Léon XIII

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Léon XIII
Image illustrative de l’article Léon XIII
Photographié par Braun & Cie le 11 avril 1878.
Biographie
Nom de naissance Vincenzo Gioacchino Raffaele Luigi Pecci
Naissance
Carpineto Romano (Empire français)
Ordre religieux Ordre des Frères mineurs de saint François
Ordination sacerdotale par le card. Carlo Odescalchi
Décès (à 93 ans)
Rome (Royaume d'Italie)
Pape de l'Église catholique
Élection au pontificat (à 67 ans)
Intronisation
Fin du pontificat
(25 ans et 5 mois)
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal
par le pape Pie IX
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de Saint-Chrysogone
Évêque de l'Église catholique
Ordination épiscopale par le card. Luigi Lambruschini
Camerlingue de la Sainte Église romaine
Archevêque de Pérouse
Nonce apostolique en Belgique
Archevêque titulaire de Damiette (de)

Signature de Léon XIII

Blason
Lumen in cœlo
(« Une lumière dans le ciel »)[1]
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Vincenzo Gioacchino Raffaele Luigi Pecci, né le à Carpineto Romano et mort le à Rome, est le 256e évêque de Rome et donc « successeur de Pierre » et pape de l'Église catholique, qu'il gouverna sous le nom de Léon XIII (nom latin : Leo XIII ; nom italien : Leone XIII) de 1878 à 1903. Il est enterré dans la basilique Saint-Jean-de-Latran, cathédrale de Rome.

Son pontificat aura été l'un des plus longs de l'histoire, avec ceux de Pie IX et de Jean-Paul II. Ce pontificat est marqué par diverses initiatives, notamment 86 encycliques, la relance des études thomistes et surtout l'encyclique Rerum novarum (1891), consacrée à la doctrine sociale de l'Église catholique.

Léon XIII a été le premier pape à être filmé[2].

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Vincenzo Gioacchino Raffaele Luigi Pecci est né au Palazzo Pecci à Carpineto Romano près de Rome. Suite aux victoires militaires de Napoléon Ier, cette partie de l'Italie centrale dépendait alors des 130 départements du Premier Empire français. Il est le fils du comte Lodovico Pecci (colonel de la milice locale) (1767–1833) et de la comtesse née Anna Prosperi-Buzi (1773–1824), qui ont six autres enfants[3], dont le futur cardinal Giuseppe Pecci (1807–1890). Les origines de sa famille remontent avec certitude en 1531 lorsqu'Antoine Pecci (ancêtre à la onzième génération agnatique du souverain pontife) acquiert dans les monts Lépins une petite terre dépendant de Carpineto. Il y fait souche : ses descendants demeurent dans la région durant plus de quatre siècles. Dès le XVIIIe siècle, on compte dans la famille Pecci plusieurs membres occupant des fonctions ecclésiastiques (un curial de la Rote, un protonotaire apostolique, un commissaire de la Révérende Chambre)[4].

Formation et carrière de prélat[modifier | modifier le code]

En , Vincenzo Gioacchino Pecci devient élève au collège des jésuites de Viterbe[5], avant d'entrer en 1824 au Collegium romanum[6] des Jésuites de Rome, avec son frère qui devient ensuite jésuite. Il poursuit ses études à l'Académie des nobles ecclésiastiques qui prépare les futurs diplomates du Saint-Siège. Il est reçu docteur en théologie en 1836 puis docteur en droit in utroque jure, à Rome. Il est ordonné prêtre le .

Ses qualités universitaires le font remarquer par le cardinal Lambruschini qui le présente au pape Grégoire XVI. Il est bientôt nommé « prélat de Sa Sainteté ».

Fonctions diplomatiques[modifier | modifier le code]

Vincenzo Gioacchino Pecci, nonce apostolique à Bruxelles.

Nommé légat pontifical à Bénévent, enclave pontificale dans le royaume de Naples, les mesures énergiques du jeune prélat de 27 ans mettent fin au banditisme. Désigné légat pontifical à Spolète, le pape Grégoire XVI le transfère finalement à la légation pontificale de Pérouse[7]. Il y organise la visite de Grégoire XVI dans ce diocèse de 20 000 habitants. Il y participe à la création d'une caisse d'épargne.

En 1843, il est nommé archevêque titulaire (ou in partibus) de Damiette (de) et reçoit l'ordination épiscopale, qui lui est conférée des mains du cardinal Lambruschini. Il est alors âgé de 32 ans.

Il est aussitôt envoyé en tant que nonce apostolique en Belgique, le  ; le jeune diplomate met fin à une opposition entre les universités de Namur, tenue par les jésuites, et de Louvain. Il entre en contact avec la famille royale belge et bénit le prince héritier Léopold, duc de Brabant et futur roi Léopold II, fils aîné du roi Léopold Ier et de la reine Louise-Marie d'Orléans, âgé de 8 ans.

Il soutient l'opposition des députés catholiques contre le gouvernement de Jean-Baptiste Nothomb sur la question des jurys d'examen, opposition qui contraint le ministre à démissionner en . Le roi Léopold Ier, soucieux de ne pas froisser la majorité catholique, soutint cette opposition et proposera le nonce au cardinalat dans une lettre au pape Grégoire XVI[7]. Durant ce séjour belge, le comte Ferdinand de Meeûs, gouverneur de la Société générale de Belgique, lui expliquera la nécessité pour l'Église de s'intéresser à la nouvelle industrie et au monde ouvrier. N'avait-il pas lui-même créé en famille la Société du Crédit de la Charité ? Mgr Pecci devient ensuite en 1846 archevêque de Pérouse (jusqu'en 1877) et est nommé par Grégoire XVI cardinal in pectore, c'est-à-dire en secret. À la mort de Grégoire XVI la même année 1846, l'ouverture des archives secrètes du Vatican dévoile son titre de cardinal. Pie IX, qui avait répondu à la sollicitation de Léopold Ier en indiquant qu'il y pourvoirait « en temps convenable », lui décerne le « chapeau » en 1853. Il lui maintient en revanche son titre d'archevêque bien que Pérouse ne soit qu'un évêché. Le cardinal Pecci a 43 ans.

Archevêque de Pérouse[modifier | modifier le code]

Entre 1859 et 1866, le Royaume de Sardaigne, avec l'aide de la France de Napoléon III puis des Chemises rouges de Garibaldi, chasse les Autrichiens et leurs alliés de la péninsule, annexe leurs États ainsi que la moitié orientale des États pontificaux. Le roi Victor-Emmanuel II de Sardaigne se fait proclamer roi d'Italie, transfère sa capitale de Turin à Florence. Pérouse passe de la suzeraineté du pape à celle du roi d'Italie. L'indépendance de ce qui reste des États pontificaux ainsi que la ville de Rome sont protégées par l'armée française. En 1870, la défaite française face à la Prusse et la chute du Second Empire libère le roi d'Italie de la présence française et lui permet d'envahir puis d'annexer les États pontificaux et d'établir sa capitale à Rome. Les États pontificaux sont rayés de la carte. Le pape Pie IX se réfugie dans son Palais du Vatican où il se considère comme un otage ou un captif.

Devenu citoyen italien, le cardinal Pecci est un pasteur que l'on qualifierait aujourd'hui d'intransigeant. Il s'oppose avec hardiesse aux exigences des représentants du gouvernement anticlérical de Victor-Emmanuel II d'Italie[8] et condamne dans ses mandements les erreurs modernes[9] dans la ligne du Syllabus de Pie IX dont il avait d'ailleurs demandé la rédaction[10]. En septembre 1877, il est nommé cardinal camerlingue de la Sainte Église romaine.

Le conclave de 1878 et l'élection au pontificat[modifier | modifier le code]

Le pape Léon XIII.

Il est élu pape le , à l'âge de 67 ans. Le conclave de 1878 l'a peut-être choisi en raison de sa santé fragile et de son âge. La majorité des cardinaux souhaitait un pape de transition après le long règne de son prédécesseur[11]. Déjouant tout pronostic, il règnera pendant vingt-cinq ans, atteignant l'âge de 93 ans, inégalé depuis des siècles, et enterrant la plupart des ses électeurs. Son élection est saluée favorablement par le monde catholique.

