Joachim (père de Marie)

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Joachim
Saint chrétien
Image illustrative de l’article Joachim (père de Marie)
Détail d’un vitrail de l’église Saint-Alexis à Griesheim-près-Molsheim.
Père de la Vierge Marie
Naissance Ier siècle av. J.-C.
sans doute Nazareth
Décès Ier siècle av. J.-C. 
Jérusalem
Vénéré par Église catholique
Église orthodoxe
Fête (avec sainte Anne)
26 juillet (catholiques)
9 septembre (orthodoxes)
Attributs houlette de berger, livre, paire de colombes
Saint patron grands-parents, grands-pères, fécondité des hommes
Giotto, Le Sacrifice de Joachim (vers 1303-1306), chapelle des Scrovegni, à Padoue, Italie.

Joachim /ʒɔaʃɛ̃/ est l'époux de sainte Anne et le père de la Vierge Marie, dans la tradition catholique et orthodoxe[1]. Il est de fait le grand-père de Jésus de Nazareth.

Histoire et tradition religieuse[modifier | modifier le code]

Joachim et Anne s'étreignent à la Porte dorée, icône russe du XVIIe siècle.

Les Évangiles canoniques du Nouveau Testament ne nomment pas les parents de Marie, mais l'histoire de Joachim et d'Anne apparaît dans l'Évangile apocryphe de Jacques. Joachim est décrit comme un homme prospère et pieux qui donne régulièrement aux pauvres et au Temple[2]. Cependant, le couple est sans enfants et s'en désole. Lorsque Joachim se rend à une fête religieuse à Jérusalem, le grand-prêtre lui refuse de déposer son offrande, son infertilité étant le signe qu'il est sous la malédiction de la Loi. Joachim, tout couvert de honte, n'ose pas rentrer chez lui et se retire dans le désert confiant ses animaux à d'autres bergers. Là, il décide d’offrir à Yahvé l’agneau qu’il avait réservé pour le sacrifice au Temple. Quelques jours plus tard, un ange apparaît à Joachim et Anne pour leur promettre un enfant. Joachim revient à Jérusalem ; de même Anne part à sa rencontre, et ils se retrouvent à la Porte dorée, l'une des portes de l’enceinte de la ville. Joachim et Anne « se serrent dans les bras et s'embrassent »[3].

Les récits concernant Joachim et Anne sont notamment inclus dans La Légende dorée. Ils sont fréquemment représentés dans l'art chrétien, même si le concile de Trente a fixé des limites à la représentation issue des Évangiles apocryphes[4].

L'attribut traditionnel de Joachim (peinture, statuaire, etc.) est une houlette de berger ou une canne. Il est souvent associé à l'autorité qui est nécessaire pour vaincre le sentiment de fatalité et obtenir spirituellement des bienfaits par la prière et l'offrande. En cela, il est souvent représenté avec un livre (Parole divine) et une paire de colombes (symbole de paix et de bénédiction).

Histoire du culte[modifier | modifier le code]

Saint Joachim est célébré, avec sainte Anne, le 26 juillet dans le rite romain[5] et le 9 septembre en Orient[1],[6]. Il n'est pas mentionné dans le calendrier romain tridentin de Pie V, qui en avait exclu sainte Anne, mais Grégoire XIII, en restituant sainte Anne au calendrier romain, y ajoute aussi saint Joachim en 1584, en lui assignant le comme sa fête, qui est transférée en 1738 au dimanche après l'octave de l'Assomption de Marie et en 1913 au , où se trouve encore, comme fête de IIIe classe, dans le calendrier romain général 1960. La mémoire de Joachim est unie à celle d'Anne depuis la réforme du calendrier romain général en 1969[7].

Joachim dans le Coran[modifier | modifier le code]

Le père de Marie est nommé Imran dans le Coran[8]. Si les sources de la sourate 3 semblent être le Protévangile de Jacques et les écrits-sources de l’Evangile du Pseudo-Matthieu, la question du nom du père (‘Imran et non Joachim) interroge[8]. Cette identification n’a pas de parallèle et pourrait provenir d’une « confusion scribale » du ou des auteurs coraniques. Ce nom rappelle celui d’Amram, père d’Aaron dans le texte biblique. Parfois présentée comme fortuite, cette identification pourrait être volontaire et refléter la stratégie de Luc de présenter l’évolution de la révélation chrétienne moins centrée sur la figure d’Israël[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b www.forum-orthodoxe.com Forum orthodoxe francophone : Saints pour le 9 septembre du calendrier ecclésiastique.
  2. Jacques de Voragine, La Légende dorée, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », , « La Nativité de la sainte Vierge Marie », p. 730 et 1372 (Notes).
  3. Ces retrouvailles de Joachim et Anne à la porte dorée font le sujet, plus que tout autre épisode de la vie de Joachim, de ses représentations iconographiques.
  4. Émile Mâle, L'Art religieux de la fin du XVIe siècle, du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle : étude sur l'iconographie après le Concile de Trente. Italie, France, Espagne, Flandres. (2e édition), éditions Bibliothèque Armand Colin (1951), 532 pages.
  5. nominis.cef.fr Nominis : Saints Anne et Joachim.
  6. Article Joachim du Heiligenlexikon.
  7. Calendarium Romanum (Typis Polyglottis Vaticanis 1969), p. 98.
  8. a b et c Segovia C.A., "Sourate 3", Le Coran des Historiens, t.2a, 2019, p. 131 et suiv.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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