Illibéralisme

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L’illibéralisme est, selon Pierre Rosanvallon, « une culture politique qui disqualifie en son principe la vision libérale. Il ne s’agit donc pas seulement de stigmatiser ce qui constituerait des entorses commises aux droits des personnes, marquant un écart plus ou moins dissimulé entre une pratique et une norme proclamée. Le problème est plus profondément de comprendre une étrangeté constitutive »[1]. Le terme est habituellement utilisé dans la littérature scientifique anglo-saxonne[2].

En 1997, Fareed Zakaria relève que « des régimes démocratiquement élus, qui ont souvent été réélus or réaffirmés à travers des référendums, ignorent de façon routinière les limites constitutionnelles de leur pouvoir et privent leurs citoyens des droits et libertés fondamentales » ; il met en évidence l'émergence de la « démocratie illibérale » « du Pérou à l'Autorité palestinienne, du Sierra Leone à la Slovaquie, du Pakistan aux Philippines »[3].

États-Unis[modifier | modifier le code]

En 2016, après la victoire de Donald Trump lors de l'élection présidentielle américaine de 2016, Fareed Zakaria se dit inquiet de la possible « montée de la démocratie illibérale aux États-Unis »[4].

France[modifier | modifier le code]

Pierre Rosanvallon caractérise la culture politique française comme illibérale, dont le bonapartisme est selon lui « la quintessence » : « C’est en effet en lui qu’ont prétendu fusionner le culte de l’État rationalisateur et la mise en scène d’un peuple-Un. Le bonapartisme est aussi pour cela la clef de compréhension de l’illibéralisme français. Il le radicalise, en effet, d’une certaine manière, en mettant brutalement à nu ses ressorts les plus profonds »[1].

Hongrie[modifier | modifier le code]

En 2014, Viktor Orbán, Premier ministre hongrois depuis 2010, affirme dans un discours vouloir construire « un État illibéral, un État non libéral. Il ne nie pas les valeurs fondamentales du libéralisme comme la liberté, etc. Mais il ne fait pas de l’idéologie un élément central de l’organisation de l’Etat. Il applique une approche spécifique et nationale ». Il appelle à « comprendre des systèmes qui ne sont pas occidentaux, qui ne sont pas libéraux, qui ne sont pas des démocraties libérales, peut-être même pas des démocraties. Et qui pourtant font le succès de certaines nations », citant Singapour, la Chine, l’Inde, la Turquie et la Russie[5],[6].

Roumanie[modifier | modifier le code]

Pour le politologue Cristian Pîrvulescu, les mouvements de protestation qu'a connus la Roumanie au début de l'année 2017 répondent à une dérive illibérale du régime[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Rosanvallon 2001
  2. a et b Cristian Pîrvulescu, « La Roumanie entre « illibéralisme » et protestation », Études, vol. 7,‎ juillet-août 2017, p. 17-28 (lire en ligne). Via Cairn.info.
  3. Zakaria 1997
  4. (en) Fareed Zakaria, « America’s democracy has become illiberal », sur washingtonpost.com, (consulté le 1er août 2017).
  5. Joël Le Pavous, « Dis, Viktor Orbán, c'est quoi au juste l'«illibéralisme»? », sur Slate, (consulté le 1er août 2017).
  6. Laurent Ribadeau Dumas, « La Hongrie est-elle la première des «démocraties non libérales» en Europe? », sur geopolis.francetvinfo.fr, (consulté le 1er août 2017).