Après le long pontificat de Pie IX (1846-1878), d'abord assez libéral puis très conservateur après le virage des révolutions de 1848, et par ailleurs à l'origine du Concile de Vatican I (1870) ayant proclamé l'infaillibilité pontificale, l'Eglise catholique découvre la figure de Léon XIII.

Les grands chantiers du pontificat[modifier | modifier le code]

Rerum novarum, ou la formalisation des fondements du catholicisme social[modifier | modifier le code]

Sur les pas des catholiques sociaux, tel que Frédéric Ozanam, il se saisit de la question ouvrière, tout d'abord par son appui à la Conférence internationale de Berlin en , puis dans l'encyclique Rerum Novarum du , il fustige « la concentration, entre les mains de quelques-uns, de l'industrie et du commerce devenus le partage d'un petit nombre d'hommes opulents et de ploutocrates, qui imposent ainsi un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires », mais, tandis que Friedrich Engels publie les parties 2 et 3 de l'œuvre, Le Capital, de Karl Marx, mort en 1883, Léon XIII condamne le marxisme comme une « peste mortelle » pour la société. Dans ce document, Léon XIII critique également le libéralisme et son régime de concurrence effrénée qui réduit les ouvriers à la misère, mais rejette le socialisme qui veut abolir la propriété privée, droit naturel, et instaurer la lutte des classes. Il recommande l'association fraternelle des travailleurs et l'intervention de l'État pour régler les rapports entre patrons et ouvriers.

En 1891, l'encyclique Rerum novarum est fondatrice du catholicisme social, évoquant les conditions de travail inhumaines de la classe ouvrière et les moyens pour les catholiques d’y remédier.

Aeterni Patris, ou la relance des études thomistes[modifier | modifier le code]

Au travers de plusieurs initiatives et documents[12], Léon XIII promeut l’étude de la philosophie thomiste au sein de l’Église, appuyant ce modèle sur l’enseignement de saint Thomas d’Aquin.

Thomas d'Aquin, aux origines du thomisme

Ce renouveau est initié dès 1879 par la promulgation le 4 août de l’encyclique Aeterni Patris sur la philosophie chrétienne et par la fondation le 15 octobre de l’Académie pontificale saint Thomas à Rome[13]. Un travail de fond est démarré de publication des œuvres de Thomas d'Aquin, de recherche d’ouvrages inédits, de vérification et de confrontation des sources et manuscrits existants[12].

Confiée aux dominicains à travers la Commission léonine, cette œuvre poursuit ses travaux jusqu'à nos jours[12].

Providentissimus Deus, une nouvelle impulsion donnée aux études bibliques[modifier | modifier le code]

Cet aspect de son pontificat reste trop souvent méconnu mais n'en demeure pas moins fondamental, car il a donné dans l'encyclique Providentissimus Deus, publiée en 1893, une impulsion aux études bibliques, demandant aux catholiques de pratiquer l'exégèse pour réfuter les accusations d'erreur dans la Bible. Cette encyclique réaffirme clairement le principe de l'inerrance biblique énoncé lors du concile Vatican I, et récuse la notion d'auteur pour les écrivains bibliques : la Bible, ayant Dieu pour auteur direct, ne peut contenir aucune erreur même concernant les faits scientifiques ou historiques[14]. Cette position sera remise en cause lors du concile Vatican II avec la constitution Dei Verbum[15].

Christoph Theobald pense que le cardinal Camillo Mazzella parlant des textes de la Bible comme « des choses et des assertions que Dieu a voulu faire écrire[16]. », a fortement influencé cette encyclique, de même que le cardinal Johann Baptist Franzelin. Dans la mesure où celle-ci, estime Theobald, considère que Dieu est « l'auteur littéraire » des Écritures et que « leur inspiration s'étend à toutes leurs parties », il conclut que cette école dite « romaine », dont font partie Mazzella ou encore Louis Billot, dont l'influence marque le texte, « prend des allures franchement fondamentalistes[17]. » C'est à ces conceptions que se heurtèrent, quelques années plus tard, Marie-Joseph Lagrange et surtout Alfred Loisy acteurs emblématiques de la crise moderniste[18].

Émile Poulat note cependant que Léon XIII, en 1903, peu avant de mourir, décida de dessaisir le Saint-Office et l'Index de la dénonciation portée contre Loisy par le Cardinal français Richard, instituant une « Commission internationale pour les questions bibliques » dont Loisy considéra les membres comme « à peu près tous honnêtes[19]. » L'abbé Loisy sera néanmoins destitué de sa chaire d’exégèse biblique à l'École française de Rome dès 1893.

Le pape du rosaire[modifier | modifier le code]

Alors que le dogme de l'Immaculée Conception a été promulgué par son prédécesseur Pie IX en 1854, Léon XIII publie pendant son pontificat onze encycliques sur le rosaire et une douzième sur la Vierge Marie, s'insérant dans la longue liste des papes ayant promu la pratique de cette prière[20].

  • Supremi apostolatus[21], le 1er septembre 1883, sur le Rosaire et la consécration de l’année 1883 au Rosaire, disponible en langue française sur le site du Saint-Siège,
  • Superiore Anno[21], le 30 août 1884, concernant les prières à réciter pendant le mois d’octobre,
  • Vi è Ben Noto[21], le 20 septembre 1887,
  • Octobri Mense[21], le 22 septembre 1891,
  • Magnae Dei Matris[21], le 8 septembre 1892,
  • Laetitiae Sanctae[21], le 8 septembre 1893,
  • Iucunda Semper Expectatione[21], le 8 septembre 1894,
  • Adiutricem populi[21], le 5 septembre 1895,
  • Fidentem Piumque Animum[21], le 20 septembre 1896,
  • Augustissimae Virginis Mariae[21], le 12 septembre 1897,
  • Diuturni Temporis[21], le 5 septembre 1898, à l’occasion du mois du Rosaire,
  • et Quamquam Pluries[21], le 15 août 1889, la 12ème encyclique mariale consacrée à l’urgence de prier la Vierge Marie et son époux saint Joseph.

Il publia également trois autres documents :

  • Le bref pontifical Salutaris Ille Spiritus, le 24 décembre 1883, pour exhorter à la prière quotidienne du rosaire
  • Le décret de la Congrégation des Rites sur la fête de N.-D. du Rosaire, le 11 septembre 1887, qui fixe la fête de Notre-Dame du Rosaire au 1er octobre.
  • La lettre apostolique Parta Humano Generi[22] le 8 septembre 1901, relative à la consécration du sanctuaire Notre-Dame du Rosaire, à Lourdes.

En 1883[23], il fera ajouter l'invocation "Notre-Dame du Rosaire" dans les Litanies de la Vierge Marie[24].

En 1900, il proclame Notre-Dame de Guadalupe comme sainte patronne des Amériques.

Enfin, 1903 voit le lancement d'un projet de réalisation dans les jardins du Vatican d'une réplique de la grotte de Lourdes[25], Lourdes en France où eurent lieu les apparitions mariales de 1858 à sainte Bernadette Soubirous.

Les dispositions à l'égard de la société civile et de la politique[modifier | modifier le code]

Elles sont marquées essentiellement au travers de trois encycliques.

L'encyclique Diuturnum sur l'origine du pouvoir civil[modifier | modifier le code]

Dans un contexte de plusieurs assassinats politiques lors de la fin du XIXème siècle, par exemple celui du tsar de Russie Alexandre II le 13 mars 1881, ainsi que de la fin des états pontificaux et du pouvoir temporel du pape, l'encyclique Diuturnum[21], parfois appelée Diuturnum illud, datée du 29 juin de la même année traite de l'origine du pouvoir civil.

