Patrisse Cullors

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Patrisse Cullors
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Patrisse Cullors (Patrisse Khan-Cullors), née le à Los Angeles, est une artiste et activiste américaine queer. Elle milite notamment pour l'abolition des prisons et contre les violences policières à l'égard des personnes noires, ainsi qu'au sein du mouvement LGBT.

Elle est l’une des trois initiatrices en 2013 du mouvement militant antiraciste et intersectionnel Black Lives Matter, avec Alicia Garza et Opal Tometi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Patrisse Cullors est née le 20 juin 1983 à Van Nuys, quartier de Los Angeles en Californie situé dans la vallée de San Fernando[1], au plus haut de la guerre contre la drogue des autorités fédérales américaines[2]. Elle est élevée comme Témoin de Jéhovah, mais s'en distancie au début de l'adolescence et se tourne vers l'Ifá, un système de divination pratiqué par les Yoruba, après s'être intéressée à la spiritualité indigène de son arrière-grand-mère issue des tribus amérindiennes Chactas et Pieds-Noirs. À l'âge de seize ans, ses parents l'excluent du domicile familial lorsqu'elle leur révèle son identité queer[3]. Durant la majeure partie de sa vie adulte, son père et son frère font des allers-retours avec la prison, ce qui façonne fortement sa vision des questions raciales et son engagement militant[2],[4]. Elle étudie dans une école secondaire orientée vers la justice sociale[2]. Elle affirme avoir été exclue du domicile familial par ses parents à l'âge de seize ans, lorsqu'elle leur révèle son identité queer[5].

À l'âge de 17 ans[2], elle rejoint la Bus Riders Union (en), une organisation dédiée à la lutte contre le racisme dans les transports à Los Angeles[6]. Elle fonde ensuite Dignity and Power Now, une coalition de lutte contre la brutalité du personnel des prisons du comté de Los Angeles[2].

À l'âge de 24 ans, elle décide de poursuivre ses études et obtient en 2012 son diplôme de l'Université de Californie à Los Angeles, où elle étudie la religion et la philosophie[2] tout en poursuivant son militantisme au niveau local[7].

En 2013, elle lance le mouvement militant antiraciste Black Lives Matter avec ses amies Alicia Garza et Opal Tometi suite à l’acquittement de George Zimmerman, responsable de la mort d'un jeune afro-américain Trayvon Martin, 17 ans et non armé[8]. Alicia Garza, choquée par la nouvelle, poste un texte sur sa page Facebook auquel Patrisse Cullors répond en ajoutant le hashtag #BlackLivesMatter (« Les vies noires comptent »), très largement repris[9],[10]. Le mouvement s'amplifie en 2014 avec la mort de Mike Brown, un adolescent noir tué par un policier blanc et les manifestations qui ont suivi à Ferguson dans le Missouri[11],[12].

Activistes queer[13], Cullors et les deux autres fondatrices de Black Lives Matters se revendiquent l’héritage du mouvement des droits civiques et des Black Panthers mais souhaitent proposer un projet beaucoup plus inclusif, intersectionnel, apolitique et non fondé sur une religion[9],[14]. Cullors affirme qu'elle et Alicia Garza sont marxistes[15].

Philosophie et opinions politiques[modifier | modifier le code]

Cullors se définit comme « abolitionniste » de la prison, de la police et de la militarisation[16], une position inspirée selon elle « de la lutte anti-coloniale des Noirs aux États-Unis et à travers les Amériques, notamment Haïti. »[17],[18] Elle est également en faveur de réparations de diverses sortes, qu'elle justifie par les « douleurs et dommages historiques causés par la colonisation de peuplement européenne »[19],[16].

Elle cite Eric Mann (en), militant de gauche radicale et ancien de l'organisation terroriste de Weather Underground, comme son mentor dans le militantisme quand elle débute à la Bus Riders Union (en)[6]. Comme inspirations idéologiques, elle cite notamment Angela Davis, Frantz Fanon et Audre Lorde[20],[18].

En février 2020, elle fait part de son soutien pour les candidatures d'Elizabeth Warren et de Bernie Sanders aux primaires présidentielles du Parti démocrate, affirmant que les progressistes doivent s'unir pour battre « les [Michael] Bloomberg et [Joe] Biden de ce monde », qui ont « amené une grande dévastation dans nos communautés »[21].

