François II Rákóczi

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François II Rákóczi (1676-1735)

François II Rákóczi (1676-1735) était prince de Hongrie et de Transylvanie de 1704 à 1711. Icône nationale hongroise, il reste célèbre pour sa guerre d'indépendance (1703–1711) et son opposition aux Habsbourg.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de François Rákóczi et d’Ilona Zrínyi né le à Borsi (Hongrie; actuellement en Slovaquie) quelques mois avant la mort de son père. Il est l'héritier de plusieurs familles nobles s'étant illustrées dans la lutte contre les Habsbourg : les Rákóczi, les Zrinski, les Báthory par sa grand-mère; il est le beau-fils d'Imre Thököly.

Il conspire très jeune contre l’autorité des Habsbourg. Après la défaite des insurgés hongrois, il est séparé de sa famille et élevé princièrement par les jésuites de Neuhaus en Bohême puis à l’université de Prague. Il épouse ensuite à Cologne le [1] une aristocrate allemande, Charlotte Amélie de Hesse-Wanfried et obtient un titre de prince du Saint-Empire.

La marche de Rákóczi (1899), Simon Hollósy

De retour en Hongrie en 1694, il noue des relations vers 1698 avec le Maréchal de Villars ce qui lui vaut d’être incarcéré en 1701. Il s’évade, se réfugie en Pologne puis prend la tête de l'insurrection hongroise de 1703. Il conquiert avec sa troupe de Kuruc toute la Hongrie orientale et reçoit de la Diète de Gyulafehérvár le titre de prince de Transylvanie le sous le nom de François II Rákóczi.

Il essaye d’organiser un État kurutz qui ne prélève pas d’impôts sur les paysans et vit des revenus des domaines confisqués aux Impériaux ; il met sur pied une industrie de guerre en créant de nombreuses manufactures et pratique une politique mercantiliste animée par la mise en place d’un Conseil économique[2].

Il est proclamé régent de Hongrie en et recherche l'alliance française en faisant déclarer les Habsbourg déchus de leur droits sur le royaume de Hongrie à l'assemblée d'Onod le .

Les mesures sociales qu'il envisageait de prendre, notamment l'émancipation des paysans, inquiètent la noblesse tandis que l'Église se méfie de son entourage protestant.

Histoire des Révolutions de Hongrie La Haye, chez Jean Neaulme, 1739

Battu à Trencsén en 1708, il ne peut empêcher Sándor Károlyi de négocier une paix séparée avec les impériaux en 1711. Il perd son titre de prince de Transylvanie en . À la Paix de Szatmár le , les insurgés dont François II Rákóczi lui-même sont amnistiés s'ils prêtent serment au nouvel empereur Charles VI de Habsbourg.

François Rákóczi refuse de souscrire à ce traité et recherche en vain l'alliance du tsar Pierre Ier le Grand. Il plaide encore pour l'indépendance de la Hongrie en 1713 lors des négociations des traités d'Utrecht. Puis passe le reste de sa vie en exil en Prusse, en France et en Turquie. Il meurt à Rodosto (actuellement Tekirdağ) en Turquie le . Il fut inhumé dans la chapelle de l'ambassade de France située aujourd'hui au sein du lycée Saint-Benoît à Istanbul, à côté de sa mère Ilona Zrínyi. En 1906 leurs corps furent envoyés en Hongrie et réenterrés dans la Cathédrale Sainte-Élisabeth de Košice le 29 octobre.

De son union le avec Charlotte-Amélie de Hesse Wanfried (1679-1722) naissent :

La Marche de Rákóczi[modifier | modifier le code]

L'épopée de François Rákóczi inspirera à Ferenc Kölcsey le fameux Himnusz (1823), hymne bientôt devenu national (mais non officiel), dont les paroles font vibrer le coeur de tous les Hongrois, et que Berlioz exprimera en musique dans sa célèbre « Marche de Rákóczi », page symphonique exaltante, d'une orchestration éblouissante, intégrée à sa Damnation de Faust (1846), l'un de ses chefs-d'œuvre dramatiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. István Barta, Ervin Pamlényi, Histoire de la Hongrie, Horvath,‎ 1974 (présentation en ligne)