Guillaume Dubois

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dubois.
Guillaume Dubois
Image illustrative de l'article Guillaume Dubois
Guillaume Dubois par Charles Victor Eugène Lefebvre, 1837
Biographie
Naissance
à Brive-la-Gaillarde (France)
Ordination sacerdotale
Décès
à Paris
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
Titre cardinalice Cardinal
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Armand Gaston Maximilien de Rohan
Fonctions épiscopales Archevêque de Cambrai

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Guillaume Dubois, appelé l'abbé Dubois, puis le cardinal Dubois, né le à Brive-la-Gaillarde et mort le à Versailles, est un ecclésiastique et un homme politique français qui fut le principal ministre de l'État sous la Régence de Philippe d'Orléans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Très mal connue, en l'absence d'archives substantielles, la jeunesse du cardinal Dubois a fait l'objet d'innombrables anecdotes généralement malveillantes.[Lesquelles ?] Mais quelques-unes sont bien documentées. On sait que Dubois, abbé (non clerc) depuis 1692, obtint « un très essentiel service », comme l'écrit le marquis d'Argenson dans ses Mémoires[1] de la part du marquis de Breteuil, alors Intendant de Limoges, qui parvint « avec subtilité », à faire disparaître toutes traces d'un mariage contracté par le sieur Dubois, avant son entrée dans les ordres, en 1720, en vue d'être consacré Cardinal. En contrepartie, Breteuil sera nommé Ministre de la Guerre par le Régent sur proposition (fortement soutenue) de Dubois.

Né à Brive-la-Gaillarde (Limousin), le jeune Guillaume aurait été, selon ses ennemis, le fils d'un apothicaire[réf. nécessaire]. Il est le fils de Jean Dubois et de Marie de Joyet. Issu d'un milieu d'édiles, son père est en réalité docteur en médecine.

Il est le deuxième enfant du ménage. Son frère aîné est Joseph Dubois, né en 1650, mort en 1740, maire perpétuel de Brive et directeur général des ponts et chaussées de France entre 1723 et 1736. Un autre frère, Jean Dubois (1665-1727), a été abbé de Caunes. Une sœur, Catherine, a été mariée avec Guillaume de Vielbans d'Aurussac[2].

Un élève remarquable[modifier | modifier le code]

Éduqué par les frères de la Doctrine Chrétienne, il reçoit la tonsure à l'âge de treize ans. Avec Fleury et, plus tard, Bernis, il appartient à cette « lignée occitane de grands prélats semi-libéraux » (Emmanuel Le Roy Ladurie), typique du Midi des Lumières (philosophie).

En 1672, à 16 ans, il obtient une bourse et part, sans doute par la protection du lieutenant-général du Limousin, le marquis Jean de Pompadour, pour Paris, poursuivre sa formation au collège Saint-Michel, aujourd'hui disparu, mais dont il reste quelques vestiges rue de Bièvre (5e arrondissement).

Il est vite remarqué par l'abbé Antoine Faure, directeur de l'établissement, qui obtient pour son compatriote le poste envié de précepteur du neveu du roi, le jeune Philippe, duc de Chartres, futur duc d'Orléans, né en 1674. Aujourd'hui, au musée Carnavalet, un portrait en pied, sans doute apocryphe, le montre au côté de son élève.

Premiers pas à la cour[modifier | modifier le code]

En 1692, sous son influence, le jeune duc épouse, au grand contentement de Louis XIV, mais au grand mécontentement de sa mère, la fameuse princesse palatine, Françoise-Marie de Bourbon, dite Mademoiselle de Blois, fille naturelle légitimée que le roi avait eu de Madame de Montespan. Dubois obtient alors l'abbaye de Saint Just en Picardie.

En 1698, au service de la maison d'Orléans en même temps que l'abbé de Saint-Pierre, Dubois effectue une mission diplomatique en Angleterre. Il y découvre une nation capitaliste et libérale en plein essor, visite Oxford, rencontre les exilés français tels Saint-Évremond et noue sans doute d'utiles relations dans l'entourage de la Cour de Saint-James.

