Woke

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Manifestations du mouvement Black Lives Matter à Oakland en 2014. Le mouvement est responsable de l'utilisation généralisée du mot Woke.

Woke est un terme apparu durant les années 2010 aux États-Unis, pour décrire un état d'esprit militant et combatif pour la protection des minorités et contre le racisme. Il dérive du verbe wake (réveiller), pour décrire un état d'éveil face à l'injustice[1]. Il est dans un premier temps utilisé dans le mouvement de Black Lives Matter, avant d'être repris plus largement[1][à vérifier].

Depuis la fin des années 2010, le terme Woke s'est déployé et aujourd’hui une personne « woke » se définit comme étant consciente de toutes les injustices et de toutes les formes d’inégalités, d'oppression qui pèsent sur les minorités, du racisme au sexisme en passant par les préoccupations environnementales et utilisant généralement un vocabulaire intersectionnel[2]. Son usage répandu serait dû au mouvement Black Lives Matter[3],[4].

Le terme Woke est non seulement associé aux militantismes antiraciste, féministe et LGBT mais aussi à une politique de gauche dite progressiste et à certaines réflexions face aux problèmes socioculturels (les termes culture Woke et politique Woke sont également utilisés).

Le terme Woke a fait l'objet de mèmes, de détournements parodiques et de critiques[5],[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les termes Woke et wide awake (complètement éveillé) sont apparus pour la première fois dans la culture politique et les annonces politiques lors de l' élection présidentielle américaine de 1860 pour soutenir Abraham Lincoln[7]. Le Parti républicain a cultivé le mouvement pour s'opposer principalement à la propagation de l'esclavage, comme décrit dans le mouvement Wide Awakes.

Début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les dictionnaires d'Oxford enregistrent[8]  une utilisation politiquement consciente précoce en 1962 dans l'article "If You're Woke You Dig It" de William Melvin Kelley dans le New York Times[9] et dans la pièce de 1971 Garvey Lives! de Barry Beckham ("I been sleeping all my life. And now that Mr. Garvey done woke me up, I'm gon' stay woke. And I'm gon help him wake up other black folk.")[10],[11].

Garvey avait lui-même exhorté ses auditoires du début du XXe siècle, "Wake up Ethiopia! Wake up Africa!" ("Réveillez-vous Éthiopie! Réveillez-vous Afrique!"en français)[12].

Auparavant, Jay Saunders Redding avait enregistré un commentaire d'un employé afro-américain du syndicat United Mine Workers of America en 1940 ("Laissez-moi vous dire, mon ami. Se réveiller est beaucoup plus difficile que de dormir, mais nous resterons éveillés plus longtemps.")[13].

Leadbelly utilise la phrase vers la fin de l'enregistrement de sa chanson de 1938 "Scottsboro Boys", tout en expliquant l'incident du même nom, en disant "Je conseille à tout le monde d'être un peu prudent quand ils passent par là, rester éveillé, garder les yeux ouverts".

Fin des années 2000[modifier | modifier le code]

La première utilisation moderne du terme « Woke » apparaît dans la chanson « Master Teacher » de l'album New Amerykah Part One (4th World War) (2008) de la chanteuse de soul Erykah Badu. Tout au long de la chanson, Badu chante la phrase: "I stay woke". Bien que la phrase n'ait pas encore de lien avec les problèmes de justice, la chanson de Badu est créditée du lien ultérieur avec ces problèmes[3].

