Place Saint-Pierre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Place Saint-Pierre (homonymie).
Place Saint-Pierre
Image illustrative de l'article Place Saint-Pierre
La place Saint-Pierre vue depuis la basilique Saint-Pierre du Vatican
Situation
Coordonnées 41° 54′ 08″ nord, 12° 27′ 23″ est
Pays Drapeau du Vatican Vatican
Ville Le Vatican
Morphologie
Forme Elliptique
Histoire
Monuments Basilique Saint-Pierre
Obélisque du Vatican

Géolocalisation sur la carte : Vatican

(Voir situation sur carte : Vatican)
Place Saint-Pierre

La place Saint-Pierre est une grande esplanade, d'architecture baroque, située devant la basilique Saint-Pierre, au Vatican, dont elle constitue en quelque sorte le parvis, présentant sa façade sur son côté ouest. C'est là que se tient la foule lors des grandes fêtes religieuses célébrées par le pape, comme la bénédiction urbi et orbi.

Historique[modifier | modifier le code]

Fresque (1685-1688) de la Biblioteca apostolica Vaticana représentant l'érection de l'obélisque sur la Place Saint-Pierre.

Avant la construction de l'actuelle basilique, la partie occidentale de la place était occupée par un vaste péristyle qui donnait accès à l'ancien édifice construit par l'empereur Constantin.

La place, de forme elliptique, a des dimensions imposantes : 198 mètres sur son grand axe, orienté nord-sud, et 148 mètres sur son petit axe, orienté est-ouest. Elle est entourée de deux colonnades en demi-cercle qui se continuent par deux bras couverts les reliant à la basilique (au sud le bras de Charlemagne, au nord le bras de Constantin). L'ensemble est couronné de 140 statues[1] conférant à la place une dimension théâtrale qu'accentue encore le plan incliné de forme trapézoïdale qui précède la basilique[2]. L'accès à ce plan est marqué par deux statues commandées par le pape Pie IX en 1836 : en bas, au pied des marches, les deux statues de 5.55 m de haut placées sur un piédestal de 4.9 m sont réalisées entre 1838 et 1840. Au sud, la statue de saint Pierre, œuvre de Giuseppe De Fabris (en), au nord, celle de saint Paul, œuvre de Adamo Tadolini[3].

Elle a été commandée par Alexandre VII au Bernin qui trouva une solution urbanistique et symbolique élégante, exprimant néanmoins une certaine théâtralité, en concevant une colonnade qui s'écarte depuis la basilique comme deux bras qui accueilleraient la foule. Le Bernin réalisa cet ensemble architectural de 1658 à 1667 et aurait souhaité fermer entièrement la place par une troisième aile à l'est de celle-ci afin de ménager l'émerveillement du pèlerin au sortir des petites rues du quartier de Borgo, mais la mort d'Alexandre VII, interrompit définitivement les travaux[4].

La place vers 1600.
Vue de la place Saint-Pierre par Piranese.

En son centre se trouve, l'obélisque du Vatican qui, à l'origine, fut apporté d'Égypte et marquait le centre de la spina, situé au centre du Circus Vaticanus dont le site débordait alors sur la partie sud de la basilique Saint-Pierre. Une tradition rapporte que le crucifiement de l'apôtre Pierre, eut lieu inter duas metas (« entre les deux bornes » – c'est-à-dire au pied même de l'obélisque). En 1586, après la construction de cette nouvelle basilique, celui-ci fut transféré sur son emplacement actuel au centre de la place par l'architecte Domenico Fontana, sur les ordres du pape Sixte Quint qui eut l'ambition de reprendre le travail dont plusieurs papes avaient abandonné précédemment. De l'obélisque porté sur son piédestal par quatre lions de bronze rayonnent des lignes de pierre blanche. Entre cet obélisque et chaque fontaine, le dallage est marqué par un cercle en marbre blanc avec un disque de granite en son centre et une inscription « centro del colonnato » (centre de la colonnade). Les deux foyers de l’ellipse sont marqués par ces disques. De ces deux points, les quatre rangées de colonnes semblent fusionner en une colonnade unique[5].