Si le souverain pontife n'interdit point aux peuples telle ou telle forme politique qui s'adaptera le mieux « ou à leur génie propre, ou à leurs traditions et à leurs coutumes », en revanche il fait dériver toute autorité du pouvoir divin, au point que « résister au pouvoir de l'Etat, c'est s'opposer à la volonté divine, que refuser l'honneur aux souverains, c'est le refuser à Dieu ». Il préciser qu'une raison valable de désobéissance est reconnue dans le cas où des mesures enfreindraient la loi naturelle ou la volonté de Dieu. Rappelant l'erreur païenne où un chef ou un empereur s'attribue une autorité divine et revendique les honneurs divins, l'argumentaire de l'encyclique s'appuie notamment sur :

  • une réponse de Jésus-Christ à Ponce-Pilate durant le procès précédant sa Passion : « Tu n'aurais sur moi aucune puissance si celle que tu possèdes ne t'avait été donnée d'en haut »,
  • les recommandations des Pères de l'Eglise,
  • le témoignage des premiers chrétiens qui, persécutés par l'autorité impériale romaine, préféraient témoigner de leur foi au prix de leur vie plutôt que de l'abjurer, mais n'entraient pas en sédition vis-à-vis du pouvoir.

Autres encycliques sur ce thème[modifier | modifier le code]

Les deux autres encycliques sont :

Une série de condamnations[modifier | modifier le code]

La condamnation du divorce[modifier | modifier le code]

En 1880, Léon XIII publie Arcanum Divinae, une première encyclique sur le mariage, qui veut en rappeler le sens authentique et s’attacher à condamner le divorce. Le XIXème siècle assiste à une cristallisation ample et ouverte de remise en cause du mariage chrétien et de séparation de plus en plus marquée de route entre l’Église catholique et les États. En France par exemple, si la révolution promulgua une loi sur le divorce en 1792 abrogée en 1816, le sujet redevint d’actualité, le rétablissant en 1884.

La condamnation de la franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

En avril 1884 dans son encyclique Humanum Genus, contre la franc-maçonnerie, il énumère les nombreuses condamnations de celle-ci par ses prédécesseurs, constituant en cela un autre volet du manifeste catholique du contre-modernisme. Cette condamnation restera constante par la suite[26], notamment par la note publiée en 1983 par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi[27]. constante Cependant, il n'est pas victime de l'affaire Léo Taxil qu'il dénonce comme un canular.

En 1885, l'encyclique Immortale Dei précise les rapports que les catholiques doivent entretenir avec les États contemporains et les idées politiques de leur temps.

La condamnation de l'esclavage et de la traite humaine[modifier | modifier le code]

En 1899, il rappelle dans l'encyclique In Plurimis l'opposition du christianisme à l'esclavage et la traite humaine, en opposition avec la dignité de tout baptisé, notamment au Brésil, mais aussi au Soudan et à Zanzibar.

Le gouvernement de l'Église et du Saint-Siège sous le pontificat[modifier | modifier le code]

D'une manière générale, la seconde moitié du XIXème siècle témoigne d'une accélération réformatrice, aux causes multiples : la floraison de nouvelles idées, la centralisation romaine, les rapports plus étroits et plus fréquents entre Rome et toutes les Églises du monde chrétien, les suites du Concile de Vatican I, ou encore, plus généralement, les transformations structurelles de la société tout entière.

La question romaine[modifier | modifier le code]

Suite à l'occupation des anciens États pontificaux et de Rome elle-même par les troupes italiennes en 1870, et tout comme son prédécesseur Pie IX, Léon XIII s'affirme Prisonnier du Vatican, revendiquant ainsi ses droits à la souveraineté temporelle sur les États pontificaux toujours considérés comme usurpée par Victor-Emmanuel II d'Italie décédé quelques semaines avant son élection et auquel a succédé son fils Humbert Ier d'Italie.

Le , Léon XIII dissout officiellement les États pontificaux, mettant ainsi la papauté en accord avec la réalité politique.

Encouragement de l'Association des chevaliers pontificaux[modifier | modifier le code]

Entre 1860 et 1870, près de 11 000 volontaires catholiques du monde entier ont défendu par les armes le pouvoir temporel du pape Pie IX, en fin de compte perdu au profit de l’unité italienne. Prêts à se sacrifier[28], ils avaient rejoint un corps spécialement créé pour eux : les Zouaves pontificaux.

Vingt ans plus tard, en 1890, le comte français de Poli fonda une association, approuvée par le Saint-Siège, sous le nom de « Noble Association des Chevaliers Pontificaux » : il souhaitait réunir des catholiques notamment français ayant reçu une décoration pontificale dans un esprit de charité, d’assistance mutuelle et de fidélité à la papauté. Léon XIII bénit et encouragea cette initiative[29].

La création de cardinaux[modifier | modifier le code]

Au cours de son pontificat, Léon XIII a créé 147 cardinaux au cours de 27 consistoires. Si la plupart étaient d'origine italienne, il créa une vingtaine de cardinaux français, dont les plus connus furent le cardinal Pie et le cardinal Lavigerie.

C'est également lui qui créa Joseph Sarto cardinal, son successeur sous le nom de saint Pie X. Parmi les autres cardinaux célèbres, l'anglais John Henry Newman, le frère du pape Léon XIII, Giuseppe Pecci, l'américain James Gibbons, auteur d'ouvrages et très actif dans la cause ouvrière, le français Benoît Langénieux (1824-1905), évêque de Tarbes puis archevêque de Reims, Elzéar-Alexandre Taschereau (1820-1898), premier cardinal canadien,

Enfin, Carlo Christofori est le dernier prélat catholique qui n'était pas prêtre au moment de sa création comme cardinal en 1885.

L'ouverture des archives du Vatican[modifier | modifier le code]

Sceau des Archives Apostoliques du Vatican, avec des emblèmes de la papauté : les clés de saint Pierre et la tiare pontificale

Alors que la fin du siècle est marquée par un climat anticlérical et globalement hostile au catholicisme, Léon XIII lance dès le début de son pontificat un ambitieux programme d'approfondissement de la recherche historique concernant la papauté et l'Église.Les Archives privées apostoliques du Vatican, devenues en 2109 Archives apostoliques du Vatican sont les archives centrales du Saint-Siège, regroupant tous les actes et documents concernant le gouvernement et l'activité pastorale du pape et des organismes du Saint-Siège, dont la Curie romaine. Elles sont parfois qualifiées à tort de « secrètes » dans la mesure où cet adjectif est à comprendre dans le sens qu’on lui donnait autrefois, c’est-à-dire « privé » ou « réservé au souverain »[30]. En 1881, Léon XIII décide de commencer à les ouvrir à la libre consultation des chercheurs et universitaires. Le cardinal bavarois Joseph Hergenröther en est nommé premier préfet.

Dans cet élan, le pape Léon XIII instaure également :

Les papes suivants poursuivront et étendront l'accès aux Archives[30].

La révision de l'index (des livres interdits)[modifier | modifier le code]

Instauré à l'issue du concile de Trente (1545-1563), l'Index était une liste d'ouvrages éditée par Rome que les catholiques n'étaient pas autorisés à lire, parce qu'immoraux ou contraires à la foi catholique. Si Pie IX en restreignit déjà sa portée, Léon XIII entreprit une révision importante avec l’Index leonianus, formalisée par la constitution apostolique Officiorum ac Munerum [31]du 25 janvier 1897, restructurant, adoucissant et simplifiant l'Index, tant sur la méthode et les procédures que sur la liste elle-même [32].

Enseignement, initiatives et décisions apostoliques[modifier | modifier le code]

Béatifications et canonisations[modifier | modifier le code]

Au cours de son pontificat, le pape Léon XIII a présidé 4 cérémonies de canonisations, proclamant un total de 27 saints donnés comme modèles et intercesseurs aux croyants. Si la plupart sont d'origine italienne, trois français parviennent aux « honneurs des autels » selon l'expression consacrée : saints Benoît-Joseph Labre, Pierre Fourier et le plus connu des trois, saint Jean-Baptiste de la Salle, fondateur de l'ordre des Frères des écoles chrétiennes, dédié à l'enseignement et à la pédagogie.