To "stay woke" (Rester éveillé) dans ce sens exprime l'aspect grammatical continu et habituel intensifié de l'anglais vernaculaire afro-américain : en substance, être toujours éveillé, ou être toujours vigilant. David Stovall a dit: "Erykah l'a amené vivant dans la culture populaire. Elle veut dire ne pas être apaisée, ne pas être anesthésiée."[14]

Années 2010[modifier | modifier le code]

À la fin des années 2010, le terme "Woke" avait pris pour sens d'indiquer « une paranoïa saine, en particulier sur les questions de justice raciale et politique » et a été adopté comme un terme d'argot plus générique et a fait l'objet de mèmes[5] . Par exemple, MTV News l'a identifié comme un mot-clé d'argot adolescent pour 2016[15]. Dans le New York Times, Amanda Hess (en) a exprimé des inquiétudes quant au fait que le mot Woke a été culturellement approprié, écrivant: « L'énigme est intégrée. Lorsque les Blancs aspirent à obtenir des points pour la conscience, ils marchent directement dans la ligne de mire entre l'alliance et l'appropriation[16].

Le concept d'être Woke soutient l'idée que ce type de prise de conscience doit être acquise. Le rappeur Earl Sweatshirt se souvient d'avoir chanté "I stay woke" sur la chanson et sa mère a refusé la chanson et a répondu: "Non, tu ne l'es pas.[17]"

En 2012, les utilisateurs de Twitter, y compris Erykah Badu, ont commencé à utiliser « Woke » et « stay Woke » en relation avec des questions de justice sociale et raciale et #StayWoke est devenu un mot-dièse largement utilisé[5]. Badu a incité ceci avec la première utilisation politiquement chargée de l'expression sur Twitter. Elle a tweeté pour soutenir le groupe de musique féministe russe Pussy Riot : "La vérité ne nécessite aucune croyance. / Restez réveillé. Regardez attentivement. / #FreePussyRiot."[18]

Le terme Woke s'est répandu dans un usage courant dans le monde anglo-saxon par les médias sociaux et des cercles militants. Par exemple, en 2016, le titre d'un article de Bloomberg Businessweek demandait "Is Wikipedia Woke?" (« Est-ce que Wikipédia est Woke ? »), en faisant référence à la base de contributeurs largement blancs de l'encyclopédie en ligne[19].

Enfin, le terme Woke s’est étendu à d’autres causes et d’autres usages, plus mondains[20]. Car, en effet, tout semble maintenant ainsi « éveillé » : la 75ème cérémonie des Golden Globes, marquée par l’affaire Weinstein et la volonté d’en finir avec le harcèlement sexuel, était en partie Woke, selon le New York Times[21]. Le magazine London Review of Books affirme même que la famille royale britannique est désormais Woke d'après les récentes fiançailles du prince Harry avec l’actrice métisse Meghan Markle, dont les positions anti-Donald Trump sont bien connues[22].

Woke en marketing et dans les affaires[modifier | modifier le code]

Le , dans un article du magazine Time, la journaliste Alana Semuels a détaillé le phénomène du "Woke capitalism" (capitalisme éveillé) dans lequel les marques ont tenté d'inclure des messages socialement conscients dans les campagnes publicitaires. Dans l'article, elle cite l'exemple de Colin Kaepernick qui mène une campagne pour Nike avec le slogan « Croyez en quelque chose, même si cela signifie tout sacrifier », après que Kaepernick a provoqué la controverse en refusant de défendre l'hymne national américain comme une protestation contre le racisme[23]. Le terme "Woke Capital" a également été utilisé par l'éditorialiste conservateur Ross Douthat (en)[24]. Selon Ross Douthat, l'intérêt des entreprises pour les injustices sociales n'est que la manifestation d'un « Woke capital », qui se fiche éperdument de la prolifération des armes ou de la transphobie, mais a senti le vent tourner[25]. Pour le journaliste indépendant Barthélémy Dont, aborder ces sujets, pour ces firmes, permet d'esquiver les polémiques sur les réseaux sociaux et de détourner les yeux de leurs agissements moins glorieux. Barthélémy Dont se questionne également sur la pertinence de la campagne publicitaire susmentionnée de Nike s'il a mis Colin Kaepernik en tête d'affiche de cette dernière, est-ce parce qu'elle voulait « aider les communautés dans lesquelles elle travaille » ou bien parce que son cœur de cible est constitué de jeunes Noirs[25].

