Gauche régressive

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Le concept est employé par Maajid Nawaz pour décrire une partie de la gauche qui ne s'oppose pas aux régressions de certains groupes culturels.

La gauche régressive est une épithète utilisée pour décrire une partie de la gauche politique accusée de tenir une position contradictoire en tolérant ou en faisant la promotion de principes ou d'idéologies non-libérales au nom du multiculturalisme ou du relativisme culturel.

L'expression est utilisée de façon péjorative, principalement afin de dénoncer l'attitude de cette partie de la gauche envers l'islamisme. Le terme peut également s'étendre et être utilisé pour décrire d'autres groupes entre lesquels plusieurs caractéristiques s'entrecroisent, comme les Social justice warrior ou une certaine partie de la 3e vague féministe[1].

Concept[modifier | modifier le code]

C'est à l'intérieur du contexte spécifique du multiculturalisme que l'activiste britannique anti-islamisme Maajid Nawaz a utilisé le terme en 2012 dans son mémoire Radical: My Journey out of Islamist Extremism (en) pour décrire « des libéraux bien intentionnés et des gens de la gauche idéologique » dans le Royaume-Uni qui naïvement et par ignorance, se sont « prostitués vers » l'islamisme et ont aidé l'idéologie islamique à être acceptée.

Reçu par l'animateur politique Dave Rubin en octobre 2015, Nawaz explique le choix du terme régressif. Il émet l'hypothèse qu'une frange des membres de la gauche « croient sincèrement » se battre dans une « guerre idéologique » contre les néoconservateurs et les politiques étrangères néocolonialistes des gouvernements occidentaux amenant le chaos par la guerre et les invasions militaires. À l'inverse, il estime que ces premiers oublient leur devoir de dénoncer les actes violents des extrémistes théocratiques comme les islamistes, allant jusqu'à « faire alliance » avec certains des régimes les plus régressifs, théocratiques et meurtriers. Il cite Jeremy Corbyn leader du parti travailliste au Royaume-Uni comme un exemple de ceux qui « ont été historiquement très proches » de sympathisants d'organisations islamistes comme le Hamas et Hezbollah. Selon Nawaz il est possible de dénoncer à la fois les politiques étrangères néoconservatrices comme la guerre en Irak (à laquelle il est opposé) et les extrémismes théocratiques. Cependant ceux qu'il qualifie de « gauchistes régressifs » échouent à cet exercice[2].

Cette gauche est caractérisée par « ce que j'appelle un racisme de faible standard : ne pas s'indigner qu'une personne à peau brune exprime de la misogynie, du chauvinisme, de la bigoterie ou de l'antisémitisme, mais exiger qu'une personne à la peau blanche soit à la hauteur des valeurs démocratiques libérales. Les véritables victimes de ce double standard sont les minorités culturelles elles-mêmes, car cela limite leur horizon. Nous rabaissons leur potentiel et les attentes qu'elles pourraient avoir envers elles-mêmes. Nous les jugeons comme des personnes dont la culture est intrinsèquement moins civilisée et, bien sûr, nous tolérons la bigoterie à l'intérieur de ces communautés. Les premières victimes de cette bigoterie sont les plus démunis de ces communautés. »[3].

Citation[modifier | modifier le code]

« Ils se prétendent à gauche, mais ils ne sont que la gauche d'une droite rétrograde. » (François Doyon) [4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. vjack, « The Regressive Left », sur www.atheistrev.com (consulté le 24 août 2016)
  2. (en) « Maajid Nawaz and Dave Rubin Discuss the Regressive Left and Political Correctness », sur Ora TV (consulté le 18 juin 2017)
  3. « Activist Maajid Nawaz Criticizes the “Regressive Left” for Allowing Bigotry in Religious Contexts » (consulté le 28 août 2016)
  4. « Le racisme de la gauche régressive », sur Le Huffington Post (consulté le 28 août 2016)