Daniel-Rops

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rops et Petiot.
Daniel-Rops
Nom de naissance Henri Petiot
Naissance
Épinal
Décès (à 64 ans)
Tresserve
Activité principale
écrivain et historien
Signature de Daniel-Rops

Daniel-Rops, né Henri Petiot le à Épinal (France) et décédé le [1] à Tresserve (France), est un écrivain et historien français. Membre de l’Académie française de 1955 à sa mort il reçoit de nombreuses distinctions honorifiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petit-fils de paysans, le jeune Henri Petiot naît à Épinal le 19 janvier 1901 où son père, Charles Petiot, officier, est alors en garnison. Sa mère est Odile Grosperrin. Étudiant des facultés de droit et de lettres de Grenoble, il travaille la géographie sous la direction de Raoul Blanchard, le père de la géographie alpine, et son mémoire sur «Briançon, esquisse de géographie urbaine» est publié en 1921. Il prépare ensuite l'agrégation d'histoire et de géographie, à l’université de Lyon. Il est reçu à l'âge de 21 ans.

Il est successivement professeur d’histoire à Chambéry, Amiens et Paris, puis au lycée Pasteur de Neuilly. Dès les années 1920, il débute dans la carrière littéraire : en 1923, il fonde avec Georges Gimel la revue littéraire trimestrielle Tentatives, qui paraîtra de 1923 à 1924. Outre des synthèses sur de grands écrivains, un numéro spécial est consacré à Stendhal. La revue se fait le relais des publications de la NRF et propose des passages traduits de livres en langue étrangère.

En 1924, il épouse Madeleine Bouvier et le couple adopte Francis[2]. Dès son premier volume d’essais, Notre inquiétude (1926) il adopte le nom de plume 'Daniel-Rops'[3]. qu’il utilisera tout au long de sa prolifique carrière littéraire[4]. Un roman est publié en 1929, l'Âme obscure, et de nombreux articles dans diverses publications périodiques, dont Le Correspondant, Notre Temps, La Revue des vivants.

À partir de 1931, alors qu'il revient au catholicisme[5], il participe, sur le conseil de Gabriel Marcel, aux activités de l'Ordre nouveau, dont il partage les orientations personnalistes. Il contribue activement à en diffuser les idées, dans des livres dont il est parfois difficile de dire ce qu'ils doivent à sa réflexion personnelle ou à la doctrine du mouvement auquel il se rattache et qui font de lui un des représentants de l'effervescence intellectuelle des non-conformistes des années 30 : le Monde sans âme, les Années tournantes, Éléments de notre destin.

Après 1935, ses liens avec l'Ordre Nouveau se distendent quelque peu et il collabore aux hebdomadaires catholiques Sept puis Temps présent. Jusqu'en 1940, il publie plusieurs romans (l’Âme obscure en 1929, Mort, où est ta victoire ? en 1934, l’Épée de feu en 1939), biographies et essais (Psichari (1922), Notre inquiétude en 1927, le Monde sans âme en 1930, Rimbaud, le drame spirituel en 1935, Pascal et notre cœur, Par-delà notre nuit, Réflexions sur la volonté), dirigeant chez Plon la collection Présences, dans laquelle il édite l'ouvrage la France et son armée du général de Gaulle, dont il devient l'ami.

Entre 1941 et 1944, il écrit le Peuple de la Bible et Jésus en son temps[6], début d'une œuvre d'histoire religieuse qui se poursuivra avec la monumentale Histoire de l'Église du Christ interrompue par son décès en 1965 (14 volumes publiés).

Après la Libération, il abandonne l'enseignement pour se consacrer à son travail d'historien et d'écrivain chrétien, assurant la direction de la revue Ecclésia et de la collection encyclopédique « Je sais, je crois », chez Fayard. Dès 1946 il reçoit le Grand prix de littérature de l'Académie française ‘pour l’ensemble de son œuvre’. Pie XII, qui se dit fervent lecteur de Daniel-Rops, le fait commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire en 1949, et la Grande-Croix du même ordre lui est conférée en 1956.

