Théorie critique

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Théorie rattachée à l'École de Francfort, issue de la première génération de l'Institut für Sozialforschung (Institut pour la recherche sociale), la théorie critique regroupe l'examen et la critique de la société capitaliste ainsi que de la littérature et plus largement de la culture, à partir des connaissances développées par les sciences humaines et sociales.

Deux sens doivent être distingués : le premier se rapporte à un corpus théorique issu des sciences sociales (Théodore Adorno, Max Horkheimer), le second tire son origine de la critique littéraire, en particulier celle du roman par Georg Lukács.

Cette théorie émerge dans un contexte particulier. L'explosion de la modernité industrielle et le pessimisme romantique des années 1880, illustré par la "cage d'acier" de Max Weber ; la guerre et le pessimisme de l'entre deux guerres ainsi que la faible légitimité démocratique de la république de Weimar.

La première génération fonde l'école dans un cadre académique sans expérience politique, mais croit en l'émancipation par la raison. Ses recherches portent notamment sur les raisons qui poussent la société, alors en pleine crise économique, vers une fascisation et non pas à la révolution. Pour Horkheimer, Marx s'est trompé sur le fait que l'appauvrissement des travailleurs conduirait à la solidarité et donc à la révolution. C'est en cela que la Théorie critique pratique le pessimisme méthodologique, pour ne pas perdre le point de vue à partir duquel les choses doivent être critiquées radicalement.

Adorno et Horkheimer partagent l'idée que la raison peut se limiter à une seule de ses dimensions, la rationalité instrumentale et que les idéaux de la raison peuvent être retournés en leur contraire[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Théodore W. Adorno et Max Horkheimer, La dialectique de la raison, Amsterdam, , 304 p.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Max Horkheimer, Théorie traditionnelle et théorie critique, trad. Claude Maillard et Sybille Muller, Gallimard, 1974.
  • Théodore W. Adorno et Max Horkheimer, La dialectique de la raison, Amsterdam, Querido, 1947.
  • Marie-Christine Granjon, Penser avec Michel Foucault : théorie critique et pratiques politiques, Karthala, 2005.
  • Jan Spurk, Critique de la raison sociale : l'École de Francfort et sa théorie de la société, Presses Université Laval, 2001.
  • Jean Marie Vincent, La théorie critique de l'école de Francfort, Éditions Galilée, 1976.
  • Axel Honneth, La société du mépris. Vers une nouvelle Théorie critique, La Découverte, 2006 (ISBN 978-2707147721)
  • Fred Poché, Le Temps des oubliés, Lyon, Chronique Sociale, 2014.
  • Cornel West, Tragicomique Amérique, traduit de l'anglais (États-Unis) par Françoise Bouillot, préface de Marc Abèlès, Paris, Payot, 2005.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]