Barabbas

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Jésus et Barabbas devant Pilate, gravure d'après Bernhard Rode (de) (1789)

Barabbas, aussi appelé Jésus bar Abbas (Jésus fils du Père) — notamment par les historiens — est un personnage des Évangiles n'apparaissant qu'au cours du procès de Jésus. Il y est présenté comme un prisonnier célèbre qui a provoqué un meurtre dans « la sédition », sans toutefois préciser laquelle. Pilate qui estime Jésus innocent et qui aurait été obligé de libérer un prisonnier à chaque fête, propose à « la foule » de libérer Jésus ou Barabbas. « La foule » réclame sa libération plutôt que celle de « Jésus roi des Juifs » (Jésus de Nazareth).

Cet épisode, écrit dans les années 60-70, est considéré par nombre de critiques comme un procédé littéraire utilisé afin de minimiser la responsabilité des Romains dans la crucifixion de Jésus, pour ne pas que l'Évangile selon Marc puisse être soupçonné de contenir la moindre critique des autorités romaines et le moindre soutien aux participants à la Grande révolte juive de 66-74.

Dans les versions antiques de l'Évangile selon Matthieu avant que son nom de Jésus soit écarté, la proposition de Pilate revenait à demander voulez-vous que je vous relâche, Jésus Barabbas, ou Jésus que l'on appelle Christ ? La plupart des critiques y voit un curieux parallèle entre deux Jésus, dont l'un appelé « Fils du Père » (bar Abbas) ressemble étrangement à l'autre crédité du titre de Fils de Dieu, Jésus appelant Dieu du nom de Abba dans les évangiles. Une partie de la critique estime donc que Jésus bar Abbas est le même personnage que Jésus de Nazareth. D'autres critiques, et notamment la plupart des théologiens, estiment que l'existence d'un prisonnier nommé Barabbas distinct de Jésus est une donnée historique minimum pour que le récit tel que nous le connaissons aujourd'hui ait pu se développer, mais qu'une tendance à accentuer le parallèle entre les deux personnages a pu se développer au fil des rédactions successives des évangiles.

Son nom[modifier | modifier le code]

Plusieurs manuscrits donnent au porteur du surnom ou cognomen Barabbas le nom de Jésus, mais celui-ci a été ensuite écarté des manuscrits, autant pour des raisons de rédaction par les scribes (Charles Perrot) que pour éviter qu'il y ait deux Jésus dont un « brigand » (Hyam Maccoby citant Origène et Étienne Trocmé). Concernant le nom de Jésus que Barabbas portait dans l'évangile selon Matthieu en 27,16-17, au IIIe siècle Origène écrivait en effet : « il ne convient pas de donner ce nom à un personnage inique et, d'ailleurs, aucun pécheur n'est ainsi nommé dans les Écritures »[1]. L'indignation d'Origène témoigne du caractère embarrassant que présentait visiblement cette mention de Jésus Barabbas au point qu'il suggère que ce sont des « hérétiques » qui l'ont ajouté[2]. Pourtant, plusieurs codex de cet évangile qui ont été retrouvés appellent en effet Barabbas du nom de Jésus, la correction pour parvenir aux versions que nous connaissons pouvant être intervenue plus tard[3],[1]. Les codex en question ne sont pas spécialement anciens, néanmoins les spécialistes estiment qu'ils représentent la version originale, car il est très difficile d'imaginer que des chrétiens aient ajouté ce nom à des manuscrits, alors que la démarche inverse est beaucoup plus vraisemblable[3].

« Lorsqu'il parle de Dieu ou à Dieu, Jésus utilise uniquement l'expression araméenne “Abba”, qui signifie “Père”. Cette expression en araméen avec sa glose explicative en grec est attestée en Mc 14, 36 et paralèles. On la rencontre aussi dans les lettres de Paul, en Ga 4, 6 et en Rm 8, 15. » Pour Simon Claude Mimouni, « c'est le langage commun de la prière dans le judaïsme contemporain de l'époque de Jésus[4]. » Le sens étymologique du cognomen ou surnom de Barabbas est « fils du père » (de bar, en araméen : fils de, et Abba, Père). Le « s » final est une marque génitive grecque.

Les historiens retiennent donc qu'il s'appelait, ou était surnommé, Jésus bar Abbas[5].

Barabbas était un brigand[modifier | modifier le code]

Les rédacteurs de l'Évangile selon Jean précisent que Barabbas était un leste[6]. Ce terme est souvent traduit par les termes « voleur » ou « larron » par l'exégèse confessionnelle, notamment pour désigner les deux lestaï entre lesquels est crucifié Jésus. Toutefois, une meilleure traduction est « brigand »[7],[8], qui correspond probablement à l'accusation portée contre un Zélote, un Sicaire ou un membre de la Quatrième philosophie, en tout cas à un rebelle juif. Flavius Josèphe utilise aussi le mot grec lestaï[8] pour désigner ceux qui sont probablement membres des Sicaires, des Zélotes ou de la Quatrième philosophie[9]. Il s'approprie ainsi « le vocabulaire discriminatoire des Romains, semblant vouloir ignorer les motivations sociales et politiques qui ont pu animer certains membres des groupes qu'il décrit[8]. » Jésus bar Abbas est donc désigné comme un de ces révolutionnaires juifs qui une trentaine d'années après la crucifixion de Jésus, déclencheront la Grande révolte juive contre les Romains, révolte qui est contemporaine de la rédaction de l'Évangile selon Marc, le premier évangile à contenir ce récit.

