Jude (apôtre)

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Saint Jude Thaddée, par Georges de La Tour.

Jude (ou Judas) de Jacques (Ἰούδας Ἰάκωβος), aussi appelé Thaddée ou Judas Thaddée, est un des douze apôtres choisis par Jésus qui apparaît dans les évangiles synoptiques et les Actes des Apôtres, mais aussi dans de très nombreuses sources ultérieures.

Les différentes traditions divergent sur son identité exacte. Dans la tradition des Églises orientales c'est un des quatre « frères » de Jésus dont les noms sont donnés dans le Nouveau Testament. Il est donc le frère de Jacques le Juste, de Joset et de Simon le Zélote et un demi-frère de Jésus par Joseph. Dans la tradition des Églises latines d'Occident, il est souvent considéré non comme un frère de Jacques, mais comme un de ses fils. Il est donc distingué du « frère » de Jésus qui porte le même nom. Toutefois, une partie des catholiques le considèrent comme le frère de Jacques, de Simon et de Joset qui pour eux ne sont pas des frères de Jésus mais ses cousins germains.

Selon la tradition, après avoir effectué une prédication dans la région Palestine, il s'est rendu « dans le pays Arabe », en Syrie, en Mésopotamie et en Arménie. Dans certaines Églises orientales il est aussi appelé Addai. Les récits l'associent souvent avec Simon le Zélote qui l'aurait rejoint en Mésopotamie, après avoir prêché aux Berbères. La tradition arménienne le considère comme le fondateur de son Église avec l'apôtre Barthélemy (dès 43).

Les traditions divergent sur le lieu de son martyre qui aurait eu lieu soit dans la région de Beyrouth, soit au nord de la Mésopotamie désignée sous le nom de Perse. Les sources en arménien sont plus précises et indiquent que Thaddée aurait été exécuté dans la ville de Maku appartenant alors au Royaume d'Arménie (aujourd'hui au nord de l'Iran).

Ses noms et surnoms[modifier | modifier le code]

Dans l'évangile attribué à Luc et les Actes des Apôtres le nom Thaddée est omis et remplacé par Judas de Jacques (Ἰούδας Ἰάκωβος) (Lc. 6, 16 et Ac. 1, 14)[1]. Dans les listes d'apôtres des autres évangiles synoptiques Judas est appelé Thaddaeus (Mc 3, 18) ou Lebbaeus surnommé Thaddaeus (Λεββαῖος ὁ ἐπικληθεὶς Θαδδαῖος) (Mt 10, 3)[2]. Ces deux variantes se retrouvent dans d'autres textes, parfois avec la formule inversée « Thaddaeus surnommé Lebbaeus »[1], comme par exemple dans les Constitutions apostoliques[2]. Dans la deuxième Apocalypse de Jacques, il est appelé Theuda[3]. Les fragments de liste des « douze » et « septante disciples », attribuées à Hippolyte de Rome l'appellent « Judas appelé Lebbaeus surnommé Thaddaeus »[4]. Jérôme de Stridon l'appelait le « trinomus », puisqu'il portait trois noms[5].

Jude, Thaddaeus ou Lebbaeus[modifier | modifier le code]

Les surnoms Thaddée (Thaddaeus) ou Lebbaeus, ou le diminutif Jude semblent avoir été privilégiés sur le nom Judas probablement pour éviter la confusion avec le traître, Judas Iscariot[6],[1], dont le nom suit souvent celui de Thaddée dans les listes d'apôtres[2]. La crainte de cette confusion est perceptible dans la formulation « Judas pas l'Iscariot » que l'on trouve dans l'évangile attribué à Jean (14, 22) et qui renvoie probablement à Thaddaeus[1]. Il est vraisemblable que le nom de « Judas », par trop entaché de la mauvaise réputation due à Judas l’Iscariot, se soit progressivement estompé dans la plupart des traditions chrétiennes au profit de la graphie « Jude », de la même manière, on parle encore de nos jours de l’« Épître de Jude » plutôt que de l’« Épître de Judas »[7].

La forme latine Lebbaeus[8] est peut être basée sur la racine hébraïque leb (cœur)[1]. Thaddée pourrait venir de l'araméen, « taddà » qui désigne la poitrine. Ses deux surnoms auraient donc la même signification dans les deux langues hébraïques. Ils pourraient signifier « le courageux »[8], puisque le cœur et la poitrine en sont traditionnellement le siège. Il pourrait signifier aussi « homme de cœur »[5] ou manifester la tendresse[1].

Judas le Zélote[modifier | modifier le code]

Deux variantes de manuscrits des Constitutions apostoliques indiquent que « Thaddaeus, aussi appelé Lebbaeus et surnommé Judas le Zélote, prêcha la Vérité aux Édesséniens et au peuple de Mésopotamie lorsque Agbarus (Abgar) régnait à Édesse[9]. »

Jérôme de Stridon écrit dans son Commentaire de l’Épître aux Galates que « l’apôtre Judas, qui n’est pas le traître[10] » a pris le nom de Zélote « en vertu de son zèle insigne[10]. » Dans son texte contre Helvidius, il parle à nouveau de « Jude Zélote qui est dit Thaddée dans un autre évangile[11]. ». Le Décret de Gélase au VIe siècle déclare canonique l'épître de Jude, qu'il désigne comme « Iudæ Zelotis apostoli » (« l’apôtre Juda Zélotes »).

Addai[modifier | modifier le code]

Dans les deux Apocalypses de Jacques du codex V retrouvé à Nag Hammadi[3], il y a trois personnages principaux, les deux premiers sont Jésus et son « frère » Jacques, le troisième est appelé Theuda (probablement Thaddée) dans la deuxième Apocalypse et est appelé Addai dans la première[12] (IIe siècle). « Il s'agit donc probablement du Addai que les sources tardives d'Édesse et d'Arbèles disent avoir été envoyé par Thomas pour convertir les Syriens[13]. »

Une chronique appelée la Caverne au Trésor qui date probablement de la fin IIe début du IIIe siècle[14] associe Mari à Addai pour l'évangélisation de l'Adiabène et de la Garamée (Beth Garmai[N 1])[15] ce qui correspond au nord de la Mésopotamie ou au sud du royaume d'Arménie, indications compatibles avec ce que l'on trouve dans d'autres textes. Dans les textes du cycle d'Abgar, Thaddée est aussi connu comme Addai[16]. Il s'agit de la légende, connue sous différentes versions semblables à la Doctrina Addai[16]. Dans les Actes de Thaddée en arménien, il est appelé Addaï[17].