Les deux colonnades identiques qui l'entourent au nord et au sud, laissent à l'est, une large ouverture sur la place Pie XII (Piazza Pio XII) permettant l'accès vers la ville de Rome, par la Via della Conciliazione qui fut percée en 1936 sous Mussolini sous Mussolini[6]. C'est également au nord de la place, derrière la colonnade que se trouve le palais du Vatican.

Sur le grand axe de l'ellipse, à environ 60 mètres de part et d'autre de l'obélisque, se trouvent, également sur la place, deux fontaines signées respectivement :

La quadruple colonnade du Bernin est divisée en trois travées, avec leurs 284 colonnes doriques (disposées sur 4 rangs, elles font 17 m de hauteur et 1,5 m de diamètre) et 88 pilastres en travertin de Tivoli, surmontés de sobres chapiteaux de style toscan[7]. Cette colonnade est unie par un entablement couronné par une balustrade ornée de 140 statues (saints et pères de l'Église représentant l’ecclesia triunphans, les Saints du paradis, en relation avec l’ecclesia militans, la foule des fidèles) situées à vingt mètres de hauteur et hautes de 3,10 m, réalisées de 1670 à 1703 par des sculpteurs élèves du Bernin[8]. L’orientation des statues, des fontaines et des cathédrales font penser au signe de la croix. Les statues sont représentées en mouvement en rapport à la droiture des colonnes, et, chacune de ces statues mesure plus de deux mètres[9]. Au-dessus des grandes colonnes, on peut voir les armoiries pontificales simples et composées du pape Alexandre VII.

L'endroit où a eu lieu la tentative d'assassinat de Jean-Paul II est indiqué, sur le pavement de la place Saint-Pierre, par une petite plaque blanche[10].

Le Passetto di Borgo, passage surélevé de 800 m, démarre au nord du début de la place Saint-Pierre et aboutit au Château Saint-Ange.

De 2009 à 2014, la place Saint-Pierre (la colonnade, les statues, les fontaines jumelles Clementina et Gregoriana, l'obélisque et les 1 200 m de balcons et de corniche) fait l'objet d'une campagne de restauration initiée par le Musée du Vatican, réalisée par deux sociétés italiennes (Italiana Costruzioni et Fratelli Navarra) et financée, notamment, par des sponsors privés (ENI, TIM, Banco Popolare)[11].

Image panoramique
Panorama de la place.
Voir le fichier

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Liste des 140 statues
  2. Philippe Gut, L'Italie de la renaissance à l'unité, Hachette Éducation, , p. 57.
  3. L'apôtre tient les clés dans sa main droite, l'apôtre et dans sa main gauche un rouleau portant les mots en latin « ET TIBI DABO CLAVES REGNI CAELORUM » (Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, Mt. 16, 19). Saint Paul porte dans sa main droite l'épée de 2,79 m de long par laquelle il est mort, et dans sa main gauche un livre supportant l'inscription en lettres hébraïques : « Je puis tout par celui qui me fortifie » (Phil 4:13). Cf. (en) Maria Beltramini, Alessandro Angeli, The Basilica of St Peter in the Vatican, F.C. Panini, , p. 447.
  4. Christophe Dickès, Dictionnaire du Vatican et du Saint-Siège, Robert Laffont, , p. 203.
  5. (it) Paul Marie Letarouilly, Antonella Di Luggo Aversa, Il Vaticano e la Basilica di San Pietro, Istituto geografico De Agostini, , p. 284.
  6. (en) Jason Best, Discover Rome, Berlitz International, , p. 205.
  7. (en) Paolo Galeotti, Donatella Papi, Roma Sacra, Elio de Rosa, , p. 28.
  8. Daniele Pinton, Le Bernin. Les parcours de l'art, ATS Italia Editrice, , p. 36.
  9. Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Italie, Petit Futé, , p. 573.
  10. Simple pierre rouge placée par Jean-Paul II, le pape Benoît XVI l'a remplacé par cette plaque blanche avec les armoiries pontificales de Jean-Paul II. Cf. (en) Paolo Galeotti, Donatella Papi, Vatican City, Lulu Press, , p. 58.
  11. Stéphane Ghez, documentaire « Au cœur du Vatican » sur France 3, 5 mars 2014, 6 min 30 s.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]