Le contexte[modifier | modifier le code]

Selon Simon Claude Mimouni, le gouvernorat de Ponce Pilate est un des cinq temps forts des troubles qu'a connu la Palestine entre la mort d'Hérode le Grand et le déclenchement de la Grande révolte juive, émaillée de pas moins de six gros incidents, auxquels il faut ajouter l'exécution de Jésus de Nazareth et éventuellement la sédition de Jésus bar Abbas, dont la popularité est rapportée dans les évangiles synoptiques[5]. Ponce Pilate a donc probablement fait crucifier de nombreux insoumis et en particulier les leaders d'un mouvement à tendance messianiste et les personnalités les plus en vue qu'il est parvenu à capturer qui ont conduit une foule de Samaritains à se rassembler sur le mont Garizim[10]. Bien que Flavius Josèphe évite soigneusement de donner son nom, l'instigateur de ce rassemblement était probablement Dosithée de Samarie qui aurait succédé à la tête du mouvement de Jean le Baptiste après son exécution peu auparavant, car il était l'un de ses trente disciples[11].

Les exactions de Ponce Pilate sont rapportées par les auteurs juifs Flavius Josèphe et Philon d'Alexandrie.

Selon les évangiles[modifier | modifier le code]

Barabbas est un personnage qui n'apparaît qu'au cours du procès de Jésus, dans une seule source, les évangiles, alors que Pilate a déjà interrogé Jésus en lui demandant s'il est « le roi des Juifs[12]. » Jésus acquiesce à cette question par la formule « Tu le dis[13]. » Dans les évangiles attribués à Marc et Matthieu, Jésus refuse alors de répondre aux autres accusations formulées par Pilate (Mc 15:4 ; Mt 27:13-14) et « par les grands prêtres et les anciens (Mt 27:12) »[Note 1]. Dans le seul évangile attribué à Jean, le dernier des canoniques a avoir été composé dans les années 90-100, Jésus répond : « " Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n'est pas d'ici. " (Jn 18:36) »

C'est alors que Barabbas est introduit dans le récit en invoquant ce que la critique a par la suite appelée le privilège pascal, bien que les évangiles synoptiques fassent références à toutes les fêtes et pas seulement à une coutume qui n'aurait eu lieu qu'à Pâque[14].

« A chaque Fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu'ils demandaient[15],[16]. »

Le rédacteur de l'Évangile selon Marc explique : « il y avait en prison le nommé Barabbas, arrêté avec les émeutiers qui avaient commis un meurtre dans la sédition. La foule étant montée se mit à demander la grâce accoutumée[17]. » Donc Pilate demande : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs[18] ? » Les « grands prêtres » excitent alors « la foule » à demander qu'il relâche plutôt Barabbas[19]. Pilate questionne : « Que ferais-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs[20] ? » « La foule » répond à deux reprises « Crucifie-le[21] ! ».

« Pilate alors, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié[22]. »

Les rédacteurs de Matthieu apportent peu de modifications au récit initial. On y apprend juste que Barabbas était célèbre. Par ailleurs, puisque Barabbas y était appelé de son nom complet, la proposition de Pilate revenait à demander voulez-vous que je vous relâche, Jésus Barabbas, ou Jésus que l'on appelle Christ ? La réaction d'Origène témoigne au minimum que cela semblait étrange et était peut-être même embarrassant. Les rédacteurs de l'Évangile selon Jean précisent que : « Barabbas était un brigand[23]. »

Un parallèle entre deux figures de Jésus ?[modifier | modifier le code]

Vitrail de l'église de la Flagellation à Jérusalem : Le triomphe de Barabbas.

Barabbas est le personnage évangélique qui avec Judas Iscariot est celui qui a le plus interrogé les critiques, même si aucun consensus ne se dégage à son sujet. Il est mentionné dans une seule source, les évangiles et uniquement pour exonérer Ponce Pilate de sa responsabilité d'avoir condamné Jésus de Nazareth à être crucifié. Or, bien que ce ne soit plus apparent aujourd'hui, ce personnage s'appelait lui aussi Jésus. De plus, en araméen, bar Abbas signifie « fils du Père » qui semble être une référence à Jésus de Nazareth lui-même, puisque dans les évangiles, Jésus désigne souvent Dieu par « le Père » et que Jésus y est crédité du titre de fils de Dieu[24].