Selon François Blanchetière, Addaï « est l'abréviation d'Adonya (Yavhé est mon seigneur/maître)[18] ». Pour Christelle Jullien, Thaddée est « une transformation évidente de l'Addaï de la tradition syriaque[19] ».

Les différentes traditions[modifier | modifier le code]

La tradition orthodoxe[modifier | modifier le code]

Pour les orthodoxes, Jude est un des douze apôtres de Jésus, descendant du roi David et de Salomon par « Joseph le fiancé de Marie », dont il est un des fils qu'il a eu avant son mariage avec Marie, avec une autre épouse[20],[21]. Jude est aussi surnommé « Lebbaeus qui est aussi Thaddeus (Thaddée) » (Mt. 10, 3)[20]. Il est aussi appelé Thaddée dans l'évangile attribué à Marc (Mc. 3, 18)[20]. Il est identifié avec Judas Barsabas qui, selon les Actes des Apôtres, est chargé par Jacques le Juste, de porter le décret apostolique à Antioche (Ac. 15, 22)[20]. Il est parfois appelé Jude (ou Judas) frère de Jacques, pour marquer son humilité[22]. Il aurait aussi été appelé Lévi[22], ce qui le renvoie avec ses frères à l'appartenance à une famille sacerdotale[23].

Il a effectué sa prédication en Judée, Galilée, Samarie et Idumée, puis par la suite dans le pays Arabe (probablement la Nabathée), en Syrie et en Mésopotamie[20] et en Arménie[22]. Finalement, il se rendit dans la cité d'Édesse[20]. Là, il finit le travail que n'avait pas achevé son prédécesseur, saint Thaddeus, membre du groupe des soixante-dix[20]. Il existe une tradition, selon laquelle Jude se rendit « en Perse », où il écrivit son épître catholique en Grec[20].

La tradition nestorienne[modifier | modifier le code]

La tradition nestorienne reprend le même type d'information que les orthodoxes. Judas Thaddée y est souvent appelé Addaï, celui-ci aurait d'abord été envoyé par l'apôtre Thomas peu de temps après la « résurrection » de Jésus. C'est de ces apôtres, avec Bar-Tulmai (Barthélemy) et Mar Man l'un des septante disciples que l'Église apostolique assyrienne de l'Orient a reçu l'enseignement de Jésus[24],[25]. Cette église aurait initialement été établie à Édesse au Ier siècle et c'est à partir d'Édesse que la « Bonne nouvelle » (évangile) se serait répandue[24].

La tradition arménienne[modifier | modifier le code]

La tradition affirme que Thaddée fut envoyé évangéliser l'Arménie par Abgar, vu comme l'oncle du roi d'Arménie Sanatrouk. Dans les Actes de Thaddée en arménien, ce dernier est appelé Addaï[17]. Les détails varient largement, mais dans tous les écrits, Thaddée convertit Sandoukht, la fille du roi. Dans certaines versions, Sanatrouk se convertit également avant d'apostasier et de devenir hostile au christianisme. Dans tous les cas, il soumet Thaddée et Sandoukht au martyre. L'apôtre Thaddée aurait été exécuté dans la ville de Maku vers 45[26]. D'autres écrits font également arriver l'apôtre Barthélemy en Arménie à l'époque de l'exécution de Thaddée, où il connut également le martyre dans les années 60[27]. Quoi qu'il en soit de l'authenticité de ces traditions, le christianisme a probablement été introduit assez tôt en Arménie, étant donné que des persécutions contre les chrétiens sont rapportées au cours des années 110 et 230 et en 287 par Eusèbe de Césarée et Tertullien[28].

Quoique Grégoire l'Illuminateur est crédité du titre « d'Apôtre des Arméniens » pour avoir baptisé Tiridate IV d'Arménie en 301, et convertit les Arméniens, les apôtres Jude et Barthélemy sont traditionnellement considérés comme ayant été les premiers à apporter le christianisme en Arménie, et sont donc vénérés comme les saints patrons de l'Église apostolique arménienne. Le Monastère Saint-Thaddée (dans le nord de l'Iran) est construit à l'endroit supposé du martyr de Jude. Le Monastère Saint-Barthélemy d'Aghbak (dans le sud-est de la Turquie) est construit à l'endroit supposé du martyr de Barthélemy.

La tradition catholique[modifier | modifier le code]

Dans la tradition catholique, les « frères » de Jésus ne sont pas de réels frères, mais des cousins germains de Jésus[29]. Ils ne sont ni des fils de Joseph ni des fils de Marie, mais les fils qu'une demi-sœur de Marie, Marie Jacobé, auraient eu avec un frère — ou un demi frère — de Joseph appelé Clopas[29]. Jude est donc le frère de l'apôtre Simon le Zélote et celui de « Jacques le frère du Seigneur », mais ce dernier est identifié à Jacques le Mineur qui est effectivement un fils de Clopas et de Marie Jacobé[29]. Par ailleurs, le fait que Jude soit l'apôtre Jude cité dans les listes de douze apôtres sous le nom de Judas de Jacques ou de Thaddée est contesté.

Pour une partie des exégètes catholiques, Judas de Jacques mentionné dans les évangiles synoptiques ne devrait pas être lu comme Judas [frère] de Jacques, en référence à l'épître de Jude où celui-ci se désigne comme frère de Jacques, mais devrait se lire comme Judas [fils] de Jacques[30]. Pour eux, il n'est pas non plus Thaddée/Addai que Thomas envoie à Édesse, ce Judas Thaddée là serait un membre du groupe des septante disciples et pas l'un des douze apôtres et donc pas l'apôtre Judas Thaddée et pas non plus le « frère » de Jésus. Une autre partie de la tradition catholique considère que le « frère » de Jésus appelé Jude est bien l'apôtre Judas Thaddée, en référence notamment à la tradition telle qu'elle est relatée dans la Légende dorée. Il n'est toutefois jamais appelé Addaï.

