Condition féminine

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Jeune ouvrière, peinture de William Bouguereau, 1869.

Du point de vue des sciences sociales, la condition féminine décrit la position des femmes dans l'organisation sociale. Ainsi, cet article traite des différences de traitement entre les femmes et les hommes dans la société.

Il existe également une description psychologique voire philosophique de ce qu'est la « condition féminine ». Elle s'intéresse aux relations entre la place des femmes dans la société (les valeurs et les exigences spécifiques que cette dernière impose - ou propose - aux femmes), et les éventuelles conséquences individuelles (formation du caractère, conséquences morales, traits psychologiques…).

Un éclairage fort sur la situation des femmes dans le monde est apporté par l'Organisation des Nations unies (ONU), à partir de 1977, avec la Journée internationale des droits des femmes (ou Journée internationale des femmes) ; elle a lieu le 8 mars chaque année et c'est l'occasion d'un bilan mais aussi de mettre en lumière des revendications[1]. L'ONU avait précédemment créé une Commission de la condition de la femme et compte également une Entité des Nations unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, dite ONU Femmes.

La condition des femmes dans le monde et l'ONU[modifier | modifier le code]

La Commission de la condition de la femme (CSW, acronyme anglophone), créée peu après l'ONU et dont la première réunion a eu lieu en 1947, a mené différentes actions au niveau international et a également réalisé une évaluation mondiale de la condition des femmes afin d'avoir des données et une analyse permettant de servir de base à « l'élaboration des instruments relatifs aux droits fondamentaux »[2]. Cette même commission a rédigé plusieurs conventions internationales relatives aux droits des femmes, dont la Convention sur les droits politiques de la femme (ratifiée en 1953), la Convention sur le consentement au mariage, l'âge minimum du mariage et l'enregistrement des mariages (ratifiée en 1962) et la Convention concernant l'égalité de rémunération entre la main-d'œuvre masculine et la main-d'œuvre féminine pour un travail de valeur égale (ratifiée en 1951) de l'Organisation internationale du travail (OIT)[2]. Elle a aussi préparé une convention juridiquement contraignante : la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF), ratifiée en 1979[2].

1975 a été déclarée par l'ONU Année internationale des femmes, sur une proposition de la CSW, « afin d'attirer l'attention sur l'égalité des femmes et des hommes et sur la contribution des femmes au développement et à la paix » ; cette année-là a aussi eu lieu le première Conférence mondiale sur les femmes[2]. La décennie 1976-1985 est déclarée Décennie des Nations Unies pour la femme : égalité, développement et paix[2]. Cette période a vu de nouvelles composantes de l'ONU être dédiées aux femmes : notamment le Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM) et l'Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme (INSTRAW)[2]. Depuis 1987, la CSW a réorienté ses efforts vers « la promotion des questions relatives aux femmes en tant qu'élément transversal des problématiques dominantes, plutôt qu'en tant que problématique distincte » ; parallèlement à quoi elle a aidé à faire entrer le sujet des violences envers les femmes dans les débats internationaux[2]. En 1993 est adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU la Déclaration sur l’élimination de la violence contre les femmes ; l'année suivante, la Commission des droits de l'homme « a nommé un rapporteur spécial des Nations Unies sur la violence envers les femmes, ses causes et ses conséquences et lui a donné mandat d'enquêter et de faire rapport sur tous les aspects de la violence envers les femmes »[2]. En 1995, ce sont la Déclaration et le Programme d'action de Beijing qui sont adoptés — durant la Quatrième conférence mondiale sur les femmes —, après quoi a été notamment créé le Bureau de la Conseillère spéciale pour la parité des sexes et la promotion de la femme (OSAGI)[2]. ONU Femmes, actuel secrétariat de la Commission de la condition de la femme est issue du regroupement en 1994 des entités DAW, INSTRAW, OSAGI et UNIFEM[2].

La Déclaration et le Programme d'action de Beijing sont considérés comme le « plan le plus progressiste au sujet de l’avancement des droits de la femme »[3] ; pour son 25e anniversaire, après un bilan constatant que « dans l’ensemble, les progrès réalisés se situent bien en deçà de ce à quoi les États se sont engagés en 1995 »[4], plus d'une centaine de pays ont annoncé qu'ils allaient engager des « mesures concrètes visant à promouvoir l’égalité des sexes pour les femmes et les filles partout dans le monde »[4]. Le constat a également été fait que la pandémie de Covid-19 est à l'origine de conséquences importantes pour les femmes dans le monde[4].

Dans les huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), adoptés en 2000 avec la Déclaration du millénaire de l'Organisation des Nations unies et censés être atteints en 2015, l'objectif 3 était de « promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes » et l'objecctif 5 était d'« Améliorer la santé maternelle » ; parmi les autres objectifs, plusieurs touchaient des aspects de la vie et l'éducation des femmes, ce qui favorisait l'amélioration des objectifs visés. Parmi les dix-sept Objectifs de développement durable déterminés par l'ONU et adoptés au sein de l'Agenda 2030 — adopté en 2015 —, l'Objectif de développement durable n°5 concerne l'Égalité entre les sexes[5] ; l'Objectif 10 est de « Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre », ce qui concerne aussi les femmes[6].

