Mathieu Bock-Côté

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mathieu Bock-Côté
Portrait de Mathieu Bock-Côté
Mathieu Bock-Côté en avril 2012.
Biographie
Naissance
à Lorraine, Canada
Nationalité Canadien
Thématique
Formation Université de Montréal
Université du Québec à Montréal
Titres Ph.D.
Profession Journaliste, chroniqueur de presse (en) et essayiste (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Approche Conservatisme
Souverainisme
Nationalisme québécois
Intérêts Sociologie politique, philosophie politique
Œuvres principales
  • La cité identitaire (2007)
  • La dénationalisation tranquille : Mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire (2007)
  • Fin de cycle (2012)
  • Exercices politiques (2013)
Auteurs associés
Influencé par Alain Finkielkraut
Jean-Pierre Le Goff
Chantal Delsol

Mathieu Bock-Côté (né en 1980 à Lorraine au Canada) est un sociologue, enseignant, essayiste et chroniqueur québécois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Mathieu Bock-Côté grandit dans la banlieue nord de Montréal. Son père a été professeur d’histoire du Québec au Collège de Rosemont (collège d’enseignement général et professionnel, ou cégep).

Dans sa jeunesse, il fait une brève incursion en politique. En 2000, Mathieu Bock-Côté présente sa candidature pour la présidence du Comité national des jeunes du Parti québécois, sans succès[1]. En 2001, il est responsable du contenu au sein du Forum jeunesse du Bloc québécois. Avec deux autres membres du forum, Guillaume Ducharme et Benjamin Gagnon, il rédige le mémoire La situation du français et le chantier du redressement national - Pour une conception nationaliste du français au Québec[2]. Soumis en février 2001 aux États généraux sur la situation et l'avenir de la langue française au Québec, le mémoire suscite les critiques de la direction du parti, ce qui entraîne la démission de ses rédacteurs[3],[4]. Le 19 mars, La Presse canadienne annonce que le Bloc québécois renvoie Guillaume Ducharme, le président de l'aile jeunesse[5], une fausse information qui est démentie dans les jours suivants[6],[7]. Le 27 mars, Le Devoir publie une lettre dans laquelle Ducharme, Bock-Côté et Gagnon affirment qu'ils démissionnent du Forum jeunesse, mentionnant que leurs idées et leurs convictions ont été diabolisées[8].

« Si je demeure souverainiste, je ne suis plus militant péquiste depuis longtemps. »

— Mathieu Bock-Côté, Loi 101 au cégep : OUI[9]!

Formation[modifier | modifier le code]

Il est diplômé en philosophie de l'Université de Montréal et titulaire d'une maîtrise en sociologie de l'Université du Québec à Montréal et d'un doctorat en sociologie de la même université[10],[11]. Ses recherches portent principalement sur le nationalisme québécois, le conservatisme occidental et la démocratie occidentale depuis les années 1960[12].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il a enseigné à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université de Montréal. En 2013, il est chargé de cours à l’école de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke[11]. Il est ensuite chargé de cours à HEC Montréal[13].

Il a collaboré à la revue Égards et au journal 24H Montréal[14]. Il est aujourd'hui chroniqueur et blogueur pour Le Journal de Montréal[15].

Il écrit régulièrement des lettres ouvertes publiées par différents médias tels La Presse et Le Devoir. Il fait des apparitions à la radio et à la télévision, notamment à Télé-Québec[12] et à LCN[16],[17],[18].

En France, il collabore, par le truchement d'éditoriaux, au journal Le Figaro, ainsi qu'à sa rubrique en ligne de débats « Figaro Vox »[19]. Il y défend notamment les racines et l'identité chrétiennes de la France[20]. Il a accordé un entretien à la revue de la Nouvelle droite Éléments.[21]

Philosophie[modifier | modifier le code]

Souverainiste, Mathieu Bock-Côté dénonce la dénationalisation et l’oubli de la dimension identitaire de la lutte pour l’indépendance[22],[23]. Il expose ses idées dans La Dénationalisation tranquille, un essai publié à l'automne 2007.

