Grégoire V

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Grégoire V
Image illustrative de l'article Grégoire V
Le pape Grégoire V et l'empereur Otton III
Biographie
Nom de naissance Bruno von Kärnten ou Brunon de Carinthie
Naissance 973, vraisemblablement Stainach Styrie (Autriche)
Pape de l’Église catholique
Élection au pontificat
Intronisation
Fin du pontificat
Précédent Jean XV Sylvestre II Suivant
Autre(s) antipape(s) Jean XVI

Blason

Le pape Grégoire V est né en 973, probablement à Stainach ou à Enns, dans le Saint-Empire romain germanique (actuellement en Autriche). Il est nommé pape par Otton III qu'en retour il couronne empereur du Saint-Empire. Son pontificat dure du au .

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Grégoire V, nom d'origine Bruno von Kärnten ou Bruno de Carinthie, est originaire de Styrie en Autriche. Il est le deuxième fils de Otto de Worms, duc de Carinthie et marquis de Vérone et de Judith von Kärnten. Il est le petit-fils de l'empereur Othon le Grand. C'est aussi le cousin d' Otton III du Saint-Empire, roi des Romains à partir de 983 et empereur germanique de 996 à 1002. Grégoire V est également l'oncle de l'empereur germanique Conrad le Salique.

Désignation au pontificat[modifier | modifier le code]

Bruno est éduqué à Worms par l'archevêque Willigis de Mayence avec un autre professeur qui était Johannes Philagathos, qui deviendra Jean XVI, considéré comme antipape (997 à 998).

Il exerce d'abord comme vicaire à Worms et accompagne en mars 996, en tant que vicaire de la cour royal, avec l'archevêque Willigis et l'évêque Hildebold, son roi et cousin Otto III durant son premier voyage à Rome. En effet, il se rend en Italie afin de se faire couronner, mais aussi pour répondre à l'appel à l'aide du pape Jean XV, agressé et chassé de Rome par le préfet Crescentius et ses partisans. Le pape Jean XV meurt début avril 996. Otto III n'est pas encore à Ravenne lorsqu'il désigne comme candidat au tître de souverain pontife, son parent et chapelain privé, Bruno de Carinthie et le fait accompagner par l'archevêque de Mayence Willigis et l'évêque Hildebold jusqu'à Rome. Il y est reçu avec honneur et élu par le clergé et le peuple. Il est consacré pape le et prend le nom de Grégoire V, en hommage à Grégoire Ier, l'un des Pères de l'Église[1]. Il est le premier pape d'origine germanique à recevoir la tiare papale[2]. A 23 ans, il est le 138ème pape reconnu par l'Église catholique romaine[3].

Pontificat[modifier | modifier le code]

Grégoire V couronne empereur Otton III

Les premières semaines de son pontificat sont principalement orientées dans les préparatifs pour le couronnement d'Otton III, qui a lieu des mains de Grégoire V, le , jour de l'Ascension. Le lendemain, grâce à l'intervention de Grégoire V, Otton III pardonne à Crescentius, le préfet de la ville, qui avait été condamné à l'exil.

Au milieu de l'agitation des cérémonies du couronnement, sont convoqués un synode à Pavie et un concile à Rome : ils se distinguent par le fait, qu'en raison de la coopération étroite entre l'empereur et le pape, apparaît une coprésidence du synode et la double signature des décrets[4]. Lors du concile de Rome, les principales discussions portent sur le Grand Schisme d'Orient qui a commencé en 991[5], lors du concile de Reims[6]. Quand l'empereur, en Août 996, quitte l'Italie, il confie au marquis de Tuscia et Conrad Hugues, comte de Spolète et de Camerino, la tâche de soutenir militairement le pape. Il donne à Conrad, sept comtés de la Pentapole, sur lesquels, la souveraineté du pape et de l'empereur n'est pas clairement accordée.

Le nouveau pape diffère par sa conduite exemplaire. Les croyants placent de grands espoirs en lui, car la fin du premier millénaire approche, avec les nombreuses craintes d'un jugement de Dieu et le souci de la fin du monde réunis.

Éviction et retour de Grégoire V[modifier | modifier le code]

Dans les derniers jours du mois de septembre 996, quelques mois seulement après avoir été gracié par l'empereur Otton III, l'ancien préfet, Crescentius entreprend de faire chasser Grégoire V de Rome. Celui-ci fuit à Spoleto. Crescentius complote avec l'archevêque de Plaisance et l'ancien conseiller de Théophano, Jean Philagathos, et fait élire ce dernier (considéré actuellement comme antipape) sous le nom de Jean XVI.

La révolte de Crescentius est définitivement écrasée par Otton III, qui marche une fois de plus sur Rome, en février 998. Crescentius est décapité. Jean XVI s'enfuit, mais les troupes impériales le pourchassent puis le capturent, lui coupent le nez et les oreilles, lui arrachent la langue et l'aveuglent, l'empêchant ainsi d'écrire et l'humilient publiquement devant Otton III et Grégoire V, avant de l'enfermer dans un monastère romain. Jean XVI est, par la suite, envoyé dans le monastère de Fulda, en Germanie, où il meurt vers 1001. Grégoire V reprend son siège à Rome, mais le châtiment exemplaire, à l'encontre de Jean XVI et Crescentius, leur vaut la malédiction de l'ermite Nil de Rossano[7].

Grégoire meurt à Rome, le , probablement de paludisme à l'âge de 27 ans. Selon certains, il pourrait avoir été empoisonné. Il est enterré dans les tombes papales dans l'antique basilique Saint-Pierre, à côté d'Otto II, qui est le seul empereur du Saint Empire romain à mourir à Rome et à être enterré dans l'Antique basilique vaticane.

La tombe de Grégoire V dans la Nécropole papale de la basilique Saint-Pierre (Vatican)

Références[modifier | modifier le code]

Sources Externes[modifier | modifier le code]


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Pape de l’Église catholique
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