En 2018, le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) indique qu'« aujourd’hui, il est communément admis qu’améliorer la situation des femmes et faire progresser leurs droits ne bénéficie pas uniquement aux femmes et aux filles, mais à l’ensemble de la société »[7], ce qui inclut les garçons et les hommes.

Indicateurs statistiques[modifier | modifier le code]

Les statistiques démontrent que les femmes sont en général plus durement touchées que les hommes par les problèmes de développement.

Le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) mesure cela avec deux indices composites de développement humain (IDH) :

Il n'existe pas de relation linéaire entre ces deux critères de développement[réf. nécessaire]. Bien que le premier puisse être élevé, le second peut être tout autant faible. C'est le cas du Japon ou de l'Italie pour lesquelles les indicateurs IDH et ISDH sont relativement élevés par rapport à d'autres pays (ils sont classés respectivement 9e et 12e pour le Japon et 21e pour l'Italie, d'après le rapport du programme de développement des Nations unies 2003), alors que leurs IPF sont faibles au vu de leurs IDH (classés respectivement 38 et 32e) (i.e. : faible participation des femmes dans le processus de décision économique)[réf. nécessaire].

Quant à la France, si son classement ISDH est meilleur que son classement IDH (15e et 16e), son classement IPF n'est pas établi, faute de données suffisantes[réf. nécessaire].

Le forum économique mondial, indiquant l’écart entre les genres, dans son rapport de 2007 place la Suède en première position (donc le plus petit écart), la France à la 51e position et le Yémen en dernière position[8]. En 2019, il classe l'Islande comme « pays le plus égalitaire au monde » au regard de la parité femmes-hommes, directement suivie par la Norvège, la Finlande, la Suède et le Nicaragua[9] ; il précise que pour le monde : « Au rythme actuel, l'écart entre les sexes dans les domaines de la politique, de l'économie, de la santé et de l'éducation ne se réduira pas avant 99,5 ans », contre 108 ans en 2018[9].

Participation des femmes à la vie politique[modifier | modifier le code]

Ces dernières décennies, dans le monde, la part des femmes dans les fonctions politiques a progressé ; cependant, elle ne sont par exemple que 23 % à siéger dans les parlements nationaux, et elles occupent plus de 30 % des sièges dans au moins une chambre du Parlement national dans 46 pays[10].

Droit[modifier | modifier le code]

Droits politiques[modifier | modifier le code]

En matière de discrimination sexuelle[modifier | modifier le code]

La discrimination fondée sur le sexe est illégale dans de nombreux pays. Même en cas d'égalité des sexes établie dans la loi ou la constitution, il reste souvent des coutumes conférant des « droits » ou des « privilèges » aux hommes ou aux femmes. Ces discriminations sont combattues par la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.

Les discriminations faites aux femmes sont combattues dans la législation française, soit directement par le biais du droit de la non-discrimination, soit par le biais de l'état de vulnérabilité, lié à l'état de grossesse, dès lors qu'il est apparent ou connu de son auteur.

Autonomie corporelle[modifier | modifier le code]

Le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa), définit l'autonomie corporelle comme « la possibilité de prendre ses propres décisions sur les questions de santé et de contraception, et le choix d’avoir ou non des relations sexuelles »[11]. Un rapport de 2021 sur l'état de la population mondiale met en lumière le fait que, dans 57 pays où des données ont pu être recueillies : seulement 55 % des femmes ont leur pleine autonomie corporelle ; le fait de voir leur autonomie corporelle bafouée peut concerner toute personne, quelles que soient ses identités, y compris sexuelles ou de genre[11]. L'observation de l'autonomie corporelle comporte notamment des éléments sur le pouvoir qu'ont les personnes de prendre une décision les concernant elles-mêmes ainsi que les lois, notamment celles défendant les droits et la santé sexuelle et reproductive ; d'autres obstacles à l'autonomie corporelle peuvent être légaux, économiques et sociaux[11]. Le rapport établit ainsi que 20 pays et territoires ont des lois « qui permettent aux agresseurs d’échapper à la justice à la condition d’épouser leur victime »[11], ceci limitant donc la notion d'autonomie corporelle pour une survivante d'un viol[11] ; il indique aussi que « 43 pays n'ont pas de législation traitant de la question du viol conjugal »[12]. Par ailleurs, ce même rapport indique que « les obstacles les plus récurrents à l’autonomie corporelle proviennent de stéréotypes, de suppositions et d’idées reçues sur cette notion et sur les droits des femmes et des filles »[11]. Cette autonomie corporelle est parfois d'autant plus mise en danger quand les personnes concernées sont en situation de handicap[11].

Selon l'Unfpa, « l'autonomie corporelle n’est pas seulement un droit, elle est le fondement même des autres droits humains »[11]. Plusieurs États dans le monde ont pris l'engagement de protéger l'autonomie corporelle, dans différents accords internationaux ; cette autonomie est aussi un « fondement essentiel de l’éthique médicale internationale »[11].

En matière de mariage[modifier | modifier le code]

Concernant les droits des femmes en matière de mariage, les premiers accords internationaux ont été la Convention sur la nationalité de la femme mariée (ratifiée en 1957) et la Convention sur le consentement au mariage, l'âge minimum du mariage et l'enregistrement des mariages (ratifiée en 1962)[2].