De retour au Palais-Royal, Dubois devient - dans l'entourage des Orléans - un spécialiste de la diplomatie secrète. Il y croise l'abbé de Saint-Pierre, théoricien de la paix universelle.

La régence[modifier | modifier le code]

Le cardinal Guillaume Dubois par Hyacinthe Rigaud (1723)
Tombeau et statue du Cardinal Dubois dans l'église Saint-Roch à Paris

Le début de la Régence en 1715 marque le début d'un bref mais flamboyant apogée dans la carrière de Dubois.

Devenu conseiller du Régent, il exerce une influence croissante. Il oriente la France vers l'alliance britannique, aidé en cela des renseignements de sa maîtresse en titre, Madame de Tencin (il n'avait alors pas encore prononcé ses vœux), qui, par son fameux salon littéraire et politique, était au fait du dessous des cartes de la politique anglaise. Les Orléans et les Hanovre devant faire face à de vives oppositions intérieures, il s'efforce de maintenir la paix qui, seule, peut permettre de maintenir la stabilité du régime et l'économie française, bien malmenée par la longue guerre de Succession d'Espagne qui vient à peine de se terminer.

Face aux projets du Cardinal Alberoni en Espagne, il négocie la Triple Alliance (1717) avec George Ier. En 1719, une guerre limitée contre l'Espagne force Philippe V à renvoyer Alberoni. Il obtient ensuite, après avoir prononcé ses vœux le 24 février 1720 et annulé son mariage[réf. nécessaire], l'archevêché de Cambrai (9 juin 1720), un des plus riches du pays, qui lui fournit également le titre prestigieux de prince du Saint-Empire romain germanique. Le 16 juillet 1721, après l'élection d'Innocent XIII, il reçoit enfin la pourpre cardinalice, alors qu'il ne sait pas célébrer une messe. Il n'ira jamais dans son diocèse, l'essentiel de ses préoccupations allant à la politique. Il devint abbé commandataire de l'abbaye de Cercamp, le 29 juillet 1721.

Ses ennemis, faisant abstraction de ses qualités de diplomate et du bilan global positif de son action au gouvernement de la France, attribuent l'essentiel de son ascendant sur le Régent à sa capacité à lui trouver des maîtresses à son goût, d'où l'aphorisme rapporté par Roger Peyrefitte à propos de son élévation au cardinalat : « le pape est un fin cuisinier qui sait faire d'un maquereau un rouget ".

Ministre principal[modifier | modifier le code]

Son ascension est parachevée par l'obtention du poste de principal ministre, que Mazarin avait été le dernier à obtenir, l'entrée à l'Académie française puis la présidence de l'assemblée du clergé.

Durant son bref ministère, il tente de relancer l'économie par la réduction des droits, de rétablir la situation des finances après les errements du système de Law et ralentit la persécution des protestants.

Doté de sept abbayes, il amasse, comme la plupart des cardinaux de l'époque, une certaine fortune (dix millions de livres) et tente de promouvoir sa famille. On lui prête une vie dissipée - peut-être à cause d'une maîtresse en titre -, mais elle semble plutôt avoir été consacrée au travail et à la relève de la France.

Il meurt à Versailles en 1723, suivi de près par son ancien élève, le duc d'Orléans. Il fut inhumé dans la collégiale Saint-Honoré à Paris, mais celle-ci fut détruite en 1792 lors de la Révolution. La tombe du Cardinal Dubois fut transportée quelque temps après dans l'église Saint-Roch à Paris où elle se trouve toujours.

Les papiers personnels de Guillaume Dubois sont conservés aux Archives nationales sous la cote 145AP [3]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Précédé par Guillaume Dubois Suivi par
Nicolas Chalon du Blé
Ministre français des Affaires étrangères
1718-1723
Charles Jean Baptiste Fleuriau de Morville

Sur les autres projets Wikimedia :

Précédé par Guillaume Dubois Suivi par
André Dacier
Fauteuil 28 de l’Académie française
1722-1723
Charles-Jean-François Hénault