Il n'y a aucun accord au sujet de ce Barabbas, qui dans les versions antiques de l'évangile attribué à Matthieu est appelé Jésus Barabbas, le nom « Jésus » ayant probablement été enlevé de cet évangile après la conversion au christianisme des empereurs romains (IVe siècle). Origène qui au IIIe siècle s'indigne que l'on puisse donner le nom de Jésus à Barabbas témoigne du caractère embarrassant que présentait visiblement cette mention de Jésus Barabbas[Note 2], au point qu'il suggère que ce sont des « hérétiques » qui l'ont ajouté[2]. Pour certains historiens, il s'agit d'un Zélote. Pour d'autres, qui estiment que les Zélotes n'existent pas à l'époque de Ponce Pilate, l'épisode de Jésus Bar Abbas pourrait être un indicateur de la poursuite de l'activité du groupe de Judas le Galiléen, appelé Quatrième philosophie[25], ou Mouvement Galiléen. Pour d'autre encore, il s'agit d'un procédé littéraire et les deux Jésus n'en font qu'un, mais permettent de décrire deux faces de Jésus[26],[27],[24],[28], tout en exonérant les Romains de leur responsabilité dans cette exécution, pour que les évangiles ne puissent pas être soupçonnés de contenir la moindre critique des autorités au pouvoir.

Robert Eisenman fait remarquer que les surnoms ou cognomen Barsabas, Barnabas et Barabbas sont souvent connectés aux noms des membres de la famille de Jésus dans les textes chrétiens antiques[24]. Pour lui, les frères de Jésus et les apôtres surnommés le Zélote, comme Simon le Zélote et Judas le Zélote, ainsi que Judas le Sicaire, sont de véritables Sicaires et Zélotes et Jésus qui partageait des idées très proches de ces groupes[24] est aussi évoqué dans les évangiles à travers ce Jésus Barabbas[24]. Pour lui, c'est parce que les frères de Jésus — dont celui appelé Joseph est parfois explicitement appelé Joseph Barsabas et celui appelé Jude lui aussi explicitement appelé Judas Barsabas[24] est même surnommé Judas Barabbas dans le Codex Bezae[24],[29] — étaient des Zélotes qu'ils ont été peu à peu occultés[30], jusqu'à utiliser comme argument théologique la doctrine de la virginité perpétuelle de Marie, qui apparaît pour la première fois en 374[31].

Pour Hyam Maccoby, le surnom « bar Abbas » aurait été donné à Jésus de Nazareth à cause de son habitude de prier et de prêcher en désignant Dieu comme « Abba » (Père), dont témoignent les évangiles[26],[32]. Pour Eisenman, Barabbas dans les évangiles est quelque chose comme un remplaçant pour Jésus lui-même[24]. « C'est l'homme qui a été arrêté “dans la sédition” pour avoir provoqué une “émeute et un meurtre” (Mc 15, 7 ; Lc 23:19)[24]. » Ce qui semble correspondre à l'incident que Jésus provoque dans le Temple et dont les évangiles synoptiques font la cause de son arrestation immédiate — dans la nuit — et de sa crucifixion le lendemain. Hyam Maccoby considère aussi que ce Yeshua bar Abba ou Jésus bar Abbas n'est rien d'autre que Jésus de Nazareth, et que le choix entre deux prisonniers est une fiction ou un procédé littéraire[26]. Il conclut que certains des actes attribués à Barabbas doivent alors historiquement avoir été commis par Jésus[26]. De plus, loin d'avoir réclamé son exécution, lorsque « la foule » crie « libérez Barabbas » ce serait la libération de Jésus de Nazareth qu'elle réclamait[26].

À la suite d'Alfred Loisy plusieurs critiques font un lien et notent la correspondance entre le récit de la passion de Jésus et le récit fait par Philon d'Alexandrie, pour un personnage appelé par dérision, non pas Barabbas, mais Karabbas pour se moquer du nouveau roi juif Agrippa Ier en route vers son nouveau royaume et qui se déroule en été 38[33],[34], moins de deux ans après le renvoi de Ponce Pilate (fin 36 / début 37).

Il s'agirait alors de faire la distinction entre les deux faces de Jésus, Jésus détesté et Jésus aimé par la foule, un Jésus condamné et un Jésus lavé de ses péchés, un Jésus politique et un Jésus spirituel. Plus globalement, la figure de Barabbas est hautement énigmatique et entraîne des interprétations littérales ou symboliques[35]. La plupart des historiens s'accordent sur le fait que ce procédé littéraire a été utilisé par un des rédacteurs de l'évangile selon Marc dans les années 60-70 — c'est-à-dire au plus fort de la Grande révolte juive de 66-74 ou de sa répression — afin de minimiser la responsabilité des Romains dans la crucifixion de Jésus, pour ne pas que cet écrit puisse être soupçonné de contenir la moindre critique des autorités romaines et le moindre soutien aux révoltés.