Les sources[modifier | modifier le code]

Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Comme cela a déjà été dit, Jude est mentionné dans les Évangiles et les Actes des Apôtres. Le fait de savoir si l'apôtre appelé Judas de Jacques ou Thaddée (qui est aussi Lebbaeus) dans les listes de douze apôtres des évangiles est le « frère » de Jésus appelé Jude, fait débat parmi les historiens et diverge selon les traditions des églises latines d'Occident et celles des Églises d'Orient. S'il s'agit bien d'un des « frères » de Jésus, les épîtres de Paul de Tarse témoignent que ceux-ci étaient « des personnages influents exerçant une activité missionnaire majeure[31] » et qu'ils disposaient d'un statut élevé dans le mouvement, puisque comme l'apôtre Pierre, ils avaient le droit d'emmener leur femme avec eux[32] (I Corinthiens 9,7).

Les Apocalypses de Jacques[modifier | modifier le code]

Les deux Apocalypses de Jacques du codex V retrouvé à Nag Hammadi établissent un rapport entre un « Theuda » et Jacques le frère de Jésus[3]. Dans la deuxième Apocalypse de Jacques, Theuda est appelé « du Juste et un de ses parents », c'est-à-dire un des parent de Jacques le Juste[3]. Un des trois personnages principaux de ces Apocalypses de Jacques est appelé Theuda dans la deuxième Apocalypse et Addai dans la première[12]. Il s'agit donc probablement du Thaddée-Addai « que les sources tardives d'Édesse et d'Arbèles disent avoir été envoyé par Thomas pour convertir les Syriens[13]. » Puisque Addaï, dans la période ancienne, est un protagoniste de peu d'importance pour l'Église grecque et pour l'Occident, on peut donc supposer une connexion entre cette apocalypse et la Syrie[13] et notamment Édesse et l'Osrhoène[12]. La Première Apocalypse de Jacques est un texte antérieur à la rédaction du premier livre Contre les hérésies d'Irénée de Lyon (fin du IIe siècle), puisque celui-ci en cite de très larges extraits[13], sans toutefois mentionner ni le nom de Jacques, ni celui d'Addai. L,Apocalypse de Jacques est aussi contenu dans le codex Tchacos, son texte est partiellement parallèle au codex V de Nag Hammadi[33]. Dans celle-ci, comme dans l'Évangile selon Thomas et Évangile selon les Hébreux, Jacques est désigné comme son successeur par Jésus lui-même[34],[12]. C'est aussi Jacques qui est impliqué dans l'enseignement d'Addai/Thaddée, alors que les sources plus tardives mentionnent que c'est Thomas qui l'a envoyé à Édesse[12].

Les Constitutions apostoliques[modifier | modifier le code]

Dans les Constitutions apostoliques, quand il s'agit de discuter de Lebbaeus surnommé Thaddaeus — la même formulation que dans l'évangile attribué à Matthieu, l'ordre des deux noms étant seulement inversé — deux manuscrits notent qu'il était aussi « appelé Judas le Zélote »[2]. Celui-ci, « va prêcher la Vérité aux Édesséniens et au peule de Mésopotamie » lorsque Agbarus (Abgar) régnait à Édesse[35]. »

Les Constitutions apostoliques nous sont parvenues en syriaque[2]. Leur datation est discutée, certains chercheurs estiment qu'il s'agit d'un document du IIe siècle tandis que d'autres estiment qu'il est plus tardif[2]. Comme les textes pseudo-clémentins, eux aussi attestés en syriaque, les Constitutions apostoliques se réfèrent à Jacques « frère de Jésus selon la chair »[2]. De plus, comme dans les Reconnaissances, il est précisé que Jacques a été nommé « évêque[N 2] » par le Seigneur lui-même[2].

Les fragments de liste des « douze » et « septante disciples », attribués à Hippolyte de Rome, connaissaient déjà les traditions reliant « Judas appelé Lebbaeus surnommé Thaddaeus » avec l'évangélisation « des Édesseniens et de toute la Mésopotamie » et apportant une lettre à « Augarus » (Abgar)[4]. Eusèbe de Césarée expose cette tradition, qu'il déclare avoir trouvé dans les Archives royales d'Édesse[36]. Chez Hippolyte, ce Thaddaeus est clairement le même Judas Thaddaeus (ou Lebbaeus) qui est aussi surnommé le Zélote[36].

Les Pères de l'Église[modifier | modifier le code]

Pour Papias d'Hiérapolis, il est l'un des quatre frères de Jésus[37]. Jérôme de Stridon écrit dans son Commentaire de l’Épître aux Galates que « l’apôtre Judas, qui n’est pas le traître[10] » a pris le nom de Zélote « en vertu de son zèle insigne[10]. » Dans son texte contre Helvidius, il affirme à nouveau : « Jude Zélote qui est dit Thaddée dans un autre évangile[38]. ». Le Decretum Gelasianum au VIe siècle déclare canonique une épître Iudæ Zelotis apostoli, « de l’apôtre Jude Zelotes ». Pour Jérôme de Stridon, Thaddée envoyé au roi Abgar est l'apôtre Thaddée cité dans les listes des douze dans les évangiles[39]. Au VIe siècle, Bède le Vénérable le conteste en s'appuyant sur Eusèbe de Césarée qui l'appelle « l'apôtre Thaddée », mais qui mentionne aussi son appartenance au « groupe des soixante dix »[N 3]. Il en conclut que Thaddée-Addaïe n'est pas l'apôtre Thaddée mentionné dans les évangiles[39]. Indépendamment de cette contestation par Bède le Vénérable, l’évangélisation de l'Arménie par l'apôtre Jude-Thaddée est encore reconnu au Moyen Âge par les Églises byzantine et romaine, comme en témoigne par exemple Photios de Constantinople[40]. Encore au XIIIe siècle, la La Légende dorée de Jacques de Voragine fait de même pour ce qui concerne Édesse et la Mésopotamie[41].

