Château de Villandry
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| Château de Villandry | ||
|---|---|---|
| Présentation | ||
| Période ou style | Renaissance | |
| Début construction | XVIe siècle | |
| Fin construction | XVIIIe siècle | |
| Propriétaire initial | Jean le Breton | |
| Propriétaire actuel | propriété privée | |
| Classement | Classé MH 4 septembre 1934 Jardin remarquable |
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| Site internet | Consulter | |
| Géographie | ||
| Latitude Longitude |
[1] | |
| Pays | ||
| Région historique | Touraine | |
| Région | Centre | |
| Département | Indre-et-Loire | |
| Commune | Villandry | |
| Géolocalisation sur la carte : France
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Restauré par Joachim Carvallo, Villandry, château de la Loire d'architecture renaissance est situé à 15 km à l'ouest de Tours sur la D7.
Connu pour ses trois jardins, le donjon domine le potager décoratif (1 ha), le jardin d'ornement et le jardin d'eau.
L'intérieur date du XVIIIe siècle.
Sommaire |
[modifier] Histoire
C'est dans cette forteresse qu'eut lieu, le 4 juillet 1189, « la Paix de Colombiers » (nom de Villandry au Moyen Âge), au cours de laquelle Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre, vint devant Philippe Auguste, roi de France, reconnaître sa défaite.
Cette paix marque une étape essentielle du triomphe de la monarchie capétienne sur les grands féodaux, au premier rang desquels les Plantagenêts dont l'immense domaine français comprenait la Normandie, la Bretagne, le Maine, la Touraine, l'Anjou, le Poitou et l'Aquitaine.
Le château de Villandry, achevé vers 1536, est le dernier des grands châteaux qui furent bâtis sur les bords de Loire à l'époque de la Renaissance; il fut construit par un ministre des Finances de François Ier, Jean le Breton.
Celui-ci avait fait raser une vieille forteresse du XIIe siècle dont il ne reste que les fondations et le donjon que l'on devine derrière la cour d'honneur.
Les descendants de Jean le Breton conservèrent Villandry jusqu'en 1754, année où Louis-Henri d'Aubigné, "marquis de Villandry, Savonnières, Cornuson, maréchal des camp et armée du roi, lieutenant général des ville, château et sénéchaussée de Saumur, Saumurois et Haut-Anjou", vendit la propriété au comte Michel Ange de Castellane, brigadier des armées du roi, ambassadeur à la Porte Ottomane, issu d'une des plus anciennes et illustres familles de Provence.
Les Grands Travaux du comte.
Le nouveau seigneur de Villandry fit construire les grands communs de style classique symétriques, de part et d'autre de l'avant-cour, et réaménagea l'intérieur du château en l'adaptant aux normes de confort du XVIIIe siècle,plus proches des nôtres que celles de la Renaissance.
Le titre de marquisat étant éteint par cette vente, Villandry fut érigé en comté en sa faveur en mai 1758.
"Le marquis ne rêvait qu'à en faire une grande maison avec les conforts de l'époque, de nombreuses fenêtres dont la moitié n'étaient que peintes pour paraître, des balcons entourant les étages pour prendre l'air, des ponts donnant accès des salons aux jardins et des pavillons pour cure d'air (...) L'intérieur du château avait aussi été remanié presque complètement. L'escalier Renaissance de forme octogonale rappelant celui de Blois et qui était situé dans l'angle droit avait été remplacé par l'escalier intérieur en pierre avec rampe en fer forgé, de style Louis XV, situé en face de la porte d'entrée". (P. Le Noac'h, "Histoire de Villandry et de son château", Tours, 1949 ,p.30).
Le marquis mourut à 79 ans le 26 septembre 1782 et fut inhumé dans le caveau seigneurial de l'église de Villandry.
En 1789 son fils, Esprit-François-Henri, marquis de Castellane, chevalier d'honneur de Madame Sophie de France et dernier seigneur du lieu, époux de Charlotte-Louise Charron de Ménars, comparut à l'assemblée électorale de la noblesse de Touraine.
Les Castellane, héritiers de la duchesse de Dino au château de Rochecotte à Saint-Patrice (37), le possédèrent jusqu'à la fin du XXème siècle.
D'un négrier nantais aux frères Bonaparte.
En 1791 le marquis de Castellane se retirant à Paris, vendit pour 850 000 livres le château meublé à François Chénais, qui avait fait fortune dans les plantations de café des Antilles, où, il possédait 400 esclaves noirs; époux de la riche créole Elisabeth Pondary, il jouissait d'un revenu de plus de 1 200 000 livres, avant la "révolution de Saint-Domingue" (1792) qui ruina ses affaires, sans toucher cependant ses avoirs français.