Parallèlement, retrouvant dans cet engagement certains de ses anciens compagnons d'Ordre Nouveau, il participe aux travaux de plusieurs mouvements fédéralistes européens, adhérant au groupe 'La Fédération', puis au Mouvement fédéraliste français. Il est, de 1957 à 1963, l'un des cinquante gouverneurs de la Fondation européenne de la Culture fondée par Denis de Rougemont.

Il est élu membre de l'Académie française le 3 mars 1955 au fauteuil d’Édouard Le Roy[1], le même jour que Jean Cocteau et François Albert-Buisson. Il a 54 ans et, au moment de son élection, est le plus jeune membre de l’’Académie.

Par décision du tribunal d’Épinal du 4 juillet 1958 a lieu une modification de son acte de naissance: il s'appellera désormais "Petiot-Daniel Rops Jules Charles Henri".

En 1962, accompagné de Gaston Monnerville président du Sénat, il procède en août à l'inauguration du buste de Lamartine réalisé par David d’Angers dans le village de Tresserve, en Savoie, situé sur les hauteurs du lac du Bourget, cher au poète, à côté d'Aix-les-Bains. C’est à Tresserve qu’il réside habituellement. Il y possède une bibliothèque de 10000 livres. Son épouse est décédée en 1975.

Daniel-Rops était sans doute l'écrivain le plus lu dans les milieux catholiques de la France d'après-guerre, ayant écrit une vingtaine d'ouvrages sur l'histoire du christianisme.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1926 : Notre inquiétude
  • 1926 : Sur le théâtre de H. R. Lenormand
  • 1927 : Le vent dans la nuit
  • 1928 : Le prince menteur
  • 1928 : Carte d’Europe
  • 1929 : L’âme obscure
  • 1930 : Deux hommes en moi
  • 1931 : Fauteuil 24 : Édouard Estaunié
  • 1932 : Les années tournantes
  • 1932 : Le monde sans âme
  • 1933 : Péguy
  • 1933 : Severa
  • 1934 : Mort, où est ta victoire ?
  • 1934 : Éléments de notre destin
  • 1935 : Le Cœur complice
  • 1935 : La Misère et nous
  • 1936 : La Pureté trahie
  • 1936 : Rimbaud, le drame spirituel
  • 1937 : Le Communisme et les Chrétiens (en collaboration)
  • 1937 : Ce qui meurt et ce qui naît
  • 1937 : Tournant de la France
  • 1938 : Présence et poésie
  • 1938 : Le Courtinaire
  • 1938 : La Maladie des sentiments
  • 1938 : La Main d’un juste
  • 1938 : La France veut la liberté (en collaboration)
  • 1939 : L’Épée de feu
  • 1939 : Le Mystère animal : l’animal cet inconnu (en collaboration)
  • 1939 : Une campagne de “Temps présent” : la paix par le Christ (en collaboration)
  • 1941 : L’Avenir de la science (en collaboration)
  • 1941 : La Femme et sa mission (en collaboration)
  • 1941 : Mystiques de France
  • 1941 : L’Ombre de la douleur
  • 1941 : La signification héroïque de Péguy et de Psichari
  • 1941 : Vouloir
  • 1942 : Où passent les anges
  • 1942 : Psichari
  • 1943 : L’Œuvre grandissante de Patrice de La Tour du Pin
  • 1943 : Par-delà notre nuit
  • 1943 : Le Peuple de la Bible
  • 1943 : Comment connaissons-nous Jésus ?
  • 1944 : Trois images de la grandeur
  • 1944 : Péguy et la vraie France (en collaboration)
  • 1945 : Jésus en son temps
  • 1946 : Quêtes de Dieu. Trois tombes, trois visages
  • 1946 : Notre histoire. I, Des origines à 1610
  • 1946 : Histoire sainte de mes filleuls
  • 1946 : Un héraut de l’Esprit : Saint Paul
  • 1946 : Boquen, témoignage d’espérance
  • 1946 : Deux études sur William Blake
  • 1947 : Notre histoire. II, De 1610 à nos jours
  • 1947 : Aux silences du cœur
  • 1947 : Ce visage qui nous regarde
  • 1947 : L’Évangile de mes filleuls. Lourdes