Le privilège pascal[modifier | modifier le code]

Le débat sur la vraisemblance de la substitution entre deux prisonniers, Jésus Barabbas et Jésus, « le roi des Juifs » proposé par Ponce Pilate tel qu'il est décrit dans les évangiles, dure depuis tellement longtemps et est tellement célèbre, que l'on a même donné un nom au fait que le gouverneur romain était, selon les évangiles, obligé de relâcher le prisonnier que la foule désignait lors de la fête de pâque. Il est appelé le « privilège pascal ».

L'évangile attribué à Matthieu le décrit ainsi:

« A chaque Fête, le gouverneur avait coutume de relâcher à la foule un prisonnier, celui qu'elle voulait[36]. »

La valeur historique du « privilège pascal » est très disputée[37]. Sa réalité est mise en doute pour plusieurs raisons[37]. D'abord, parce que dans tout l'Empire romain il n'est attesté dans aucun texte de quelque nature que ce soit[38]. Les seuls textes qui en parlent ce sont les évangiles[38],[39], puis dans les siècles suivants les récits de la Passion qui en ont été tirés[37]. Comme les évangiles ne sont pas des textes indépendants, mais qu'au contraire les rédacteurs des versions et évangiles ultérieurs ont composé les leurs avec, sous les yeux, les textes des précédents[40], les récits du procès n'ont peut-être qu'une source commune[41], qui pourrait être le premier rédacteur de l'évangile attribué à Marc. Comme pour tous les autres passages des évangiles, ce rédacteur se réfère à l'Ancien Testament[42] presque à chacune des phrases qu'il écrit. Ce ne sont en tout cas pas des « témoignages indépendants »[40] comme on le lit parfois sous la plume d'auteurs confessionnels. Tous les récits qui parlent du « privilège pascal », ne concernent que deux prisonniers : Jésus de Nazareth et Jésus bar Abbas.

Donne nous Barabbas ! Extrait de «  The Bible and its Story Taught by One Thousand Picture Lessons » (1910).

De plus, si cette obligation non-attestée a été jugée peu probable pour des gouverneurs romains, elle a semblé presque invraisemblable pour un préfet en Judée[38]. En effet, depuis la mort d'Hérode le Grand (-4), puis la prise de contrôle directe de la Judée par les Romains (+6), la Galilée, mais aussi la Judée et même parfois la Samarie, sont traversées de révoltes, alors que parallèlement des groupes appelés « brigands » par les Romains infestent le pays[43],[44]; les motivations sociales et politiques de ces brigands étant perceptibles dans les récits de Flavius Josèphe[8]. Une telle obligation pour un gouverneur de Judée aurait donc été à haut risque[45], car ces Galiléens, Sicaires, Zélotes ou « brigands » suscitaient souvent la sympathie de la population et donc de « la foule ». En tout cas, Flavius Josèphe qui s'était proposé de noter tous les privilèges que les Romains avaient accordés aux Juifs n'a pas cité ce privilège que Brandon estime tout à fait extraordinaire[38]. Alors qu'il mentionne des dizaines de répressions et des centaines de crucifixions, Josèphe n'en profite à aucun moment pour donner un exemple de prisonnier relâché pour une raison de ce type dans son récit en sept volumes pour la Guerre des Juifs, ni dans ceux des Antiquités judaïques correspondants à cette période[46].

Toutefois, pour un théologien comme Jean-Pierre Lémonon « ces explications ne prennent pas les sources au sérieux[14] ». Il estime qu'il n'y a parmi les objections soulevées que des contradictions ou des développements apologétiques, ce qui ne disqualifie pas a priori un texte sur le plan de l'histoire[14]. Pour lui, « l'épisode de Barabbas se trouve attesté dans les quatre évangiles[14] » et le « privilège pascal » est explicitement mentionné dans trois d'entre-eux, seul celui attribué à Jean lie directement la coutume de la libération d'un prisonnier et la fête de Pâque[14]. Pour lui, « l'épisode Barabbas enchevêtré à la mention du privilège pascal fait partie d'une tradition ancienne des récits de la Passion ; la tension, née de la présence romaine, offre un bon contexte historique soutenant l'existence de prisonniers détenus par le gouverneur romain et populaires au moins auprès d'une partie du peuple de Jérusalem[14]. »

Il souscrit à l'affirmation d'un de ses collègues, Raymond Edward Brown, qui estime que « la critique invite, au moins, à reconnaître l'historicité de la libération d'un partisan armé nommé Barrabas[47] » distinct de Jésus, sans lequel le récit tel que nous le connaissons aujourd'hui n'aurait pas pu se développer[14]. À partir des récits de la Passion, « une tendance à accentuer le parallèle entre les deux personnages[14] » a pu se dessiner, bien qu'ils n'aient pas été « nécessairement mis en concurrence par Pilate lui-même à la demande “la foule”[14]. » De même, « il n'est pas impossible qu'à l'occasion de fêtes le gouverneur de Judée ait procédé à des libérations, c'était l'occasion de manifester à la fois la réalité du pouvoir romain et sa mansuétude[14] ». Il admet toutefois, que rien ne permet de parler d'une coutume concernant ces éventuelles libérations lors des fêtes[14].

