Innocent XII

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Innocent XII
Image illustrative de l’article Innocent XII
Biographie
Nom de naissance Antonio Pignatelli
Naissance
Spinazzola, Basilicate, Royaume de Naples
Décès (à 85 ans)
Rome, Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat (76 ans)
Intronisation
Fin du pontificat
(9 ans, 2 mois et 15 jours)
Évêque de l’Église catholique
Inquisiteur à Malte

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Antonio Pignatelli, né à Spinazzola, près de Bari (Italie) le , et décédé à Rome le , fut le 242e évêque de Rome et donc pape de l’Église catholique qu'il gouverna de 1691 à 1700 sous le nom d’Innocent XII (en latin Innocentius XII, en italien Innocenzo XII). Il succède à Alexandre VIII.

Biographie[modifier | modifier le code]

Médaille annuelle en or du Vatican à l'effigie du Pape Innocent XII, 1695.

Antonio Pignatelli était le fils de Francesco, marquis de Spinazzola, et de Porzia Carafa, princesse de Minervino, fille de Fabrizio Carafa, duc d'Andria (la famille Carafa avait déjà donné un pape au XVIe siècle, Paul IV). Il fut baptisé dans l'église San Giovanni Battista di Regina di Lattarico (Cosenza).

Le jeune Antonio fit ses études au Collegio Romano des Jésuites de Rome. À vingt ans, il reçut un poste à la cour du pape Urbain VIII. Pendant les pontificats suivants, il servit comme vice-légat d'Urbino, puis comme gouverneur de Pérouse.

Il devint ensuite inquisiteur à Malte du au . Deux ans plus tard, on le retrouve gouverneur de Viterbe, puis en 1652 nonce apostolique à Florence, en 1660 en Pologne puis en 1668 à Vienne.

En 1671, il reçut la charge de diriger le diocèse de Lecce, mais pour deux ans seulement du fait qu'il avait la charge du secrétariat de la Congrégation des évêques et des réguliers.

Le , il fut créé cardinal par Innocent XI, puis l'année suivante fut nommé archevêque de Faenza et légat apostolique de Bologne. En 1687, il devint archevêque de Naples. À la mort d'Alexandre VIII survenue le , il fut élu le après un conclave qui dura 5 mois, comme candidat de compromis entre les cardinaux français et ceux du Saint-Empire.

Dès après son élection, il se déclara opposé au népotisme qui fut longtemps une des grandes plaies de l'Église ; la bulle Romanum decet Pontificem, promulguée en 1692, interdit aux papes à tout moment, de donner des propriétés, des charges ou des rentes à des parents quels qu'ils fussent ; en outre, un seul de leurs parents pouvait être élevé au cardinalat. Tout au long de son pontificat, il se tint à cette règle et pas un membre de sa famille ne reçut de charge au Saint-Siège. Ainsi il refusa la pourpre à son neveu bien qu'il fut l'archevêque de Tarente. Il déclara: « Mes neveux, ce sont les pauvres », en comparant sa bienfaisance publique au népotisme de nombre de ses prédécesseurs.

En même temps, il lutta contre les pratiques simoniaques de la chambre apostolique et, dans ce but, il introduisit dans sa cour un mode de vie plus simple et moins coûteux. Il imposa aux prêtres le port de la soutane et l'accomplissement d'exercices spirituels quotidiens.

En 1694, il fonda la Congrégation pour la discipline et la réforme des ordres réguliers dans l'intention de réformer l'Église dans le sens d'une plus grande spiritualité.

Dans les États de l'Église, il procéda à plusieurs réformes nécessaires et très utiles et, pour une meilleure administration de la justice, il fit construire le Forum Innocentianum.

En 1693, il incita les évêques français à retirer la Déclaration des Quatre articles de 1682 relative aux « libertés gallicanes » qui avait été formulée par l'Assemblée de 1682. Louis XIV de France renonça aux « propositions gallicanes », permettant ainsi au pape de reconnaître les évêques nommé par le roi depuis 1673, date de l'éclatement de l'affaire de la régale, auxquels ses prédécesseurs avaient refusé l'investiture canonique.

En 1697, des fêtes furent organisées par le prince Jean-Baptiste Borghèse à l'occasion de son passage, alors qu'il était en route vers le port d'Anzio. Ce fut Christian Reder qui fut chargé de réaliser une Vue d'un carrousel conservé aujourd'hui à la galerie Borghèse. Pour cette même occasion, il peignit un autre tableau illustrant la visite du pape au port, conservé au musée de Rome.

En 1699, il se prononça en faveur de Bossuet dans la controverse entre ce prélat et Fénelon sur l'Explication des maximes des Saints sur la vie intérieure que ce dernier avait écrite pour soutenir Madame Guyon.

Il joua un rôle discret mais décisif dans le déclenchement de la Guerre de Succession d'Espagne. C'est lui qui convainquit le le roi d'Espagne Charles II, sans enfants et à la santé très fragile, de désigner comme héritier le Bourbon Philippe de France plutôt qu'un Habsbourg, ce qui était inacceptable pour les autres puissances européennes. Le Pape espérait ainsi préserver la paix en Europe[1]. Il mourut le après avoir célébré la même année le seizième jubilé.

Bulles[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

D'après la prophétie de saint Malachie, il serait rattaché à la devise Rastrum in porta.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Barbiche et Ségolène de Dainville-Barbiche, Bulla, legatus, nuntius : études de diplomatique et de diplomatie pontificales, XIIIe-XVIIe siècle, Paris, École nationale des chartes, , 575 p. (ISBN 978-2-900791-95-0, lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

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