Répression des droits des femmes[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

En France, les femmes acquièrent le droit de travailler, de détenir un compte en banque et donc de gérer leurs biens sans l'autorisation de leur mari avec la loi du 13 juillet 1965[13].

Carrières[modifier | modifier le code]

Les hommes sont avantagés dans le développement de leur carrière[14]. Dans ce domaine, le mariage et la maternité sont pour les femmes des handicaps (notamment lorsqu'elles prennent un congé parental prolongé), alors que le fait d'être marié ou père de famille constitue pour l'homme un atout dans la carrière, notamment pour les cadres supérieurs[15],[16].

Salaires et professions « féminines »[modifier | modifier le code]

Jeunes institutrices et leur direction masculine, Ville-Emard, v. 1920

Dans de nombreux domaines, les sociétés occidentales modernes présentent des inégalités entre les sexes. Un certain nombre de secteurs professionnels ou de professions restent presque exclusivement le domaine d'un sexe ou de l'autre, comme par exemple maçon ou sage-femme. Dans le monde du travail, la disparité reste immense : les possibilités d'accéder à des postes à responsabilité restent moindres pour les femmes. Ainsi en France, en 2016, 1 poste sur 3 de dirigeant d’entreprise est occupé par une femme[17]. En outre, les femmes doivent trop souvent, pour réussir professionnellement, s'adapter au modèle masculin et en adopter les valeurs de compétitivité et d'agressivité. S'ajoute à ces difficultés, celle de la précarité qui est plus grande pour les femmes que pour les hommes[18]. Enfin, en politique, les femmes sont nettement moins présentes, sauf dans les pays scandinaves[19] ; ce déséquilibre a été remarqué notamment en France par le groupe La Barbe[20] et a donné lieu au concept de parité.

Les salaires des femmes sont souvent présentés comme étant inférieurs, à poste identique[14].

Les professions « traditionnellement féminines » sont nettement dévalorisées[21]. Les secteurs professionnels « traditionnellement masculins », où les femmes ont commencé à entrer massivement au cours du XXe siècle, ont été peu à peu désertés par eux[réf. nécessaire], et véhiculent donc à présent une image dévalorisée et sont de plus en plus mal rémunérés[réf. nécessaire]. Cela a été constaté dans la magistrature[22], l'enseignement[réf. nécessaire].

Le monde hospitalier est, en 2018, massivement féminin. D’abord chez les aides soignantes et les infirmières, deux métiers où les pourcentages de femmes avoisinent les 90 %. Mais désormais, les médecins hospitaliers sont majoritairement des femmes.

En 1962, on compte 10% de femmes dans les services médicaux, la féminisation de la médecine est passée à 36% en 2003 ; dans certaines facultés, le taux d’étudiantes est de 64 % donc une majorité de femmes (49 % des hommes comme des femmes sont généralistes)[23],[24]. La féminisation des professions médicales, y compris de la médecine générale, est donc en augmentation constante. Ce fait est toutefois contesté par certains auteurs qui expliquent que la dévalorisation constatée peut être due à d'autres facteurs que la féminisation, mais soulignent que même au sein des professions féminisées, « les segments les plus valorisés restent des bastions masculins »[25].

Les études en médecine ont connu une féminisation (action de féminiser) massive de leurs nombres d’étudiantes du premier au dernier cycle. Cette féminisation massive actuelle représente donc une véritable « bascule» dans l'histoire des sciences médicales[26],[27]. Les instituts paramédicaux hors université, comptent en moyenne 82 % de filles (des instituts de formations aux soins infirmières aux diverses spécialités d’orthophonie, orthoptie ou encore psychomotricité). Sans oublier les formations d’aides-soignantes, un métier rarement accordé au masculin. Ce phénomène est récent puisqu’à la fin des années 1980, les bancs des facs de médecine ne comptaient que 45 % de filles. Cependant, si féminisation il y a, on s’aperçoit malgré tout que les garçons préservent leurs positions dans les spécialités les plus “réputées”, la chirurgie en tête, qui ne compte que 40 % de femmes. Celles-ci se retrouvent plus souvent dans les filières de gynécologie (81 à 100 %), de pédiatrie (87 %), de médecine du travail (65%), de médecine générale (65%) ou de psychiatrie (57 %)[28]. Quoique la part des femmes reste minoritaire dans le monde médical, cette part ne cesse de croître.

D'après les données de l'OCDE, la proportion moyenne de femmes médecins dans les pays qui en font partie était en moyenne de 46 % en 2015. De nombreuses anciennes républiques socialistes soviétiques comprennent une forte présence des femmes dans ce secteur, ce qui est le cas de l'Estonie et la Lettonie, où les femmes représentent plus de 73 % de l'ensemble des professionnels. Cependant, dans les pays asiatiques comme le Japon et la Corée du Sud, moins d'un médecin sur quatre est une femme[29].

Spécificités dans le milieu médical[modifier | modifier le code]

Des patients[modifier | modifier le code]

Les inégalités de genre restent encore fortement ancrées au sein de nos sociétés, comme par exemple dans le domaine de la santé : pour certaines maladies, les diagnostics différent selon les sexes[réf. nécessaire].

