Louis-Joseph de Vendôme

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Louis-Joseph de Vendôme
Le Duc en campagne par Jean Gilbert Murat.
Le Duc en campagne par Jean Gilbert Murat.

Surnom le « Grand Vendôme »
Naissance
Paris
Décès (à 58 ans)
Vinaròs (Espagne)
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Grade Maréchal de France
Conflits Guerre de Succession d'Espagne
Faits d'armes 1705 : Bataille de Cassano
1706 : Bataille de Calcinato
1710 : Bataille de Brihuega
1710 : Bataille de Villaviciosa
Autres fonctions Duc de Vendôme
Duc de Beaufort
Duc d'Étampes
Comte de Penthièvre
Famille Maison capétienne de Bourbon

Emblème

Louis Joseph de Bourbon, duc de Vendôme, dit le Grand Vendôme, ( à Paris à Vinaròs en Espagne), duc de Vendôme (Louis III 1669-1712), de Beaufort (1669-1688[1]), duc d'Étampes (1669), comte de Penthièvre (1669), est un militaire français, maréchal de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils aîné de Louis II, duc de Mercœur, duc de Vendôme, et de Laure Mancini. Il est l'arrière-petit-fils du roi Henri IV et de Gabrielle d'Estrées et le petit-fils de Françoise de Lorraine. Il est également le cousin germain de la duchesse et régente de Savoie Marie Jeanne Baptiste de Savoie et de la reine de Portugal Marie-Françoise de Savoie.

Orphelin à l'âge de 15 ans, il hérite d'une vaste fortune et débute une carrière militaire à l'âge de 18 ans. Il est promu au grade de lieutenant-général en 1688. Durant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il se distingue lors des batailles de Steinkerque et de La Marsaille, puis commande l'armée d'invasion de la Catalogne en 1695 et s'empare de Barcelone en 1697.

Désormais maréchal quand débute la guerre de Succession d'Espagne, il est nommé à la tête de l'armée française en Italie en 1702. Il y fait la connaissance de Giulio Alberoni qui fera carrière en devenant son amant.

Vendôme s'oppose durant trois ans à son cousin, le prince Eugène de Savoie-Carignan, feldmaréchal impérial qu'il bat à Cassano en 1705. En 1706, il remporte la bataille de Calcinato avant d'être envoyé en Flandre où l'armée française a subi plusieurs défaites. Mais il se querelle avec le duc de Bourgogne et ne peut empêcher une nouvelle défaite française à Audenarde.

Dégoûté par ce revers dont il rejette la responsabilité sur le petit-fils de Louis XIV, il se retire dans ses propriétés. Il épouse alors en 1710 une de ses cousines, Marie-Anne de Bourbon, Mademoiselle de Montmorency, fille d'Henri Jules de Bourbon-Condé et d'Anne de Bavière. Cette union resta sans postérité.

Il est rappelé pour prendre le commandement de l'armée de Philippe V d'Espagne. Il remporte alors les victoires de Brihuega et de Villaviciosa qui assurent à Philippe le trône d'Espagne. Critiqué par ses contemporains qui lui reprochent une grossièreté soldatesque[2] et des mœurs homosexuelles dissolues[3], il fut l'un des meilleurs généraux de Louis XIV. À sa mort en 1712 à Vinaròs en Espagne, des suites d'une indigestion[4], Philippe V d'Espagne fit porter le deuil à tout son royaume ; ses restes reposent à l'Escurial (Madrid), dans le caveau des Infants.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Détestant les bâtards royaux légitimés, le duc de Saint-Simon, dans ses Mémoires, dresse de lui un portrait au vitriol :

« Il était d'une taille ordinaire pour la hauteur, un peu gros, mais vigoureux, fort et alerte; un visage fort noble et l'air haut (…); surtout admirable courtisan, et qui sut tirer avantage jusque dans ses plus grands vices à l'abri du faible du Roi pour sa naissance; poli par art, mais avec un choix et une mesure avare, insolent à l'excès (...), en même temps familier et populaire avec le commun par une affection qui voilait sa vanité, et le faisait aimer du vulgaire; au fond l'orgueil même, et un orgueil qui voulait tout, qui dévorait tout »

De fait, s'il fut l'un des grands généraux de Louis XIV, le duc de Vendôme était réputé pour sa grossièreté. Le marquis d'Argenson, futur ministre des Affaires étrangères de Louis XV, notera dans son journal qu'il porta à un excès « prodigieux » le « libertinage, la malpropreté et la paresse ».

Il était connu pour son homosexualité ostensiblement vécue. Saint-Simon lui reprochera d'être adonné au « vice » des « habitants de Sodome » : « M. de Vendôme y fut plus salement plongé toute sa vie que personne, et si publiquement, que lui-même n'en faisait pas plus de façon que la plus légère et de la plus ordinaire galanterie ». Et de poursuivre de sa vindicte le malheureux duc venu à Clichy « suer la vérole entre les mains les plus habiles, qui échouèrent. » L'arrière-petit-fils d'Henri IV dut revenir à la Cour « avec la moitié de son nez ordinaire, ses dents tombées, et une physionomie entièrement changée, qui tirait sur le niais ».

Activité militaire[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

C'est à Clichy-la-Garenne, dans la maison du financier Antoine Crozat que Louis-Joseph duc de Vendôme et d'Étampes, vient se réfugier pendant près de trois mois pour soigner sa vérole. La maison du financier Antoine Crozat, était vaste et confortable, au milieu de magnifiques jardins dessinés par Le Nôtre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Date à laquelle il vendit le duché à Charles Ier Frédéric de Montmorency-Luxembourg qui le renomma duché de Montmorency
  2. « Il est bien certain que le duc de Vendôme portoit, surtout à la fin de ses jours, le libertinage, la malpropreté et la paresse, à un excès si prodigieux, qu'il est inconcevable que ces défauts ne lui aient pas fait plus de torts… » Voyer de Paulmy d'Argenson 1857, p. ??
  3. Lachâtre 1843, p. ??
  4. « …Il se livra tout à son aise de tous genres de volupté qui lui étoient chers ; il se gorgea de poisson qu'il émoit à la fureur, fût-il bon ou mauvais, bien ou mal accommodé; il but du vin épais, capiteux, fumeux, et gagna enfin une forte indigestion, ou plutôt une maladie, suite d'indigestions répétées, dont la diète et l'exercice auroient put être le véritable remède ». Voyer de Paulmy d'Argenson 1857, p. ??

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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thum
Ducs de Vendôme
Philippe
François de Vendôme
Duc de Beaufort
1669-1688
Vente du titre à
Charles Ier Frédéric de Montmorency-Luxembourg qui le rebaptise en
« duc de Montmorency »