  • 1947 : Marges de la prière
  • 1947 : La Nuit du cœur flambant
  • 1947 : Sept portraits de femmes
  • 1947 : Terre fidèle
  • 1948 : Diane blessée
  • 1948 : Histoire de l’Église du Christ. I, L’Église des apôtres et des martyrs
  • 1948 : Pascal et notre cœur
  • 1948 : Le Sang des martyrs
  • 1948 : Les Évangiles de la Vierge
  • 1949 : De l’amour humain dans la Bible
  • 1949 : La Vie du Christ dans la culture française
  • 1949 : Rencontre avec Charles Du Bos
  • 1949 : Histoire sainte illustrée
  • 1949 : Chants pour les abîmes
  • 1949 : Orphiques
  • 1950 : Histoire de l’Église du Christ. II, L’Église des temps barbares
  • 1950 : Le Christ, thème éternel
  • 1950 : L’Histoire sainte des petits enfants
  • 1950 : Légende dorée de mes filleuls[7]
  • 1950 : Toi aussi, Nathanaël
  • 1951 : Le Roi ivre de Dieu
  • 1951 : Noé et son grand bateau
  • 1951 : ABC du petit chrétien
  • 1951 : Les Aventuriers de Dieu. Bartolomé de Las Casas
  • 1951 : Histoire de Jonas. Missa est
  • 1952 : Le Drame des Templiers
  • 1952 : Le Pèlerin à la coquille
  • 1952 : Rome
  • 1952 : La Thérapeutique dans l’Ancien Testament
  • 1952 : Saint Paul, conquérant du Christ
  • 1952 : Histoire de l’Église du Christ. III, L’Église de la cathédrales et de la croisade
  • 1953 : Chemin de Croix. Claire dans la clarté
  • 1953 : Diptyque pour le temps de Pâques
  • 1953 : Jésus disait à ses amis
  • 1953 : Les Miracles du Fils de Dieu
  • 1953 : Le Porche de Dieu fait homme
  • 1953 : Quand un saint arbitrait l’Europe : saint Bernard
  • 1954 : Être des saints
  • 1954 : La Vie du Christ dans les chefs-d’œuvre de la peinture
  • 1954 : Histoire sainte
  • 1954 : L’Évangile de la pierre
  • 1954 : La Passion
  • 1955 : Saint Paul, aventurier de Dieu
  • 1955 : Qu’est-ce que la Bible ?
  • 1955 : Histoire de l’Église du Christ. IV, L’Église de la Renaissance et de la Réforme
  • 1955 : Aux lions, les Chrétiens !
  • 1955 : Comment on bâtissait les cathédrales
  • 1956 : Apôtres et martyrs
  • 1957 : Claudel tel que je l’ai connu
  • 1958 : Histoire de l’Église du Christ. V, L’Église des temps classiques
  • 1959 : Monsieur Vincent
  • 1960 : Histoire de l’Église du Christ. VI, L’Église des révolutions 1 : En face de nouveaux destins (1789-1870)
  • 1961 : La Vie quotidienne en Palestine au temps de Jésus
  • 1962 : Saint Bernard et ses fils
  • 1962 : Vatican II, le concile de S. S. Jean XXIII
  • 1963 : Histoire de l’Église du Christ. VII, L’Église des révolutions 2 : Un combat pour Dieu (1870-1939)
  • 1964 : Chant pour un roi lépreux
  • 1965 : Histoire de l’Église du Christ. VIII, L’Église des révolutions 3 : Ces Chrétiens nos frères

Adaptation filmographique[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice biographique et œuvres sur le site de l'Académie française
  2. Notice sur CatholicAuthors.com
  3. L'adoption de ce pseudonyme serait inspiré par Félicien Rops, graveur et illustrateur belge. Voir Janine LUCET, « Note des archives départementales de Savoie ».
  4. Plus de 70 livres, dont 20 romans, comprenant des études historiques or artistiques, et livres de poésie ou pour enfants
  5. Justine Krug Buisson, Daniel-Rops and the Holiness of History, sur CatholicCulture.org
  6. Publié en 1945, Jésus en son temps fut peut-être le plus grand succès de libraire de Daniel-Rops. Traduit en plus de 14 langues il fut vendu à 500000 exemplaires
  7. Légende dorée de mes filleuls

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]