Jacques le Juste

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Jacques le Juste
Image illustrative de l’article Jacques le Juste
Jacques le Juste appelé frère du Seigneur par l'apôtre Paul et frère de Jésus par Flavius Josèphe.
premier évêque de Jérusalem, martyr
Naissance inconnue
peut-être à Nazareth
Décès 62 
Jérusalem
Vénéré par Église catholique,
Église orthodoxe, Églises évangéliques luthériennes
Fête 3 mai (catholiques, confondu avec Jacques d'Alphée dit le Mineur),
23 octobre (catholiques, localement ; orthodoxes et luthériens)
Attributs mitre, crosse en forme de massue (durant son martyre, il finit par être assommé)

Jacques surnommé le Juste, Oblias et frère du Seigneur par Hégésippe, Epiphane de Salamine, Eusèbe de Césarée et Paul, mort en 61/62, est un Juif de Galilée, et l'un des quatre "frères" de Jésus de Nazareth cités dans les Évangiles (Mt 13, 55). C'est probablement le même que Jacques frère de Jude (Ju 1, 1 et Mt 13, 55), appelé « Juda le Zélote » et lui aussi qualifié de « frère » de Jésus, dans de nombreux textes chrétiens jusqu'au VIe siècle. Ils sont tous deux donnés comme frères de Simon le Zélote. Ils figurent peut-être tous trois dans cet ordre dans les listes des douze apôtres. Toutefois, il y a un fort débat à ce sujet et la qualité d'apôtre est contestée à Jacques par certains historiens, qui estiment qu'il faut le distinguer de Jacques d'Alphée.

Jacques le Juste a sans doute joué un rôle de direction important, rendant des arbitrages, comme lors du Concile de Jérusalem et coordonnant l'activité des apôtres et de tous les prédicateurs itinérants. Le fait que son exécution provoque le renvoi du Grand-prêtre Hanan ben Hanan, qui venait à peine d'être nommé, semble indiquer que Jacques était aussi un personnage important dans la société de Jérusalem.

Le sens à donner à cette expression de « Frère de Jésus » a été le sujet de nombreuses discussions exégétiques. Chez les catholiques, il est considéré comme un cousin de Jésus. À la fin du IVe siècle, après le concile de Nicée, Jérôme de Stridon a proposé d'en faire le fils de Marie de Clopas. Il est donc souvent identifié à Jacques le Mineur, mais cette solution n'a jamais été adoptée par les Églises orientales.

La tradition lui attribue une épître où il exalte les pauvres et annonce que « les riches vont trembler ».

Les « Jacques » du Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Plusieurs personnages se prénomment Jacques dans le Nouveau Testament : Jacques de Zébédée, également nommé Jacques le Majeur, l'un des Douze, frère de l'apôtre Jean ; Jacques d'Alphée, un autre des Douze, souvent mis en rapport avec Thaddée et surnommé Jacques le Mineur dans la tradition romaine ; un autre Jacques, faisant lui aussi partie des Douze, et qui serait le père ou le frère de l'apôtre Jude (mais il reste quasiment inconnu et la tradition ne l'a pas étudié) ; enfin, Jacques le Juste, « frère » (ou, selon l'Église catholique, cousin) de Jésus, qui joue un rôle considérable dans l'Église de Jérusalem[1]. Il convient d'ajouter le rédacteur de l'Épître de Jacques, qui ne correspond à aucun des personnages précédents et semble plutôt être un « chrétien cultivé d'origine païenne de la deuxième ou de la troisième génération chrétienne », le texte datant de la fin du Ier siècle ou du premier tiers du IIe siècle[2].

Sources[modifier | modifier le code]

De très nombreux documents chrétiens parlent de Jacques le Juste, en premier lieu des lettres de Paul de Tarse. Il est aussi mentionné dans l'épître de Jude. Une lettre qui lui est attribuée figure dans le canon du Nouveau Testament. Les évangiles synoptiques parlent aussi de lui dans les listes de « frères » de Jésus. Il est identifié dans l'évangile selon Thomas[3]. Les Actes des Apôtres parlent trois fois de Jacques (12, 17 ; 15, 13 ; 21, 18)[4].

L'exécution de « Jacques, frère de Jésus, appelé Christ » est mentionnée dans un passage des Antiquités judaïques par Flavius Josèphe, mais aussi par les sources chrétiennes transmises par Eusèbe de Césarée ou indépendantes de lui, notamment les Ascensions de Jacques[5]. Outre sa relation de la mort de Jacques, Hégésippe, un chrétien, peut-être d'origine juive qui vivait dans la deuxième moitié du IIe siècle, a rassemblé dans ses Mémoires plusieurs traditions le concernant[6]. Origène et Eusèbe de Césarée transmettent aussi des traditions indépendantes d'Hégésippe et Clément d'Alexandrie[6]. Un récit de sa mort figure aussi dans la deuxième Apocalypse de Jacques du Codex V de Nag Hammadi (61, 1 - 62, 4)[7].