En 2019, en France, il est reconnu d'un point de vue scientifique l'existence de facteurs biologiques qui différencient les hommes et les femmes, toutefois ces différences ne sauraient justifier une quelconque inégalité de traitement entre des patients. Selon Catherine Vidal, neurobiologiste et membre du comité d'éthique de l'Inserm, les stéréotypes de genre et les normes sociales influenceraient le monde médical et conduiraient ainsi à des situations d'inégalité[30]. Par exemple, l’infarctus du myocarde, serait toujours sous-diagnostiqué chez les femmes, car il serait considéré comme une maladie à dominante « masculine » car fréquente chez les hommes d’âge moyen et stressés au travail ; une patiente soupçonnée d'être atteinte, se verrait prescrire des médicaments pour l'anxiété, contrairement à un homme qui serait orienté vers un cardiologue[31]. Les médecins seraient fortement influencés par des constructions sociales genrées[32].

Des professionnels du milieu hospitalier[modifier | modifier le code]

À l’hôpital, les séparations genrées sont importantes. Ainsi, en France, les secrétaires médicales sont majoritairement des femmes, les postes d'assistants sociaux sont occupés majoritairement par des hommes, et les projets techniques ou informatiques sont portés, le plus souvent, par des hommes. Cela témoignerait du poids des représentations de genre dans la santé. On compte moins de 20% de femmes chez les professeurs des universités praticiens-hospitaliers. Le choix de l'orientation médicale par les étudiant(e)s serait très marqué par le genre, on ne compte que 25% de femmes parmi les candidats au concours des professeurs des universités praticiens-hospitaliers[33]. Diverses études trouveraient des liens entre le genre du médecin et la satisfaction du patient[réf. nécessaire]. L'explication de telles disparités serait à chercher dans les stéréotypes de sexes : les hommes seraient en possession de la force et de la technique, et les femmes posséderaient la douceur et l’écoute, leur instinct « maternel »[34].

Pauvreté[modifier | modifier le code]

Le Programme des Nations-Unies pour le développement indique que « Les femmes restent plus vulnérables que les hommes face à la pauvreté, avec moins d'opportunités d'accès au travail rémunéré, à l'éducation et à la propriété »[35].

En 2017, dans les pays du Sud, les femmes constituent 70 % des personnes les plus pauvres[36],[37], ceci étant expliqué principalement par une différenciation, voire des discriminations ou ségrégations, concernant l'accès au travail apportant une rétribution[36].

Les femmes représentent la majorité des 2,2 milliards de la population mondiale vivant avec moins d'un dollar par jour.[réf. nécessaire]

Les statistiques relatives à la pauvreté signalent souvent[38] un désavantage féminin, notamment pour celles qui restent seules avec leurs enfants[réf. nécessaire]. En 1990, le ministère de la Justice du Canada a procédé à une enquête qui a révélé qu'après un divorce, 46 % des femmes vivaient sous le seuil de pauvreté, comparativement à 10 % des hommes.

En France, en 2011, tous âges confondus, le taux de pauvreté féminin est de 8,1 % , tandis que le taux de pauvreté masculin est de 7,9 %[39]. En 2012, le Secours Catholique affirme dans un rapport sur la pauvreté que 14 % des français vit sous le seuil de pauvreté, et que 57 % de ceux-ci sont des femmes ; il explique ce phénomène par l'augmentation des familles monoparentales et de ce fait du nombre de mères célibataires, ainsi que par le fait qu'après une séparation les femmes qui n'avaient pas travaillé pendant longtemps avaient des difficultés à trouver un emploi stable, correctement rémunéré et autre qu'à mi-temps[40]. Selon l'Insee, en 2015[41], 8,1 % de femmes vivent sous le seuil de pauvreté, elles représentent 52 % de la population pauvre[42]. Selon le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes : « Le taux de pauvreté représente le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, fixé soit à 50% soit à 60% du revenu médian pour une population. En France, le seuil de pauvreté est fixé à 1026 euros en 2017 »[37]. Cette année 2017, il y aurait 2,6 millions de femmes pauvres et 2,4 millions d'hommes pauvres, tout en prenant en compte le fait que le nombre total de femmes est un peu plus élevé que celui des hommes dans le pays[43]. Les classes d'âge les plus touchées par la pauvreté sont alors les moins de 18 ans et les 18-29 ans[37]. Les taux de pauvreté féminin et masculin sont presque semblables dans ce pays, notamment parce que les revenus d'un couple sont considérés comme partagés à égalité, selon l'Observatoire des inégalités en 2020 ; ainsi, on part du ménage pour élaborer les statistiques, et non des ressources individuelles d'une personne pour elle-même[43]. En 2015, l'Insee a aussi élaboré des statistiques concernant les revenus individuels, en prenant en compte les revenus tirés du travail, avant versement de prestations sociales, avec les indemnités chômage et/ou les pensions de retraite : il en ressort que les écarts femmes-hommes sont plus forts chez les plus pauvres et chez les plus riches que dans le milieu du continuum[43].

