Nicolas Colombel

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Nicolas Colombel

Naissance 1644
Sotteville-lès-Rouen
Décès 27 mai 1717
Paris
Nationalité Français
Activités Artiste peintre
Maîtres Pierre de Sève
Mouvement artistique Classicisme
Influencé par Nicolas Poussin-Charles Le Brun-L'Albane-Pierre Mignard
Hagar et Ismaël dans le désert, musée des beaux-arts de Budapest.

Nicolas Colombel, né en 1644 à Sotteville-lès-Rouen et mort à Paris le 27 mai 1717, est un artiste peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicolas Colombel reçut une formation artistique dès 1725 dans l’atelier de Pierre de Sève[1]. Il entreprit le voyage de Rome en dehors de l'Académie de France, et son nom figure en 1678 dans le registre du recensement de la paroisse de San Lorenzo in Lucina.

En 1680, il peint un petit tableau : Narcisse se mirant dans l'eau d'un style très différent de ce qu'il produira plus tard.

À Rome il y étudia Raphaël, le Poussin et le Dominiquin. En 1682, il envoya en France Jésus Christ chassant les marchands du Temple, Jésus Christ guérissant les deux aveugles de Jéricho, Le Christ et la Femme adultère et La Madeleine devant le Christ. Ces œuvres dans la continuité de Poussin, donnèrent une grande idée de ses talents.

En 1684 il devient membre de la congrégation des Virtuosi al Pantheon qui regroupait les artistes et érudits les plus célèbres de ce temps. Il est admis en 1686 à l'Académie de Saint-Luc de Rome qu'il fréquente jusqu'en 1689. Il entretenait de solides liens avec la communauté française de Rome et gardait un contact étroit avec ses commanditaires en France.

Pour des raisons que l'on ignore, il rentre en France entre Pâques 1691 et est agréé le 28 février 1693 à l'Académie royale de peinture, présenté par Pierre Mignard avec lequel il se lia d'amitié. Son tableau de réception était les Amours de Mars et de Rhéa pour lequel il fut reçu le 6 mars 1694.

Il devint professeur adjoint de l'Académie, le 27 août 1701 et professeur le 30 juin 1705[2].Louis XIV le chargea de décorer plusieurs des appartements du château de Versailles et du château de Meudon. Il fut influencé par le travail de Nicolas Poussin et de Charles Le Brun, mais également par L'Albane. Il fit des portraits dans l'esprit de Pierre Mignard et de François de Troy.

Il a peint quantité de portraits historiés. Il a aussi composé une Sainte Cécile. Le palais de Sanssouci conserve également un de ses tableaux.

Ses tableaux se distinguent par la grande précision de son trait, la finesse de sa gamme colorée lumineuse, ainsi qu'une savante observation des règles de la perspective. Ses bleus profonds donnent un rendu de porcelaine dans l'esprit de Giovanni Battista Salvi. Excellent paysagiste, il ornait ses fonds d'architecture.

Peu indulgent pour les ouvrages de ses confrères, il comparait certains copistes de tableaux à des eunuques parce que, disait-il, « les uns et les autres sont également incapables d’aucune production[réf. nécessaire] ». De son vivant, il se vit jugé à son tour avec sévérité. Il ne manquait pas non plus d’humour : le fils parvenu d’un maréchal-ferrant lui ayant demandé de peindre un plafond, il affecta de prendre pour sujet la Chute de Phaëton où les chevaux renversés montraient tous les fers de leurs pieds. Modérément goûté du maître de maison, le projet resta à l'état d’esquisse.

Le musée des beaux-arts de Rouen a présenté une exposition de ses œuvres en 2012-2013.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

  • Académie d'homme assis tenant un arc ettirant une flèche en l'air, 1708, pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier chamois, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts
  • Étude pour le Saint-Hyacinthe sauvant des ennemis, la statue de la Vierge, pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier beige, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts

Peintures[modifier | modifier le code]

Attribution 


Salons[modifier | modifier le code]

  • 1699 : La Course d'Hippomène et Atalante, Psyché abandonnée par l'Amour, Portrait d'une femme sous les traits de Diane revenant de la chasse
  • 1704 : Fabius Maximus

Expositions[modifier | modifier le code]

  • « Nicolas Colombel, l'idéal et la grâce », musée des beaux-arts de Rouen, du 9 novembre 2012 jusqu'au 24 février 2013, commissaires de l'exposition : Karen Chastagnol et Diederik Bakhuÿs, conservateur du musée.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Antoine Joseph Dezallier d'Argenville écrit en 1752 : « Ses dessin sont très terminés, surtout ses études d'après l'antique ; elles sont faites sur du papier bleu, au crayon de pierre noire relevé de blanc de craye : les hachures en sont si fines qu'elles paraissent estompées, avec un trait très délié et un crayon peu moelleux[3]. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Théodore-Éloi Lebreton, Biographie rouennaise : recueil de notices biographiques et bibliographiques sur les personnages célèbres nés à Rouen qui se sont rendus célèbres ou qui se sont distingués à des titres différents, Rouen, Le Brument,‎ 1865 (lien OCLC?)
  • (en) Anthony Blunt, Two Drawings by Nicolas Colombel, New York, The Master Drawings Association,‎ 1980 (lien OCLC?)
  • Dubois de Saint-Gelais, Nicolas Colombel, biographie
  • Karen Chastagnol, « Nicolas Colombel, peintre ressuscité du Grand Siècle », dans L'Objet d'Art, L'Estampille, n°486, janvier 2013, pp. 36-43.
  • Dictionnaire Bénézit
  • Anthony Blunt, « Nicolas Colombel », dans Revue de l'Art, 1970
  • Collectif, Karen Chastagnol, Nicolas Colombel coéditions, Nicolas Chaudun, Musée des beaux-arts de Rouen, 224. p., 2012, (ISBN 9782350391472)

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dubois de Saint-Gelais, cité par Karen Chastagnol, commissaire de l'exposition du musée des beaux-arts de Rouen et auteur du Catalogue raisonné de Nicolas Colombel.
  2. Tout comme Nicolas de Largillière.
  3. Antoine Joseph Dezallier d'Argenville, Abrégé de la vie des plus fameux peintres, avec leurs portraits gravés en taille-douce, les indications de leurs principaux ouvrages, quelques réflexions sur leurs caractères, et la manière de connoître les desseins des grands maîtres Par M*** de l'Académie royale de Montpellier (3 volumes, 1745-1752). Nouvelle édition, revue et corrigée et augmentée de la vie de plusieurs peintres, 4 volumes, 1762.

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