Publication[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 2018 : Resist (série documentaire) - productrice[22]
  • 2019-2020 : Good Trouble - actrice (elle-même)[23]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en-US) « A founder of Black Lives Matter answers a question on many minds: Where did it go? », sur Los Angeles Times, (consulté le 5 juin 2020)
  2. a b c d e et f (en-US) Hillel Aron, « These Savvy Women Have Made Black Lives Matter the Most Crucial Left-Wing Movement Today », sur LA Weekly, (consulté le 8 juillet 2020)
  3. (en) MSNBC, « Queerness on the front lines of #BlackLivesMatter », sur MSNBC.com, (consulté le 8 juillet 2020)
  4. (en-US) Judith Ohikuare, « Meet the Women Who Created #BlackLivesMatter », sur Cosmopolitan, (consulté le 8 juillet 2020)
  5. (en) MSNBC, « Queerness on the front lines of #BlackLivesMatter », sur MSNBC.com, (consulté le 8 juillet 2020)
  6. a et b (en) Democracy Now!, « “When They Call You a Terrorist”: The Life of Black Lives Matter Co-Founder Patrisse Khan-Cullors », (consulté le 8 juillet 2020)
  7. (en-US) « Patrisse Cullors ’12 – UCLA Our Stories Our Impact », sur ourstoriesourimpact.irle.ucla.edu (consulté le 8 juillet 2020)
  8. « 2016 vue par Patrisse Cullors de Black Lives Matter: “Un appel à l’action” », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 5 juin 2020)
  9. a et b S. D., « D’où vient « Black Lives Matter », le cri de ralliement de la jeunesse antiraciste ? », sur L'Obs, (consulté le 5 juin 2020)
  10. « Black Lives Matter : les habitants du monde entier s’unissent contre le racisme - Elle », sur elle.fr (consulté le 5 juin 2020)
  11. « Aux Etats-Unis, Black Lives Matter organise la colère noire », sur L'Obs (consulté le 5 juin 2020)
  12. Sylvie Laurent, « Black Lives Matter, le renouveau militant », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 5 juin 2020)
  13. (en) National Center for Institutional Diversity, « Hearing the Queer Roots of Black Lives Matter », sur Medium, (consulté le 7 juin 2020)
  14. Juliette Pousson, « Mort de George Floyd : cinq questions sur Black Lives Matter, mouvement militant antiraciste », sur Le Parisien, (consulté le 5 juin 2020)
  15. (en-US) Jared A. Ball, « A Short History of Black Lives Matter », sur The Real News, (consulté le 8 juillet 2020) : « The first thing, I think, is that we actually do have an ideological frame. Myself and Alicia in particular are trained organizers. We are trained Marxists. »
  16. a et b Patrisse Cullors, « Abolition And Reparations: Histories of Resistance, Transformative Justice, And Accountability », sur Harvard Law Review, (consulté le 9 juillet 2020) : « Our task is not only to abolish prisons, policing, and militarization, which are wielded in the name of “public safety” and “national security.” »
  17. I am an abolitionist. What does this mean? Abolitionist resistance and resilience draws from a legacy of black-led anti-colonial struggle in the United States and throughout the Americas including places like Haiti, the first black republic founded on the principles of anti-colonialism and black liberation.
  18. a et b (en) « Abolitionists still have work to do in America | Patrisse Cullors », sur The Guardian, (consulté le 9 juillet 2020)
  19. Reparations campaigns encompass a wide array of demands. Most commonly, reparations in our contemporary movements are justified by the historical pains and damage caused by European settler colonialism and are proposed in the form of demands for financial restitution, land redistribution, political self-determination, culturally relevant education programs, language recuperation, and the right to return (or repatriation).
  20. We draw upon the theoretical work of many before us. Professor Angela Y. Davis — philosopher, Marxist, and former Black Panther whose work on prisons, abolition, and Black struggle has proven relevant over time — has informed our movements and communities for decades. Her political theories and reflections on anticapitalist movements around the world have sought not only to transform U.S. society by challenging white supremacy in U.S. laws, institutions, and relationships, but also to act as a catalyst toward building a broader antiracist and antiwar movement internationally. Another significant theorist is Frantz Fanon, a psychologist and political theorist from Martinique whose work on colonial violence in Algeria and across the Third World makes timely connections necessary to understanding the current global context for Black individuals on the African continent and in our multiple diasporas. And finally, the poet and theorist on interlocking identities Audre Lorde embodies this abolitionist praxis in her moving testimonies and observations through a Black, queer, feminist lens.
  21. James Walker, « Black Lives Matter Co-Founder Endorses Sanders and Warren, Says It Is Time for Biden to Stand Down », Newsweek,‎ (lire en ligne[archive du ], consulté le 27 février 2020)
  22. « Blackpills, la télé sur smartphone », sur www.franceinter.fr (consulté le 10 juin 2020)
  23. Good Trouble (TV Series 2019– ) - IMDb (lire en ligne)
  24. « The Mario Savio Young Activist Award :: The Award », sur www.savio.org (consulté le 10 juin 2020)
  25. « Patrisse Cullors Awarded Clarkson University Honorary Degree | Clarkson University », sur www.clarkson.edu (consulté le 10 juin 2020)
  26. (en) « 2018 Women Making History Awards », sur National Women's History Museum (consulté le 10 juin 2020)
  27. « LGBTQ Pride Month: A Conversation with Patrisse Cullors », sur www.gc.cuny.edu (consulté le 10 juin 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]