La proclamation de quatre Docteurs de l'Église[modifier | modifier le code]

Parmi les 35 Docteurs de l'Église reconnus comme tels par l'Église catholique, plusieurs le devinrent à partir des années 1830 (la dernière désignation remontant à 1754), essentiellement des français d'ailleurs (saints Pierre Damien, saint Bernard, Hilaire de Poitiers, Alphonse de Liguori et François de Sales), et dans cette accélération de dynamique, quatre le furent sous le pontificat de Léon XIII[33], tous Pères de l'Église :

La proclamation de titres de saints patrons[modifier | modifier le code]

  • Le 4 août 1880, en application de la politique de relance des études thomistes, saint Thomas d’Aquin comme patron des Universités, des Académies et des Écoles catholiques[12].
  • En 1886 saint Jean de Dieu comme patron des malades et hôpitaux, patronage qui sera étendu en 1930 aux personnels infirmiers[34].
  • En 1897, l'espagnol saint Pascal Baylon[35], frère mineur du XVIème siècle, comme patron des congrès et des associations eucharistiques[36].

La rencontre avec la future sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus[modifier | modifier le code]

Illustration de la rencontre entre Léon XIII et la future sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus

En novembre 1887, Thérèse Martin, la future sainte Thérèse de Lisieux, est en pèlerinage à Rome avec le diocèse de Coutances. Le 20 novembre, le pape Léon XIII les reçoit en audience. Désobéissant au protocole, Thérèse Martin profite alors du moment où elle salue le Saint-Père pour lui demander, en l'honneur de son jubilé (il fête alors ses cinquante ans de sacerdoce), l'autorisation d'entrer au Carmel nonobstant son jeune âge - 15 ans, autorisation jusqu'alors refusée, tant par son père que par les autorités religieuses du diocèse et du Carmel de Lisieux. Au cours de ce bref dialogue, qui surprend et agace l'entourage des deux protagonistes, le Pape suggère avec bienveillance dans un premier temps « Mon enfant, faites ce que les supérieurs vous diront », puis il prend congé d'elle en la bénissant et en lui indiquant « Allons, allons, vous entrerez si le Bon Dieu le veut. »[37]. Si la réponse semblait un peu évasive et l'avait laissée déçue, la jeune fille entra au Carmel de Lisieux quelques mois plus tard, le 9 avril 1888.

Le culte du Sacré Cœur[modifier | modifier le code]

Il en est question dans une des dernières encycliques de Léon XIII, Annum Sacrum, donnée le , portant sur la consécration du genre humain au Sacré Cœur.

La relance du pèlerinage à saint Jacques de Compostelle[modifier | modifier le code]

Léon XIII authentifia la découverte des ossements retrouvés sous la cathédrale par l’archevêque de Compostelle comme étant les reliques de saint Jacques. Dans sa Lettre apostolique de 1884 Deus omnipotens, il rappelle avec force détails l’origine de Compostelle, reposant sur « une tradition orale constante, répandue partout, qui remonte jusqu'aux temps apostoliques et confirmée d'ailleurs par des Lettres publiques de Nos Prédécesseurs », évoquant à plusieurs reprises la présence à Compostelle du tombeau de l’apôtre sans la mettre en doute[38].

C'est la reprise des voyages vers saint Jacques de Compostelle, qui s'accéléreront particulièrement suite à la visite sur place du pape Jean-Paul II en 2010.

La création de l'ordre pontifical Croix Pro Ecclesia et Pontifice[modifier | modifier le code]

Médaille Pro Ecclesia et Pontifice, instituée par Léon XIII

Littéralement « Pour l’Église et pour le Pape », la distinction Pro Ecclesia et Pontifice a été instituée par Léon XIII le 17 juillet 1888 à l'occasion de son jubilé sacerdotal (50 ans de prêtrise), et étendue en 1898 pour récompenser des services rendus à l'Eglise catholique. Elle est en forme de croix grecque sur laquelle sont représentés saint Pierre et saint Paul, surmontés des armoiries pontificales. Le ruban est blanc et jaune, aux couleurs du Vatican. L’impératrice Zita, la princesse Benedikte de Danemark et la reine Fabiola de Belgique en furent des récipiendaires célèbres.

Les relations avec les ordres religieux[modifier | modifier le code]

Il réorganise les grands ordres en particulier l'ordre de Saint-Benoît en fondant la confédération bénédictine en 1893 par le bref Summum semper.

Les relations avec l'orthodoxie[modifier | modifier le code]

Léon XIII considère que le contexte politico-religieux marqué par le déclin de l'Empire ottoman et la formation de nouveaux États dans l’Europe danubienne et balkanique paraît favorable à des initiatives en direction des populations orthodoxes dont l’émancipation nationale s’accompagne en général de la revendication de l’autonomie ecclésiastique. Plusieurs initiatives voient le jour, notamment la tenue du Congrès eucharistique à Jérusalem en 1893 - où le pape se fait représenter par son légat le cardinal Benoît Langénieux, la création d’une commission pontificale pour la « réunion des Églises dissidentes », la reprise de liens diplomatiques avec la Russie ou encore la publication le 20 juin 1894 d'une encyclique « unioniste » Praeclara gratulationis [39]. Ces initiatives resteront sans réelle suite concrète dans le domaine des relations interconfessionnelles[40], voire encore empreintes de polémiques.

La diplomatie de Léon XIII[modifier | modifier le code]

Le souverain pontife doit compter avec l'anticléricalisme français qui expulse les congrégations, le Kulturkampf prussien qui tente de mettre sous tutelle de l'État les catholiques allemands, la méfiance de l'Italie mais aussi par exemple l'instabilité politique chronique de l'Espagne. Dans tous ces pays de longue tradition chrétienne en voie de laïcisation, le pouvoir du clergé est combattu, tandis que des théories révolutionnaires prônant la violence telles que le nihilisme russe ou l'anarchisme, se développent. L'autorité est aussi largement agressée : le tsar de Russie Alexandre II est assassiné en 1881, l'impératrice d'Autriche en 1898, le roi d'Italie en 1900.

Relations du Saint-Siège avec la France[modifier | modifier le code]

Le monument de Léon XIII dans la basilique Saint-Jean-de-Latran, Rome.

Devant les appels au renversement des institutions par certains catholiques français[41], Léon XIII rappelle la doctrine traditionnelle de la soumission des sujets à tous les gouvernements, quelle que soit leur forme (Toast d'Alger, encyclique Au milieu des sollicitudes et lettre Notre Consolation[42]). Il demande une réconciliation des différents courants politiques et l'union de « tous les gens honnêtes » pour contrer le parti anticlérical au pouvoir et parvenir à la mise en sourdine, sinon à la suppression, des lois antireligieuses, comme en Allemagne.

L'opposition d'une partie notable de catholiques aux directives de Léon XIII, à la suite de quelques figures influentes — souvent laïques — de l'Église de France, semble davantage idéologique que politique, plus gallicane que favorable au principe monarchiste. L'opposition à ce qui sera désormais nommé le Ralliement, a d'ailleurs pour origine, dès la fin de l'année 1892, les écrits d'Émile Dillon, un ami d'Alfred Loisy (dans un article anonyme de la Contemporary Review d'), relayé sinon plagié par un protestant allemand Friedrich Heinrich Geffcken (dans Léon XIII devant l'Allemagne[43]) et un ancien ministre piémontais Ruggiero Bonghi. Ces trois auteurs semblent s'être inspirés de La société de Rome[44] écrit anticlérical d'Henri Durand-Morimbau dit Henri des Houx sous le pseudonyme de Comte Paul Vasili. Le jésuite Salvatore Brandi s'employa non sans succès, au début de l'année 1893, à réfuter Émile Dillon et Friedrich Heinrich Geffcken dans une série d'articles de la Civiltà Cattolica, reprise en France dans l'Univers et la Revue des deux mondes (puis rassemblés en brochure La politique de Léon XIII[45]).