La journaliste féministe Helen Lewis a écrit un long article pour le magazine The Atlantic dans lequel elle critique les efforts minimes de certaines entreprises pour feindre le progressisme tout en maintenant les structures de pouvoir existantes[26].

Aujourd'hui, le terme "woke-washing" est utilisé pour expliquer, une pratique publicitaire ou communicationnelle par laquelle une marque revendique un engagement de façade de manière similaire au greenwashing mais étendu à d’autres causes que l’environnement, telles que l’égalité entre les sexes, les genres ou encore l’inclusion[27].

Amélie Aubry, managing director chez Elan Edelman[Quoi ?], s’appuyant sur le « Trust Barometer », étude sur la confiance envers les marques déclare: « C’est frappant cette année : 60 % des Français nous disent que trop de marques utilisent des enjeux de société comme leviers marketing pour vendre leurs produits », ce qui entraîne une « déception » des consommateurs. Pourtant, 59 % des Français attendent davantage des entreprises en matière de changements sociétaux que des gouvernements, 88 % des Français font confiance à une marque qui parle de ses produits, 53 % lorsqu’elle évoque l’expérience, mais à peine 36 % lorsqu’elle met en avant son impact sur la société.

Pour Amélie Aubry, les marques ont un énorme problème de confiance sur ces sujets. Dans une autre enquête menée pour The Good Company, on apprend que 49 % des personnes interrogées estiment que le goodvertising (l'action de faire des actions publicitaires préventives autour de la prévention santé, de la lutte contre les discriminations, l'environnement....)… est du goodwashing (l'action d'instrumentaliser ces causes pour vendre). Pourtant, 83 % trouvent que c’est une bonne chose qu’elles le fassent[28].

De là, l'étude Trust Barometer livre la liste des 16 actions qui seraient susceptibles de faire remonter la cote de confiance d'une entreprise auprès des sondés, dont les cinq premières sont[29] :

  • Être plus honnête avec le grand public (41%)
  • Améliorer les contrôles de la qualité (39%)
  • Arrêter d'agir comme si faire de l'argent est le seul but de l'entreprise (38%)
  • Améliorer le service client (35%)
  • Devenir plus transparent à propos de son business (25%)

Critiques[modifier | modifier le code]

Le mot et le concept de culture Woke ou de politique Woke ont fait l'objet de parodies et de critiques de la part de commentateurs de gauche comme de droite qui ont décrit le terme comme péjoratif ou synonyme de politique identitaire radicale, de voie vers le racialisme, de forme extrême du politiquement correct, de la cancel culture sur Internet, de la censure politique, de la vertu ostentatoire et d'américanisation des problèmes sociaux. Il a également été confronté à une réaction négative en raison de son influence négative perçue sur le milieu universitaire, la publicité d'entreprise et les médias.

Get Woke go broke[modifier | modifier le code]

L'expression Get Woke go broke est une expression généralement utilisée pour exprimer le sentiment que les entreprises, notamment celles du secteur du divertissement, qui adhèrent au politiquement correct ou cèdent aux demandes des militants pour la justice sociale en souffriront financièrement[30].

Broke signifie fauché, ne plus avoir d’argent. Donc Get Woke go broke peut se traduire par « Devenez éveillé et soyez fauché »[31].

Selon Marc Sigrist, de nombreuses œuvres de cinéma, de TV et de jeux vidéos se sont revendiquées comme étant Woke et leurs chiffres de vente ont été généralement mauvais car des histoires rendues peu intéressantes et des politiques de quota font que la qualité artistique de ces œuvres est mauvaise[31].

