Brice Couturier

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Brice Couturier
Brice Couturier 20100329 Salon du livre de Paris 2.jpg
Brice Couturier en 2010.
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Bruce TaylorVoir et modifier les données sur Wikidata
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Brice Couturier est un journaliste, producteur de radio, éditorialiste et essayiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Brice Couturier est né le 25 novembre 1949 à Charenton-le-Pont[réf. nécessaire], fils de Jean-Pierre et Marie-Louise Couturier.[réf. nécessaire]

En khâgne au lycée Lakanal, en 1971-1972, il commence à militer dans la mouvance maoïste (Secours rouge). Il prétend, dans son livre 1969, Année fatidique, que c'était « pour impressionner » une autre élève[1]. Il poursuit ses études à l'université de Vincennes (Paris VIII) en lettres modernes, philosophie et histoire[2]. Il obtient une licence, une maîtrise et un CAPES de lettres, il est admis auditeur à l'École normale supérieure de Saint-Cloud en agrégation de lettres. Il suit un cycle préparatoire de l'ENA (PENA) et obtient un DEA d'histoire.

Il se forme à la radio en devenant chroniqueur, aux côtés de Christophe Bourseiller et d'Ariel Kyrou, dans l'émission Libre-Service sur Radio 7 en 1979 et 1980. En 1983, il crée sur Radio Nova l'émission littéraire et d'easy listening Salon-bar des Premières, réalisée par Jean-Jacques Palix. En 1985, Laure Adler patronne son entrée à France Culture et lui confie deux émissions par semaine, Modernités et Cosmopolites. Il réalise parallèlement plusieurs Nuits magnétiques (Nos années 50, Paul Morand, Emmanuel Berl, La nouvelle donne intellectuelle[3], etc.). Il quitte volontairement cette radio une première fois en 1990.

En septembre 1981, il quitte définitivement l'enseignement secondaire en devenant l'assistant du groupe socialiste du Sénat pour la commission des Affaires étrangères et de la Défense. Il y reste jusqu'en septembre 1986. Au PS, il est également à cette époque l'assistant du secrétaire national aux Droits de l'homme, Michel de La Fournière et membre du comité de rédaction de la Nouvelle revue socialiste.

Il participe sous le pseudonyme de Bruce Taylor[4] au groupe Jalons[5]. Il y anime de la tendance de gauche, « Socialisme ET Barbarie ».

Cofondateur du magazine Globe, il y publie notamment chaque mois la double page La Bourse des Valeurs.

En 1990, il est recruté par le groupe Filipacchi pour relancer le magazine Lui. Il entreprend de repositionner ce titre de presse en généraliste masculin haut-de-gamme. La formule déplaît à Daniel Filipacchi, qui le licencie en 1992.

Il devient mid-career fellow du Saint Antony's College de l'université d'Oxford en 1992-1993 et Senior associate fellow du même établissement en 1996-1998. À Oxford, il entame un travail universitaire consacré à la fascination du communisme chez les intellectuels polonais (thèse de 3e cycle, sous la direction de Krzysztof Pomian).

Brice Couturier vit quelque temps en Pologne (pays auquel il est lié par sa famille), où il est enseignant à l'ENA polonaise.

Il est ensuite chef du service « Idées » de L'Événement du jeudi de 1998 à 2000.

Au début des années 2000, il est rédacteur en chef adjoint du mensuel Le Monde des débats (en 2001) et critique musical de Marianne.

Il est professeur associé au centre Hannah Arendt de géopolitique européenne à l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée de 2002 à 2008.[réf. nécessaire]

Sur France Culture en 2002 et 2003, il anime une émission de débats, Contre-expertise[6], ainsi que, à partir de janvier 2002, une émission hebdomadaire consacrée à l'Europe, Cause commune. De décembre 2006 à juillet 2011, il est le producteur de l'émission de France Culture Du grain à moudre, avec Julie Clarini jusqu'en 2010, puis au côté de Louise Tourret de janvier à juillet 2011. De septembre 2011 à juin 2016, il est éditorialiste et co-animateur dans Les Matins de France Culture[7]. De à juin 2021, il présente du lundi au vendredi, sur France Culture, Le Tour du monde des idées : « À l’affût des nouvelles parutions sur les 5 continents, livres, revues, articles, imprimés ou numériques, Brice Couturier lit pour vous, avec l’appétit qui le caractérise, tout ce qui lui passe par la main et vous en propose la synthèse »[8]. Il annonce quitter France Culture en juin 2021[9].

Brice Couturier a appartenu au comité de rédaction de la revue Le Meilleur des mondes, créée en 2006 et fermée en 2008.

Il a été l'auteur d'articles dans les revues Communisme et Esprit. Il a publié plusieurs articles dans la Revue des Deux Mondes. Il contribue aujourd'hui régulièrement aux hebdomadaires Le Point et Franc-Tireur.

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Il a appartenu au PSU, puis a été dans la mouvance maoïste dans sa jeunesse[10]. Il a adhéré ensuite au Parti socialiste et milité dans le courant rocardien.

De 1981 à 1986, il est assistant parlementaire du groupe socialiste du Sénat pour la commission des Affaires étrangères et de la Défense[11].

Il a fait partie de La Gauche moderne lors de sa fondation en 2007 par Jean-Marie Bockel[12].

Il collabore au think tank le Laboratoire de la République, créé par Jean-Michel Blanquer.

