les coupoles ; et il semblait que les travaux de grande dimension lui fussent dus dans toute l'Italie.

On l'appela à Rome, pour lui confier la voûte de la chapelle Pauline, et lui faire achever ainsi un ouvrage commencé par Michel-Ange. En 1560, Federigo Zuccaro est chargé la mission de la décoration du casino de Pie IV à la Cité du Vatican et effectue un séjour à Venise (1561-1564).

Accusé auprès du pape Grégoire XIII de quelques propos inconsidérés, il exposa en public son fameux tableau de la Calomnie, où il avait représenté ses accusateurs avec de longues oreilles d'âne. Ceux-ci portèrent plainte au pape, qui força Frédéric à sortir de Rome. Alors il commença des voyages en Flandre, en Hollande, en Angleterre, à Venise.

Le pape étant apaisé, Zucchero alla reprendre son ouvrage interrompu, et reçut de grands éloges et des récompenses. Il construisit une maison sur le mont Pincio, où l'on voit encore des fresques de sa main. Malheureusement il se fit connaître alors, dit Lanzi, pour chef d'école de décadence : caposcuola di decadenza. Sur ces entrefaites, Philippe II l'invita à se rendre à Madrid ; mais son travail ne fut pas goûté : ses peintures furent effacées et remplacées par des compositions du Tebaldi.

Pour diminuer le chagrin que devait lui causer cet échec inattendu, le roi le renvoya en Italie avec une forte pension. Vers 1595, il fut nommé Principe de l'Accademia di San Luca, nouvellement formée, et cette élection fut pour lui une sorte de triomphe. Frédéric fit en Espagne un autre voyage, mais dans un âge plus avancé, et avec moins de succès encore que la première fois. Il passa à Venise, en 1603, et retoucha quelques uns de ses ouvrages.

A Turin, il publia un traité intitulé Idea de pittori, scultori e architecti, 1607, in-fol. (réimprimé à Rome en 1768), et le dédia au duc de Savoie. En 1609, il retournait dans sa patrie, lorsqu'il tomba malade à Ancône, et y mourut, à l'âge de 66 ans.

On doit à Frédéric de belles idées en architecture, et même des morceaux de sculpture. Sa fortune fut immense ; il la devait peut-être moins à ses talents qu'à des formes agréables, à un entretien rempli de grâce et de politesse, à son esprit cultivé et à une générosité attirante, mais qui ne tarda pas aussi à lui faire presque sentir les atteintes de la misère. Il semblait écrire par irritation contre Vasari, et pour le surpasser. On lui reproche un ton dogmatique, peu clair, et un style dont l'affectation ne pouvait pas échapper au ridicule. L'école des Zuccheri fleurit quelque temps. Elle compte des élèves distingués, parmi lesquels on cite le père Danti, dominicain, et Roncalli, qui fut chargé de continuer un bras contigu à la loge peinte par Raphaël : mais l'art n'était plus le même ; et l'on vit bientôt les traces de décadence.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Idea de pittori, scultori e architetti, 1607.
  • 1592 Palais Zuccari (Rome)

Source partielle[modifier | modifier le code]

« Federigo Zuccaro », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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