Droits LGBT

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L'égalité des droits est une revendication des militants LGBT.

Les droits des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transsexuels sont une déclinaison particulière des Droits de l'homme[1],[2]. Ils font plus spécifiquement référence aux droits civiques que revendiquent les mouvements LGBT et que de nombreuses législations nationales refusent encore, au début du XXIe siècle, de reconnaître.

L'homosexualité, la bisexualité et la transidentité étant encore réprimés dans un grand nombre de pays, le premier des droits revendiqués par les LGBT est celui de pouvoir vivre ouvertement leur genre et leur sexualité et d'être traités de la même façon que les hétérosexuels (lors d'un don de sang, du service militaire, d'un processus d'immigration, etc.). La reconnaissance juridique des couples de même sexe (via le concubinage, les partenariats enregistrés ou le mariage), de l'homoparentalité (via l'adoption, la PMA ou la GPA) et de la réassignation sexuelle sont d'autres revendications importantes des personnes LGBT.

Le refus de la reconnaissance des droits LGBT est souvent d'origine religieuse ; par exemple, les trois grandes religions abrahamiques condamnent les pratiques homosexuelles et nombre d'autorités religieuses s'opposent à toutes avancées des droits des personnes LGBT.

Les différents droits revendiqués[modifier | modifier le code]

Carte du monde
État des législations nationales concernant l'homosexualité dans le monde :
Homosexualité légale
  •      Mariage reconnu
  •      Autre type d'engagement reconnu
  •      Mariage à l'étranger reconnu
  •      Reconnaissance limitée du mariage homosexuel au niveau fédéral, pas de reconnaissance au niveaux des États.
  •      Pas de reconnaissance des couples homosexuels
Homosexualité illégale ou réprimée
  •      Lois restreignant la liberté d'expression et d'association
  •      Peine théorique non appliquée en pratique
  •      Peine d'emprisonnement
  •      Prison à vie
  •      Peine de mort

Légalisation des rapports homosexuels[modifier | modifier le code]

Article connexe : Loi anti-sodomie.

Dans de nombreuses sociétés, les rapports homosexuels sont encore considérés comme des délits ou des crimes, parfois passibles de prison, voire de la peine de mort (cf. loi anti-sodomie). Dans d'autres pays, l'homosexualité et la transidentité restent associés à des maladies psychiatriques qu'il faut guérir.

Le premier droit revendiqué par le mouvement LGBT est donc celui de pouvoir pratiquer librement sa sexualité (LGB), de pouvoir vivre son genre quel que soit son sexe (T), et de ne pas être poursuivi ou menacé en raison de son orientation sexuelle (LGB) ou de son genre (T).

Interdiction des discriminations à l'encontre des LGBT[modifier | modifier le code]

Protection contre les discriminations[modifier | modifier le code]

Dans les sociétés où l'homophobie et la transphobie restent importantes, les personnes LGBT ou considérées comme tel, sont parfois victimes de discrimination à l'embauche, au logement et à l'accès aux services publics quand ils ne sont pas simplement victimes de violences. L'un des premiers droits revendiqués par le mouvement LGBT est donc celui d'être traité équitablement, quelle que soit son orientation sexuelle (lesbienne, gay, bi ou hétérosexuelle) ou son identité de genre (trans ou cisgenre).

Pour garantir cette égalité de traitement, les militants LGBT revendiquent parfois la mise en place d'une législation condamnant les discriminations et les actes homophobes.

Alignement de la majorité sexuelle des LGBT sur celle des hétérosexuels[modifier | modifier le code]

Article connexe : Majorité sexuelle.

Dans certains pays, une confusion est volontairement maintenue entre homosexualité et pédocriminalité, dans le but d'instaurer, sans aucun argument scientifique, une inégalité en droit, entre âge de la « majorité sexuelle hétérosexuelle » et âge de la « majorité sexuelle homosexuelle ». Les rapports sexuels entre individus de sexes différents sont ainsi souvent autorisés plus tôt que les rapports sexuels entre individus de même sexe. Dans ces pays, la notion de détournement de mineur reste donc effective plus tardivement chez les couples homosexuels que chez les couples hétérosexuels.

Le mouvement LGBT réclame donc l'alignement de la majorité sexuelle des LGBT sur celle des hétérosexuels.

