Luc (évangéliste)

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Saint Luc
Saint chrétien
Image illustrative de l'article Luc (évangéliste)
Saint Luc, sculpture de Johann Dominikus Mahlknecht, église Saint-Ulrich, (Val Gardena, Italie)
évangéliste
Naissance Ier siècle
Selon la tradition chrétienne : Antioche, Empire romain
Décès Ier siècle 
Vénéré par catholiques et orthodoxes
Fête 18 octobre
Attributs Livre (évangile), taureau
Saint patron Médecins, peintres.

Luc l'évangéliste ou saint Luc, du grec ancien Λουκᾶς, Loukas (Lucas), est un personnage dont on sait peu de chose mais qui a effectué un important travail sur une partie du Nouveau Testament. La tradition chrétienne le considère comme l'auteur de l'évangile qui porte son nom, ainsi que des Actes des Apôtres. Cette hypothèse est admise par le consensus historien.

Le christianisme le présente à partir du IIe siècle comme un Syrien d'Antioche, médecin de profession et disciple de Paul. Il le défend contre ses détracteurs, afin de prouver qu'il mérite aussi bien que Pierre le titre d'apôtre, et se fait un ardent propagateur de ses idées, spécialement en ce qui concerne la justification (ou le salut) par la foi.

Son identité[modifier | modifier le code]

Luc est un personnage dont on ne sait quasiment rien, mais qui a exercé au cours des années 80-90 une importante activité littéraire sur plusieurs textes du Nouveau Testament.

Pour Lucien Cerfaux, la seule certitude est qu'il appartient à la deuxième génération des croyants[1] et que son œuvre dépend d'autres sources littéraires. Alors que la tradition en fait un homme cultivé et un Juif hellénisé (comme en atteste sa maîtrise du grec hébraïsé de la Septante et de la Synagogue de la diaspora juive), la recherche actuelle privilégie l'hypothèse d'un Grec païen qui s'est rapproché du judaïsme au point de devenir un « Craignant-Dieu »[2],[3],[4].

La tradition chrétienne le considère comme l'auteur de l'évangile qui porte son nom ainsi que des Actes des Apôtres. Cette thèse est corroborée par les spécialistes, notamment Daniel Marguerat, qui relève une « homogénéité littéraire et théologique » entre ces deux livres, lesquels forment les « deux volets » d'une même œuvre, dédiés au même personnage nommé « Théophile »[5].

Il apparaît en tout état de cause que l'auteur des Actes ne saurait être un compagnon de Paul : en effet, la religion à laquelle renvoie l'Évangile selon Luc « est un christianisme de troisième génération, proche des Pastorales ; or, le discours d'adieu de Paul offre la confirmation de cet état avancé de la chrétienté (Ac 20:25-32) »[5]. La datation du livre des Actes, « rédigé simultanément ou peu après l'évangile », se situe donc entre 80 et 90[5].

Bien que quelques hypothèses aient été émises, il est impossible d'établir une biographie de Luc et les quelques éléments que l'on peut donner à son sujet sont bien maigres. Son nom de Λουκᾶς (Loukas) n'est attesté que vers la fin du IIe siècle et, plus tardivement, le canon de Muratori le définit comme un compagnon de Paul, médecin et écrivain, après quoi la tradition attribue cet évangile à « Luc le médecin »[6]. Les prologues antimarcionites à cet évangile décrivent Luc comme un médecin syrien d'Antioche, « disciple des apôtres er de Paul, mort à 84 ans en Béotie », mais la date de ces textes demeure incertaine, tout comme la profession médicale de Luc, qu'aucun élément probant ne vient étayer[6].

Marie-Émile Boismard estime que Luc fut lui-même un disciple de Paul de Tarse[7]. Selon une tradition rapportée par Eusèbe de Césarée « qui est attestée aussi dans les anciens Prologues évangéliques, Luc aurait été originaire d'Antioche, capitale de la province romaine de Syrie[8]. »

Il aurait exercé cette activité littéraire pour un commanditaire qui est appelé Théophile, dont il cite le nom, tant au début de l'évangile qu'au début des Actes, mais dont on ne sait rien[9].

Luc, rompu à la pratique d'un grec littéraire et à la culture hellénistique, n'en connaissait pas moins très intimement la religion juive et l'exégèse rabbinique[3].

Hypothèses[modifier | modifier le code]

Éventuel rédacteur du Journal de voyage[modifier | modifier le code]

L'hypothèse traditionnelle est qu'avec ces récits en « nous » (Actes 16,10-17; 20,5 - 21,18; 27,1 - 28,16) Luc se serait inclus lui-même comme témoin et acteur des faits relatés.

Autres hypothèses[modifier | modifier le code]

  • Deux « Nous » sont déjà dans le prologue de l'Évangile écrit avant les Actes.
Saint Luc l'évangéliste, cloître de la basilique saint Jean de Latran, Rome, Italie.

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Saint Luc l'évangéliste en peintre, Guerchin

Sources confessionnelles[modifier | modifier le code]

Les Actes s'achevant brutalement sans que l'on sache ce qu'il advint de saint Paul toujours détenu à Rome, le lecteur en conclut que saint Luc mourut avant lui. Cependant, Selon Épiphane (Haer. 51), à la mort de Paul, Luc serait revenu évangéliser en Macédoine. Vivant une vie de moine, il serait mort à l'âge de 84 ans.