Ponce Pilate dans les évangiles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ponce Pilate.

Ce n'est pas seulement l'identité de Jésus Barabbas, l'étrange échange fait entre les deux Jésus et le soi-disant « privilège pascal » qui ont interrogé les critiques au sujet des récits de la Passion, mais aussi la personnalité du Pilate des évangiles. Il y a une telle différence entre le Ponce Pilate décrit par Philon d'Alexandrie et Flavius Josèphe et la personnalité faible du Pilate « qui joue une partition hésitante dans le Drame de la Passion[48] », que l'on peut parler de contradiction[48].

Détail de fresque représentant Pilate se lavant les mains
Lavement des mains par Pilate (Duccio).
Geste devenu proverbial quoique peu vraisemblable, à moins que ce Pilate là, ne soit juif[Note 3].

Vexations, rapines, injustices, outrages[49],[50], « dédain hautain pour les sentiments des autres[50] », « les citoyens qu'il avait fait périr sans jugement et enfin son insupportable cruauté[49] », sont les accusations émises contre Ponce Pilate par les auteurs séculiers[50]. « Les évangélistes le décrivent sous un jour très différent: inspiré par les plus humaines et honorables intentions pour ceux qui sont sujets de son gouvernorat, il déploie tous ses efforts pour les persuader de se désister de leur folie, et quand il est finalement contraint par la nécessité d'accomplir une obligation amère, il se lave les mains[50] » avant de livrer Jésus pour qu'il soit exécuté[50].

Un théologien comme Jean-Pierre Lémonon ne nie pas cette « opposition entre les textes profanes et les textes évangéliques de la Passion en ce qui concerne le portrait de Pilate[51]. » Selon lui toutefois, un changement profond aurait été entamé récemment et les études sur Pilate refuseraient désormais « cette opposition sans nuance entre un Pilate soi-disant brutal des sources profanes, et un autre, celui des évangiles, qui serait hésitant, voire débonnaire[51]. »

Ce n'est donc pas seulement le « privilège pascal » qui a semblé improbable à la plupart des exégètes laïcs et des historiens[Note 4], c'est aussi la façon dont, selon les évangiles, Pilate l'aurait appliqué. Curieusement, après que Jésus ait affirmé « Tu le dis : je suis roi (Jn 18:37). » Pilate déclare alors: « Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation (Jn 18:38). ». Or, s'il n'était pas un roi reconnu par l'empereur, cette prétention à la royauté est un crime de lèse majesté, menaçant Rome et le pouvoir impérial et effectivement passible de mort[52],[Note 5].

En toute logique, Pilate persuadé que Jésus était innocent aurait du le relaxer sans autre forme de procès, ce qui était tout à fait en son pouvoir[53]. Au lieu de cela on le voit recourir au subterfuge du « privilège pascal »[53] qui va immédiatement se retourner contre lui[54]. « De plus, quand les grands prêtres poussent la foule à exiger la liberté de Barabbas et contrecarrent ainsi ses intentions, il en est réduit à demander timidement à la foule: “Que ferais-je donc de celui que vous appelez le Roi des Juifs ?”[53] ». Puis docilement il envoie l'innocent Jésus à la crucifixion parce que « la foule » le lui a demandé, alors que même en supposant que le « privilège pascal » existait, celui-ci parlait seulement de faire libérer un prisonnier et pas d'envoyer à la mort celui que « la foule » désignerait[54]. De plus, en supposant que le privilège pascal existait et qu'il ait été contraint de libérer Barabbas, qu'est-ce qui empêchait Pilate de libérer aussi Jésus, puisqu'il le pensait innocent[55] ? Pilate aurait alors relâché Jésus bar Abbas qui était un membre de la résistance très populaire et célèbre[54]. Brandon fait remarquer qu'il s'agit là d'une conduite aberrante pour un gouverneur romain, dont on peut se demander comment il l'a justifiée dans son rapport à l'empereur Tibère[54].

Antisémitisme[modifier | modifier le code]

Représentation d'une disputation entre Juifs et chrétiens au moyen-Âge. Ces disputations ont souvent eu pour conséquence de nouvelles accusations contre les Juifs, notamment de crimes rituels, des épisodes de violence et la crémation publique d'œuvres juives comme les Talmuds ou les écrits de Moïse Maïmonide. Gravure sur bois de Johannes von Armssheim - 1483

L'histoire de Barabbas a une signification sociale particulière car elle a été utilisée depuis des temps immémoriaux pour rejeter la responsabilité de la crucifixion de Jésus sur « les juifs » et pour supporter l'accusation de déicide, puisque dans le christianisme Jésus devient Dieu lui-même dans le concept de la Trinité. Les premiers témoins littéraires de cet antisémitisme ou anti-judaïsme chrétien remontent au IVe siècle et se trouvent chez certains Pères de l'Église. Cette accusation, à plusieurs siècles de distance et visant une responsabilité collective, est d'autant plus étrange qu'il est démontré historiquement que les autorités juives n'avaient pas le droit de condamner à mort et que donc c'est bien Ponce Pilate qui a condamné Jésus à un supplice qui a été exécuté par les forces romaines. Par ailleurs, Jésus et tous ses partisans sont Juifs eux-mêmes.