Les sources en syriaque[modifier | modifier le code]

Une chronique appelée la Caverne au Trésor qui date probablement de la fin IIe début du IIIe siècle[14] associe Mar Mari à Addai pour l'évangélisation de l'Adiabène et de Garamée (Beth Garmai) comme on le trouve dans d'autres textes[15].

L'histoire d'Abgar de Léroubna d'Édesse, la Doctrine d'Addaï ou la Chronique d'Arbèles racontent l'envoi par Thomas de Thaddée/Addai au roi Abgar V et l'évangélisation d'Édesse par cet apôtre.

Les sources en arménien[modifier | modifier le code]

En dehors du texte de Labubna d'Édesse, il existe aussi en arménien des Actes de Thaddée[42], dans lesquels ce dernier est appelé Addaï[17]. Pour Christelle Jullien, Thaddée est « une transformation évidente de l'Addaï de la tradition syriaque[19] ».

Il existe en arménien un corpus de témoignages antiques et notamment une traduction arménienne de la Doctrine d'Addaï[43]. Ce texte de tradition arménienne a été rédigé en syriaque et date probablement du IVe ou du début du Ve siècle. Il a été composé vraisemblablement dans l'entourage de l'évêque Rabboula d'Édesse, mais un noyau ancien remonte probablement au IIIe siècle[44]. Le texte fourmille d'anachronismes et les données historiques sont brouillées[45]. Dans cette version, le récit se poursuit après que Thaddée ait évangélisé Édesse dirigée par le roi Abgar[43]. L'apôtre aurait continué jusqu'en Arménie. Thaddée aurait été exécuté dans la ville de Maku vers 45[26], par Sanatruck, neveu du roi Abgar. D'autres textes font également arriver l'apôtre Barthélemy en Arménie à l'époque de l'exécution de Thaddée, où il connut également le martyre dans les années 60[46]. Bien que l'authenticité de ces versions soient contestée, la tradition est toutefois solidement établie et soutenue par un ensemble de textes comme « Le martyr de Thaddée », « l'histoire de Thaddée et Sanduxt », le « Martyr de Sanduxt », la « Découverte des reliques de Thaddée »[43]. Les chroniqueurs comme Faustus de Byzance ou Moïse de Khorène dans son Histoire d'Arménie relatent les mêmes faits[47].

Les Actes de Mari reprennent le cycle d'Abgar[48]. Il est probable que ce passage ait été ajouté en préliminaire au récit concernant Mari[48].

Circonstances de sa mort[modifier | modifier le code]

La tradition chrétienne a retenu que Jude a été achevé avec une massue. Il est d'ailleurs souvent représenté avec cet accessoire. Deux variantes de manuscrits des Constitutions apostoliques indiquent que « Thaddaeus, aussi appelé Lebbaeus et surnommé Judas le Zélote, prêcha la Vérité aux Édesséniens et au peule de Mésopotamie lorsque Agbarus (Abgar) régnait à Édesse » et fut enterré à Beyrouth en Phénicie[9]. « Deux sources syriaques médiévales confirment la présence d'une tombe de saint Jude à Beyrouth après son martyre: le patriarche syrien-jacobite Michel le Syrien (1166 - 1199) qui dans sa Chronique mentionne « Jude appelé Thaddée, qui est aussi Labbaï, de la tribu de Judas [...] il fut enseveli à Beyrouth » et Bar-Hebraeus (m. en 1283) qui dans sa Chronique ecclésiastique reprend à peu près la même information[49] » Le corps du Thaddée enterré à Beyrouth aurait été transféré à Rome et placé dans une crypte de la basilique Saint-Pierre. Aujourd'hui ses restes sont dans le transept gauche de la basilique Saint-Pierre, sous l'autel principal de Saint-Joseph dans un tombeau avec les restes de l'apôtre Simon le Zélote.

La tradition des Église arméniennes affirment que Thaddée, après avoir créé une église en Arménie aurait été martyrisé par Sanatrouk, le neveu du roi Abgar V d'Édesse, ainsi que la fille du roi nommée Sandoukht. L'apôtre aurait été exécuté dans la ville de Maku vers 45[26]. Le Monastère Saint-Thaddée (dans le nord de l'Iran) est construit à l'endroit supposé du martyr de Jude.

Il existe donc, deux lieux de sépulture, de même que tant les traditions occidentales que les traditions orientales font état de deux saint Thaddaeus — même si parfois elles ne s'accordent pas sur l'identité de celui qui était appelé Addai — Cela rend encore plus complexe l'identification précise du personnage.

Identification[modifier | modifier le code]

Cet apôtre est bien entendu distinct de Judas l’Iscariote[50]. Dans l'évangile attribué à Jean on lit d'ailleurs la formule « Judas, non pas l’Iscariote » (Ἰούδας οὐχ ὁ Ἰσκαριώτης, Jean 14:22[N 4])[51], qui désigne probablement Thaddée[1]. De même, il est différent de l'apôtre Thomas, lui aussi appelé Judas[1].

Malgré cette clarification, le problème d'identification reste entier, à tel point que certains critiques, qui concentrent leur analyse sur les évangiles, estiment qu'il n'est pas prouvé que le Judas de Jacques de l'évangile attribué à Luc soit le même que le Thaddaeus/Lebbaeus des évangiles attribués à Marc et à Matthieu[N 5],[N 6].

Judas de Jacques[modifier | modifier le code]

Certains critiques estiment que Judas de Jacques (Ἰούδας Ἰάκωβος) que l'on trouve dans l'évangile attribué à Luc doit se lire Judas [fils] de Jacques[30]. D'autres estiment que Judas de Jacques veut ici dire Judas [frère] de Jacques, comme se nomme lui même l'auteur de l'épître de Jude, traditionnellement attribuée au « frère » de Jésus appelé Jude[2]. Un fils de Jacques le Juste nommé Judas apparaît bien dans la liste des « évêques[N 2] » de Jérusalem des Constitutions apostoliques (VII, 46, 1)[52], mais celui-ci succède à Siméon de Clopas mort au plus tôt en 107/108[53], alors que l'apôtre Jude subit son martyre plusieurs décennies auparavant.