Théories sur la vie professionnelle[modifier | modifier le code]

La maternité reste un souci majeur dans la vie professionnelle féminine[réf. nécessaire]. La maternité est en effet perçue par nombre d'employeurs comme une cause supplémentaire d'absence qui, pour un poste donné, leur fait préférer un homme. Cependant, d'autres obstacles de nature plus opaque contribuent à ces difficultés. Dans de nombreux cas, ce n'est pas tant la discrimination volontaire de la part de leurs collègues ou supérieurs masculins qui entre en jeu aujourd'hui. D'une part, le monde du travail est structuré de façon trop rigide en dépit de quelques lois permettant certains aménagements horaires[réf. nécessaire] ; vu les travaux domestiques qui leur incombent et les enfants à charge, il est difficile pour les femmes de s'y adapter[réf. nécessaire]. D'autre part, il semble que les femmes ne disposent pas de certaines ressources sociales nécessaires dans une stratégie de projet et de carrière qui sont toutes basées sur des mécanismes de cooptation de la part du groupe dominant masculin, souvent réticents à accepter leurs collègues féminines, ou tout simplement parce qu'ils s'attendent à ce que celles-ci réagissent comme eux. Deux de ces mécanismes basiques ont été analysés par les sociologues[non neutre].

L'effet « token »[modifier | modifier le code]

L'effet dit « token »[réf. nécessaire] analyse les règles générales de la stratification du pouvoir, selon les trames Token Ring parcourant l'anneau dans un sens qui est toujours le même. Il semble que les femmes tendent à assumer des comportements qui ne leur sont pas naturels, et qui à la longue jouent en leur défaveur, lorsqu'elles entrent en contact avec un milieu essentiellement masculin. Ne se sentant pas vraiment acceptées mais confrontées aux pressions du groupe masculin dominant attendant d'elles qu'elles changent leur manière d'être, un grand nombre de femmes réagissent par deux types de réactions défensives qui jouent contre elles : d'une part l'hyperconformisme et tout le zèle du néophyte qui leur en fait faire de trop de sorte qu'elles se vassalisent rapidement, ou la fugue dans l' « invisibilité », cherchant à être le plus « neutre » possible de façon que l'on s'aperçoive le moins possible de leur présence ; passant inaperçues il ne leur sera guère proposé un travail plus intéressant, même si elles ont toutes les capacités pour le faire.

L'effet Matthieu[modifier | modifier le code]

L'effet Matthieu tire son nom de l'évangéliste qui rapporte les paroles[44] de Jésus-Christ selon lesquelles ceux qui ont la foi augmenteront leur grâce et ceux qui ne l'ont pas seront précipités dans l'éternelle damnation (Évangile selon Mathieu 13:12 : « Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a »[45]). En l'occurrence, ceux qui « ont » (le pouvoir) sont les hommes et celles qui « n'ont pas » (le pouvoir) sont les femmes. D'après les recherches de la sociologue Judith Lorber à ce sujet, il semble bien que, quand les femmes perdent le fil conducteur de l'évolution de carrière (souvent à cause d'une maternité), elles accumulent les désavantages et ne se sortent que très difficilement de ce cercle vicieux. Exclues du cercle vertueux du prestige et du pouvoir, elles se retrouvent souvent pour le restant de leur vie condamnées aux emplois subalternes peu gratifiants et peu rémunérés[réf. nécessaire].

L'effet Matilda[modifier | modifier le code]

L'effet Matilda (nommé ainsi en référence à la militante féministe Matilda Joslyn Gage) désigne le fait que dans la recherche scientifique, nombre de contributions de femmes ont été ou sont niées ou minimisées ; il a été théorisé par l'historienne des sciences Margaret Rossiter, qui a approfondi la théorie du sociologue Robert King Merton concernant l'effet Matthieu[45].

Travail domestique[modifier | modifier le code]

Image publicitaire de Turners, (photographie), 1962.

Cette disparité existe tout autant dans le monde familial et domestique[réf. nécessaire]. Le rapport de l'ONU en vue de la Conférence de Pékin en 1995[réf. nécessaire] a démontré que les femmes étaient alors largement victimes de la « double journée ». En moyenne, elles consacraient au travail familial et domestique, invisibilisé et non rémunéré, beaucoup plus de temps que leurs compagnons. En effet, les hommes accordent journellement 1H26 de moins que les femmes aux tâches domestiques (ménage, cuisine…). En revanche, les femmes y consacrent 3H26 par jour, selon l'INSEE[46] données de 2010.

Ce cumul de labeur effectué à l'extérieur et à demeure conduisit les femmes à travailler en moyenne 13 % de plus que les hommes. La masse mondiale du seul travail domestique féminin, gratuit et indispensable au fonctionnement d'une société, représentait, en 1995, onze milliards de dollars et les deux tiers du seul travail féminin. Les femmes travaillaient donc plus et gagnent moins que les hommes.

Dans les sociétés post-industrielles occidentales, à la « double journée » vient s'ajouter la « triple présence », puisque, outre à leur travail et à leur foyer, les femmes doivent fréquemment se charger des personnes âgées démunies[réf. nécessaire]. Cette tendance générale semble empirer depuis 1995, avec le chômage et la précarité[non neutre].

Elles assurent plus de 80 % de la production agricole dans les pays en voie de développement et sont les principales pourvoyeuses de l’eau en parcourant 40 milliards d’heures chaque année pour collecter de l’eau[42]. Les femmes consacrent deux à dix fois plus de temps que les hommes au travail non rémunéré, ce qui constitue l’un des principaux obstacles à leur émancipation économique et politique[42].

