Louis de France (1775-1844)

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Louis XIX
Le prince Louis-Antoine de Bourbon, duc d'Angoulême
Le prince Louis-Antoine de Bourbon, duc d'Angoulême
Titre
Prétendant légitimiste
aux trônes de France et de Navarre
6 novembre 18363 juin 1844
(7 ans, 6 mois et 28 jours)
Prédécesseur Charles X
Successeur Henri d'Artois,
comte de Chambord
Roi de France et de Navarre
Non proclamé
22 août 1830
(20 minutes)
Prédécesseur Charles X
Successeur Henri V (non proclamé)
Louis-Philippe Ier
(roi des Français)
Prince héritier de France et de Navarre
16 septembre 18242 août 1830
(5 ans, 10 mois et 17 jours)
Monarque Charles X
Prédécesseur Charles, comte d'Artois
Successeur Ferdinand-Philippe,
prince royal
Biographie
Titre complet Duc d'Angoulême (1775-1844)
Dauphin de France (1824-1830)
Comte de Marnes (1830-1844)
Dynastie Maison de Bourbon (branche d’Artois)
Nom de naissance Louis Antoine d’Artois,
duc d’Angoulême
Date de naissance 6 août 1775
Lieu de naissance Versailles (France)
Date de décès 3 juin 1844 (à 68 ans)
Lieu de décès Görz (Autriche)
Père Charles X
Mère Marie-Thérèse de Savoie
Conjoint Marie-Thérèse de France
Héritier Henri d'Artois,
comte de Chambord

Louis de France (1775-1844)
Monarques de France
Prétendants au trône de France

Louis-Antoine d’Artois (né le 6 août 1775 à Versailles, France, et mort à Görz, Autriche — actuellement Nova Gorica (Slovénie) — le 3 juin 1844 à l’âge de 68 ans), duc d’Angoulême (1775-1824), devenu Louis-Antoine de France, dauphin de France (1824-1830), puis Louis de France est un prince de la maison royale de France, fils de Charles-Philippe de France, ce dernier étant comte d'Artois et le futur roi Charles X, et de Marie-Thérèse de Savoie.

Lors des événements de la révolution de Juillet (1830), il a été un très éphémère roi de France durant vingt minutes très exactement, sous le nom de « Louis XIX » entre l’abdication de son père Charles X et la sienne en faveur de son neveu Henri d'Artois, nonobstant le principe d’indisponibilité de la Couronne de France. Il s’exile avec le titre de courtoisie de « comte de Marnes » et devient l’aîné des Capétiens et « chef de la maison de France » à la mort de son père jusqu’à la sienne (1836-1844).

Parmi les distinctions militaires qui lui ont été données, le duc d’Angoulême était notamment colonel général des cuirassiers et dragons, grand-amiral de France et généralissime de l’armée d'Espagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Louis-Antoine d'Artois, duc d'Angoulême

Né le 6 août 1775 à Versailles, il est le fils aîné de Charles X de France (1757-1836) et de son épouse Marie-Thérèse de Sardaigne (1756-1805), de la maison de Savoie. Il est titré à sa naissance duc d’Angoulême par Louis XVI de France. Il est ondoyé le jour de sa naissance à Versailles par Joseph de Cheylus, évêque de Cahors, en présence de Louis XVI et de Marie-Antoinette ainsi que du futur Louis XVIII et de son épouse Marie-Joséphine de Savoie[1].

Louis Antoine d'Artois est baptisé tardivement, le 28 août 1785, le même jour que son frère Charles Ferdinand d'Artois, dans la Chapelle royale du château de Versailles par Jean Armand de Roquelaure, évêque de Senlis. Son parrain est le roi Louis XVI et sa marraine est la reine Marie-Antoinette[2].

Il émigre le 16 juillet 1789 avec son père, et rejoint l’armée de Condé en 1792 financée pour grande part par le gouvernement britannique.

Premier Empire, Première et Seconde Restaurations[modifier | modifier le code]

Pendant l'Empire, les communications entre le continent et l'Angleterre étant coupées, son oncle Louis XVIII charge Monseigneur de La Fare, évêque de Nancy, de lui verser, ainsi qu'à son frère Charles Ferdinand de Bourbon, le duc de Berry, des sommes importantes versées depuis des maisons de banque de Vienne pour l'entretien de sa Maison, pour les pensions de l'armée des princes et pour assurer la subsistance de ses compatriotes. Pour les mois de mars et d'avril 1807 le versement fut ainsi de 18 676 livres tournois (soit l'équivalent de 1 634 150 euros).