Prises de position et critiques[modifier | modifier le code]

Brice Couturier se réclame d'un libéralisme de gauche et dénonce à de nombreuses reprises l'« islamo-gauchisme ». Il s'est opposé ces dernières années au « parti des médias », qu'il accuse d'être trop marqué par les idées de la gauche radicale[7].

Il décrit à quel point les attentats du 13 novembre 2015 et celui contre Charlie Hebdo, symbole de l'esprit de sa génération, ont été un choc pour lui, ayant paradoxalement eu pour conséquence de lui avoir « rendu la France », selon le mot de Louis Aragon devenu patriote lors de l'Occupation[7]. Sa « Lettre ouverte aux djihadistes qui nous ont déclaré la guerre  », lue au micro des Matins de France Culture du 13 novembre 2015, a été publiée par le manuel de français pour la classe de 4e publié par les éditions Nathan[13].

En janvier 2016, à l'occasion du colloque du comité Orwell, il déplore notamment que les « commentateurs autorisés » passent leur temps à « noyer le poisson », par exemple avec « le coup du loup solitaire qui est destiné à masquer le fait que nous avons dans notre pays une cinquième colonne islamiste »[14]. Martin Coutellier, sur le site d'analyse des médias Acrimed, estime que cette critique de Couturier est « émise sans aucun exemple à l’appui, et au mépris des innombrables contre-exemples de dénonciation » menés dans certains médias, dont Acrimed[15].

Il déclare que face à l'islamisme et d'une manière globale « les journalistes ne savent rien, ce sont des idéologues fous, ils sont piteux, ils sont miséreux[14]. » Il critique également les universitaires qu'il qualifie de « bien pensants » — « ces idéologues de petit calibre, cooptés par leurs camarades de l'Université » — et qui, selon lui sont « arrogants », « incultes » et « méprisent les faits, les chiffres, la réalité »[7].

Couturier tient des propos virulents à l'égard du mouvement des Gilets jaunes, qu'il présente comme étant d’extrême droite et contrôlé à distance par la Russie : « Poutine est à la manœuvre. Une petite guerre civile en France ferait bien ses affaires »[16]. De même, le , il compare le parti politique La France Insoumise à une secte et son leader, Jean-Luc Mélenchon, à un gourou ; les autres dirigeants de ce parti sont comparés par Brice Couturier à des prédateurs sexuels[17].

Ses prises de position en ont fait un objet d'étude pour les auteurs critiques des médias dominants. En 2018, Sébastien Fontenelle, Mona Chollet, Olivier Cyran et Laurence De Cock, dans Les Éditocrates 2, dressent de lui un portrait critique[18].

L'hebdomadaire Marianne estime en 2020 que Brice Couturier défend « l'action du gouvernement avec une ferveur qui confine au fanatisme. Auteur d'une biographie hagiographique du président (Macron, un président philosophe), Couturier est allé jusqu'à animer des débats pour le compte de LREM lors de la campagne des européennes en 2019 » ; il affirme que le « Parti des médias » serait « à gauche » et viserait à perturber l'action d'Emmanuel Macron[19].

Il fait partie de la première liste des signataires du Manifeste femelliste porté par Dora Moutot et Marguertie Stern dans le cadre de la création d'un mouvement contre la transidentité[20].

Publications[modifier | modifier le code]

Auteur[modifier | modifier le code]

En collaboration ou contributions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brice Couturier, 1969 Année fatidique, paris, l'Observatoire, , (_è, p. 413
  2. Brice Couturier, 1969 Année fatidique, Paris, L'Observatoire, , 587 p. (ISBN 979-10-329-0387-2), Vincennes, ma fac au milieu des bois, p. 357
  3. « Les Nuits du 28 au 29/04/13 », sur France Culture (consulté le )
  4. Christophe Bourseiller, L'Aventure moderne : roman, Paris, Flammarion, , 252 p. (ISBN 2-08-068560-0), p. 182.
  5. « Prochainement », sur Jalons, (consulté le ).
  6. Biographie sur le site de France Culture.
  7. a b c et d Alexandre Devecchio, « Brice Couturier : le Parti des médias et l'intelligentsia méprisent la réalité », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. « Le Tour du monde des idées », sur franceculture.fr.
  9. « Au revoir tout le monde ! », sur franceculture.fr, .
  10. Lu, vu, entendu : « Identités éditoriales », acrimed.org, 21 décembre 2009.
  11. Voir sur laregledujeu.org.
  12. « Les malédictions de Brice Couturier », sur lmsi.net, Les mots sont importants, .
  13. Anne-Christine Denéchère, Français 4°, Paris, Nathan, , 399 p. (ISBN 978-2-09-171758-6), p. 72
  14. a et b « Colloque du Comité Orwell : les moments forts », Les Orwelliens,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. Martin Coutellier, « Brice Couturier, gardien de la "diversité intellectuelle" à France Culture », Acrimed,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. « https://twitter.com/briceculturier/status/1068854748932128770 », sur Twitter (consulté le ).
  17. « Le « gourou » de LFI et son « cheptel de militantes » : calomnies sur Public Sénat », sur Acrimed (consulté le ).
  18. S. Fontenelle, M. Chollet, O. Cyran, L. De Cock, Les Éditocrates 2. Le cauchemar continue, avril 2018, éditions La Découverte.
  19. « Centrisme autoritaire : top 10 des "modérés", champions du mépris de classe », sur Marianne, .
  20. « Manifeste », sur FEMELLISTE. (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

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