Les raisons pour lesquelles les évangélistes — qui sont ce que l'on appelle des judéo-chrétiens et qui sont donc eux-même des Juifs — atténuent la responsabilité de Ponce Pilate dans le processus de condamnation de Jésus pourraient être liées aux circonstances de rédaction de leur récit dans le cadre de l'Empire romain, afin que leur écrit puisse franchir la barre de la censure. Si l'opposition « Jésus Barabbas » - « Jésus que l'on dit Christ » est effectivement un procédé littéraire, il est clair qu'un des buts des rédacteurs est d'exonérer les Romains de toutes responsabilités en chargeant a contrario « les Juifs ». On constate au fil des rédactions une minimisation toujours plus importante de la responsabilité de Pilate et que la responsabilité « des Juifs » est de plus en plus importante pour atteindre son paroxysme dans les Actes des Apôtres puis les évangiles attribués à Jean et à Pierre[56], les derniers à avoir été rédigés avant 150. Selon Marie-Émile Boismard et Arnaud Lamouille, la principale contribution du troisième rédacteur des Actes des Apôtres a été de changer le texte pour que presque partout où l'apôtre Paul de Tarse — un Juif se déclarant Pharisien élevé aux pieds de Gamaliel — était réprimé par un autre groupe ou une autorité, celui-ci soit confronté « aux Juifs ». Ce troisième rédacteur est intervenu sur le texte dans les années 90 et c'est dans cette même période que l'évangile attribué à Jean a été rédigé. Celui-ci contient soixante-dix fois le mot « Juifs », même s'il a parfois le sens de Judéens, ou désigne parfois les autorités juives ou représente d'autres fois les opposants au mouvement de Jésus désignés a contrario par le mot Galiléens. C'est aussi au cours de cette période que Domitien, un empereur réputé être très hostile aux Juifs, se met à exécuter ou envoyer en exil un grand nombre de ses soutiens et de ses proches, probablement chrétiens, sous prétexte « qu'ils vivent à la juive ». Un événement que la tradition chrétienne appelle improprement la persécution de Domitien, mais qui a aussi un écho dans le Talmud au travers des martyrs Kelomenos et/ou Keti'ah bar Chalom et qui semble avoir joué un rôle dans les causes de l'assassinat de Domitien en 96. C'est aussi dans les années 90 que commence le processus de rupture entre les Nazôréens (notsrim en hébreu, les juifs chrétiens[57]) et le mouvement des rabbins en formation[57] dans l'Académie de Yabneh[58].

Benoît XVI lors d'une audience privée le .

Le théologien Michel Quesnel fait remarquer que « déterminer qui porte la responsabilité de la mort de Jésus a des retombées politiques, religieuses et idéologiques[59]. » Toutefois, il attribue « aux historiens » la responsabilité « d'avoir longtemps chargé les Juifs[59]. » Lors de la sortie du tome II de son livre « Jésus de Nazareth », le pape Joseph Ratzinger « explique tout simplement, comme d’autres exégètes avant lui, que le mot « juif » utilisé par l’auteur de l’Évangile de Jean lors de l’épisode du procès de Jésus désigne l’aristocratie du Temple et non pas le peuple juif en général. Ceci n’aurait aucun sens dans le contexte, d’autant plus que l’auteur de cet Évangile est lui aussi juif… Dans le récit de Marc, continue le pape, l’expression « ochlos » (la « masse », « la foule ») ferait quant à elle référence aux partisans du rebelle Barabbas qui étaient venus en masse afin de demander la grâce de leur compagnon, une grâce qu’il était d’usage d’accorder au peuple à l’occasion de la Pâque[60]. »

Le personnage dans l'art et la culture[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • Barabbas est aussi le nom d'une chanson de Georges Chelon
  • Barabbas est le titre d'une chanson de l'album Perdants Magnifiques du rappeur français Sameer Ahmad.
  • Up Through The Ashes du groupe Kamelot fait référence au choix que le gouverneur romain Ponce Pilate donna au public hébreu ainsi qu'à la libération de Barabbas.
  • Barrabas est aussi le nom d'un groupe de funk soul music des années 1970
  • Un groupe de doom metal français s'appelle Barrabas
  • "Barabbas" Morceau de Sameer Ahmad (2015)
  • ''Barabbas'' Morceau de Stomy Bugsy sur l'album Royalties (2015)