Deux Thaddaeus[modifier | modifier le code]

Enfin, la question se complique encore, par le fait que tant les traditions orientales qu'occidentales indiquent qu'il existait deux saints Thaddaeus. L'un était l'apôtre Jude surnommé Thaddaeus et l'autre n'aurait été que membre du groupe des septante disciples de Jésus, dont on ne connaît pas de listes fiables. L'Église ortodoxe fête les deux personnages séparément[20]. Le fait qu'il existe deux sépultures réputées avoir été celle de l'apôtre Judas Thaddée, l'une à Beyrouth, l'autre dans ce qui était à l'époque le sud du royaume d'Arménie tend à renforcer cette hypothèse, sans toutefois résoudre la question.

« Frère » de Jésus[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Frères de Jésus.

Les critiques qui voient en Jude le frère de Jacques le Juste et de Simon le Zélote comme l'indiquent de nombreuses sources appartenant aussi bien aux traditions des Églises orientales qu'occidentales, se divisent sur la question de savoir si ces « frères » de Jésus étaient d'authentiques frères de Jésus ou ses cousins germains. Chez les historiens, il y a toutefois peu de doute sur le fait que ces « frères » de Jésus étaient de réels frères, fils de Joseph avec Marie[54].

La confusion semble provenir de l'identification du frère de Jésus, Jacques le Juste avec Jacques le Mineur effectuée par Jérôme de Stridon (saint Jérôme), qui a fait que les « frères » de Jésus sont devenus des cousins de ce dernier et précisément des fils de Marie Jacobé avec Clopas[55]. L'identification proposée par Jérôme a par la suite été acceptée par l'Église catholique romaine[55]. De plus à partir du Ve siècle, l'idée que Joseph et Marie aient eu d'autres enfants est devenue hérétique, et « n'a plus guère était soutenue, jusqu'à l'apparition, il y a deux siècles, des études critiques du Nouveau testament[56] » Il est donc logique que des critiques aient considéré que tous ceux qui étaient appelés frère de Jésus étaient des fils de Clopas, bien que Jérôme n'ait alors parlé que des deux fils de Clopas mentionnés dans les évangiles: Jacques le Mineur et José. Cette identification n'a toutefois jamais été acceptée par les Églises orientales qui distinguent Jacques le Mineur et Jacques frère du Seigneur et les fêtent séparément[55] et pour qui l'apôtre Jude est bien celui qui est appelé « frère » de Jésus dans les évangiles synoptiques et dans d'autres textes chrétiens.

Judas le Zélote[modifier | modifier le code]

Son surnom, « le Zélote » comme celui de l'apôtre Simon, associé au discours de Jésus tel que transcrit par les évangiles, conduit certains historiens à penser que Simon[57] et Jude étaient membres du groupe zélote[58], ou des anciens membres qu'ils auraient quitté pour rallier le mouvement de Jésus[59]. Ces deux apôtres semblent avoir agi en commun pour l'évangélisation de territoires situées à l'Est de l'Euphrate et sont considérés comme étant deux frères. Toutefois, la question de savoir s'ils appartenaient au mouvement zélote est débattue chez les historiens. Pour Gérard Nahon, l'apôtre Simon était un Zélote et Jésus, crucifié entre deux « brigands[60] », a peut-être été « considéré comme zélote par Pilate, qui venait de faire exécuter des Galiléens (évangile selon Luc, XIII, 1)[57]. » André Paul estime que « comme d'autres apôtres du Christ, Simon devait être un ancien zélote[59]. » Robert Eisenman estime que Simon et Jude étaient des Zélotes[58]. Toutefois pour Simon Claude Mimouni, l'appellation « Simon le Zélote » ne renvoie pas au groupe des Zélotes, mais signifie simplement « Simon le Zélé »[61]. Pour lui, ce groupe n'existe pas à l'époque de Jésus, mais son mouvement a toutefois pu relever « d'un de ces mouvements d'opposition de la société installés tant en Galilée qu'à Jérusalem[61]. » « C'est en tout cas ainsi qu'il a été compris par certains de ses disciples, et notamment par ses frères dont le premier d'entre eux est Jacques le Juste. Autrement dit Jésus a très bien pu être l'un de ces révoltés qui ont été si nombreux à son époque[61]. »

Des personnages encombrants[modifier | modifier le code]

Pour certains historiens, ce sont les trois « frères » de Jésus appelé Jacques, Jude et Simon qui étaient membres du groupe des douze apôtres et sont mentionnés souvent dans cet ordre[N 7] dans les listes d'apôtres à partir de la neuvième place[58]. La perte d'identité dont ont été victimes les frères de Jésus pourrait être lié au fait que — tout au moins pour les églises sous dépendance de l'Empire romain — ces personnages pourraient avoir été embarrassants. Pour Robert Eisenman, c'est en raison du caractère encombrant de ces personnages que leur appartenance au groupe des douze apôtres a été peu à peu oublié[58]. Aux raisons classiquement invoqués, il en ajoute une : ils étaient des Zélotes[58]. En tout cas, ce surnom a probablement provoqué plus que des interrogations de la part des adversaires polythéistes des chrétiens, du fait même de la très mauvaise réputation des Zélotes dans l'Empire romain.

De plus, Jacques le Juste « devint une source d'embarras, une sorte d'anomalie dans l'histoire de l'Église » telle que ses « maîtres à penser » souhaitaient la reconstituer[62]. D'abord, Jacques était appelé partout le frère du Seigneur alors que Jésus n'était plus supposé avoir eu des frères[63].