L'opposition aux directives du pape, sans être majoritaire dans une Église de France profondément marquée par l'école ultramontaine (Louis-Édouard Pie, Louis-Gaston de Ségur, Louis Veuillot, entre autres), influença néanmoins un certain nombre de catholiques ; ainsi, « les dames dévotes de Bretagne et d'Anjou priaient pour la conversion du pape »[46] ; certains vont même jusqu'à soutenir qu'au véritable Léon XIII on a substitué un sosie ; Les Caves du Vatican contiennent une allusion à cette fable qu'on a répétée avec Paul VI. La comtesse de Pange raconte[47] que son père, le duc de Broglie, a coutume d'inviter à déjeuner une ou deux fois par an les curés du voisinage ; l'un d'eux, un peu échauffé par le vin de champagne dont il n'a pas l'habitude, n'hésite pas à lancer au dessert un : « Et quand je pense à ce monstre de pape ! », qu'il refuse de retirer.

L'élévation de 22 basiliques mineures en France[modifier | modifier le code]

Prérogative du Saint-Siège, Léon XIII éleva 22 églises comme basiliques mineures en France, ce qui leur donna un titre honorifique et une dignité particulière[48] au sein des églises et des cathédrales.

Relations du Saint-Siège avec l'Empire allemand[modifier | modifier le code]

Léon XIII et Bismarck.

Les relations avec le nouvel Empire allemand (proclamé à Versailles le ) sont rompues depuis l'arrivée au pouvoir du chancelier Bismarck. Toute la diplomatie de Léon XIII sera tournée vers l'apaisement progressif du Kulturkampf. Entre 1871 et 1887, le prince de Bismarck veut renforcer autoritairement et unilatéralement la « solidarité » des composantes de l'Empire et ce, au détriment de l'Église (notamment en rabaissant le parti catholique du Zentrum dont l'un des fondateurs est l'évêque de Mayence Wilhelm Emmanuel von Ketteler). Ainsi, toute critique de l'Empire (cela inclut non seulement la Prusse, mais aussi la Rhénanie prussienne à majorité catholique) est punie de prison. Il veut en fait mater l'esprit d'autonomie des Lorrains récemment annexés (et qui ont élu député le très francophile évêque de Metz Paul Dupont des Loges) et des Polonais de Prusse, de Posnanie et de Silésie, populations catholiques qui trouvent en l'Église un refuge pour leurs activités patriotiques, et en même temps affaiblir l'identité catholique des pays rhénans, pas assez « prussiens » aux yeux du chancelier.

Ce sont les mêmes procédés qu'ailleurs, mais menés tambour battant : mariage civil obligatoire, dissolution de toutes les congrégations, contrôle sur la nomination et la formation du clergé, lois scolaires, etc. Nonobstant, le « chancelier de fer » doit reculer et en 1882, Léon XIII réussit à rétablir les relations diplomatiques avec la Prusse. Le pape a soutenu, avec un certain succès, les évêques dans leur appui aux actions sociales et à la formation d'associations de laïcs d'entraide de travailleurs. Les évêques soutiennent aussi le parti Zentrum dont Bismarck a besoin des voix. Ainsi en 1887, les congrégations peuvent progressivement revenir et les lois les plus répressives de la précédente période du Kulturkampf ne sont plus appliquées. Cependant à l'extérieur, à partir du renouvellement de la Triplice en février 1887, puis avec l'abandon du traité de réassurance avec la Russie en 1890, le pape s'inquiète du caractère offensif du dernier système bismarckien dirigé contre la France.

Relations du Saint-Siège avec le Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Depuis le milieu du XIXème siècle, l'Angleterre est traversée par un mouvement de conversion, dit le Mouvement d'Oxford, autour du cardinal Newman.

Dans ce contexte, après avant mandaté l'expertise d'un groupe d'experts réunis autour du cardinal Camillo Mazzella, Léon XIII clarifie la position de l'Église vis-à-vis de l'anglicanisme[49] par la lettre apostolique Apostolicae Curae du 13 septembre 1896. Ainsi donc, il déclare nul le rite d'ordination sacerdotal anglican.

En juin 1902, le jeune évêque Merry del Val représenta le pape au couronnement d’Edouard VII à Londres [50]. Il était alors âgé de 34 ans, et connaîtra une brillante carrière notamment comme secrétaire d'Etat de saint Pie X.

Relations avec l'Espagne[modifier | modifier le code]

En 1885, à la demande du roi Alphonse XII d'Espagne, il élève la capitale du pays, Madrid, au rang d'évêché et crée le Diocèse de Madrid.

Relations du Saint-Siège avec l'Autriche[modifier | modifier le code]

En 1889, il est confronté au Drame de Mayerling. L'empereur d'Autriche devra envoyer deux télégrammes pour obtenir la dispense permettant à son fils et héritier, mort dans des conditions scandaleuses, d'être inhumé chrétiennement. Le cardinal Mariano Rampolla del Tindaro sera soupçonné par le souverain autrichien de s'être opposé à cet acte de miséricorde du pape. L'empereur s'en souviendra. Lors du Conclave de 1903, il usera de son droit d'exclusive afin d'empêcher le prélat, pourtant favori, de ceindre la tiare pontificale.

Relations du Saint-Siège avec l'Empire russe[modifier | modifier le code]

Au début de son pontificat, Léon XIII envoie une missive au ton conciliant à l'empereur Alexandre II de Russie, dans laquelle il rappelle au bon souvenir du tsar l'existence de millions de ses sujets de confession catholique qui souhaitent vivre en loyaux sujets de l'Empire. L'empereur répond tout aussi courtoisement qu'il promet que ses sujets catholiques disposeront des mêmes droits que les autres. Les relations entre Pie IX et la Russie exécrables à cause de la question polonaise et rompues depuis 1870, Léon XIII fait un premier pas en publiant, le , une encyclique condamnant le socialisme, l'anarchisme et le nihilisme.

Léon XIII vers 1903.

Cela ne peut que plaire à Alexandre II (et à d'autres souverains européens), devant constamment se défendre contre des attentats visant sa personne ou celle de représentants du pouvoir impérial. À plusieurs reprises, Léon XIII fait lire des lettres en chaire, contre ces attentats. En réponse, des sièges épiscopaux reçoivent enfin l'approbation impériale et sont pourvus. Mais la question polonaise n'évolue guère : le Saint-Siège juge inacceptable l'usage du russe — langue administrative de l'Empire récemment imposée en Pologne — dans l'enseignement et le catéchisme. Plus encore, des Ruthènes en majorité uniates ont été obligés de se placer sous la juridiction canonique de l'Église orthodoxe.

Lorsqu'Alexandre II est assassiné, Léon XIII envoie, en 1881, au couronnement du nouvel empereur de toutes les Russies Alexandre III un prélat de haut rang pour le représenter. Alexandre III reconnaissant demande au pape d'exhorter les évêques de Pologne à ne pas apporter leur soutien aux mouvements patriotes polonais et à l'agitation politique. Les relations s'améliorent encore lorsque Léon XIII use de son influence pour rapprocher la Russie de la France. En effet, le pape voit d'un mauvais œil la création de la Triplice. Celle-ci réunit une Italie gouvernée par un ministère de gauche anti-clérical, tenté par l'expérience voisine du Kulturkampf de Bismarck, un Empire austro-hongrois miné par les nationalismes et un nouvel Empire allemand qui a chassé les congrégations de son pays et promulgué des lois anti-catholiques.

La France, affaiblie par sa défaite de 1870, a un régime politique considéré comme l'épouvantail d'une Europe monarchique ; mais la Russie a besoin des capitaux français pour se développer et pour se défendre d'une Allemagne trop orgueilleuse à ses frontières ; tandis que la France souhaite sortir de son isolement diplomatique et contrecarrer la puissance de la Triplice. Après la mort d'Alexandre III, la question des uniates et de la langue en Pologne est réglée. Un accord, en 1896, permet la fondation de nouveaux diocèses catholiques dans tout l'Empire. Nicolas II facilite le financement de la gestion du grand séminaire catholique de Saint-Pétersbourg, des églises catholiques sont construites dans les grandes villes commerçantes de Russie, tandis qu'en Pologne les derniers sièges épiscopaux vacants sont pourvus.

