Anân

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Jésus devant Anân. José de Madrazo y Agudo

Anân ben Seth (Hanan en hébreu, Anne ou Hanne en français) est un grand prêtre du Temple de Jérusalem au début du Ier siècle.

Il est nommé par le gouverneur de Syrie Quirinius après la déposition d'Archélaüs, ethnarque de Judée, pour succéder à Yoazar ben Boethus (lui-même précédemment nommée par Archélaüs). Il est déposé après l'accession de Tibère à la tête de l'Empire romain par le préfet de Judée Valerius Gratus, après avoir occupé la fonction pendant les années 6 à 15.

Il était à la tête d'une famille qui a produit 6 grands prêtres à l'époque hérodienne :

  • Eleazar ben Hanan (16–17)
  • Joseph Caïphe (18–36), marié avec la fille de Hanan
  • Jonathan ben Hanan (36–37 et 52-56)
  • Theophile ben Hanan (37–41)
  • Matthias ben Hanan (43)
  • Hanan ben Hanan (63)

En fait quelques familles influentes possédaient l'exclusivité de la fonction de grand prêtre. Outre la famille de Hanan, il s'agit des familles de Boethus, Kathros, et Phiabi et Kamith.

La famille de Hanan est mentionnée dans le Talmud (T.B., Mishna Pessahim 4, page 57a) comme étant influente, mais agissant contre l'intérêt du peuple. Le reproche suivant est ainsi rapporté au nom d'Abba Saül

« (...) Malheur sur moi à cause de la maison de Hanin [Hanan] ! Malheur sur moi à cause de leurs conciliabules (...) Ils sont grands prêtres, leurs fils sont trésoriers, leurs gendres administrateurs et leurs esclaves frappent le peuple à coups de bâton. »

— Talmud de Babylone, Mishna Pessahim 4, page 57a

La famille de Anân est mentionnée dans le Nouveau Testament. Avant d'être emmené devant le Sanhédrin pour y être jugé, Jésus fut dans un premier temps présenté à Anân pour que celui-ci puisse l'interroger (uniquement dans l'Évangile de Jean).

En 62, Anân fils d'Anân, probablement un fils d'Anân ben Seth, profite d'une période de vacance du pouvoir à Jérusalem après la mort du procurateur romain Festus (62) et avant l'arrivée de son successeur Albinus (62 – 64)[1] pour faire lapider Jacques, le frère de Jésus, en prenant un prétexte, car il le soupçonnait d'être lié aux zélotes[2],[3]. Toutefois, son initiative a été mal appréciée par le nouveau procurateur qui obtient donc du roi Agrippa II, que Anân fils d'Anân soit destitué de sa charge de grand prêtre[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Cet article comprend du texte provenant de la Jewish Encyclopedia de 1901–1906, article « ANNAS » par H. G. Enelow, une publication tombée dans le domaine public.

  1. Simon Claude Mimouni, Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004, p. 137.
  2. a et b Simon Claude Mimouni, Les chrétiens d'origine juive dans l'antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004, p. 138.
  3. Comme Flavius Josèphe indique qu'Anân a prétendu que Jacques avait violé la Torah et que dans le discours qu'Hégésippe prête à Jacques, celui-ci invoque le nom de Dieu en suppliant Dieu de pardonner au peuple d'Israël, des historiens ont émis l'hypothèse que c'est ce que Anân a reproché à Jacques pour ordonner sa lapidation. En effet, seul le grand prêtre pouvait invoquer le nom de Dieu.

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