Ensuite, Jacques et ses frères partisans du maintien de l'observance des règles de la Loi (la Torah) et de la séparation entre chrétiens d'origine juive et pagano-chrétiens, ne pouvaient « guère plaire à une Église d'origine surtout païenne et détachée de la Loi[64]. » L'image et le prestige de Jacques le Juste et des autres frères de Jésus ont donc, « dans une large mesure, suivi les vicissitudes du judéo-christianisme[62]. »

Enfin, le rôle de Jacques dans l'Église primitive remettait en cause le schéma selon lequel c'est à Pierre que Jésus a transmis la responsabilité de l'Église et contredit aussi la primauté que la Grande église lui accorde[63]. Défendre la primauté de Jacques « ne pouvait que déplaire à l'Église de Rome[63] » qui justifiait sa prééminence sur les autres églises « par celle de Pierre, son fondateur présumé[63]. » L'insistance — dont témoigne dès le VIe siècle Bède le Vénérable — pour affirmer que le Judas Thaddée qui a évangélisé Édesse et le sud de l'Arménie n'est pas l'apôtre de même nom, contre l'avis de saint Jérôme, était peut-être inspiré par la même préoccupation, mais en direction des Églises de ces régions.

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Dans la Légende dorée[modifier | modifier le code]

La Légende dorée de Jacques de Voragine donne un état des traditions dans les Églises occidentales au XIIIe siècle. Jude et Simon le Cananéen (Simon le Zélote[59]) sont traités dans la même notice. Ils sont tous deux frères de Jacques le Mineur, fils de Marie Cléophé (Marie fille de Cléophas) et épouse d'Alphée. Jacques de Voragine reprend donc ici le schéma qui découle de la proposition de Jérôme de Stridon, qui a fait des « frères » de Jésus des cousins germains de ce dernier[65]. Ce schéma a été hégémonique dans l'Église latine d'Occident à partir du Ve siècle et n'a commencé à être remis en cause qu'il y a deux siècles, lorsque l'étude critique du Nouveau testament a débuté[56]. Depuis plusieurs décennies, cette étude se nourrit des éléments apportés par les textes déclarés apocryphes.

L'apôtre Thomas envoie « l'apôtre Thaddée qui est aussi appelé Jude » à Abagar (Abgar V), roi d'Édesse, après la crucifixion de Jésus et son ascension[66]. Après qu'Abgar ait reçu le portrait de Jésus, Jude est arrivé à Édesse et « Abagar vit sur son visage un éclat d'une splendeur divine. Il fut tout étonné et effrayé et il adora le Seigneur[67] ». Jude lui répondit « Si tu crois au Fils de Dieu, tu auras tout ce que ton cœur désire. » Ce à quoi Abagar répond: « Je crois vraiment et je tuerais volontiers les juifs, qui ont tués Jésus-Christ, si j'en avais la possibilité et si l'autorité des Romains ne m'en empêchait pas. » Jude guérit alors le roi de sa « lèpre » en lui frottant le visage avec la lettre écrite par Jésus[67].

Jude a prêché en Mésopotamie et dans le royaume du Pont. Simon a d'abord prêché en Égypte. Ensuite, ils vinrent ensemble en « Perse ». Ils prédisent à Baradach, roi de Mésopotamie, qui était en route avec son armée contre « les Indiens », que dès le lendemain les émissaires des « Indiens » arriveront pour faire la paix, alors que les devins du roi prédisaient de grandes guerres et beaucoup de dangers qui menacent le peuple[68]. Ils confondent ensuite les magiciens du roi, d'abord en les paralysant, puis après leur avoir rendu leur faculté de mouvement, en les rendant aveugles[69]. Vient alors le tour des orateurs du roi que les deux apôtres vainquent aussi. Ils font encore d'autres miracles et reste un an et trois mois dans ce royaume de « Babylone ». Durant leur séjour, il baptisèrent le roi, les princes et plus de 70 000 personnes sans compter les petits enfants. Les deux apôtres sont ensuite martyrisés dans la ville de Sannir, à l'initiative des magiciens qui continuaient à s'opposer à eux. Le roi fit transporter dans sa ville le corps des deux apôtres et fit construire dans sa ville une église d'une magnificence admirable[70].

Culte[modifier | modifier le code]

Jude est considéré comme l'un des saints les plus couramment invoqués. C'est le saint protecteur des causes difficiles ou désespérées pour les chrétiens, à l'instar de Sainte Rita de Cascia. Il est reconnu comme étant le saint de l'espoir. Il existe de multiples prières demandant l'intercession de Judas Taddée auprès du Christ[71].

L'Église catholique l'honore le 28 octobre[71] avec son frère Simon le Zélote. Les orthodoxes le fête le 19 juin[20].

Il connaît une dévotion particulière dans les pays d'Amérique du Sud, en particulier au Mexique[72], au Guatemala[73] et à Cuba[74].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Jude Thaddée est traditionnellement représenté portant l'image de Jésus à la main ou près de sa poitrine, en référence au portrait de Jésus que le scribe Ananias aurait réalisé et donné au roi Abgar d'Édesse.

Il est souvent représenté aux côtés de Simon avec qui il prêche en Syrie et en Mésopotamie. Il porte la massue avec laquelle il fut achevé lors de son martyre en Perse ou près de Beyrouth, qui devient ainsi son attribut traditionnel.