Mais finalement Léon XIII, âgé et préoccupé par des questions plus urgentes, ne cueille pas les fruits de sa politique. La nonciature de Saint-Pétersbourg ne rouvre pas.

Relations du Saint-Siège avec l'Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

En 1899, par la lettre apostolique Testem benevolentiæ nostrae, il redresse certaines conceptions du catholicisme aux États-Unis - le libéralisme et le pluralisme religieux - en condamnant l'américanisme.

Au Canada, après l'envoi d'un premier visiteur apostolique à la fin du pontificat de Pie IX, Léon XIII en envoya un second (en 1883-1884), puis monseigneur Merry del Val (en 1897), et enfin y créa formellement une délégation apostolique le 3 août 1899[50].

Relations du Saint-Siège avec le Proche et le Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

La création de la Médaille du Pèlerin[modifier | modifier le code]

L'intérêt des voyages au Proche-Orient se développe à partir du milieu du XIXème siècle[51], et en particulier les pèlerinages en Terre Sainte s’intensifient . Léon XIII, qui bénissait et encourageait les pèlerins sur le chemin des Lieux Saints, voulut leur donner un gage de son approbation qui soit, en même temps, un souvenir spécial de ce voyage. Pour ce faire, il institua le 2 mai 1901, la Médaille du Pèlerin, une médaille en forme de croix de Terre Sainte, destinée à tous ceux qui effectuaient le saint pèlerinage, comme un signe visible d'une réalité atteinte, vécue et gravée dans leur cœur[52].

Accrochée à un ruban de soie rouge, avec au centre quatre rayures céruléennes et garni d’une bordure blanche et jaune aux couleurs du Saint-Siège, la médaille est frappée en bronze, en argent ou en argent plaqué or. Sur chacune des branches de la croix, quatre mystères de la vie du Christ sont représentés : l'Annonciation, la Nativité, le Baptême et l'Institution de l'Eucharistie[52].

Relations avec les autres églises[modifier | modifier le code]

Parmi les créations cardinalices, Léon XIII choisit Antoine-Pierre IX Hassoun, patriarche de l'église catholique arménienne, lors du consistoire de 1880.

Relations du Saint-Siège avec l'Asie[modifier | modifier le code]

Léon XIII s'intéresse aux développements de l'Eglise catholique en Asie.

Inde - La lettre apostolique Humanae salutis [53] datée du 1er septembre 1886 établit la hiérarchie catholique en Inde, alors sous domination anglaise. Quelques années plus tard, l'encyclique Ad Orientis extremas oras [54](24 juin 1893) poursuit l'œuvre d'évangélisation dans ce pays en mettant l'accent sur la fondation de séminaires pour la formation d’un clergé autochtone ainsi que sur l'extension de postes missionnaires dans les régions non-chrétiennes du pays.

À partir des années 1880, Léon XIII relance des missions pontificales en Extrême-Orient et y noue des relations diplomatiques[55].

Japon - Il rencontre Yamamoto Shinjiro qui est reçu en audience en tant que Japonais catholique. Il l'encourage à persévérer et répandre la foi catholique en son pays. Benoît XV continuera son œuvre dans ce sens.

La fin du pontificat[modifier | modifier le code]

Dégradation de sa santé[modifier | modifier le code]

Le , le pape, alors nonagénaire, rapporte de légers sentiments de dyspepsie. Léon XIII contracte initialement un rhume lors d'une sortie le , mais celui-ci dégénère une pneumonie. Cette nuit-là, il perd connaissance. Lorsqu’un médecin est appelé au chevet du pape, il détermine que l'huile de ricin avec laquelle Léon XIII avait tenté de se soigner avait dérangé son estomac et aggravé son état. Les neveux du pape sont immédiatement informés de la maladie de leur oncle, tout comme les cardinaux Mariano Rampolla del Tindaro et Luigi Oreglia di Santo Stefano, en leurs qualités respectives de secrétaire d'État et de Camerlingue de la Sainte Église romaine. Le , le pape fait sa dernière confession au cardinal Serafino Vannutelli. Le jour-même, il perd l'appétit et souffre d'essoufflements. Le lendemain, le médecin déclare qu’une hépatisation affecte les lobes supérieur et moyen du poumon droit, tandis que Léon XIII souffre d'une faiblesse cardiaque considérable et de difficultés respiratoires malgré l'absence de fièvre ou de quintes de toux. Ce même jour, après avoir reçu les sacrements, le pape déclare : « Je suis maintenant près de ma propre fin. Je ne sais pas si tout ce que j'ai fait a été bon, mais j'ai certainement obéi à ma conscience et à notre foi ».

La dépouille embaumée du pape Léon XIII exposée dans la Basilique Saint-Pierre de Rome, lors de ses funérailles, le .

Le 6 juillet, on administre au pape une injection pour le soulager de la douleur qu'il ressent, alors qu'on rapporte que la pneumonie qu'il a contractée commence à se propager au poumon gauche. Le pape, qui avait un pouls imperceptible, a eu une nuit agitée et a dû recevoir de l'oxygène. Ce matin-là, il laisse entendre à ceux qui l’entourent qu'il préférerait que le cardinal Girolamo Maria Gotti lui succède lors du prochain conclave. Lorsque les médecins demandent au pape de se reposer, afin de ne pas aggraver davantage sa santé déclinante, Léon XIII a déclaré « Si cela ne pouvait être utile, mais je ne crois pas que cela le serait. Le bref reste de ma vie doit être dévoué à Dieu et à l’Église, pas à mon pauvre confort ». Le pape perd connaissance mais se réveille pour recevoir les sacrements à 21 h, avant de vivre une nouvelle nuit agitée. Léon XIII ne dort que trois heures, mais une douleur intense le contraint à se réveiller immédiatement, le souverain pontife se plaignant de douleurs des deux côtés du thorax qui obligent les médecins à le déplacer afin de lui offrir un meilleur confort. Sa situation devient réellement critique dans après-midi, où il reçut les Derniers Sacrements, alors que ses médecins constataient une soudaine détérioration. Le 7 juillet, le pape, affaibli, demande qu'on ouvre les volets de sa fenêtre, déclarant : « Je souhaite revoir une fois de plus, peut-être pour la dernière fois, les rayons du soleil ». Dans les nuits suivantes, le pape souffre de plusieurs crises de toux, transpirant abondamment en raison de sa fièvre montante. La santé de Léon XIII s’améliore légèrement le , lorsqu’il reçoit des pèlerins hongrois. Cependant, épuisé, il s’effondre peu après cette ultime réunion.

Décès et funérailles[modifier | modifier le code]

Après plus de 25 ans de règne, le pape Léon XIII meurt le à 15 h 50, dans sa chambre du Palais du Vatican après s’être confessé une dernière fois, à l’âge de 93 ans. Les membres du Saint-Siège ont annoncé l'heure de sa mort à 16h04 lorsqu’elle fut formellement confirmée. Officiellement, le pape est mort d'une pneumonie, suivie d'une pleurésie hémorragique.

Lors de ses funérailles, le , le corps du pape est exposé dans la Basilique Saint-Pierre de Rome, avant qu’il n’y soit inhumé. En 1924, vingt-et-un ans après sa disparition, son cercueil est finalement transféré dans la Basilique Saint-Jean-de-Latran.

Le conclave de 1903[modifier | modifier le code]

Joseph Sarto sera élu pape en 1903, succédant à Léon XIII, et prenant le nom de Pie X.

