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Corneille (centurion)

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Corneille
Pierre baptisant le centurion Corneille, par Francesco Trevisani (1709).
Présentation
Type
Personnage humain de la Bible (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Période
Religion

Le centurion Corneille (en grec ancien : Κορνήλιος, en latin : Cornelius) est, dans la tradition chrétienne fondée sur les Actes des Apôtres, le premier « gentil » à devenir disciple de Jésus-Christ après la mort et la résurrection de celui-ci et à recevoir le baptême, au Ier siècle de notre ère.

Un non-Juif, Romain « craignant Dieu »

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D'après les Actes des Apôtres, Corneille est un centurion de l'armée romaine en Palestine, faisant partie d'une cohorte italique[1] et résidant à Césarée. Typé comme un Romain, soldat de l'Empire et habitant de la ville de César[2], Corneille est également présenté comme le prototype du « juste » issu du courant judaïque des « Craignant-Dieu »[3], assidu à la prière et généreux en aumônes, un marqueur important de la piété juive[2].

Il incarne ainsi une forme de tension[réf. souhaitée] entre l'ordre militaire paganiste romain et un comportement religieux qui, d'un point de vue judaïque, confine à l'excellence[2]. Ces traits de caractères rappellent ceux de l'officier romain anonyme de Capharnaüm, mentionné dans l'Évangile selon Luc[4], pour lequel Jésus guérit un esclave[5].

Le récit de la rencontre de Pierre et de Corneille

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Alors que Corneille est en prière, l'ange du Seigneur lui apparaît en vision, l'informant que le « Seigneur a entendu sa prière ». Il l’invite à faire venir chez lui Simon « que l'on surnomme Pierre », lequel se trouvait alors à Joppé (Ac 11:1-18). Les envoyés de Corneille rencontrent Pierre alors qu’il cherche à comprendre la vision que lui-même a reçue, lui enjoignant de manger de la nourriture que, comme Juif, il considérait comme impure (Ac 10:19-22).

Répondant à l’invitation de Corneille, Pierre arrive le surlendemain à Césarée où il est cordialement reçu par Corneille, par sa famille ainsi que par une grande assistance. Il comprend alors le sens de sa propre vision : il ne doit pas craindre d’avoir des contacts avec des étrangers, des païens (Ac 10:28) : « Aucun homme n’est impur ». Corneille, officier romain, païen, s'agenouille en se prosternant devant Pierre. Ce dernier le relève : « Lève-toi. Je ne suis qu’un homme, moi aussi » (Ac 10:28).

Corneille l’invite : « Nous voici devant toi pour écouter ce que le Seigneur t’a chargé de nous dire » (Ac 10:33). Pierre parle et expose brièvement la vie de Jésus (le kérygme) : de la Galilée à Jérusalem, avec sa crucifixion et sa résurrection. De cela, Pierre rend témoignage aux apôtres et aux premiers disciples (Ac 11:1-18).

La forte nouveauté : Pierre se rend compte que Dieu est impartial ; il apporte également la parole aux non-Juifs, aux « nations » : « En toute nation quiconque le craint et pratique la justice trouve accueil auprès de lui » (Ac 10:34). Pierre n’a pas fini de parler que l’Esprit Saint descend sur ceux qui écoutent sa parole (une autre Pentecôte), à la stupeur des Juifs, circoncis, qui accompagnent Pierre : « Ainsi jusque sur les nations païennes l’Esprit de Dieu s’est répandu ! ». Pierre en tire la conclusion : « Peut-on refuser le baptême à ceux qui ont reçu l’Esprit Saint comme nous ? » (Ac 11:1-18). Ils sont tous baptisés « au nom de Jésus-Christ » (Ac 10 :48).

Les apôtres et les frères « juifs d'origine » calment alors leurs reproches envers Pierre : « Ainsi donc, même aux nations, Dieu a donné la conversion qui fait entrer dans la vie ! » (Ac 11:1-18).

Corneille et les membres de sa famille sont les premiers païens (non-Juifs de naissance, membres des « nations ») à être admis à part entière dans la communauté chrétienne des premiers temps, jusque-là exclusivement juive[6].

L’événement est si important et si révolutionnaire, que le livre des Actes des Apôtres lui consacre deux chapitres entiers (chapitres 10 et 11). Cette évolution est présentée comme une œuvre de l'Esprit envoyée par Jésus de Nazareth pour continuer son œuvre, dans une nouvelle Pentecôte[7], et non comme une initiative personnelle de Pierre. C'est d'ailleurs Dieu qui, au moyen d'un ange[8], incite Corneille à rencontrer Pierre, lequel a reçu la vision lui indiquant qu'aucune créature terrestre n'est impure.

L'accueil des nations par la réception de gentils dans la communauté chrétienne suscite d'âpres débats. Corneille, un Craignant-Dieu n'est pas Juif, « fils de la circoncision ». Les apôtres et les premiers croyants se rangent au récit de Pierre, de sa visite chez Corneille. Ils déclarent : « Ainsi donc, même aux nations, Dieu a donné la conversion qui fait entrer dans la vie ! » (Ac 11:1-18).

La décision de Pierre est finalement[9] avalisée par la réunion de Jérusalem (vers l’an 50), provoquée par les nouveaux chrétiens d’Antioche qui y envoient Paul et Barnabé (Ac 15:1-35). La décision de Pierre d'ouvrir la communauté chrétienne aux païens (Ac 15 :7-11) est confortée par des témoignages donnés par Paul et par Barnabé. Alors Jacques le Juste, chef de la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem se range à leurs avis (Ac 15:13-21). La religion chrétienne est ouverte à tous, quel que soit le culte initial de chacun.

Évêque de Césarée ?

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La tradition fait parfois de Corneille le premier évêque de Césarée, ou encore de Scepsis en Mysie. Liturgiquement il est commémoré comme saint par l'Église catholique le [10] et par l'Église orthodoxe le [11].

Représentation dans les arts

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Notes et références

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  1. Ac 10. 1
  2. 1 2 3 Daniel Marguerat, Les Actes des Apôtres (1-12), Labor et Fides, (ISBN 978-2-8309-1229-6), p. 373
  3. Camille Focant et André Wénin, Analyse narrative et Bible, Peeters Publishers, , p. 294
  4. Lc 7. 2-10
  5. Daniel Marguerat, Les Actes des Apôtres (1-12), Labor et Fides, , p. 374.
  6. Paul-Irénée Fransen, Pierre qui passait partout, in Aux origines du christianisme, éd. Gallimard/Le Monde de la Bible, 2000, p. 252.
  7. François Brossier, Corneille, premier païen converti, in Aux origines du christianisme, éd. Gallimard/Le Monde de la Bible, 2000, p. 266.
  8. Ac 10. 3
  9. Ac 11. 17
  10. « Saint Corneille le Centurion », sur cef.fr (consulté le ).
  11. « Forum - orthodoxe .com », sur forum-orthodoxe.com (consulté le ).

Bibliographie

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  • Pierre Geoltrain (dir.), Aux origines du christianisme, éd. Gallimard/Le Monde de la Bible, 2000