Éducation[modifier | modifier le code]

Depuis 1989, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) — entrée en vigueur le 2 septembre 1990 — indique notamment dans son article 28 que « Les Etats parties reconnaissent le droit de l'enfant à l'éducation, et en particulier, en vue d'assurer l'exercice de ce droit progressivement et sur la base de l'égalité des chances »[47] — cette convention a été ratifiée par 195 États et elle est juridiquement contraignante[48].

De nombreux stéréotypes concernant l'éducation des jeunes filles sont restés les mêmes durant les dernières décennies et n'ont évolué qu'assez récemment quant au partage des tâches domestiques : plus de la moitié des filles de plus de onze ans y dédient quotidiennement au moins une heure alors que 30 % des garçons y consacrent moins d'une demi-heure par jour[réf. nécessaire].

À âge égal, il est généralement[réf. nécessaire] demandé davantage aux filles qu'aux garçons, et celles-ci se trouvent chargées de davantage de responsabilités au sein de la famille : menus services et travaux ménagers, courses ou préparations alimentaires, garde des frères et sœurs plus jeunes en l'absence de baby sitter (personnel presque exclusivement féminin) si les parents travaillent.

En Europe, elles réussissent globalement mieux à l'école et sont statistiquement plus performantes et plus diplômées. En 2006, 81 % des jeunes femmes européennes âgées de 20 à 24 ans ont un diplôme du second cycle de l’enseignement secondaire contre 75 % des jeunes hommes du même âge[49]. Cela ne se traduit cependant pas dans la vie professionnelle où les proportions sont non seulement inversées mais largement amplifiées au détriment des femmes.

En Afrique, dans les milieux les plus pauvres, lorsqu'il n'est possible d'envoyer qu'un enfant à l'école, c'est le garçon qui est choisi. L'UNICEF estime à plusieurs millions le nombre de filles privées d'éducation et cantonnées à des tâches ménagères, au sein de leur propre famille ou à l'extérieur[50].

Selon l'UNICEF, en 2021, dans le monde : « Les filles sont toujours plus susceptibles que les garçons de ne jamais mettre un pied dans une classe, malgré les progrès spectaculaires qui ont été accomplis au cours des vingt dernières années »[51]. Selon l'Institut de statistique de l'Unesco (ISU), en 2019 et à l'échelle du monde, 55,32 % des jeunes illettrés entre 15 et 24 ans sont des femmes, avec de grandes disparités de pourcentage selon les pays (parmi les personnes illettrées, certains pays comptent beaucoup moins de femmes que d'hommes, tandis que cela peut être l'inverse pour d'autres) — à noter que l'ISU n'a pas accès à des statistiques pour tous les pays[52]. Sur la période allant de 2000 à 2018, les statistiques établies par l'ISU font apparaître une diminution du nombre d'enfants non-scolarisés dans le monde, filles et garçons inclus ; concernant les filles, pour l'âge du primaire, leur nombre passe de 57,4 millions en 2000 à 32,3 millions en 2018 ; pour l'âge du premier cycle du secondaire, de 53,7 millions à 29,9 millions ; pour l'âge du second cycle du secondaire, de 92,4 millions à 67 millions ; il y a également une évolution dans le rapport filles/garçons sur cette période : si le nombre de filles non-scolarisées pour les âges des trois niveaux d'école était supérieur à celui des garçons pour chaque niveau en 2000, c'est l'inverse pour les âges correspondant au secondaire en 2018, mais le nombre de filles non-scolarisées en primaire reste supérieur à celui des garçons[53]. Selon la même source, les chiffres globaux concernant la non-scolarisation des enfants, filles et garçons, dans le monde masquent des disparités régionales marquées — il est à noter que dans les pays où peu d'enfants vont à l'école, cela peut toucher les garçons et les filles —, et les inégalités de genre sont également marquées selon les régions du monde[54]. L'USI note également qu'en l'état actuel des choses, parmi les enfants en âge d'aller à l'école primaire dans le monde, 9 millions de filles et 3 millions de garçons n'auront pas l'opportunité d'apprendre à lire et à écrire à l'école primaire[55]. En Afrique sub-saharienne, qui compte une grande partie de ces enfants, ce sont 4 millions de filles et 2 millions de garçons — pour 32 millions d'enfants âgés de 6 à 11 ans non-scolarisés dans cette région, dont une partie ira à l'école plus tard mais pas tous[55]. Concernant l'Afrique du Nord et l'Asie de l'Ouest, également fortement marquées par le nombre d'enfants non-scolarisés, l'USI note qu'une fille non-scolarisée sur trois ne recevra jamais d'éducation formalisée, contre un garçon sur 25, ce qui fait près d'un million de filles concernées et 100 000 garçons[55]. L'USI note que la connaissance de ces chiffres permet aux décideurs politiques des régions et pays concernés de mieux concevoir et ajuster les politiques pour renforcer notamment les possibilités d'accès à l'école, notamment l'accès à un plus jeune âge et l'accès de celles et ceux qui sont autrement susceptibles de ne jamais entrer dans une école, cette dernière situation résultant souvent d'un cercle vicieux lié au manque d'accès à l'éducation et à la pauvreté[55].