L'état d'esprit du pontificat[modifier | modifier le code]

La question romaine a dépouillé le pape de son pouvoir temporel, réduit à la Cité du Vatican. Léon XIII inaugure donc un nouveau style de pontificat, et fait entrer l'Eglise dans le XXème siècle :

Quand le cardinal Vincenzo Gioacchino Pecci est élu pape sous le nom de Léon XIII le 20 février 1878, la papauté se trouve dans une situation tout à fait inédite : elle n’est plus souveraine sur le plan temporel, elle ne dispose plus d’aucun support territorial. Le mérite de Léon XIII sera d’en tirer les conséquences et d’inventer une nouvelle façon d’exercer le ministère suprême dans l’Église ou, si l’on préfère, la façon d’ « être pape » dans le contexte d’une société moderne en voie de constante démocratisation et sécularisation. La papauté nouvelle qu’il incarne, détachée de toute préoccupation liée à des intérêts de nature temporelle et prenant progressivement conscience du rôle de l’opinion publique dans la vie politique des États démocratiques contemporains, se veut une papauté ouverte à l’universel, s’efforçant d’exercer une sorte de magistère moral sur le monde des nations[56].

Léon XIII n'en resta pas moins convaincu de la primauté devant être accordée à Dieu et ancrée dans l'Eglise catholique :

La conviction qu’exprimait Léon XIII, dans sa première encyclique Incrustabili Dei concilio (21 avril 1878), était que « tous les maux » de la société moderne avaient « leur principale cause dans le mépris et le rejet de cette sainte et très auguste autorité de l’Église qui gouverne le genre humain au nom de Dieu, et qui est la sauvegarde et l’appui de toute autorité légitime »[57].

Un pape « intellectuel »[modifier | modifier le code]

Léon XIII vers 1898

On a pu considérer que les encycliques du pape Léon XIII — au nombre de quatre-vingt-six — étaient savantes et que peu de gens les ont lues jusqu'au bout, mais elles ont eu une influence notable sur la participation des catholiques aux grands débats intellectuels et socio-politiques de leur époque (malgré le blocage politique en Italie depuis le Non expedit). Il a renouvelé l'enseignement des séminaires et des universités pontificales, fait progresser les études bibliques et patristiques et ouvert les archives du Vatican.

Son « libéralisme »[modifier | modifier le code]

Léon XIII vers 1887

L'esprit « progressiste » de Léon XIII a souvent été opposé au « conservatisme » tant de son prédécesseur Pie IX que de son successeur Pie X.

Tout d'abord, le pape ne manque jamais de rappeler la primauté de la finalité divine - et des œuvres divines - par rapport aux choix humains, ainsi par exemple dans son encyclique Arcanum divinae (consacrée au mariage) :

C’est une loi de la divine providence que les institutions qui ont Dieu pour auteur se vérifient d’autant plus utiles et salutaires qu’elles restent davantage dans leur état primitif, intégralement et sans changement ; c’est qu’en effet le Dieu créateur de toutes choses savait fort bien ce qui convenait à l’établissement et à la conservation de chacune de ses œuvres ; il les a toutes, par sa volonté et son intelligence, ordonnées de telle sorte que chacune d’elles pût atteindre convenablement sa fin. Mais la témérité et la malignité des hommes veulent changer ou troubler l’ordre si providentiellement établi, alors les institutions les plus sages et les plus utiles commencent à devenir nuisibles, ou bien elles cessent d’être utiles, soit qu’elles aient perdu, par ce changement, leur vertu bienfaisante, soit que Dieu lui-même préfère infliger ce châtiment à l’audace des hommes.

Cependant, Léon XIII condamne clairement le libéralisme, la liberté des cultes, la liberté de la presse, la liberté d'enseignement et la liberté de conscience dans son encyclique Libertas Præstantissimum, ainsi que l'indifférentisme religieux et le laïcisme dans Immortale Dei.

À la suite de son prédécesseur, s'il développe une nouvelle forme d'intransigeantisme[57], foncièrement anti-moderne[58], auquel il donne une forme plus conquérante, qui s'attaque au présent[59] afin de « reprendre l'initiative »[58] et proposer « un catholicisme de mouvement »[60], c'est surtout la prudence qui caractérise son pontificat.

Le choix de Pie IX avait été, dans le Syllabus, de présenter la doctrine catholique en phrases courtes et lapidaires qui ont pu choquer sur le fond les lecteurs non catholiques et sur la forme un certain nombre de catholiques. Léon XIII, quant à lui, développe son sens de la pédagogie dans des encycliques, clarifiant la position de ses prédécesseurs et ouvrant la voie à ses successeurs, sur des thèmes traditionnels comme sur des thèmes nouveaux (la démocratie chrétienne dans son encyclique Graves de communi re).

Léon XIII a su renouveler la réception des encycliques dans un monde traversé par les idéologies qui vont s'affronter au XXe siècle. Il poursuit inlassablement sa défense de la liberté de l'Église face aux nouveaux problèmes de la modernité : rupture entre le prolétariat et les classes aisées, mainmise du pouvoir politique sur l'enseignement dans différents pays d'Europe, laïcisation des consciences, et problème de la dissolution des congrégations en France (encyclique Nobilissima Gallorum Gens) et dans d'autres pays.

Attributions de roses d'or[modifier | modifier le code]

