Chaire de saint Pierre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
La chaire de saint Pierre (en bas et au centre de l'image), dans son reliquaire construit par le Bernin dans la basilique Saint-Pierre de Rome

La chaire de saint Pierre (en latin : Cathedra Petri) est le nom d'une relique conservée dans la basilique Saint-Pierre de Rome[1].

Depuis 1653, elle est placée dans un reliquaire en bronze doré exécuté par Gian Lorenzo Bernini. Selon la tradition constante de l'Église, il s'agit d'un siège de bois, datant du Ier siècle, que le sénateur romain Pudens, converti par l'apôtre Pierre, lui a offert, et où saint Pierre s'asseyait habituellement pour enseigner, durant son séjour à Rome jusqu'à son martyre. Une tradition moderne assure, toutefois, que ce siège fut offert par Charles le Chauve en 875 et utilisé ensuite par plusieurs papes[2]. En tout cas, cet objet très ancien est symboliquement associé à l'exercice de l'autorité pontificale.

C'est le pape Alexandre VII qui fit enfermer la chaire de S. Pierre, supposée authentique, dans le bronze même qui constitue le chef-d’œuvre du Bernin, appelé « Gloire du Bernin », situé dans l'abside de la basilique Saint-Pierre-de-Rome.

Cathèdre de saint Pierre[modifier | modifier le code]

Reconstitution de la forme originale de la chaire

C'est une chaise en bois de chêne et de bois d'acacia de couleur sombre, recouverte de plaques d'ivoire[3] ; la hauteur totale est de 1,34 m, la largeur de 0,89 m ; la hauteur du siège 0,78 m et l'épaisseur du siège de 0,57 m[4].
Des ornements d’ivoire ont été adaptés au devant et au dossier de la chaire. Ceux qui couvrent le panneau de devant sont surtout intéressants ; ils sont divisés en trois rangs superposés, contenant chacun six plaques d’ivoire, sur lesquelles ont été gravés divers sujets, entre autres les Travaux d'Héraclès. Quelques-unes de ces plaques sont posées à faux, et l’on reconnaît aisément que leur emploi a eu lieu dans un but d’ornementation à l’époque où l’on adaptait les restes de l’antiquité aux objets que l’on voulait décorer, aux châsses de reliques, etc., dans les VIIIe siècle et IXe siècle[5].

Le Bernin, met en scène dans l'abside de Saint-Pierre de Rome, en 1656, le reliquaire de la figure de Pierre, c'est-à-dire le siège, la cathedra. La composition prend place dans cette l'abside où il avait déjà réalisé le célèbre baldaquin (1624-1633) qui marqua le début de sa carrière dans cette même basilique, et le tombeau d'Urbain VIII (1628-1647) qui devint un modèle de sculpture funéraire.
Après plusieurs années où, favorisé par le pape Innocent X, son rival Alessandro Algardi l'avait éclipsé de la scène vaticane, le Bernin retrouvait, grâce au nouveau souverain pontife, Alexandre VII, des commandes à la mesure de son ambition. Achevée dix ans après sa commande, l'œuvre, placée dans l'abside, dans la perspective du baldaquin, est constituée de quatre docteurs de l'Église en bronze, saint Ambroise, saint Augustin, saint Athanase et saint Jean Chrysostome, qui soutiennent le trône conservant la relique de la chaire de saint Pierre.

« C'est donc un gigantesque trône reliquaire, élaboré comme un tableau composé de sculptures, qui jouent habilement sur les matériaux et sur les couleurs et qui ne se perçoivent qu'au fur et à mesure que l'on s'en approche[6]. »

Fête de la chaire de saint Pierre[modifier | modifier le code]

La fête de la chaire de saint Pierre était célébrée jadis le 18 janvier à Rome et le 22 février à Antioche. La liturgie de Vatican II a regroupé ces deux dates en une fête célébrée le [7]. Sa célébration au IVe siècle est attestée par la Depositio martyrium[8] dans laquelle elle figure, sous le nom de natale Petri de cathedra, à la date du VIII. kal. Martias (huitième jour avant les calendes de mars). La date coïncidait avec les Caristia, fête consacrée aux parents disparus.

La chaire de saint Pierre chez Cyprien de Carthage[modifier | modifier le code]

Cyprien de Carthage emploie l'expression cathedra Petri pour désigner l'Église de Rome.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Chaire d'un Évêque, qui se dresse dans sa cathédrale, est le signe de son autorité de docteur, prêtre et pasteur.
  2. Intérieur de la basilique Saint-Pierre, description sur le site du Vatican.
  3. Henri LeClercq et Fernand Cabrol, Dictionnaire D'Archeologie Chretienne Et de Liturgie Volume 3, Nabu Press, (ISBN 978-1172714681)
  4. La Chaire de Saint Pierre au Vatican
  5. Prosper Guéranger, Sainte Cécile et la Société Romaine aux deux Premiers Siècles, 2012, p. 70, (ISBN 978-1275592179)
  6. Sophie Mouquin, La Chaire de saint Pierre, Magnificat, n° 279, 2016, p. 416.
  7. (fr) Chaire de Saint Pierre sur Nominis (consulté le 31 octobre 2013)
  8. (en) (la) [1] (consulté le 31 octobre 2013)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Pierre Batiffol, « Natale Petri de cathedra », Journal of theological studies, XXVI (1925), p. 399-404
  • Dante Balboni, « Natale Petri de cathedra », Ephemerides liturgicae, LXVIII (1954), p. 97-129
  • (fr) Paul-Albert Février, « Natale Petri de cathedra », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, CXXI (1977), no 3 (juillet-août-septembre-octobre 1977), p. 514-531