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le pays compris entre le grand Zab et le petit Zab, région de l'actuel Kirkuk, cf. Paul Bernard, De l'Euphrate à la Chine avec la caravane de Maès Titianos (c. 100 ap. n. è.), Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, volume 149, 2005, p. 944-946.
  2. a et b Il n'y a pas lieu de donner au terme episkopos (surveillant), utilisé dans les listes ecclésiastiques, un sens trop précis pour l'époque considérée. Sa compréhension avec le sens d'évêque est anachronique. Il faut le comprendre avec le sens qu'il a dans certaines lettres de Paul de Tarse (1 Tm 3, 2; Tt 1,7) ; « c'est donc l'intendant d'une communauté agissant seul ou en collège. » La critique estime généralement que la charge d'episkopos dans les communautés chrétiennes a dû correspondre à celle du mebaqer (inspecteur) pour le mouvement du Yahad — souvent identifié aux Esséniens — décrit dans certains Manuscrits de la mer Morte. Celui-ci « veille aussi par des inspections périodiques à la réalisation de l'idéal communautaire. » cf. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 454-455.
  3. « Après l'ascension de Jésus, Judas, qu'on appelle aussi Thomas, envoya à Abgar l'apôtre Thaddée, un des groupe des soixante dix. » Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, livre I, chap. XIII, 11.
  4. Jn 14. 22.
  5. Les deux listes d'apôtres sont traditionnellement harmonisée dans « Jude Thaddée », une dénomination tardive faite de la combinaison des noms qui ne désignent probablement pas la même personne. Il n'est nullement avéré qu'il s'agisse du même personnage. cf. Mark Guscin, The Image of Edessa, Leiden-London, Brill, 2009, p. 168.
  6. Richard Bauckham Jesus and the eyewitnesses: the Gospels as eyewitness testimony, 2006, Wm. B. Eerdmans Publishing, p. 100 : «  in this case the possibility that the same individual bore both names is well supported by what we know of names in Jewish Palestine at this period. The name Thaddaeus (Greek Thaddaios) is an example of a Greek name wich has been fist turned into Semitic shortened version Taddai, and has then been Graecized again as Thaddaios. Besides our Thaddaeus, seven other individuals of this period are known to have borne the name in this Semitic shortened form ».
  7. La liste d'apôtres de l'évangile attribué à Luc intervertit Simon et Jude et écrit donc : « Jacques d'Alphée, Simon appelé le Zélote, Judas de Jacques (Lc 6:15-16) ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h JoAnn Ford Watson, Anchor Bible Dictionary, article Thaddeus (person), p. 8762.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Robert Eisenman, James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, éd. GDP, Nashville, 2012, p. 339.
  3. a, b, c et d Robert Eisenman, James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, éd. GDP, Nashville, 2012, p. 378.
  4. a et b Robert Eisenman, James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, éd. GDP, Nashville, 2012, p. 368-369.
  5. a et b MacArthur, John, Doce Hombres Comunes y Corrientes Editorial Caribe (TN, USA), 2004, p. 191-192, (ISBN 0-88113-777-4).
  6. Cipriani, S. (2000). « Judas Tadeo », in Leonardi, C.; Riccardi, A.; Zarri, G., (es) Diccionario de los Santos, Volumen II. España: San Pablo, p. 1409-1410, (ISBN 84-285-2259-6)
  7. (en) Stephen J. Patterson, « Understanding the Gospel of Thomas Today », dans Stephen J. Patterson, Hans-Gebhard Bethge et James M. Robinson, The Fifth Gospel. The Gospel of Thomas Comes of Age, éd. T&T Clark, 2011, p.31
  8. a et b Escuela Bíblica de Jerusalén, Biblia de Jerusalén, Bilbao : Desclée de Brouwer, éd. 1975, p. 1401, (ISBN 84-330-0022-5).
  9. a et b Robert Eisenman, James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, éd. GDP, Nashville, 2012, p. 376-377.
  10. a, b, c et d Jérôme de Stridon, Epist. ad. Gal. 2, 4.
  11. Jérôme de Stridon, Adv. Helvidium 13.
  12. a, b, c, d et e Robert Eisenman, James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, éd. GDP, Nashville, 2012, p. 385.
  13. a, b, c et d Armand Veilleux, La première apocalypse de Jacques (NH V,3), la seconde apocalypse de Jacques (NH V,4), p. 93
  14. a et b Andreas Su-Min Ri, Commentaire de la Caverne des Trésors: Étude sur l'Histoire du Texte et des sources, Éd. Peeters, 2000, Louvain (Belgique), p. 547.
  15. a et b Andreas Su-Min Ri, Commentaire de la Caverne des Trésors: Étude sur l'Histoire du Texte et des sources, Éd. Peeters, 2000, Louvain (Belgique), p. 578.
  16. a et b Ilaria Ramelli, L'arrivée de l'Évangile en Inde et la tradition sur saint Thomas, in Ilaria Ramelli, Pierre Perrier, Jean Charbonnier, L'apôtre Thomas et le christianisme en Asie, Paris, 2013, éd. AED, p. 69.
  17. a, b et c Christelle Jullien, Apôtres des confins: processus missionnaires chrétiens dans l'Empire Iranien, Groupe pour l'Étude de la Civilisation du Moyen-Orient, 2002, p. 61-68.
  18. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, Cerf, 2001, p. 227., ISBN 978-2-204-06215-2.
  19. a et b Christelle Jullien, Apôtres des confins: processus missionnaires chrétiens dans l'Empire Iranien, Groupe pour l'Étude de la Civilisation du Moyen-Orient, 2002, p. 67.
  20. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Apostle Jude the Brother of the Lord, (Église orthodoxe aux USA).
  21. Voir à ce sujet Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 28 et 33-34.
  22. a, b et c Apôtre Jude, Orthodoxwiki.
  23. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, éd. du Cerf, 2001, Paris, p. 195-196.
  24. a et b History of the Nestorian Church, sur http://www.nestorian.org.
  25. Nestorian Patriarchs, sur http://www.nestorian.org.
  26. a, b et c Albert Khazinedjian, 40 ans au service de l'Eglise arménienne apostolique: Compendium, éd. L'Harmattan, Paris, 2009, p. 139.
  27. Voir entre autres (en) Yowhannes Drasxanakertci, History of Armenia, trad. Krikor H. Maksoudian, Scholars Press, Atlanta, 1987, p. 78 ; (en) Aziz S. Atiya, History of Eastern Christianity, University of Notre Dame Press, 1967, p. 315 ; (en) Khoren Narbey, A Catechism of Christian Instruction According to the Doctrine of the Armenian Church, trad. Ter Psack Hyrapiet Jacob, Diocese of the Armenian Church of North America, 1892, p. 86–87.