Santé[modifier | modifier le code]

La santé des femmes dans le monde : généralités[modifier | modifier le code]

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), « La santé des femmes et des filles est influencée par les différences biologiques liées au sexe, le genre et d’autres déterminants sociaux »[56]. L'OMS note que les filles et femmes sont désavantagées en matière de santé par rapport aux hommes dans de nombreuses sociétés, et cela à cause de discriminations liées à des facteurs socioculturels ; cela concerne aussi bien la possibilité d'accès à des soins de santé de qualité que celle de pouvoir avoir le meilleur état de santé possible[57].

En 2018, dans le monde, globalement, les femmes ont une plus longue espérance de vie que les hommes, mais leur morbidité (effets restant après une maladie ou un traumatisme) est plus élevée et elles ont plus recours aux soins de santé que les hommes[56]. À cette même date, les types de maladies les plus mortelles pour les femmes dans le monde sont des maladies non transmissibles, les maladies cardio-vasculaires et les cancers, dont ceux du col de l'utérus et le cancer du poumon[56]. Par ailleurs, les femmes sont plus nombreuses à être malades de dépression que les hommes[56]. En 2015, la deuxième principale cause de décès chez les femmes de 15 à 29 ans sont les conduites auto-agressives (suicide compris), qui peuvent également survenir à n'importe quel âge[56]. La majorité des personnes vivant avec le VIH est constituée par les femmes, et en particulier des femmes entre 15 et 24 ans[56].

L'OMS indique également qu'« Au cours de sa vie, une femme sur trois dans le monde est susceptible de connaître des violences physiques et/ou sexuelles », celles étant en zones de conflits ou obligées de se déplacer étant particulièrement touchées[56]. La mort de causes évitables liées à la grossesse et à l'accouchement atteint environ 830 femmes par jour dans les années 2021[56].

Les femmes et les soins de santé dans le monde[modifier | modifier le code]

Les principales personnes qui dispensent les soins dans les familles et les communautés sont les femmes[56]. L'OMS indique en 2018 que « Les femmes représentent 70 % des personnels de santé et des travailleurs sociaux dans le monde, et pourtant la moitié de la contribution des femmes à la santé mondiale prend la forme d’une aide non rémunérée, pour un montant équivalent à US $3 milliards chaque année »[56].

Mutilations sexuelles féminines[modifier | modifier le code]

L'OMS indique que « Les mutilations sexuelles féminines recouvrent toutes les interventions incluant l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales »[58] et ajoute que celles-ci n'apportent aucun bénéfice pour la santé mais sont même préjudiciables aux personnes concernées pour différentes raisons[58]. Le fait d'ôter ou endommager des tissus sains va entraver le fonctionnement normal du corps, et peut entraîner de très fortes douleurs et des conséquences sur la santé des personnes ; l'accouchement peut être rendu plus difficile et cela peut entraîner également une mise en danger pour la vie de l'enfant[58].

En 1997, l'OMS, l'UNICEF et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) ont publié une déclaration conjointe condamnant la pratique des mutilations sexuelles féminines[59]. Depuis, des efforts internationaux et nationaux ont été faits dans la lutte contre les mutilations féminines[59]. Dans sa résolution sur l'élimination des mutilations sexuelles féminines de 2008, l'OMS pointe le fait qu'« une action concertée est nécessaire dans les secteurs tels que l’éducation, les finances, la justice et les affaires féminines »[59].

Entre 2000 et 2017, dans les 30 pays où elles se rencontrent le plus, les taux de mutilations féminines concernant les filles âgées de 15 à 19 ans sont passés de 1 fille sur 2 (soit 50 %) à 1 fille sur 3 (soit environ 33 %)[10].

Les Missing women ou le déficit de femmes[modifier | modifier le code]

La notion de « déficit de femmes » concerne la démographie et désigne un déséquilibre du sex-ratio en faveur des hommes dans certains pays. Au début du XXIe siècle, certains pays d'Asie — en particulier la Chine et l'Inde[60],[61] — sont particulièrement touchés par ce phénomène, qui est expliqué par le fait que de nombreuses filles ont été victimes d'avortement sélectif relativement à leur sexe, on connu un infanticide en bas-âge ou sont mortes subséquemment à un manque de soins[60]. En Chine, c'est aussi une des conséquences de la politique de l'enfant unique qui a eu lieu de 1979 à 2013, avoir un garçon étant plus valorisé qu'avoir une fille[60]. L'Inde[62], le Pakistan et le Bangladesh sont trois autres pays d'Asie particulièrement concernés également[60]. Des évaluations portent à 90 millions le nombre de « femmes manquantes » par rapport au nombre d'hommes présents en Asie[60]. Le fait que la fécondité baisse est également un élément qui fait privilégier par une famille la naissance de garçons d'une façon artificielle[60]. Des facteurs culturels et d'organisation sociale sont à l'origine de ce phénomène, avec des raisons qui peuvent varier d'un pays à l'autre[60] ; même si des pays interdisent par exemple la pratique de la sélection selon le sexe/genre avant la naissance, dans les faits, cela n'est pas forcément la pratique réelle[61]. Ce problème de sex-ratio dans la population d'un pays peut avoir d'importantes conséquences sur les générations à venir, mais aussi créer plus de violences envers les femmes[61].