Traitement égalitaire en matière de politique migratoire[modifier | modifier le code]

Les liens amoureux existant entre un citoyen et un immigré hétérosexuels sont généralement pris en compte par les législations nationales au moment d'accorder des titres de séjour aux partenaires étrangers. Par contre, il n'en va pas toujours de même dans la reconnaissance des liens amoureux existants dans un couple de femmes ou dans un couple d'hommes.

Le mouvement LGBT réclame donc un traitement équitable avec la prise en compte des liens affectifs unissant les partenaires de même sexe.

Intégration des personnes LGBT dans l'armée[modifier | modifier le code]

Article connexe : Don't ask, don't tell.

Dans de nombreux pays, les personnes LGBT sont exclues des forces armées ou contraintes à cacher leur orientation sexuelle ou leur identité de genre pour pouvoir servir leur pays. Le mouvement LGBT revendique donc l'égalité de traitement entre soldats hétérosexuels et LGBT.

Don de sang par les HSH[modifier | modifier le code]

Manifestation contre l'exclusion systématique des hommes bisexuels et homosexuels du don de sang.

Dans de nombreux pays, les hommes ayant, ou ayant eu, des rapports sexuels avec des hommes sont encore considérés comme appartenant à une « catégorie à risque » en matière de maladies sexuellement transmissibles. Dans ces pays, ces hommes ne peuvent pas faire don de leur sang ou de leurs organes, quelle que soit leur situation individuelle réelle : par exemple lorsqu'ils sont dans une relation strictement monogame ; ou par exemple, lorsqu'ils n'ont aucune activité sexuelle avec autrui depuis plusieurs mois.

Le mouvement LGBT revendique donc l'ouverture du don de sang et d'organes, aux gays, bisexuels et HSH, dans les mêmes conditions que celles imposées aux hétérosexuels et aux lesbiennes, c'est-à-dire en optant pour une approche scientifique prenant en compte les prises de risques de la « personne » et non celles de sa prétendue « catégorie ».

Reconnaissance juridique des couples de même sexe[modifier | modifier le code]

Sans nécessairement interdire l'homosexualité, certains pays n'offrent aucune reconnaissance juridique aux couples de même sexe, ce qui peut avoir une grave incidence en matière de logement (droit au bail), de fiscalité (impôt, héritage, etc.) ou de protection sociale (pension de réversion, couverture sociale, etc.).

Reconnaissance du concubinage homosexuel[modifier | modifier le code]

Cérémonie de mariage entre deux hommes aux Pays-Bas, premier pays à reconnaître l'union maritale pour des personnes de même sexe.
Article connexe : concubinage.

De façon à profiter au moins d'une partie de ces droits et protections fondamentales, le mouvement LGBT réclame donc la reconnaissance, par l'État, du concubinage homosexuel.

Mise en place de partenariats enregistrés ouverts aux couples de même sexe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : partenariat enregistré.

Dans certains pays où la notion de mariage reste intrinsèquement liée à celle d'hétérosexualité, le mouvement LGBT réclame la mise en place de partenariats enregistrés ou d'unions civiles conférant tout ou partie des droits accordés traditionnellement par le mariage aux couples de sexes différents.

Ouverture du mariage aux couples de même sexe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : mariage homosexuel.

Dans quelques pays où l'ouverture des droits est déjà très avancée, le mouvement LGBT revendique la légalisation du mariage des couples de même sexe ainsi que l'obtention de tous les avantages sociaux que procure traditionnellement le mariage, y compris le droit à la parentalité et à la filiation.

Légalisation de l'homoparentalité[modifier | modifier le code]

Famille homoparentale.
Article détaillé : Homoparentalité.

Dans les sociétés criminalisant l'homosexualité et le transsexualisme, la parentalité est formellement interdite aux personnes LGBT et l'État peut, dans certains cas, retirer à ces individus la garde de leurs enfants. Le mouvement LGBT revendique donc alors la protection et le respect des droits fondamentaux des parents homosexuels, bisexuels et transsexuels.

Autorisation des adoptions homoparentales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Adoption homoparentale.

Dans de nombreux pays, l'adoption reste interdite aux homosexuels vivant en couple, et parfois même aux célibataires. Le mouvement LGBT demande donc l'égalité de traitement entre hétérosexuels et personnes homosexuelles dans ce domaine.

Ouverture de la Procréation médicalement assistée aux lesbiennes[modifier | modifier le code]

Dans de nombreux pays, la Procréation médicalement assistée (PMA) est interdite aux lesbiennes, qu'elles soient célibataires ou en couple, parfois même mariées. Le mouvement LGBT revendique donc l'ouverture de cette pratique médicale aux lesbiennes et le droit à l'adoption des enfants nés d'une PMA par les coparentes.