Le duc d'Angoulème combat en Espagne aux côtés de Wellington en 1814. Il rentre en France à la Restauration.

En mars 1815, il est en voyage officiel à Bordeaux quand il apprend le débarquement de Napoléon à Golfe Juan. Il lève dans le Midi une petite armée, remporte quelques succès locaux. Toutefois il échoue et se voit contraint de licencier sa division et d'envisager d'émigrer. Le 3 avril 1815 dès le début des Cent-Jours, il réclame, à Donzère, l'exécution de la convention de La Palud à Grouchy, qui en réfère à Napoléon. Sur l'ordre exprès de ce dernier, le général Radet arrête le duc et l'envoie à Sète pour lui permettre de s'exiler.

La commune de Villeneuve-lès-Maguelonne change de nom pour Villeneuve-Angoulême en son honneur (1816).

Après l'exil[modifier | modifier le code]

En 1823 il conduit la victorieuse Expédition d'Espagne, qui gagne la bataille du fort du Trocadéro, s'empare de Cadix et restaure, en monarque absolu, Ferdinand VII d'Espagne.

À l'avènement de son père Charles X en 1824 il devient dauphin de France.

À la suite des émeutes parisiennes dites des « Trois Glorieuses », son père Charles X abdique le 2 août 1830 en faveur de son petit-fils Henri d'Artois (1820-1883), abdication contresignée par Louis-Antoine de France qui déclare renoncer à ses droits en faveur de son neveu (d’après Blanche-Joséphine Le Bascle d'Argenteuil dans ses Souvenirs, Charles X eut du mal à convaincre son fils de signer). Cette abdication, contraire aux lois fondamentales du royaume, est de toute façon sans effets, car Louis Philippe d’Orléans se fait proclamer roi des Français par les chambres le 7 août, et la famille royale part en exil le 16 août. Le prince Louis prend alors le titre de « comte de Marnes ».

À la mort de son père à Göritz (Autriche) le 6 novembre 1836, Louis-Antoine de France devient l’aîné des descendants de la famille royale selon la tradition de primogéniture mâle. La plupart des légitimistes le reconnaissent alors comme roi de France et de Navarre sous le nom de « Louis XIX », contre Louis-Philippe d'Orléans (certains lui préférant son neveu Henri V, en vertu de l'acte d'abdication).

À sa mort en exil à Göritz le 3 juin 1844, son neveu, le comte de Chambord (1820-1883), succède comme aîné des Capétiens et « chef de la maison de France » sous le nom de « Henri V ».

Il est enterré à Nova Gorica, en Slovénie.

Louis XIX[modifier | modifier le code]

Tombeaux de Charles X (« C.X ») et de Louis de France (« L.XIX ») à Kostanjevica

Même si officiellement ce fait n'est que peu évoqué, on peut considérer que Louis XIX a bien régné sur la France. En effet, lorsque Charles X signe son abdication le 2 août 1830, son fils signe l'acte de renoncement à la couronne[3]. Or, entre le moment de l'abdication de son père et la signature de son acte de renoncement, vingt minutes se sont écoulées, pendant lesquelles il fut officiellement Louis XIX. Cependant, si l'on s'en tient au principe d’indisponibilité de la couronne des lois fondamentales du royaume, l'abdication étant impossible, celle de Charles X est donc nulle, « Louis XIX » n'a donc théoriquement jamais régné, fût-ce pendant vingt-minutes. Toutefois, ces vingt minutes feraient de lui le roi ayant régné durant le laps de temps le plus court (Jean Ier a pour sa part régné cinq jours, tout comme Henri d'Artois aussi appelé Henri V qui lui succéda). Cependant, il est, pour le mouvement légitimiste, le prétendant légitime au trône de France, à la mort de Charles X.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Le 10 juin 1799, il épouse au palais de Mittau (Russie) sa cousine germaine Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI. Le couple n'eut pas d'enfants[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Registre des baptêmes (1775) de l'église Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines
  2. Registre des baptêmes (1785) de l'église Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines
  3. Charles X, la fin d'un monde, André Castelot
  4. Dans sa biographie sur Marie-Thérèse, Madame Royale, André Castelot affirme que le duc était impuissant (p.146)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]