Polythéisme

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Le polythéisme est une conception religieuse ou philosophique selon laquelle il existe plusieurs êtres divins ou dieux.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

Dieux du Panthéon grec

Le terme, qui vient du grec polus (plusieurs) et theos(dieux), a été inventé par l’auteur juif Philon d'Alexandrie (-12 ~ 54) pour argumenter avec les Grecs. Lors de l’expansion du christianisme autour du bassin méditerranéen et en Europe, les non-chrétiens furent appelés simplement impuress (terme utilisé à l'origine par les Juifs pour désigner les non Juifs) ou paiens (gens du pays), ou encore, de façon clairement péjorative, idolâtres (adorateurs de « faux » dieux). Jean Bodin aurait relancé l’emploi du terme polythéiste en 1580[1]. Il s’agit donc d’une définition née dans un contexte idéologique particulier témoignant d’une vision simple et dualiste opposant la croyance en un dieu unique donc vrai à la croyance en plusieurs dieux forcément faux.

Aspects du polythéisme[modifier | modifier le code]

Ils sont divers car chaque système polythéiste l’est à sa manière, et peut comprendre des sous-systèmes dans lesquels l’interprétation des dieux et de leurs relations diffèrent. Par ailleurs, certaines religions ne sont plus accessibles que par des traces archéologiques difficilement interprétables, des mythes et des textes littéraires (épopée etc.). Or la place d’un dieu dans un mythe ou dans une œuvre comme l’Odyssée ne reflète pas exactement sa place dans le culte.

Dieux du Panthéon égyptien

Dans les systèmes polythéistes, il y a partage des domaines d’influence ou de compétence entre les dieux. Ce partage peut être territorial (dieu dont le pouvoir s’étend sur un territoire limité), ethnique ou professionnel (dieu compétent seulement pour un clan ou un groupe professionnel), ou autre (dieu gouvernant un phénomène naturel, l’outre-tombe, les mariages etc.). Néanmoins, il y a tendance au cumul de plusieurs fonctions par certains dieux importants ; la divinité cumulatrice peut ne pas être la même pour différents groupes humains appartenant au même ensemble religieux, certains dieux faisant l’objet de préférences locales, par exemple.


On prête en général aux divers dieux des relations de type familial ou social (subordonné/supérieur hiérarchique). L’ensemble des dieux d’une religion est appelé panthéon (du grec pan « tout » et theos « dieux »). Ces panthéons peuvent présenter des variantes ; il n’est pas rare que des groupes ayant les mêmes dieux ne leur prêtent pas exactement les mêmes relations. Ils ne sont pas figés, pouvant accueillir de nouvelles divinités ou admettre une redéfinition des rapports entre dieux.

Souvent il existe une entité supérieure plus rarement invoquée que les dieux populaires, qui peut être la plus haute divinité du panthéon, comme le dieu Nzambi dans la religion africaine des Lundas, ou une entité plus abstraite, comme le Ciel de la religion chinoise.

Liste de religions polythéistes[modifier | modifier le code]

Quelques religions polythéistes (au sens large) ; certaines de ces religions ou certaines de leurs interprétations peuvent également être qualifiées de moniste, dualiste ou panthéiste :

La qualification populaire de « religion polythéiste » de l'Égypte antique n'est pas remise en cause selon les égyptologues actuels, contrairement aux anciens égyptologues qui y voyaient un monothéisme polymorphe (un seul Dieu présenté sous différents aspects en fonction de son interaction avec le monde)[2]. En réalité, ce polythéisme est bien réel, même s'il fonctionne selon les logiques d'un hénothéisme (chaque Divinité est Unique, la plus grande dans le cadre de son culte) ; néanmoins, comme il y a possibilité de syncrétisme (un Dieu spécifique et unique pouvant apparaître à partir d'un mélange de plusieurs Divinités qui continuent à exister malgré cette interaction), ceci révèle une volonté chez les Anciens égyptiens de rejeter toute tendance monothéiste (Akhénaton et son monothéisme exclusif et intolérant, dédié au Dieu solaire, fut l'exception qui confirma la règle), le polythéisme égyptien se comprenant comme l'Un primordial (asexué) ne pouvant se manifester, et exister, qu'à travers une Multitude (non infinie) de Divinités [2]. Les Dieux égyptiens ne sont jamais immortels (avec une naissance mais sans fin, comme chez les Dieux gréco-latins), ni éternels (sans début ni fin), car l'éternité et l'infinité correspondent chez les Anciens égyptiens au non-existant, non-existant (symbolisé par le serpent qui se mord la queue, l'ouroboros) que les Divinités et les hommes doivent repousser sans cesse, même si ce non-existant est utile à l'existence (mais il ne doit pas régner, amener le désordre, s'opposer à la Maât, l'Ordre, l'équilibre du monde, la Justice) : l'existence des divinités égyptiennes est ainsi très longue, mais néanmoins soumise au temps, au vieillissement et à la mort, mort nécessaire qui est cependant toujours suivie d'une renaissance (le non-être absolu ne pouvant être réellement) [2]. Cette vision des choses existe aussi dans l'hindouisme, mis à part en ce qui concerne le Brahman, concept hindou de l'Absolu ou Âme universelle éternelle et immuable, au Centre de Tout, transcendant les cycles temporels infinis (Brahman identifié par le dévot soit à Vishnou, Shiva, ou la Grande Déesse, etc., Divinités non limitées par le Temps et l'Espace).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. F Schmidt Gordon & Breach The Inconceivable Polytheism: Studies in Religious Historiography (History & Anthropology Séries), Science Publishers I
  2. a, b et c Les Dieux de l'Egypte, l'Un et le Multiple, Erik Hornung, éditions Flammarion.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]