Anthropocentrisme

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L'arbre de la vie de Haeckel fait de l'Homme l’aboutissement de l’évolution.

L’anthropocentrisme est une conception philosophique qui considère l’homme comme l'entité centrale la plus significative de l'Univers et qui appréhende la réalité à travers la seule perspective humaine.

Aristote fut le premier à en développer la théorie, en même temps que celle du géocentrisme.

L'idée connut un certain prolongement moral avec l'humanisme, qui assigne à l'homme le rôle de mètre-étalon pour mesurer toute chose ou phénomène, mais cela n'empêcha pas plusieurs astronomes (en l'occurrence les célèbres Galilée et Nicolas Copernic, mais aussi Johannes Kepler et Tycho Brahe) de faire admettre que la Terre n'était pas au centre de l'Univers - et que, par conséquent, les hommes ne l'étaient pas non plus.

Philosophies antiques[modifier | modifier le code]

Les mythologies antiques polythéistes et les cosmologies scientifiques prérelativistes les plus anciennes sont fondées sur une représentation du monde géocentriste, c'est-à-dire qu'ils placent la Terre au centre du monde. Chez des philosophes grecs comme Aristote, cette conception du monde va de pair avec l'idée que l'homme occupe une place centrale dans le monde.

La théologie chrétienne affirme également une vision du monde anthropocentriste. Les écrits polémiques opposant chrétiens et païens se font l'écho des controverses religieuses et philosophiques occasionnées par l'affirmation de l'anthropocentrisme chrétien. Le philosophe Celse refuse cette vision du monde, dans son Discours vrai contre les Chrétiens.

Influence de la révolution copernicienne[modifier | modifier le code]

La révolution copernicienne amenée par les découvertes de Nicolas Copernic, qui remplace le géocentrisme par l'héliocentrisme, débouche aussi sur un changement de paradigme important dans la représentation du monde : pour reprendre l'expression du philosophe et historien des sciences Alexandre Koyré en 1957, l'humanité passe peu à peu d'une conception d'un monde clos à celle d'un univers infini, sans limites connues[1]. Ce bouleversement scientifique porte un coup important à l'anthropocentrisme en invalidant une vision du monde où la planète natale de l'humanité se trouverait placée au centre de l'univers.

Influence de l'évolutionnisme[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, la découverte progressive de l'évolution des espèces vivantes aboutit à la réfutation progressive des modèles fixistes qui affirmaient que le monde avait été créé tel qu'il est encore aujourd'hui. L'évolution montre que l'humanité n'a pas toujours existé, qu'elle est le produit d'une série de transformations. Certaines interprétations politiques de ces découvertes se font dans le sens d'un renforcement de l'anthropocentrisme, en considérant l'humanité comme l'espèce vivante "la plus évoluée", notamment la plus intelligente. D'autres se font au contraire dans le sens d'une critique accrue de l'anthropocentrisme, en montrant que l'apparition de l'espèce humaine est très récente à l'échelle des temps géologiques, qu'elle n'existera pas toujours et que d'autres formes de vie très différentes résultent eux aussi de processus d'évolution complexes.

Philosophie environnementale et écologie[modifier | modifier le code]

À partir du XXe siècle, en particulier après 1945, la philosophie de l'environnement développe de nouvelles réflexions sur les relations entre l'espèce humaine et l'univers, en lien avec le développement des sciences de l'environnement qui ont donné naissance à l'écologie à partir de la fin du XIXe siècle. À partir des années 1970, ces découvertes et ces réflexions donnent naissance à l'écologie politique et à l'écologisme. Ces courants de pensée mettent en avant la notion d'environnement et de préservation de l'environnement, en s'inquiétant de la pollution d'origine humaine. Ils sont à l'origine de fortes critiques de l'anthropocentrisme dans la mesure où ils considèrent le mode de vie anthropocentriste comme nuisible à l'environnement et, par là, à la survie de l'espèce humaine elle-même.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alexandre Koyré, Du monde clos à l'univers infini, Paris, Gallimard, coll. "Tel", 2003 (première édition : 1957).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Bob Boddice (éd.), Anthropocentrism : Humans, Animals, Environments, Leiden and Boston, Brill, 2011.
  • (en) Derrick Jensen, The Myth of Human Supremacy, Seven Stories Press, 2016. (ISBN 978-1609806781).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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