Voici quelques écrits des premiers siècles parlant de Luc. Saint Jérôme estimait que ce propos de Paul concernait l'évangéliste Luc :

« Nous envoyons avec lui le Frère dont la louange dans l'Évangile est répandue dans toutes les Églises, et qui plus est, a été désigné à mains levées par les Églises pour être notre compagnon de voyage dans cette œuvre de bienfaisance, que nous accomplissons à la gloire du Seigneur même, et en témoignage de notre bonne volonté. »

— 2 Co 8.18

« Quant à Luc, Antiochien d'origine et médecin de profession, il fut très longtemps associé à Paul et il vécut plus qu'en passant avec les apôtres ; c'est d'eux qu'il a appris la thérapeutique des âmes, comme il en a laissé des preuves dans deux livres inspirés par Dieu, l'Évangile qu'il témoigne avoir composé d'après les traditions de ceux qui avaient été dès le commencement les spectateurs et les ministres de la parole et dont il affirme qu'il les a suivis dès le début ; et les Actes des Apôtres qu'il a rédigés non pas après les avoir entendus, mais après les avoir vus de ses yeux. »

— Histoire ecclésiastique de Eusèbe de Césarée, écrit du IVe siècle

« Luc est en fait un Syrien d'Antioche, médecin de profession. Par la suite il a suivi Paul jusqu'à son martyre. Servant le Seigneur sans reproche, il n'eut ni femme, ni enfants, et mourut à quatre-vingt-quatre ans en Béotie, plein du Saint-Esprit. Quoique des évangiles existassent déjà, celui selon saint Matthieu, composé en Judée, et celui selon saint Marc en Italie, il fut incité par le Saint-Esprit, et composa cet évangile entièrement dans la région avoisinant l'Achaïe; il rend très clair dans le prologue que les autres (évangiles) avaient été écrits avant le sien [...] Plus tard le même Luc écrivit les Actes des Apôtres. »

— Prologue de Luc, texte de la fin du second siècle (?)[10]).

« Troisièmement, le livre de l'évangile selon Luc. Ce Luc était médecin. Après l'Ascension du Christ, Paul l'ayant pris pour second à cause de sa connaissance du droit, il écrivit avec son assentiment ce qu'il jugeait bon. Cependant lui non plus ne vit pas le Seigneur dans la chair. Et par conséquent, selon ce dont il avait pu s'informer, il commença à le dire à partir de la Nativité de Jean. »

— Canon de Muratori (document romain du milieu du second siècle).

« De son côté Luc, le compagnon de Paul, consigna en un livre l'Évangile que prêchait celui-ci. »

— Irénée de Lyon, Adv. Hae. III, 1, 1 Prologue.

« Luc, notre ami le médecin » est cité à trois reprises à travers l'Épître aux Colossiens (4, 14), l'Épître à Philémon (24) et la 2e Épître à Timothée (4, 11)

Symbole[modifier | modifier le code]

Luc est symbolisé par le taureau, animal de sacrifice, parce que son évangile commence par l'évocation d'un prêtre sacrificateur desservant le Temple de Jérusalem : Zacharie, le père de Jean-Baptiste.

Célébration dans la tradition catholique[modifier | modifier le code]

Saint Luc l'évangéliste est célébré le 18 octobre[11].

Dans la tradition catholique, Luc est considéré comme le saint patron :

  • des médecins et des services de santé, du fait de sa profession,
  • des artistes peintres et sculpteurs ; c'est pour cela que de nombreuses académies des Beaux-Arts ainsi que des guildes d'artistes s'appellent ou se sont appelées « Saint-Luc ». Dans la tradition chrétienne, saint Luc a représenté en peinture plusieurs fois la Vierge. Bien que leurs datations soient de périodes plus récentes, un certain nombre d'icônes lui sont dévotement attribuées. Ce sont les Vierges dites de Vladimir, de Jérusalem, de Tikhvine, de Smolensk,de Częstochowa et aussi la Vierge de Philerme. Elles sont majoritairement de style Odigitria, litt. « qui montre le chemin ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lucien Cerfaux, Gospel of Luke, Leuven University Press, , p. 14
  2. (en) David L. Tiede, Prophecy and History in Luke-Acts, Fortress Press, , p. 8.
  3. a et b Daniel Marguerat, Les Actes des Apôtres (1-12), Labor et Fides, , p. 19
  4. François Bovon, L'Évangile selon saint Luc 1, Labor et Fides, 1991, p. 27.
  5. a, b et c Daniel Marguerat, « Les Actes des Apôtres », in Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides, 2008 (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 127-134.
  6. a et b Daniel Marguerat, « L'Évangile selon Luc », in Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides, 2008, p. 105-119.
  7. Marie-Émile Boismard et Arnaud Lamouille, Actes des deux apôtres, livre I, Paris, 1990, Librairie Lecoffre J. Gabalda et Cie éditeurs, p. 41.
  8. Marie-Émile Boismard et Arnaud Lamouille, Actes des deux apôtres, livre I, Paris, 1990, Librairie Lecoffre J. Gabalda et Cie éditeurs, p. 43.
  9. Marie-Émile Boismard et Arnaud Lamouille, Actes des deux apôtres, livre II, Paris, 1990, Librairie Lecoffre J. Gabalda et Cie éditeurs, p. 15.
  10. Cf. Joseph A.Fitzmyer, The Gospel according to Luke, I-IX, 1981, page 38-39
  11. « La messe, fête de Saint Luc », Magnificat, no 239,‎ , p. 252.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Saint Luc, v.1330, de Simone Martini, œuvre conservée par le Paul Getty Museum, au Getty Center de Los Angeles, probable panneau droit d'un polyptyque portatif en cinq parties, ou d'un retable à plusieurs volets. trois autres se trouvent au Metropolitan Museum of Art de New York et un, dans une collection privée à New York (mentionné dans John Walsh, Chefs-d’œuvre du J. Paul Getty Museum : Peintures, Thames & Hudson, (ISBN 2-87811-128-1), p. 8)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]