Nommé commandant de la Garde Nationale, le nouveau châtelain fut néanmoins accusé de cacher dix canons qui lui sont réclamés pour la municipalité de Tours, mais lors des perquisitions au château on ne trouve que "six morceaux de carabines hors d'état"...Par lassitude et par économie il renvoie son régisseur et réduit son personnel, prélude à la liquidation de la propriété.
Après avoir fait faire de nouvelles caisses pour 250 orangers réputés parmi les plus beaux de France, pris de colère à l'annonce de réparations nécessaires à l'orangerie, il brada les caisses neuves et fit arracher et scier les arbustes pour s'en chauffer pendant deux hivers... Se retirant à Tours, il remit en vente domaine et château, qu'il finit par proposer à G.J. Ouvrard, munitionnaire et profiteur de guerre; celui-ci obtint le domaine pour 350 000 francs, soit le tiers de sa valeur, y compris "de très belles glaces, plus de 25 000 francs de linge, des meubles et des porcelaines".
En 1804 Chénais, bien digne, par sa grande ladrerie, d'être le modèle au Père Goriot du tourangeau Balzac, remaria sa fille récemment divorcée au général baron Paul Thiébault; ce soldat fut Vénérable de la loge maçonnique locale, blessé à Austerlitz, et acquéreur d'une partie du domaine de Richelieu (37); en 1815 il dut quitter Paris pour Tours, où il perdit sa femme en 1820; il mourut en 1846.
Un matin de 1807, sur plainte de son beau-père (mort en 1813), Thiébault avait dû forcer "manu militari" la porte d'Ouvrard, qui devait encore sur Villandry 60 000 francs sur lesquels il ne payait aucun intérêt.
Finalement vers 1810-1811 "Napoléon Ier se paya des dettes d'Ouvrard en s'adjugeant Villandry pour le donner à son frère Joseph, futur roi d'Espagne, qui le céda par échange à la famille Hainguerlot...créancière de l'Empereur, résultat d'un arrangement de famille entre les Bonaparte selon l'historien Frédéric Masson ("Napoléon et sa famille", 1903, tome VI, pp. 157 et 360), suite à la responsabilité de Jérôme Bonaparte dans la liquidation Dijon, qui réduisit à la misère plus de 1200 familles" (même réf.)
L'ère des Banquiers.
George Tom Hainguerlot, homme d'affaires enrichi sous le Directoire, fut fait baron en 1795; sa famille posséda entre autres biens le château de Stains (Seine-Saint-Denis).
Pierre-Laurent, le premier du nom propriétaire de Villandry, mourut en 1840.
Le 11 juin 1842, son successeur James et son épouse Stéphanie Oudinot, fille du maréchal, duc de Reggio, pair de France, gouverneur des Invalides, en prirent possession.
De 1873 à 1895 le curé de Villandry, avec l'aide financière de Stéphanie Hainguerlot - morte au château le 18 octobre 1893 - orna l'église paroissiale d'un grand orgue, de deux grosses cloches, des vitraux du choeur et du transept, d'autels en pierre, etc." (P. Le Noac'h, op.cit., p.45).
Le 27 août 1849 le général Oudinot, duc de Reggio, commandant en chef de l'armée d'Italie, donna à l'église de Villandry par l'entremise de sa soeur le corps de sainte Marie-Victoire, "vierge et martyre", relique extraite d'un cimetière romain qui lui avait remise par le pape Pie IX le 24 mai 1824.
Le 17 mai 1873 le caveau seigneurial de l'église de Villandry hébergea provisoirement le corps d'Alice-Marie Blount, épouse d'Edouard Hainguerlot.
Rose-Paméla Hainguerlot (+ 1881), épouse du baron Alphée Bourdon de Vatry, agent de change et député de la Meurthe sous Louis-Philippe (1793 ? - 1871), propriétaire en 1851 de l'ancienne abbaye de Chaalis - qu'elle légua à son neveu Alfred H. - fut la mécène et protectrice de la portraitiste et grande collectionneuse Nélie Jacquemart, qui acheta ce domaine en 1902 à ses héritiers (musée Jaquemart-André).
On peut voir au château de Champchevrier à Cléré-Les-Pins (37), un "présent de chasse" offert par les Hainguerlot à leurs hôtes de l'époque.
Dépecage et résurrection.
