Monastère Sainte-Catherine du Sinaï

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Zone Sainte-Catherine *
Patrimoine mondial de l'UNESCO
Vue d'ensemble du monastère Sainte-Catherine
Vue d'ensemble du monastère Sainte-Catherine
Coordonnées 28° 33′ 21″ N 33° 58′ 35″ E / 28.55572, 33.97626 ()28° 33′ 21″ Nord 33° 58′ 35″ Est / 28.55572, 33.97626 ()  
Pays Drapeau de l'Égypte Égypte
Subdivision Gouvernorat du Sinaï Sud
Type Culturel
Critères (i) (iii) (iv) (vi)
Superficie 60 100 ha
Numéro
d’identification
954
Zone géographique États arabes **
Année d’inscription 2002 (26e session)

Géolocalisation sur la carte : Égypte

(Voir situation sur carte : Égypte)
Zone Sainte-Catherine
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Le monastère Sainte-Catherine du Sinaï est un important monastère orthodoxe situé sur les pentes du mont Sainte-Catherine, dans le Sud de la péninsule du Sinaï, en Égypte. C'est l'un des plus anciens monastères au monde encore en activité. Il constitue à lui seul l'essentiel du territoire de l'Église orthodoxe du Sinaï.

Il compte une vingtaine de moines, d'origine grecque pour l'essentiel.

Le monastère Sainte-Catherine du Sinaï est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'humanité établie par l'Unesco depuis 2002.

Histoire[modifier | modifier le code]

Situé au pied du mont Sinaï, le monastère fut construit sur ordre de l'empereur Justinien entre 527 et 565[réf. nécessaire] autour du « Buisson ardent » mentionné dans la Bible (livre de l'Exode, chapitre 3). L'arbuste qui y est présenté comme tel est une ronce commune (appelé aussi « mûrier sauvage »).
Cependant, l'activité monastique semble avoir débuté très tôt, puisque le voyage d'Égérie à la fin du IVe siècle relate la présence dès cette époque de nombreux moines dans les environs, un siècle après l'arrivée des premiers chrétiens fuyant les persécutions[1]. Saint Jean Climaque est le plus célèbre moine ayant vécu dans ce monastère. Anastase le Sinaïte en fut higoumène dans la deuxième moitié du VIIe siècle.

Le Sinaï fut conquis dans les années 630 par les armées arabes de Amr ibn al-As, conquête accompagnée de l'installation de tribus venues d'Arabie. Les routes commerciales ayant été profondément affectées par les deux premières guerres arabo-byzantines, le Sinaï s'est vidé peu à peu, processus qui avait déjà commencé au troisième siècle durant les guerres entre les Perses et les Byzantins. L'exception demeura le monastère de Sainte-Catherine qui jusqu'à nos jours n'a cessé d'être le véritable foyer du christianisme au Sinaï, entretenant une communauté d'une vingtaine de moines (deux cents au Moyen Âge). Il semble avoir fait l'objet d'une protection de la part de Mahomet lui-même (Charte des privilèges[2] ).

Au cœur de ce monastère fortifié, de rite byzantin et dépendant à l'époque médiévale du patriarcat de Jérusalem, se trouve l'église de la Transfiguration avec sa célèbre mosaïque. Elle fut construite à l'époque de l'empereur Justinien à l'emplacement supposé du Buisson ardent. D'abord dédié à la Vierge Marie, le monastère fut par la suite consacré à sainte Catherine d'Alexandrie, sans doute au IXe siècle, époque où l'on découvrit le corps de la sainte. Celui-ci reposait, selon la tradition, sur la montagne voisine; il y aurait été miraculeusement transporté par les anges et un ermite l'y aurait découvert. La dévotion à sainte Catherine connut un réel engouement en Occident, sous l'impulsion notamment des ducs de Normandie, ce qui entraîna, à partir de la fin du Xe siècle, un renouveau des pèlerinages occidentaux au Sinaï. Les pèlerins effectuaient généralement ce pèlerinage en se rendant à Jérusalem. Leur séjour au monastère était limité à trois ou quatre jours, durée pendant laquelle les moines leur offraient l'hospitalité, comme en témoignent encore les blasons gravés dans le réfectoire du monastère par les nobles pèlerins de passage[3].

Patrimoine artistique[modifier | modifier le code]

La bibliothèque du monastère est, pour ses manuscrits très anciens (avant l'an 1000), la seconde plus riche au monde après la bibliothèque Vaticane. Elle conserve plus de 3 500 volumes en grec, copte, arabe, arménien, hébreu, georgien, syriaque. Parmi ceux-ci figure une bible du VIe siècle.

Le monastère possède une très importante collection de mosaïques, icônes grecques et russes, calices et reliquaires.

La mosaïque de la Transfiguration, à l'abside de l'église, est une des plus remarquables mosaïques byzantines.

Mosaïque de la Transfiguration

Illustrations[modifier | modifier le code]

Dans la culture[modifier | modifier le code]

  • Une partie du film La Vallée des rois (Valley of the Kings, Robert Pirosh, 1954), se déroule en ce lieu (ce qui ne veut pas dire qu'il y soit tourné, mais le monastère apparaît sous plusieurs vues). Le personnage du père Anthimos raconte que les moines discutent depuis plusieurs siècles pour savoir s'il faut mettre ou non une porte au monastère. Dans le film, les échanges avec l'extérieur, y compris de personnes, se font à l'aide d'une cabine d'ascenseur assez rudimentaire en bois, actionnée par plusieurs hommes tournant une roue horizontale[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article du magazine L'Express sur le mont Sinaï
  2. Article «La promesse du prophète Muhammad aux chrétiens» etPacte de Najran#Histoire du traité
  3. Le Sinaï médiéval, entre christianisme et islam.
  4. http://www.imdb.com/title/tt0047641/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Helen C. Evans, Trésors du Monastère de Sainte-Catherine, Mont Sinai, Égypte, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2004. ISBN 2-88443-085-7
  • Corinna Rossi (texte), Araldo de Luca (photographies), "Sainte Catherine, Monastère Orthodoxe du Sinaï", préface de l'Archevêque Damianos, éditions Gründ, Paris, 2006. ISBN 2-7000-1444-8. 210 pages, grand format relié sous jaquette en couleur 37 cm. X 27 cm. Somptueuse publication présentant toutes les facettes de l'histoire de ce Monastère. L'ouvrage est une traduction française de l'original italien publié la même année par White Star S.p.a. Araldo de Luca compte parmi les plus célèbres photographes d'oeuvres d'art. Un incomparable voyage dans le temps, sur les traces de Moïse, du "Buisson Ardent", de l'Antiquité Biblique, illustré de splendides reproductions d'Icônes, de fresques, d'architectures et de paysages d'une beauté transfigurante.
  • (de) John Galey, Kurt Weitzmann, Das Katharinenkloster auf dem Sinai, Belser, Stuttgart, 2003. ISBN 3-7630-2415-8
  • (en) Kurt Weitzmann, The Monastery of Saint Catherine at Mount Sinai. The Illuminated Greek Manuscripts. From the Ninth to the Twelfth Century, Princeton University Press, Princeton, 1991. ISBN 0-691-03602-0

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]