Critiques du mouvement Woke[modifier | modifier le code]

L'écrivain conservateur britannique Douglas Murray a critiqué l'activisme moderne pour la justice sociale et « les politiques Woke » dans son livre The Madness of Crowds: Gender, Race and Identity. Il a également fait valoir que Woke est un mouvement qui a des objectifs raisonnables, mais qui est « un peu surchargé, de sorte que beaucoup de gens se moquent des Wokes ces dernières années et que beaucoup de gens eux-mêmes ne sont pas très enthousiastes à l'idée d'être décrits comme étant des Wokes[6]. »

Selon Douglas Murray, l'un des problèmes du mouvement Woke, est qu'il « aggrave les choses au point où beaucoup d'entre nous pensaient qu'ils s'amélioraient. » Il explique que « Beaucoup d'entre nous n'aiment pas l'antagonisation des gays contre les hétéros ou l'antagonisation des femmes contre les hommes, nous ne voulons pas que les races soient instrumentalisées les unes contre les autres. »

David Brooks, chroniqueur conservateur au New York Times, s’est récemment emparé de ce mot pour souligner une évolution des mœurs. Pour lui, le phénomène naissant est l’expression d’un changement d’ère. Désormais, l’esprit de rébellion s’exprime sur un ton plus directement revendicatif. Poursuivre une quête personnelle, mettre à distance le monde, afficher un style distinctif, trois démarches propres au cool, sont remisées au profit d’une posture plus engagée. David Brooks y voit le signe de l’émergence d’une nouvelle culture, qui ne cache plus sa colère, qui se fait même volontiers grégaire et moralisatrice[20].

Dans une tribune pour le New York Times titrée « The Problem With Wokeness », l’éditorialiste David Brooks pointe les dérives du phénomène : « Le plus grand danger de la “wokeness” extrême est qu’elle rend plus difficile de pratiquer la dextérité nécessaire à toute vie en société, c’est-à-dire la faculté à appréhender deux vérités dans le même temps. » Il reproche à la mouvance Woke un côté bien-pensant, voire prêchi-prêcha gauchisant[32].

En 2019, Brendan O'Neill (en), rédacteur en chef de Spiked (en), a décrit les personnes qui font la promotion de la politique Woke comme des personnes qui ont tendance à être des identitaires, des censeurs ou des puritains dans leur manière de penser ou comme un « guerrier de la culture qui ne peut pas accepter le fait qu'il y a des gens dans le monde qui en désaccord avec lui. » Il a également affirmé que la politique Woke est une « forme plus vicieuse du politiquement correct[33]. »

L'ancien président des États-Unis Barack Obama a montré son opposition à la course à la pureté idéologique des personnes se revendiquant « woke », qu'il juge contre-productive, ayant déclaré : « Cette idée de pureté et le fait que vous ne soyez jamais compromis et que vous soyez politiquement Woke (réveillé), et tout ça – vous devriez vous en remettre rapidement. Le monde est en désordre. Il y a des ambiguïtés. Les gens qui font de très bonnes choses ont des défauts. Des gens avec qui vous vous battez peuvent aimer leurs enfants et même, vous savez, partager certaines choses avec vous »[34],[35],[36],[37]. Barack Obama critique également les stratégies déployées en ligne par certains militants, s'inquiétant de cette tendance Woke, particulièrement au sein des campus universitaires[36] : « Il y a des gens qui pensent que pour changer les choses, il suffit de constamment juger et critiquer les autres », en l'illustrant par un exemple : « Si je fais un tweet ou un hashtag sur ce que tu as fait de mal, ou sur le fait que tu as utilisé le mauvais mot ou le mauvais verbe, alors après je peux me détendre et être fier de moi, parce que je suis super “woke” parce que je t'ai montré du doigt. Mais ce n'est pas vraiment de l'activisme. Ce n'est pas comme ça qu'on fait changer les choses.[38]. » Obama ajoute encore : « Si tout ce que vous faites c'est de jeter des pierres (sur les réseaux sociaux notamment), vous n'irez probablement pas très loin »[39].