Roman[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Harry Guardino jouait le rôle de Barabbas dans le film Le Roi des rois de Nicholas Ray sorti en 1961.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Au Québec, l'histoire de Barabbas a donné naissance à l'expression « connu comme Barabbas dans la Passion »[62].
  • Au XVe siècle, en Provence, l'intervention d'un démon Barrabas était invoqué pour expliquer des comportements contraires au dogme de l'Inquisition : « (...) en rejetant la faute sur le démon Barrabas, qui lui apparaissait souvent sous la forme d’un chat noir ; Barrabas avait pour but de faire douter Catherine de la miséricorde de Dieu et de devenir la proie du démon »[63].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans le seul évangile attribué à Luc, Pilate envoie Jésus à « Hérode ». Celui-ci — à qui l'évangile attribué à Pierre donne le titre de roi — « l'interrogea donc avec force paroles, mais il ne lui répondit rien (Lc 23:9). » L'évangile de Pierre écrit peu après l'évangile selon Jean sera déclaré apocryphe plusieurs siècles plus tard et on n'en a retrouvé qu'un fragment qui commence juste au moment où Pilate après s'être lavé les mains quitte la scène en laissant « Hérode le roi » prononcer la sentence. On ne sait donc pas s'il évoquait lui aussi le possible échange avec Jésus Bar Abbas.
  2. Origène (185 - 253), Commentaire sur Matthieu, s'insurge que Barabbas soit appelé Jésus dans l'évangile selon Matthieu. « Il ne convient pas de donner ce nom à un personnage inique et, d'ailleurs, aucun pécheur n'est ainsi nommé dans les Écritures », affirme-t-il dans son "Commentaire sur Matthieu", « de peur, précisait-il, que le nom de Jésus ne convienne aussi à un scélérat ».
  3. L'évangile attribué à Matthieu fait en effet référence à un rite spécifiquement juif prescrit dans l'Ancien Testament (Dt 21:6-7, Ps 26:6), le lavage de mains purificateur permettant de s'exonérer de la responsabilité d'un acte. Pilate a pu connaître ce rite mais il est peu vraisemblable qu'un préfet romain adopte ce rituel, de surcroît dans le contexte d'un procès. (Cf (en) Raymond Edward Brown, The death of the Messiah. From Gethsemane to the grave : a commentary on the Passion narratives in the four Gospels, Doubleday, , p. 834-835). Les théologiens ont proposé de multiples explications pour expliquer ce qui en l'état de nos connaissances sur les buts des auteurs de cet évangile, reste une invraisemblance.
  4. Certains exégètes chrétien comme Jean-Pierre Lémonon reconnaissent pour leur part que « rien ne permet de parler de coutume. »
  5. Cette reconnaissance d'innocence par Pilate en conclusion de la déclaration de Jésus est donc elle-aussi invraisemblable tant que l'on ne connaît pas la position sociale que Jésus occupait dans le Moyen-Orient de l'époque. Elle est en tout cas invraisemblable, si Jésus est le fils d'un pauvre artisan, comme cela est présenté par la tradition chrétienne telle qu'elle est parvenue jusqu'à nous. De nombreux critiques ont toutefois fait valoir que le mot « charpentier » devait peut-être s'entendre de la même façon qu'il est employé pour Hillel ou Shammaï, où il veut probablement dire « homme sage » (Bernheim 2003, p. 61). Cet échange entre Pilate et Jésus ne pourrait avoir une quelconque cohérence que si Jésus avait été effectivement le roi d'un des petits royaumes de la région.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Paul Michaud, Article Barabbas, 2003, sur http://www.interbible.org.
  2. a et b (en) William R. Farmer, The Last Twelve Verses of Mark, Cambridge University Press, 2005, p. 20, note no 3.
  3. a et b Paul Winter, Géza Vermes, On the Trial of Jesus, 1974, Walter de Gruyter, Berlin - New York, p. 138.
  4. Mimouni, Maraval 2007, p. 149.
  5. a et b Mimouni 2012, p. 436.
  6. Bible de Jérusalem, Évangile selon Jean, 18, 40.
  7. Gérard Nahon , article Zélotes de l'Encyclopædia Universalis.
  8. a, b, c et d Mimouni 2012, p. 434.
  9. Mimouni 2012, p. 438.
  10. Grabbe 1992, p. 424.
  11. Eisenman 2012 vol. II, p. 21-22.
  12. « " Tu es le Roi des Juifs ? " (Mc 15:2 ; Mt 27,11 ; Lc 23:3 et Jn 18:33) »
  13. Mc 15:2 « Jésus lui répond : " Tu le dis. " » ; Mt 27:11 « Jésus répliqua : " Tu le dis. " » ; Lc 23:3 « " Tu le dis ", lui répondit-il. » ; Jn 18:34 « Jésus répondit : " Dis-tu cela de toi-même ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ? " »
  14. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Lémonon 2007, p. 176.
  15. Bible de Jérusalem, Évangile selon Marc, 15, 6.
