Binarité de genre

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Symbole des toilettes pour les femmes
Symbole des toilettes pour les hommes
Signes de toilette manifestant une binarité de genre.
Article connexe : Binarité de sexe.

La binarité de genre, aussi appelée binarisme de genre (parfois abrégée simplement par binarisme), est un concept utilisé en sciences sociales pour désigner la classification de l'identité de genre en deux et uniquement deux formes distinctes, opposées et déconnectées, masculin et féminin[1].

Comme l'un des principes fondamentaux du genrisme, il peut s'apparenter, selon certains chercheurs, à un tabou qui décourage les gens à traverser ou à mélanger les rôles de genre.

Dans ce modèle binaire, « sexe », « genre » et « sexualité » sont alignés par défaut ; par exemple, une personne homme ou femme devrait avoir une apparence, des traits de caractère et des comportements qui correspondent à cette assignation ainsi qu'une attirance pour le sexe opposé[2].

Généralités[modifier | modifier le code]

Dans le monde entier, de nombreuses personnes peuvent être considérées comme des exceptions à la binarité de genre ou aux identités transgenres typiques. Les rôles sociaux impliquent certains aspects sexués : notamment les Amérindiens bispirituels et les hijra de l'Inde. En Occident contemporain, le transgénérisme est utilisé pour « casser » la binarité de genre sous la forme du genderqueer[3].

Selon une enquêtes réalisée en France en 2016, « 56 % des 13/20 ans connaissent une personne qui se qualifie à travers des pronoms neutres (au lieu d’une utilisation classique du masculin/féminin) »[4]. En 2018, selon deux enquêtes, 13 % des 18-30 ans interrogés et 6 % des interviewés ne se définissent pas de façon binaire[5]. Pour le sociologue Arnaud Alessandrin, les expériences de genre « débordent » de la binarité de genre [6].

Critique du concept[modifier | modifier le code]

Anne Fausto-Sterling suggère l'abandon de la classification binaire des sexes socialement construite des hommes et des femmes[7].

Maria Lugones observe que parmi les Yoruba, le concept de genre et son système n'existait pas du tout avant le colonialisme. Elle fait valoir qu'un système de genre a été introduit par les puissances coloniales comme outil de domination et que cette cause a fondamentalement changé les relations sociales entre les populations autochtones[8].

Défense du concept[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://fneeq.qc.ca/wp-content/uploads/Glossaire.pdf Glossaire
  2. Anne Keating, « glbtq >> literature >> Gender », sur www.glbtq.com, glbtq: An Encyclopedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender, and Queer Culture (consulté le 2 avril 2015).
  3. (en) Jason Cromwell, Transmen and FTMs: Identities, Bodies, Genders, and Sexualities, Chicago, Illinois, University of Illinois, , 511 p. (ISBN 978-0252068256).
  4. « «Gender fluid» : Et si on assistait à la fin des genres masculin et féminin? », 20 Minutes,‎ (lire en ligne)
  5. « «No gender», «non binaire», «gender fluid»... De nouvelles identités de genre bousculent la société », 20 Minutes,‎ (lire en ligne)
  6. Arnaud Alessandrin, « Au-delà du troisième sexe : expériences de genre, classifications et débordements », Socio, no 9,‎ , p. 201–214 (ISSN 2266-3134 et 2425-2158, DOI 10.4000/socio.3049, lire en ligne)
  7. Anne Fausto-Sterling, Sexing the body: gender politics and the construction of sexuality, Basic Books, , 496 p. (ISBN 978-0465077144)
  8. María Lugones, « Heterosexualism and the Colonial/Modern Gender System », Hypatia, vol. 22, no 1,‎ , p. 196–198 (DOI 10.1353/hyp.2006.0067).