Pour la philosophe Anne-Sophie Chazaud, « L’importation de ces « concepts » souvent hystériques représente un appauvrissement culturel, une soumission à des schémas de pensée dominants qui sont ceux de l’économie culturelle dominante : comme émancipation, on pourrait faire mieux ! ». Par ailleurs, ce modèle anglo-saxon, à la fois des « social justice warriors » et de sa déclinaison à la mode du Woke est l’émanation d’une société dans laquelle tout est judiciarisé. Il convient donc d’être en « éveil », ce qui dans le fond correspond aussi à la notion de « veille » liée aux nouvelles technologies de l’information et de la communication sur lesquelles règnent les GAFA, afin de pouvoir toujours porter le fer, sur le modèle d’une potentielle action judiciaire permanente[40]. »

Pour l'anthropologue et professeur de psychiatrie Samuel Veissière, ceux qui se revendiquent comme « Woke » éprouvent une certaine fierté morale à percevoir de la violence partout : patriarcat, sexisme, héterosexismegrossophobie, transphobie, etc. Le terme a selon lui maintenant acquis une connotation plus cynique pour dénoter un puritanisme hystérique dans la montée du politiquement correct[40]. Il ajoute : « Cette sorte d’inconscient judiciaire ne paraît pas très enviable. Il correspond cependant à une dérive de la société dans laquelle sera par exemple combattue en justice par ces activistes toute forme d’expression jugée déviante et non politiquement correcte : la liberté d’expression en est la première victime[40]. »

La personnalité fictive d'Internet et la militante sociale Titania McGrath, qui a été créée par le comédien Andrew Doyle, a été décrite comme des idées parodiques promues par la pensée Woke[41]. Doyle lui-même a critiqué l'idée de la politique Woke comme étant dans un "monde fantastique"[42].

Le , Marie Nossereau, directrice du planning stratégique de Publicis Sapient, affiche carrément de la défiance par rapport à tout ce qui se prétend « woke ». Elle déclare que « Les gens qui se disent plus éveillés que les autres, ça a toujours existé. C’est assez méprisant, cela sous-entend que tous les autres dorment, sont aux mains des multinationales… Le terme “woke” m’évoque aussi le discours de l’Église de Scientologie, dont les adeptes se disent "clear" [clairs]. Selon moi, cela fait partie de la même dialectique, je n’aime pas trop ça. In fine, ça ne me paraît pas très clean[43]. »

En , la journaliste et commentatrice australienne Rita Panahi a accusé les militants de la justice sociale et les entreprises Woke de préférer « être obsédés par des griefs historiques survenus il y a des centaines d'années » dans les pays occidentaux, tout en fermant les yeux sur les exemples contemporains d'esclavage et de violations des droits humains contre les Ouïghours, les dissidents politiques et les prisonniers en Chine[44].

Le , le chroniqueur québécois Mathieu Bock-Côté a écrit dans Le Journal de Montréal que, depuis quelques années, les campus universitaires sont frappés par une forme d’hystérie idéologique. Il déclare : « C’est la culture woke, qui se présente comme une hypersensibilité aux droits des minorités, mais qui, dans les faits, assimile à la haine toute remise en question de l’immigration, de la sainte diversité ou de la théorie du genre. Et les interdits se multiplient. Maintenant, qui conteste la théorie du racisme systémique peut se faire expulser de la vie publique. On peut même perdre son emploi pour avoir mentionné le titre d’un livre. Qui se fait accuser de racisme ou de transphobie, aussi injuste l’accusation soit-elle, risque d’en payer le prix très cher socialement et professionnellement. Il sera banni et traité en pestiféré. Les excités des réseaux sociaux voudront ruiner sa réputation. Alors pour éviter toute tentative de diffamation, on développe un réflexe d’autocensure. Pire : certains en viennent à dire le contraire de ce qu’ils pensent. Cela pousse à perdre le contact avec le réel[45]. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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