  16. « A chaque Fête, le gouverneur avait coutume de relâcher à la foule un prisonnier, celui qu'elle voulait. (Mt 27:15) » ; « Mais c'est pour vous une coutume que je vous relâche quelqu'un à la Pâque. Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? "(Jn 18:39) »
  17. Bible de Jérusalem, Évangile selon Marc, 15, 7-8.
  18. Bible de Jérusalem, Évangile selon Marc, 15, 9.
  19. Bible de Jérusalem, Évangile selon Marc, 15, 11.
  20. Bible de Jérusalem, Évangile selon Marc, 15, 12.
  21. Bible de Jérusalem, Évangile selon Marc, 15, 13 et 15, 14.
  22. Bible de Jérusalem, Évangile selon Marc, 15, 15.
  23. Bible de Jérusalem, Évangile selon Jean, 18, 40.
  24. a, b, c, d, e, f, g, h et i Eisenman 2012 vol. I 64.
  25. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 448.
  26. a, b, c, d et e Hyam Maccoby, Revolution in Judaea: Jesus and the Jewish Resistance Taplinger Publishing co, 1980, New-York, p. 165–166.
  27. Horace Abraham Rigg, Barabbas, JLB 64, p. 417-456, voir aussi Stefan L. Davies, Who is call Barabbas ?, NTS 27, p. 260-262.
  28. Jennifer K. Berenson Maclean, Barabbas, the Scapegoat Ritual, and the Development of the Passion Narrative, HTR 100, 2007, p. 309-334 ; où Berenson Maclean expose que l'épisode est construit en référence à Lévitique 16, Barabbas et Jésus étant les deux bouc-émissaires.
  29. Version du Codex Bezae des Actes des Apôtres,XV, 22 ; « Alors on émit l'opinion parmi les apôtres et les anciens avec toute l'Église, que soient choisis parmi eux des hommes pour les envoyer à Antioche, avec Paul et Barnabas: Jude appelé Barabbas et Silas, hommes considérés entre les frères. »
  30. Eisenman 2012 vol. I, p. 376-388.
  31. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 23-24.
  32. Hyam Maccoby, L'exécuteur sacré, ed Cerf, .
  33. Paul Winter, Géza Vermes, On the Trial of Jesus, 1974, Walter de Gruyter, Berlin - New York, p. 136 et 148-149.
  34. B. J. Oropeza, C. K. Robertson, Douglas C. Mohrmann, Jesus and Paul: Global Perspectives,
  35. Corpus Christi - Documentaire épisode 4 « Barabbas »
  36. Bible de Jérusalem, Évangile selon Matthieu, 27, 15.
  37. a, b et c Lémonon 2007, p. 173.
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  40. a et b Jacques Giri, Les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme. Enquête sur les recherches récentes, Karthala, Paris, 2010, p. 88.
  41. Jacques Giri, Les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme. Enquête sur les recherches récentes, Karthala, Paris, 2010, p. 178.
  42. Jacques Giri, Les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme. Enquête sur les recherches récentes, Karthala, Paris, 2010, p. 172.
  43. Mimouni 2012, p. 445.
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  45. S. G. F. Brandon, Jésus et les Zélotes, Flamarion, Paris, 1975, p. 292.
  46. S. G. F. Brandon, Jésus et les Zélotes, Flamarion, Paris, 1975, p. 291 et note no 2 de la même page.
  47. Raymond Edward Brown, The Gospel according to John XIII-XXI, New-York, 1970, p. 871 et La mort du Messie, p. 909-910 ; cité par Lémonon 2007, p. 176.
  48. a et b Paul Winter, Pilate in history and in christian tradition, in Marginal Notes on the Trial of Jesus, p. 72.
  49. a et b Passage écrit vers l'an 40 par Philon d'Alexandrie, Légation à Caïus, 38, texte en ligne sur remacle.org.
  50. a, b, c, d et e Paul Winter, Pilate in history and in christian tradition, in Marginal Notes on the Trial of Jesus, p. 76.
  51. a et b Lémonon 2007, p. 258
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  53. a, b et c S. G. F. Brandon, Jésus et les Zélotes, Flamarion, Paris, 1975, p. 294.
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  55. Paul Winter, Géza Vermes, On the Trial of Jesus, 1974, Walter de Gruyter, Berlin - New York, p. 142.
  56. Blanchetière 2001, p. 439.
  57. a et b Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 482.
  58. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 489.
  59. a et b Michel Quesnel, « Jésus et le témoignage des Évangiles », in Pierre Geoltrain (Dir.), Aux Origines du christianisme, Gallimard / Le Monde de la Bible, 2000, Paris, p. 206.
  60. Témoignage chrétien, Joseph Ratzinger et la responsabilité des juifs, 17 Mars 2011.
  61. a et b Interview de René Barjavel, Pierre Desgraupes, ORTF, 16 octobre 1957, archive INA
  62. « Remonter aux sources », sur Le Réseau de diffusion des archives du Québec,‎ n.d. (consulté le 23 mars 2015)
  63. Roger Aubenas, La sorcière et l’inquisiteur : Épisode de l’Inquisition en Provence (1439), Aix-en-Provence, La pensée universitaire, coll. « Archives de Provence », (lire en ligne)