En 1894 Alfred Hainguerlot vendit puis racheta le domaine, pour le revendre nouveau en 1897 à des marchands de biens qui le morcelèrent pour en tirer plus de profit : "Ne trouvant pas d'acquéreurs, ceux-ci voulaient le démolir pour en revendre les pierres" (Joachim Carvallo cité par P.Le Noac'h, op.cit. p 30).
En 1900 (ou 1903 ?) le château est revendu au professeur de physique et pharmacien François-Pierre Le Roux, mais "Le pharmacien de 70 ans, se rendant compte que son projet d'usine de produits pharmaceutiques grâce aux chutes d'eau ne lui aurait pas suffisamment rapporté pour entretenir Villandry, remit le château en vente par trois fois, à 160 000, 140 000 et enfin à 120 000 francs" (même réf., p.30) .
Fin 1906, le château est finalement acheté par le Docteur Joachim Carvallo, né en Espagne en 1869, et son épouse Ann, née Coleman, richissime héritière de grands sidérurgistes américains et narrière-grand-père des actuels propriétaires, qui abandonna la brillante carrière scientifique qu'il menait, auprès du professeur Charles Richet (Prix Nobel de médecine en 1913), pour se consacrer uniquement à Villandry.
Récit de Joachim Carvallo :
"Je me trouvais près de Lyon lorsque j'entendis parler de cette propriété. Je vins la visiter. Le château était tout en fenêtres, en balcons, en ouvertures à trompe-l'oeil. Le parc était constitué à l'anglaise, en vallonnements et mamelonnements (...), planté de maintes espèces exotiques récemment importées: cèdres, pins, thuyas, magnolias, massés sur les revers de monticules artificiels. Le château lui-même disparaissait au milieu d'une forêt d'arbres et de verdure (...) L'ensemble cependant me plut. Le prix ne me parut pas exagéré. L'acte de vente fut signé sur l'heure. Deux jours après, le pauvre homme mourait de la goutte. Quand, au début de 1907, je vins m'installer à Villandry, je fus effrayé, en examinant de près le château et la propriété, de la charge écrasante que j'avais assumée. Pendant les premiers mois je fus presque uniquement préoccupé par les travaux d'aménagement et de toilette du château (..) Ce n'est que vers le mois de septembre 1907 que je pus me mettre à l'oeuvre" (même réf., p .31) .
Il sauva ainsi le château qui était sur le point d'être démoli et créa, en pleine harmonie avec l'architecture Renaissance de ce dernier, les jardins que nous voyons aujourd'hui.
Il le remeubla et y installa une importante collection de tableaux de maîtres espagnols anciens, exposée à Paris en 1929, et à sa mort fut divisée (cf. cartes postales anciennes - arch. pers.).
Joachim Carvallo repose depuis Le 15 mars 1936 dans le caveau deigneurial de l'église de Villandry.
Il fut également le fondateur, en 1924, de la première association française de défense du patrimoine monumental privé La Demeure Historique, regroupant les propriétaires de châteaux historiques. et fut un pionnier de l'ouverture de ces monuments au public.
[modifier] Architecture
Il ne reste du château féodal que le donjon du XIVe siècle.
Le château Renaissance est construit dans le style des châteaux de la Loire, c'est le château de Villesavin en grande taille.
Les communs avec leurs toits "à la Mansart" et les deux pavillons qui encadrent l'entrée du château, ont été construits à partir de 1754.
L'ensemble après avoir été inscrit le 12 avril 1927 a été classé le 4 septembre 1934[2].
[modifier] Les jardins
Les jardins du château sont la reconstitution à partir de textes anciens d'un jardin à la française du XIVe siècle. Ces jardins sont divisés en trois étages : une terrasse supérieure comportant un jardin d'eau avec cascades encadré de charmilles, un jardin de broderies de buis taillés et d'ifs en topiaire et enfin un potager en bas, lui aussi formant un dessin de broderie.
Les fontaines et tonnelles du jardin ont été restaurées à partir de 1994[2].
Les jardins forment un ensemble limité au nord par la route de Tours, au sud par le chemin rural de la Bergerie, à l'ouest par le mur de clôture longeant le labyrinthe végétal.
Ils ont obtenu le label de Jardin remarquable[3]
[modifier] Compléments
[modifier] Articles connexes
- Les grottes de Savonnières à 1 km.
[modifier] Liens externes
[modifier] Bibliographie
P. Le Noach', "Histoire de Villandry et de son château", (Tours, impr. Mariotton, 1949).
[modifier] Iconographie
[modifier] Notes et références
- ↑ Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
- Notice no PA00098286, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
- ↑ Comité des Parcs et Jardins de France