Le rapport « State of World Population 2020 » du Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa) indique que le nombre de « Missing women » dans le monde est passé de 61 millions en 1970 à 142,6 millions en 2020[61].

Quelques éléments culturels[modifier | modifier le code]

Langage inclusif[modifier | modifier le code]

« Comme la langue a le pouvoir de faire évoluer les attitudes culturelles et sociales, l’emploi d’un langage inclusif est un bon moyen de promouvoir l’égalité entre les genres et de lutter contre les préjugés », souligne l'ONU[63] ; le langage inclusif concerne l'oral comme l'écrit, et il permet de s'exprimer de façon non-discriminante[64].

Langue française[modifier | modifier le code]

Dans la langue française, le genre (masculin-féminin) provoque des polémiques récurrentes. En effet, la règle communément admise et enseignée du « masculin qui l'emporte sur le féminin » dans les pluriels mixtes et neutres est vue[Par qui ?] comme phallocentrique et discriminante.

L'absence du genre neutre, qui peut être assimilée au débat sur le troisième genre légal, est également considéré[Par qui ?] comme une manifestation du langage favorisant le genre masculin.

Un mouvement en faveur de l'écriture épicène ou du point médian visant à invisibiliser les femmes se développe en France. De même, le recours à l'accord de proximité, qui était fréquent jusqu'au XIXe siècle, permet d'accorder avec le genre — féminin ou masculin — le plus proche, plutôt qu'à accorder de façon systématique avec le genre masculin, dès que l'énoncé comporte un élément masculin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. a b c d e f g h i j et k « Bref historique », sur ONU Femmes (consulté le 15 avril 2021)
  3. « Déclaration et Programme d’action de Beijing, Déclaration politique et textes issus de Beijing+5 », sur ONU Femmes (consulté le 15 avril 2021)
  4. a b et c « Lors d’une réunion de haut niveau des Nations Unies, les dirigeantes et dirigeants mondiaux ont relancé la vision du Programme d’action de Beijing, le programme le plus transformateur pour faire progresser l’égalité des sexes », sur ONU Femmes (consulté le 15 avril 2021)
  5. Sophie Farigoul, « Les Objectifs de développement durable », sur Développement durable (consulté le 16 avril 2021)
  6. Sophie Farigoul, « Objectif 10 : Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre », sur Développement durable (consulté le 16 avril 2021)
  7. Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), « Impliquer les hommes et les garçons », sur www.unfpa.org, mise à jour du 10 mai 2018 (consulté le 16 avril 2021)
  8. Lire le rapport entier ici
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  10. a et b Sophie Farigoul, « Objectif 5 : Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles », sur Développement durable (consulté le 16 avril 2021)
  11. a b c d e f g h et i Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa), « Autonomie corporelle : déconstruire 7 idées reçues qui réduisent les droits et libertés individuelles », sur www.unfpa.org, (consulté le 16 avril 2021)
  12. « Un rapport de l'ONU révèle que des centaines de millions de femmes vivent une vie « gouvernée par les autres » », sur ONU Info, (consulté le 16 avril 2021)
  13. Benoît de Boysson, « Promulgation de la loi portant réforme des régimes matrimoniaux », sur francearchives.fr
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  15. Francis Danvers, Modèles, concepts et pratiques en orientation des adultes, Éditeur Presses universitaires. Septentrion, 2006 (ISBN 9782859399436), lire p. 208.
  16. François de Singly, « Mariage, dot scolaire et position sociale ». In: Économie et statistique, no 142, mars 1982, DOI:10.3406/estat.1982.4590, Consulté le 21 mars 2015.
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  18. Grégoire Normand, « Carrières précaires : les femmes deux fois plus touchées que les hommes », La Tribune, (consulté le 5 février 2021).
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  20. L’UMP n’aime pas les Barbues, francetv.fr, consulté sur le .
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  26. Emmanuel Vaillant, « Ces filières en quête de filles », L'Étudiant (consulté le 5 avril 2019).
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  50. Editorial and Publications Staff, Unicef, Le progrès des nations 2000, Éditeur UNICEF, 2000 (ISBN 9280635972 et 9789280635973), p. 27
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  60. a b c d e f et g Anne Chemin, « Démographie : les filles sacrifiées d'Asie », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 16 avril 2021)
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  63. Organisation des nations unies (ONU), « L'égalité des sexes », sur www.un.org, (consulté le 16 avril 2021)
  64. « Nations Unies Le langage inclusif », sur www.un.org (consulté le 16 avril 2021)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres classiques[modifier | modifier le code]

XXe siècle[modifier | modifier le code]

  • Chiara Valentini, Le donne fanno paura, (non traduit en français), il Saggiatore, Milano, 1997
  • La condition des femmes du milieu du XIXe siècle au début du XXe siècle, bulletin de l'ASPHARESD, no 19, 2005, p. 47-56 (ISSN 0769-3885).

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

  • Yannick Ripa, Les femmes dans la société. une histoire d'idées reçues, Le Cavalier Bleu, 2016
  • Isabelle Attané, Carole Brugeilles, Wilfried Rault, Atlas mondial des femmes les paradoxes de l'émancipation, Autrement, 2015

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Woman, film documentaire français sur la condition féminine sorti en 2019.

Liens externes[modifier | modifier le code]