Il devient collaborateur à L'Action nationale. Depuis la controverse québécoise sur les accommodements raisonnables, il critique le multiculturalisme à partir d’une défense conjuguée de la démocratie libérale et de la nation comme communauté historique[24].

Il dénonce une certaine mollesse de l'État québécois qui, selon lui, n'assure pas suffisamment son rôle de promotion de l'identité et des valeurs québécoises.

Mathieu Bock-Côté prône un courant nationaliste conservateur qui critique « le culte du pluralisme et les accommodements raisonnables au nom de la protection des valeurs québécoises, pas toujours bien définies », par opposition à un modèle « libéral-pluraliste favorisant une laïcité ouverte et les accommodements raisonnables, au nom de la liberté de conscience et de l'intégration »[25]. Pour lui, le conservatisme se propose de « renouer avec une certaine idée de l'homme et de la civilisation à laquelle il appartient. Le conservatisme affirme ainsi que l'homme a besoin d'ancrages. C'est le rapport à l'histoire et à l'héritage qui se joue. [...] Le conservatisme, de ce point de vue, invite le politique à ne pas prétendre changer la nature humaine, et surtout, à ne pas se laisser avaler par l'utopie de la société parfaite, qui accouche toujours d'une société tyrannique [...] Il semble répondre à un besoin vital, celui de réinscrire l'homme dans la durée historique et dans une relative stabilité anthropologique. De l'éloge des frontières à celle des nations, de la redécouverte de l'autorité à celle de la prudence devant la démiurgie biotechnologique, c'est une même philosophie qui se déploie, en rupture avec l'éloge de l'illimité et de la déconstruction propre à la pensée de 68[26]. » C'est la pensée et le parcours d'Alain Finkielkraut qui l'inspirent[27] : homme de gauche désillusionné par son propre camp, Alain Finkielkraut est devenu conservateur devant les réformes de l'enseignement ; c'est ainsi que Mathieu Bock-Côté a compris que le progressisme, désireux d'en finir avec un monde jugé trop vieux, finit inévitablement par aboutir à la tentation de la table-rase. Mathieu Bock-Côté juge très positivement L'Identité malheureuse d'Alain Finkielkraut et a été l'invité de Finkielkraut sur France Culture le 27 août 2007 dans le cadre de l'émission Répliques, où il a abordé la question du souverainisme[28].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Mathieu Bock-Côté (dir.) et Jacques Beauchemin (dir.), La Cité identitaire, Athéna Éditions, , 304 p.
  • Mathieu Bock-Côté, La Dénationalisation tranquille : Mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire, Boréal, , 216 p.
  • Mathieu Bock-Côté, Fin de cycle, Boréal, , 185 p.
  • Mathieu Bock-Côté, Exercices politiques, VLB éditeur, , 384 p. (ISBN 978-2-89649-535-1)[29].
  • Mathieu Bock-Côté, Le Multiculturalisme comme religion politique, Éditions du Cerf, , 368 p. (ISBN 978-2-20411-091-4)
  • Mathieu Bock-Côté, Le Nouveau Régime : essais sur les enjeux démocratiques actuels, Boréal, , 328 p. (ISBN 978-2-76462-419-7)

Livres d'entretiens[modifier | modifier le code]

