Gilles Ménage (grammairien)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le grammairien du XVIe. Pour le haut fonctionnaire, voir Gilles Ménage (politique). Pour les autres homonymes, voir Ménage (homonymie).

Gilles Ménage

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portrait supposé de Ménage, par Bernard Vaillant (1666).

Activités grammairien
Naissance 15 août 1613
Angers
Décès 23 juillet 1692
à Paris (France)
Langue d'écriture Français
Mouvement préciosité
Genres Roman, essai

Œuvres principales

  • Origines de la langue française (1650 et 1670) ;
  • Poemata latina, gallica, graeca, et italica (1656) ;
  • Origini della lingua italiana (1669) ;
  • Observations sur la langue française (1672-1676) ;
  • Histoire de Sablé[1] (1683) ;
  • Anti-Baillet (1690)
  • « Menagiana » (propos, recueil posthume de 1693)
  • Dictionnaire etymologique de la langue françoise (1694)

Compléments

Gilles Ménage, né à Angers le 15 août 1613 et mort à Paris le 23 juillet 1692, est un grammairien, historien et écrivain français.

Avocat puis prieur[modifier | modifier le code]

Fils de Guillaume Ménage, avocat d'Angers, et de Guionne Ayrault (elle-même fille de Pierre Ayraut), il fit des études de droit pour devenir également avocat. La maladie le força à abandonner la carrière du barreau pour celle de l'Église. Il devint prieur commendataire de Montdidier (Somme) puis entra dans l'entourage du coadjuteur de Paris, Mgr de Gondi, futur cardinal de Retz.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

En 1648, il se querella avec Gondi et le quitta pour le cloître de Notre-Dame de Paris. Il y tint salon en compagnie de Jean Chapelain et de Paul Pellisson et accueillait de nombreux savants et gens d'esprit, ainsi que des femmes du monde comme Madame de Sévigné et Madame de La Fayette. Les séances ayant lieu le mercredi, Ménage les appela les « Mercuriales ». Fin grammairien, grand polémiste, il polémiqua :

Son traité des Origines de la langue française peut être considéré comme le premier grand dictionnaire étymologique du français. Véritable érudit, Ménage a essayé de garder les vieux mots et les termes provinciaux, contrairement à Bouhours avec lequel il eut une querelle retentissante[2].

Molière a fait de lui le personnage de Vadius dans Les Femmes savantes (1672).

Les « Menagiana »[modifier | modifier le code]

En 1693, ses pensées et bons mots ont été recueillis sous la direction d'Antoine Galland avec l'aide de ses amis et publiés dans un ouvrage sous le titre de « Menagiana », premier ouvrage du genre, réédité à de nombreuses reprises au XVIIIe siècle.

La Monnoie chargé de corriger les épreuves de Ménage, en éclaircissant certains articles, céda à la tentation d'y intercaler une partie des ana (remarques curieuses) dispersées dans son portefeuille. Des esprits scrupuleux trouvèrent mauvais qu'il eût levé le voile sur certaines personnalités, et qu'il eût mêlé à ses citations des traits un peu libres. Le livre fut arrêté et soumis à censeurs, avec lesquels il fallut composer. La Monnoie eut assez bon marché d'eux, servi qu'il fut par le crédit du cardinal de Rohan. Citons :

Rien n'est si doux que la diversité ; le changement de fers tient lieu de liberté. Extrait du Madrigal.

