Paul IV

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Paul IV
Image illustrative de l'article Paul IV
Biographie
Nom de naissance Pietro Carafa
Naissance
Capriglia Irpina (Campanie)
Ordre religieux Ordre des Théatins
Décès
Rome
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat
Intronisation
Fin du pontificat

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Gian Pietro Carafa (, Capriglia Irpina, en Campanie, Rome) est un religieux italien du XVIe siècle, qui devint le 223e pape de l'Église catholique. Il fut d'abord l'un des fondateurs et des membres de l'ordre des Théatins. Évêque de Chieti (1504), archevêque de Brindisi (1518) puis archevêque de Naples et cardinal (1536). En 1542, lors de la création pontificale de la Sacrée Congrégation de l'inquisition romaine et universelle, il fut nommé contrôleur général de l'Inquisition. Il fut élu pape à un âge avancé le et prit le nom de Paul IV (en latin Paulus IV, en italien Paolo IV). Pendant son pontificat, il pratiqua un népotisme jugé outrancier, même pour l'époque.

Carrière ecclésiastique[modifier | modifier le code]

Gian Pietro Carafa appartenait à une famille de la noblesse napolitaine, les Carafa della Stadera, qui avait déjà donné plusieurs cardinaux à l'Église[1]. En 1505, son oncle et mentor, le cardinal Oliviero Carafa, doyen du Sacré collège, renonça en sa faveur à l'évêché de Chieti. En 1518, Gian Pietro Carafa devint archevêque de Brindisi. A partir de 1520, il résida à Rome, d'où il dut s'enfuir à Venise en 1527 lors du Sac de Rome par les mercenaires protestants de Charles Quint. En 1524, il fonda avec saint Gaétan de Thiene l'ordre des Théatins. Le pape Paul III le nomma en 1536, cardinal et membre de la commission nouvellement fondée pour une réforme générale de l'Église. À partir de 1542, il fut à la tête de l'Inquisition romaine qui venait d'être organisée. En 1549, il fut nommé archevêque de Naples et en 1553, doyen du Sacré-Collège.

Pontificat[modifier | modifier le code]

En 1555, il fut élu pape à l'âge de 79 ans. Jusque-là, il n'avait cessé de parler de réformes, mais une fois élu il pratiqua le népotisme, faisant cardinal secrétaire d'État l'un de ses neveux, Carlo Carafa, un condottiere, tandis que l'autre neveu, Giovanni Carafa, un aventurier brutal, devenait d'abord capitaine général de l'Église puis duc de Paliano.

Politique temporelle[modifier | modifier le code]

Comme chef de l'Inquisition, Carafa avait déjà montré une dureté inflexible contre les protestants italiens, comme pape, il s'opposa à la paix religieuse d'Augsbourg du . Celle-ci permettait à chacun des souverains, membres du Saint-Empire romain germanique, de choisir sa confession et d'en faire une religion d'état (Cujus regio, ejus religio). Après qu'en 1556, Charles Quint eut abdiqué et que son frère Ferdinand Ier eut pris le titre d'empereur élu du Saint-Empire sans se faire couronner par le souverain pontife, Paul IV déclara ce titre invalide.

Allié de la France contre la toute puissante Maison de Habsbourg, Paul IV perdit la guerre contre l'Espagne et dut accepter le les conditions de la paix de Cave-Palestrina après que le duc d'Albe eut occupé les États de l'Église. Dans la question de la succession au trône d'Angleterre, il essaya d'utiliser son influence contre Élisabeth Ire, qui était protestante.

Politique spirituelle[modifier | modifier le code]

Pour renforcer l'Église catholique, Paul élargit les pouvoirs de la Sainte Inquisition. On lui attribue cette phrase : « Même si c'était mon propre père qui était hérétique, je ramasserais du bois pour le faire brûler. »

Dans sa bulle Cum nimis absurdum du 12 juillet 1555, il institua pour les Juifs l'obligation de vivre dans des ghettos. Entre avril et juin 1556, à Ancône, cinquante-et-un Juifs marranes qui s'étaient enfuis du Portugal furent arrêtés et traduits devant l'Inquisition, et vingt-quatre furent brûlés vifs au mois de juin. Ce fut la seule fois dans l'histoire italienne que cela se produisit. Il imposa aux synagogues le paiement d'une taxe de dix ducats annuellement pour l'instruction des juifs qui voudraient se convertir au catholicisme et créa des maisons hospitalières où l'on logeait et nourrissait les nouveaux convertis[2].

Il ne continua pas le Concile de Trente, qui avait été suspendu, puisqu'il regardait la rénovation de l'Église comme une tâche essentielle de la Curie pontificale et du Sacré-Collège.

En 1559, il publia la bulle Super Universas, créant une réforme profonde des diocèses aux Pays-Bas. Le théologien Sonnius était à la base de cette réforme intellectuelle et territoriale.

Un de ses derniers actes fut de mettre en vigueur en 1559, une censure des livres par l'interdiction des écritures suspectes d'hérésie et/ou de subvsersion morale par le moyen de l'Index librorum prohibitorum, institution qui demeura en vigueur jusqu'en 1966, sous Paul VI, et il publia la bulle Cum ex apostolatus officio.

Après sa mort[modifier | modifier le code]

Après sa mort, les citoyens de Rome manifestèrent leur joie par des fêtes, ils libérèrent les prisonniers de l'Inquisition romaine et mirent le feu au palais de l'Inquisition. Des membres de l'administration communale de Rome, que l'autorité de Paul IV avait tenus en bride, encourageaient le peuple et se servaient de sa colère pour leurs desseins personnels.

Dix jours après sa mort, Giovanni Carafa, duc de Paliano, fit assassiner son épouse enceinte avec l'approbation de son frère, le cardinal Carlo Carafa, secrétaire d'État. Sous le nouveau pape Pie IV, ils passèrent en jugement. Le cardinal secrétaire d'État fut étranglé au château Saint-Ange et le duc fut décapité. Leurs complices périrent avec eux. La sentence fut cassée par le pape successeur, saint Pie V, en 1567, comme injuste, et le principal accusateur fut exécuté pour avoir trompé Pie IV. Depuis, leur mémoire a été entièrement réhabilitée.

La « légende noire » des neveux Carafa a été délibérément noircie par Stendhal dans une fiction romanesque, la nouvelle La Duchesse de Paliano.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gian Pietro Carafa était le grand-oncle de Galeazzo Caracciolo, qui, de surcroît, épousa une Carafa.
  2. Bernard Lazare, L'antisémitisme, son histoire et ses causes, Documents et témoignages, 1969, p. 80.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie récente[modifier | modifier le code]

  • (it) Massimo Firpo, Inquisizione romana e Controriforma. Studi sul cardinal Giovanni Morone (1509-1580) e il suo processo d'eresia, Brescia, Morcelliana, 2005
  • (it) Alberto Aubert, Paolo IV. Politica, Inquisizione e storiografia, Florence, Le Lettere, 1999

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