  28. (en) Aziz S. Atiya, op. cit. 316.
  29. a, b et c cf. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 31-44.
  30. a et b Eric Fuchs et Pierre Reymond, La deuxième épître de saint Pierre : L'épître de saint Jude, éd. Labor et Fides, 1988, p. 145.
  31. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 284.
  32. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 24.
  33. Jean-Pierre Mahé, Livret-annuaire de l'Ecole pratique des hautes études (France). Section des sciences historiques et philologiques, Philologie et historiographie du Caucase chrétien, p. 33.
  34. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 286.
  35. Robert Eisenman, James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, éd. GDP, Nashville, 2012, p. 369.
  36. a et b Robert Eisenman, James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, éd. GDP, Nashville, 2012, p. 376.
  37. Robert Eisenman, James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, éd. GDP, Nashville, 2012, p. 377.
  38. Jérôme de Stridon, Adv. Helvidium 13.
  39. a et b Calvin B. Kendall, Faith Wallis, in Bède_le_Vénérable, Bede: On the Nature of Things and on Times, 2010, Liverpool University Press, Liverpool, p. 14.
  40. Albert Khazinedjian, 40 ans au service de l'Eglise arménienne apostolique: Compendium, éd. L'Harmattan, Paris, 2009, p. 17.
  41. Jacques de Voragine, La Légende dorée, Notice sur Jude et Simon, Volume 1, p. 328s.
  42. Gerald M. Browne, Les Sciences du langage en France au XXe siècle, éd. Peeters, Louvain, 1998, p. 558.
  43. a, b et c Valentina Calzolari, École Pratique des Hautes Études Sciences Historiques et Philologiques : Livret 10, Apocryphes arméniens du Nouveau Testament (saint Thaddée, saint Barthélemy, sainte Thècle), éd. Champions, Paris, 1996, p. 38.
  44. Muriel Debié, « L'Empire perse et ses marges », dans Jean-Robert Armogathe (dir.), Histoire générale du christianisme, éd. P.u.F./Quadrige, 2010, p. 615.
  45. cf. Alain Desreumaux (trad.), Histoire du roi Abgar et de Jésus. Présentation et traduction du texte syriaque intégral de « La Doctrine d'Addaï », éd. Brepols, 1993 ; cité par Paul Géhin dans Revue des études byzantines, 1995, vol. 53, no 1, p. 352-353.
  46. Voir entre autres (en) Yowhannes Drasxanakertci, History of Armenia, trad. Krikor H. Maksoudian, Scholars Press, Atlanta, 1987, p. 78 ; (en) Aziz S. Atiya, History of Eastern Christianity, University of Notre Dame Press, 1967, p. 315 ; (en) Khoren Narbey, A Catechism of Christian Instruction According to the Doctrine of the Armenian Church, trad. Ter Psack Hyrapiet Jacob, Diocese of the Armenian Church of North America, 1892, p. 86–87.
  47. Albert Khazinedjian, 40 ans au service de l’Église arménienne apostolique: Compendium, éd. L'Harmattan, Paris, 2009, p. 16.
  48. a et b Christelle Jullien, Apôtres des confins: processus missionnaires chrétiens dans l'Empire Iranien, Groupe pour l'Étude de la Civilisation du Moyen-Orient, 2002, p. 68.
  49. Mélanges de l'Université Saint-Joseph, Volume 56, 1999, p. 307.
  50. (en) Stephen J. Patterson, « Understanding the Gospel of Thomas Today », dans Stephen J. Patterson, Hans-Gebhard Bethge et James M. Robinson, The Fifth Gospel. The Gospel of Thomas Comes of Age, éd. T&T Clark, 2011, p.31
  51. (en) Stephen J. Patterson, « Understanding the Gospel of Thomas Today », dans Stephen J. Patterson, Hans-Gebhard Bethge et James M. Robinson, The Fifth Gospel. The Gospel of Thomas Comes of Age, éd. T&T Clark, 2011, p.31
  52. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 455.
  53. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 448.
  54. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 10.
  55. a, b et c Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 17.
  56. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 27.
  57. a et b Gérard Nahon , article Zélotes de l'Encyclopaedia universalis.
  58. a, b, c, d et e Robert Eisenman, James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, éd. GDP, Nashville, 2012, p. 376-388.
  59. a, b et c André Paul, Encyclopædia Universalis, article Simon le Zélote, saint ( Ier s.).
  60. « Bandits » et « brigands » (lestaï en grec) est « le vocabulaire discriminatoire des Romains » pour désigner les Sicaires et les Zélotes. Dans ses livres, Flavius Josèphe s'approprie ce vocabulaire « semblant vouloir ignorer les motivations sociales et politiques qui ont pu animer certains membres des groupes qu'il décrit ». Dans la littérature talmudique, au mot grec lestaï correspond le mot birioné ou bariona. cf. Simon Claude Mimouni, op. cit., p. 434 et 438
  61. a, b et c Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 444.
  62. a et b Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 353.
  63. a, b, c et d Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 354.
  64. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 355.
  65. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 34.
  66. Résumé de la notice sur Jude et Simon de Jacques de Voragine, La Légende dorée, Notice sur Jude et Simon, Volume 1, p. 328.
  67. a et b Jacques de Voragine, La Légende dorée, Notice sur Jude et Simon, Volume 1, p. 329.
  68. Jacques de Voragine, La Légende dorée, Notice sur Jude et Simon, Volume 1, p. 330.
  69. Jacques de Voragine, La Légende dorée, Notice sur Jude et Simon, Volume 1, p. 331.
  70. Jacques de Voragine, La Légende dorée, Notice sur Jude et Simon, Volume 1, p. 333.
  71. a et b (es) «San Judas Tadeo - Siglo I», Dévotion catholique, consulté le 20 avril 2014.
  72. Monterrosa Prado, Talavera Solórzano, Leticia, (es) Las devociones cristianas en México en el cambio de milenio, 2002, México, Instituto Nacional de Antropología e Historia, p. 14, (ISBN 970-18-8311-X).
  73. (es) « San Judas Tadeo de la Iglesia La Merced », (28 octobre 2009), consulté le 20 avril 2014.
  74. Cabrera, Aimee (10 novembre 2011). (es) « Fieles abarrotan iglesia habanera », Primavera Digital, Consulté le 20 avril 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]