Une Rose d’or, symbole de la Vierge et de la Jérusalem céleste, est une distinction que les papes, depuis le XIème siècle, peuvent attribuer lors du dimanche de Laetare à des personnalités ou à des sanctuaires, en signe d'hommage ou de reconnaissance[61]. Léon XIII en offrit quatre, chacune à une femme : la reine d'Espagne Marie-Christine en 1886, l'impératrice du Brésil Isabelle en 1888 en remerciement de son action contre l'esclavage, Amélie reine du Portugal en 189 et enfin Marie-Henriette reine des Belges en 1893.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Ses successeurs le citèrent régulièrement dans leurs écrits, notamment Pie XI, Pie XII, Paul VI et Jean-Paul II dans plusieurs de leurs encycliques.
  • Une rose blanche du nom de « Léon XIII » lui est dédiée en 1890[62].
  • En France, un collège de Chateauroux est nommé en son honneur[63].
  • Fait rare s'agissant d'un pape, les armoiries de Léon XIII et sa devise, Lumen in Cœlo, figurent au frontispice de l'église de Rennes-le-Château. Elles subissent toutefois une modification, la comète y étant représentée dans le sens inversé (c'est-à-dire se levant à l'Occident et tournée vers la droite) par rapport aux armoiries du pape.
  • Une rue de Bruxelles porte le nom de « Léon XIII »[64].
  • Une place de la ville de Luxembourg porte le nom de « Léon XIII »[65].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Don Gifford, Joyce Annotated: Notes for Dubliners and A Portrait of the Artist as a Young Man, University of California Press, , 106 p. (ISBN 978-0-520-04610-8, lire en ligne)
  2. « La plus vieille vidéo du Pape enfin colorisée. Le résultat est stupéfiant ! », Aleteia,‎ (lire en ligne)
  3. Lodovico Pecci (2.6.1767 - 8.3.1833) et son épouse Anna Francesca Prosperi (décembre 1772 - 5.8.1824), mariés le 27 novembre 1791, sont parents de sept enfants : 1) Carlo Ludovico (23.11.1793 - 29.8.1879), célibataire, 2) Anna Giovanna Francesca (23.5.1798 - 1870), 3) Caterina Maria Flaminià (3.11.1800 - 1867), épouse du chevalier Lolli de Ferentino, 4) Giovanni Battista (20.10.1802 - 28.3.1883), 5) Giuseppe (15.12.1807 - 8.2.1890), 6) Vincenzo Gioacchino (Léon XIII) et 7) Ferdinand (6.1.1816 - 1835) – source : Le Figaro, Supplément littéraire du dimanche - 31.12.1887.
  4. Henri Durand-Morimbau, Histoire de Léon XIII, Paris, 1900, p. 45-62.
  5. Henri Durand-Morimbau, Histoire de Léon XIII, Paris, 1900, p. 82.
  6. Le collège romain (université grégorienne) venait d’être rendu aux Jesuits par le pape Léon XII
  7. a et b de T'Serclaes, Le Pape Léon XIII, Desclée, De Brouwer, , t. 1, p. 66 ; sur la nonciature en Belgique, t. 1, ch. 3.
  8. de T'Serclaes, Le Pape Léon XIII, t. 1, Lille, Desclée, De Brouwer, , p. 164, Lettre au marquis Pepoli, du 21 février 1863.
  9. Œuvres Pastorales de S. E. le Cardinal Joachim Pecci, Lille, Soc. St Augustin, Desclée, .
  10. Abbé Pierre Hourat, Le « Syllabus » : étude documentaire, Paris, Bloud, , p. 7-8.
  11. Maurice Larkin, L'Église et l'État en France. 1905 : la crise de la séparation, Privat, 2004, p. 28.
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  13. (it) « The Pontifical Academy of saint Thomas Aquinas »
  14. Anthony Feneuil, « Coran dicté, Bible inspirée ? Ce serait trop facile… » (consulté le ).
  15. (en) Denis Farfasfalvy, « The Treatment of Inerrancy in Dei Verbum », dans Matthew L. Lamb et Matthew Levering, Vatican II: Renewal Within Tradition, Oxford University Press, (ISBN 9780195332681), p. 86-88
  16. Dans De virtutibus infusis. Praelectionnes schalistico-dogmaticae, 3e éd., Rome 1884, p. 526, cité par C. Theobald, dans « L'apologétique historique d'Affred Loisy » paru dans les Études historiques qui suivent la première édition du manuscrit inédit de Loisy, La crise de la foi dans le temps présent, Brepols, Tornhout, 2010, p. 587-693, p. 623.
  17. C. Theobald, article cité, p. 626.
  18. cf. par ex. Bernard Montagnes, Le père Lagrange, 1855-1938 : l'exégèse catholique dans la crise moderniste, Cerf, , 246 p. (ISBN 978-2-204-05131-6, lire en ligne)
  19. É. Poulat, Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste, Albin-Michel, Paris, 1996, p. 333.
  20. Vatican News (Jean Charles Putzolu), « Les Papes et la prière du Rosaire »,
  21. a b c d e f g h i j k l m n et o Site Internet du Vatican, « Léon XIII - Documents - Encycliques »
  22. Site Internet du Vatican, « Léon XIII - Documents - Lettres apostoliques »
  23. University of Dayton (marianistes), « Chronologie d’événements mariaux »
  24. site-catholique.fr, « Litanies de la Très Sainte Vierge Marie »
  25. Aleteia, « Quand le pape Léon XIII s’est rendu à la grotte de Lourdes sans sortir du Vatican »
  26. Véronique Jacquier, « Les papes contre la franc-maçonnerie », France Catholique,‎ (lire en ligne)
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  28. Laurent Gruaz, « L’extraordinaire chrétien chez les Zouaves pontificaux : Joseph-Louis Guérin (1838‑1860) mort en odeur de sainteté », Revue de l’histoire des religions, 3 | 2017,‎ (lire en ligne)
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  41. Paul de Cassagnac, Pour Dieu, pour la France, p. 521 (t. 1) « Le nom du gouvernement, en pareil cas, importe peu. Ce serait la royauté, il faudrait la renverser. Ce serait l’Empire, il faudrait le renverser. C’est la République, il faut la renverser. ».
  42. « Notre consolation (3 mai 1892) | Léon XIII », sur vatican.va (consulté le )
  43. Henrich Geffcken, Léon XIII devant l'Allemagne, Paris, Dentu, .
  44. Comte Paul Vasili, alias Henri Durand-Morimbau, alias Henri Des Houx, La société de Rome, Paris, Nouvelle Revue, .
  45. Salvatore Brandi, S. J., La politique de Léon XIII, Paris, Lethielleux, .
  46. Anatole France, l'Église et la République, 1904, réédité par BiblioLife, 2009, (ISBN 978-1-110-86759-2), p. 30.
  47. Comtesse de Pange, Comment j'ai vu 1900, Bernard Grasset, 1962.
  48. Laurent Ridel, « Les basiliques, des églises mal comprises », (consulté le )
  49. Bulle apostolique Apostolicæ Curæ, 1896.
  50. a et b Nonciature Apostolique au Canada, « Histoire »
  51. Comme illustré par exemple par les récits de voyage de l'écrivain Pierre Loti, dont Galilée, publié en 1896, disponible su Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773042w.
  52. a et b Custodie de la Terre Sainte, « La médaille du pèlerin »
  53. (la) Vatican - Léon XIII - Lettres apostoliques, « Litterae Apostolicae SS. D.N. Leonis XIII de hierarchica episcopali in Indiis orientalibus instituenda »
  54. (la) Vatican - Léon XIII -Encycliques, « Epistola SSMI D.N. Leonis XIII de collegiis clericorum in Indiis Orientalibus instituendis »
  55. Olivier Sibre, La Saint-Siège et l'Extrême-Orient (Chine, Corée, Japon) : de Léon XIII à Pie XII (1880-1952), École française de Rome, (ISBN 978-2-7283-0921-4).
  56. Philippe Chenaux, « L’exercice du Magistère pontifical depuis 1870: », Communio, vol. N° 255, no 1,‎ , p. 65–73 (ISSN 0338-781X, DOI 10.3917/commun.255.0065, lire en ligne, consulté le )
  57. a et b Bernard Laurent (préf. Émile Poulat), « Léon XIII ou le renouveau de l'intransigeantisme », dans L'enseignement social de l'Église et l'économie de marché, Parole et Silence, (ISBN 9782845735552), p. 99-105
  58. a et b Danièle Hervieu-Léger, Vers un nouveau christianisme ? : Introduction à la sociologie du christianisme occidental, Cerf, , 395 p. (ISBN 978-2-204-08742-1, lire en ligne), p. 254
  59. Émile Poulat, Catholicisme, démocratie et socialisme, Casterman, , 562 p. (ISBN 978-2-203-29054-9, lire en ligne), p. 115
  60. Émile Poulat, Catholicisme, démocratie et socialisme, Casterman, , 562 p. (ISBN 978-2-203-29054-9, lire en ligne), p. 104
  61. Aleteia, « Pourquoi le Pape offre-t-il des roses dorées chaque année ? »,
  62. Journal des roses, 1896, page 41 et suivantes.
  63. « Accueil », sur Léon XIII (consulté le )
  64. « Rue Léon XIII – Inventaire du patrimoine architectural », sur monument.heritage.brussels
  65. « Place Léon XIII, Luxembourg (Bonnevoie) »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Monseigneur t'Serclaes, Le pape Léon XIII, 2 tomes, livre préfacé par Monseigneur Louis Baunard.
  • Bernard O'Reilly, Vie de Léon XIII, Paris & Bruxelles, 1887.
  • R.P. Lecanuet, Les signes avant-coureurs de la Séparation. Les dernières années de Léon XIII et l'avènement de Pie X, coll. L'Église de France sous la Troisième République, Paris, Librairie Félix Alcan, 1930.
  • Charles Bronne, L'Industrie belge et ses animateurs, Desoer, Liège, s. d., Chap. XV.
  • Anatole Leroy-Beaulieu, La papauté et la démocratie, dans la Revue des deux mondes, , p. 744-750.
  • Xavier de Montclos, Le Toast d'Alger. Documents, 1890-1891, Paris, de Boccard, 1966.
  • Paul Vial, L'Europe et le monde de 1848 à 1914, Paris, Hachette, 1968.
  • Christian Ambrosi, L'apogée de l'Europe 1871-1918, Paris, Masson, 1975.
  • Philippe Levillain, Jean-Marc Ticchi (dir.), Le pontificat de Léon XIII. Renaissances du Saint-Siège ?, Rome, Ecole française de Rome, 2006.
  • Martin Dumont, Le Saint-Siège et l'organisation politique des catholiques français aux lendemains du Ralliement. 1890-1902, Paris, Honoré Champion, 2012.
  • Roberto de Mattei, Le ralliement de Léon XIII. L'échec d'un projet pastoral, Cerf, 2016, 482 pages.
  • (de) Jörg Ernesti, Leo XIII. Papst und Staatsmann, Herder, 2019, 516 pages.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]