Légalisation de la Gestation pour autrui[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gestation pour autrui.

Dans quelques pays, le mouvement LGBT revendique la légalisation de la Gestation pour autrui (GPA) et/ou son ouverture aux couples de même sexe afin de faciliter l'accès à la parentalité des hommes homosexuels. Cette demande fait cependant débat au sein du mouvement LGBT et les positions diffèrent grandement d'un pays ou d'une région à l'autre.

Droit à la réassignation sexuelle pour les personnes transgenres[modifier | modifier le code]

Articles connexes : transsexualisme et transgendérisme.

De nombreux pays ne reconnaissent pas le transsexualisme et traitent les personnes transgenres comme des délinquants ou des malades mentaux. Le mouvement LGBT demande donc le droit à la réassignation sexuelle pour les personnes qui en ressentent le besoin.

Stratégies mises en place par les mouvements LGBT[modifier | modifier le code]

Les stratégies mises en place par les mouvements LGBT pour obtenir la reconnaissance de leurs droits fondamentaux varient fortement selon les pays et les époques, même si on peut les rapprocher de ceux utilisés par la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Ces stratégies incluent principalement la non-violence (manifestations, kiss-in, boycotts), le lobbying, le militantisme, le combat politique, l'outing et la médiatisation des cas de discrimination.

À l'échelle mondiale, l’International Lesbian and Gay Association (ILGA) joue un rôle particulier dans la mise en place de stratégies de lutte pour la reconnaissance des droits LGBT et la protection des militants persécutés.

Critiques des opposants aux droits LGBT[modifier | modifier le code]

Considérant que l'homosexualité, la bisexualité et le transsexualisme sont contraires à la nature, à la morale, à la religion, à l'ordre public et/ou à l'intérêt supérieur de l'enfant, de nombreux mouvements conservateurs, souvent situés à droite et à l’extrême droite mais pouvant aussi s'inscrire à gauche et à l'extrême gauche, s'opposent aux droits LGBT. Pour ces mouvements, « l'égalité n'est pas l'identité » et les revendications du mouvement LGBT représentent un danger pour la société dans la mesure où elles remettent en cause les normes sociales.

Pour une partie de ces opposants, les demandes de ce qu'ils nomment le « lobby LGBT » s'inscrivent dans un « agenda homosexuel (en) » qui viserait à prendre le contrôle sur la société pour mieux « recruter » de nouveaux membres, et en particulier des enfants.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

En anglais[modifier | modifier le code]

  • (en) Carlos A. Ball, The Right to Be Parents: LGBT Families and the Transformation of Parenthood, NYU Press, 2012 (ISBN 081473930X)
  • (en) Carlos A. Ball et Michael Bronski, From the Closet to the Courtroom: Five LGBT Rights Lawsuits That Have Changed Our Nation, Beacon Press, 2010 (ASIN B004Z1TBSW)
  • (en) Lucie Cviklova, Advancement of Human Rights of LGBT Minority: Advancement of human rights standards for LGBT people through the perspective of international human rights law, LAP LAMBERT, 2013 (ISBN 3659444626)
  • (en) Wallter Frank, Law and the Gay Rights Story: The Long Search for Equal Justice in a Divided Democracy, Rutgers University Press, 2014 (ISBN 0813568714)
  • (en) Eric Marcus, Making Gay History: The Half Century Fight for Lesbian and Gay Equal Rights, Harper Perennial, 2002 (ISBN 0060933917)
  • (en) Joey L. Mogul et alii, Queer (In)Justice: The Criminalization of LGBT People in the United States, Beacon Press, 2012 (ISBN 0807051152)
  • (en) Stephen Snyder-Hill, Soldier of Change: From the Closet to the Forefront of the Gay Rights Movement, Potomac Books Inc., 2014 (ISBN 1612346979)
  • (en) Colin Stewart et alii, From Wrongs to Gay Rights: Cruelty and change for LGBT people in an uncertain world, P.C. Haddiwiggle Publishing Company, 2013 (ISBN 0983020620)
  • (en) Amy L. Stone, Gay Rights at the Ballot Box, University Of Minnesota Press, 2012 (ISBN 0816675481)
  • (en) Ryan R. Thoreson, Transnational LGBT Activism: Working for Sexual Rights Worldwide, University Of Minnesota Press, 2014 (ISBN 0816692742)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]