  • Louis-André Richard, La Cité des ombres. Construire une société juste. Un débat entre Mathieu Bock-Côté et Roch Bolduc, Québec, Presses de l’Université Laval, 2015.
  • Jacques Godbout, Le Tour du jardin : Entretiens avec Mathieu Bock-Côté sur les livres, la politique, la culture, la religion, le Québec et la saisine, Montréal, Boréal, 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre O'Neill, « Nouvelle effervescence chez les jeunes péquistes », Le Devoir,‎ , A1.
  2. Guillaume Ducharme et Mathieu Bock-Côté, La situation du Français et le chantier du redressement national - Pour une conception nationaliste du français au Québec, Forum jeunesse du Bloc québécois, , 14 p. (lire en ligne).
  3. « Bloc Québécois - Identité nationale et citoyenneté », sur http://archives.vigile.net,
  4. Joëlle Quérin, « Mathieu Bock-Côté, La dénationalisation tranquille, Boréal, Montréal, 2007 », dans Politique et sociétés, vol. 28, no 1, 2009, p. 259. Recension d'ouvrage (lire en ligne)
  5. La Presse canadienne, « Le Bloc québécois éconduit le président de son aile jeunesse », La Presse canadienne,‎
  6. Association du Bloc Québécois de l’Université Laval, « Le président des jeunes bloquistes n’a pas été viré ! », 20 mars 2001.
  7. Anik Pouliot et autres, « Les membres démissionnaires du Forum Jeunesse rectifient les faits », 21 mars 2001.
  8. Guillaume Ducharme, Mathieu Bock-Côté et Benjamin Gagnon, « Pourquoi nous démissionnons du Forum jeunesse du Bloc québécois », Le Devoir,‎ , A6 (lire en ligne).
  9. Mathieu Bock-Côté, « Loi 101 au cégep : OUI! », 24H Montréal, .
  10. Soutenance de thèse en sociologie de monsieur Mathieu Bock-Côté, Université du Québec à Montréal (consulté le 7 octobre 2013).
  11. a et b Biographie de Mathieu Bock-Côté, Le Journal de Montréal (consulté le 7 octobre 2013).
  12. a et b « Débatteurs - Mathieu Bock-Côté », sur http://lajoute.telequebec.tv, Télé-Québec, .
  13. Mathieu Bock-Côté, « Mélancolie conservatrice », Le Figaro, samedi 29 / dimanche 30 avril 2017, page 16.
  14. Mathieu Bock-Côté, « Chroniques Mathieu-Bock Côté », 24H Montréal,
  15. http://www.journaldemontreal.com/auteur/mathieu-bock-cote
  16. « Entrevue accordée au réseau LCN portant sur les politiques d'immigration de l'Action démocratique du Québec », sur http://lcn.canoe.ca, Le Canal Nouvelles (LCN), .
  17. « Entrevue accordée au réseau LCN portant sur le déclin du français au Québec et à Montréal », sur http://lcn.canoe.ca, LCN, .
  18. « Entrevue accordée au réseau LCN portant sur les principales caractéristiques de la Génération Y », sur http://lcn.canoe.ca, LCN, .
  19. lefigaro.fr, « Les églises font partie de l'identité de la France » (consulté le 10 septembre 2015)
  20. « Un Québécois amoureux de la France, La Nef N°291 D'AVRIL 2017. Magazine mensuel, catholique et indépendant. », sur La Nef.net,
  21. « Entretien avec Mathieu Bock-Côté : vie et mort du Québec. A l'Est du nouveau ! Eléments N°163 »,
  22. Mathieu Bock-Côté, « Le cul-de-sac progressiste du Parti Québécois » », L’Action nationale,‎ (lire en ligne).
  23. Mathieu Bock-Côté, « Quand les péquistes reviennent au bon sens », Le Devoir,‎ , A9 (lire en ligne).
  24. Mathieu Bock-Côté, « La religion multiculturelle contre la démocratie », Le Devoir,‎ , A9 (lire en ligne).
  25. Louis Cornellier, « Comment être sainement pluralistes ? », Le Devoir,‎ (lire en ligne).
  26. Mathieu Bock-Côté, « Qu'est-ce que le conservatisme ? », lefigaro.fr,‎ 2015. (lire en ligne)
  27. Voir l'article qu'il lui a consacré
  28. Vidéo de l'émission.
  29. Louis Cornellier, « Mathieu Bock-Côté, le conservateur républicain », Le Devoir, 9 novembre 2013 (consulté le 9 novembre 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]