Afin de répondre au Menagiana, Bernier produisit un Anti-Menagiana (1693) En ligne : [1].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Origines de la langue française, Paris, Augustin Courbé, 1650, in-4° ; (en ligne [2]) ; Nouvelle édition deux ans après sa mort, sous le titre de Dictionnaire étymologique de la langue françoise, avec les Origines Françoises de M. de Caseneuve, un Discours de la Science des Etymologies par le P. Besnier Jésuite, & une Liste des noms de Saints, qui paroissent éloignés de leur origine, & qui s'expriment diversement selon la diversité des lieux, par M. l'Abbé Chastelain, Paris, Jean Anisson, 1694. in-folio ; (1694 en ligne, reproduit en 1750 en ligne) ; cette nouvelle édition est, comme l'indique le titre, considérablement augmentée.
  • 2. Miscellanea, Paris in-4°. 1652. Recueil de diverses pièces Grecques, Latines & Françoises, composées à différentes époques.
  • Gargilii Macronis Parasito-Sophista Metamorphous, & Vita Gargilii Mamurrae Parasito Pœdagogi, Pièces autour du personnage de Pierre de Montmaur, Professeur en Langue Grecque, qui avaient fait l'objet de nombreuses satires auparavant. Insérées dans ses Mélanges.
    • Vita M. Gargilii Mamurrae Parasito-Paedagogi, Scriptore Marco Licinio (Ménage), parut à Paris en 1643. in-4°. pp. 34.
    • Gargilii Macronis Parasito-Sophistae Metamorphosis, ad Joannem-Ludovicum Balzacium, a été imprimé à Paris in-4°. pp. 12. (sans indication d'année).
    • La Requête des Dictionnaires. Longtemps cachée parmi ses papiers, imprimée à son insu par l’Abbé Montreuil.
  • 3. Osservazioni sopra l’Aminta del Tasso. 1653. in-4°.
  • 4. Diogenes Laertius, Gr. & Lat. cum Commentario, Londini, fol. 1663, Paris; augmentée considérablement, Amsterdam en 1692. en deux tomes in-4°. En ligne Google : [3]
  • 5. Poemata; Déjà incluses dans Miscellanea, Paris in-4°. 1652 ; 2e edition augmentée, Paris. 1656, in-12 ; 3e Edit. 1658, in-8°. 4e Edit. Elzevir, 1663, in-12. 5. Edit. Paris. 1658, in-8°, 6e Edit. Paris. 1673, in-8°. 7. Edit. Paris. 1680, 8e Edit. Amsterd. 1687, in-12.
  • 6. Recueil des Eloges faits pour M. le Cardinal Mazarin, Paris, fol. 1666.
  • 7. Origini della Lingua Italiana, Parigi, 1669, in-4°, 2e Edit. 1685, in Geneva, fol.
  • 8. Juris Civitis Amœnitates, Paris. 1664, in-8°, 2e Edit, Parisi, 1667, in-8° ; 3e Edition, Francofurti & Lipsiae, 1680, in-8°.
  • 9. Les Poësies de Malherbe, avec des Notes, Paris, 1666, in-8°. Seconde édition retouchée, Paris, 1689, in-12. Troisième édition, Paris, 1722, in-12, 3 Tomes : Tome 1 : Google : [4] & Archives texte accessible : [5] ; Tome 2 : [6] & Archives texte accessible : [7] ; Tome 3 : [8] & Archives texte accessible : [9].
  • 10. Annotazioni sopra le Rime di Monsignor délla Casa, In Parigi, 1667, in-8°.
  • 11. Vita Matthaei Menagii, primi Canonici Theologi Andegavensis, Paris, 1674, in-8°. Item, Paris. 1692. in-12.
  • 12. Vita Petri Aerodii, Quaestoris Regii Andegavensis, & Guillelmi Menagii, Advocati Regis Andegavensis, Paris. 1675. in-4°. (Biographie de son aïeul Pierre Ayrault, Lieutenant Criminel d’Angers).
  • 13. Les Observations de M. Ménage sur la Langue Françoise, Paris, in-12. 2 tomes, le premier en 1675 & le second en 1676. (en ligne t. 1 et t. 2) ;
  • 14. Mescolanze, In Parigi, 1678, in-8°. Item, Rotterdam, in-8°, 1692. Cette seconde édition est augmentée.
  • 15. Histoire de Sablé, contenant les Seigneurs de la Ville de Sablé, jusqu’à Louis I, Duc d’Anjou & Roi de Sicile ; première Partie, qui comprend les Généalogies de Sablé et de Craon, avec des remarques et des preuves, Paris, 1686, in fol. Histoire de Sablé[1] (1683);
  • 16. Historia Mulierum Philosopharum, Lugduni, 1690, in-12. Traduction française : Histoire des femmes philosophes, traduit du latin par Manuella Vaney, Paris, Arléa, 2006.
  • 17. Antibaillet, 1690, in-12. 2. vol. (Critique de M. Baillet, qui avait parlé de lui de façon désobligeante dans le Journal des Savants). Ces remarques ont paru enfin dans l’édition de l’Antibaillet, faite en Hollande en 1727. à la suite des Jugemens des Savans de Baillet, en 17. vol. in-12. Elles ont été réimprimées in-4°. à Paris en 1730. En ligne : [10].
  • 18. Discours sur l’Heautontimorumenos de Térence, Paris, 1640, in-4°. Item, dans les Miscellanea de M. Ménage, 1652 ; Item, avec des corrections et des augmentations. Utrecht, 1690, in-12. Item, Amsterdam, 1715, in-8°, avec la Pratique du Théâtre de l'Abbé d'Aubignac.
  • 19. Menagiana, ne parut qu’après la mort de Ménage, d’abord en un volume, ensuite en deux ; M. de la Monnoye en a donné une édition bien augmentée, à Paris, 1715. in-12. 4 tomes. Tome 1 : [11] ; Tome 2 : [12] ; Tome 3 : [13] ; Tome 4 : [14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pour l'abbé Angot, ce volume est « non-seulement informe, mais les textes, d'ailleurs précieux, qui s'y trouvent fourmillent de fautes. L'auteur, malgré l'opinion qu'il avait de cet ouvrage, a de meilleurs titres à la célébrité. »
  2. Georges Matoré, Histoire des dictionnaires français, Paris, Larousse, 1968, p. 73.


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