Il est un des personnages principaux de l'Épître apocryphe de Jacques, un texte du IIe siècle, présentant des traits gnostiques[3], ainsi que dans la Lettre de Clément à Jacques, la Lettre de Pierre à Jacques, l'évangile des Hébreux[8]. Il en est de même dans les deux Apocalypses de Jacques du codex V retrouvé à Nag Hammadi[3].

Il est mentionné comme premier « évêque[Note 1] » de Jérusalem dans toutes les listes ecclésiastiques[9],[10]. Épiphane de Salamine parle de Jacques dans son traité sur les hérésies (Panarion)[6]. Jérôme de Stridon lui consacre la deuxième notice, après celle de Simon-Pierre, dans son recueil sur les « Hommes illustres » (De viris illustribus)[6]. « La notice de Jacques est la plus longue, après celle de Paul[6]. »

Premier chef de l'Église[modifier | modifier le code]

peinture représentant un homme barbu levant les bras et tenant dans la main gauche un livre
Jacques le Juste (icône russe du XVIe siècle).

Si l'on en croit les plus anciennes sources chrétiennes, l'épître aux Galates (1, 19) de Paul de Tarse (saint Paul), les Actes des Apôtres (12, 17 ; 15, 13 ; 21, 18), Jacques aurait été le premier dirigeant de l'Église primitive. Il est d'ailleurs donné comme premier « évêque[Note 1] » de Jérusalem dans toutes les listes ecclésiastiques à commencer par celle fournie par Eusèbe de Césarée[11]. L'une d'entre elles contient des indications chronologiques qui semblent avoir été ajoutées par Jérôme de Stridon[10]. Elle indique que Jacques a dirigé l'Église de Jérusalem pendant trente ans[12]. Ce qui selon Simon Claude Mimouni situe le début de son ministère vers 32[10]. Dans les lettres de Paul ou les Actes des Apôtres, Jacques joue de façon évidente un rôle prééminent et possède une primauté certaine.[13] « Dans la version du Concile de Jérusalem donnée dans les Actes des Apôtres, Jacques préside la réunion et prend la décision finale (15, 6-29)[4]. »

La littérature pseudo-clémentine, composée au IVe siècle, mais incorporant des sources judéo-chrétiennes datant du IIe siècle, met en avant la primauté de Jacques, qualifié d'évêque des évêques[14], rendant Pierre et Paul ses subordonnés.[15] Le récit de Flavius Josèphe qui indique que l'exécution de « Jacques, [frère de Jésus que l'on appelle Christ] » provoque le renvoi du grand-prêtre à la demande du procurateur romain Lucceius Albinus, confirme l'importance de Jacques qui s'étend même à la société juive et à la région Palestine. Il est le premier dans toutes les listes connues des « Septante disciples », notamment celles d'Hippolyte de Rome[16], Dorothée de Tyr, Chronicon Paschale, Dimitri de Rostov, même si ces listes varient sur certains noms.

Cyrille de Jérusalem dans une de ses catéchèses au Ve siècle déclare encore : « [Jésus] est apparu à Jacques son propre frère et le premier évêque de cette paroisse (Catéchèse 14, 21 ; PG 32, 923 ; In 1 Co 15, 7 ; PG 33, 852)[17] ». Par la suite, Jacques est encore le premier « évêque » de Jérusalem dans les écrits du cycle sur l'invention de la sainte croix[18].

Toutefois, cette possible primauté de Jacques heurte la tradition catholique pour qui c'est à l'apôtre Pierre que Jésus aurait confié « l'Église ». Elle se fonde pour cela sur une interprétation de l'évangile selon Matthieu, dans lequel Jésus dit à Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église[Note 2] (Mt 16, 18) ». Celui-ci aurait dirigé l'Église apostolique pendant toute sa vie et l'aurait transmise à ses successeurs comme évêque de Rome[19]. C'est sur cette primauté de Pierre que se fonde la suprématie du Pape, évêque de Rome[19]. Cette tradition développée dans la partie occidentale de l'empire sera la source de conflits avec l'Orient chrétien puis, plus tard, en Occident même au point de générer plusieurs schismes[20]. Ce point divise toujours aujourd'hui les exégètes[21]. Les historiens du christianisme ne retiennent plus cette vision qui relève plus de l'idéologie que du fait historique. [22]

Un autre schéma est également proposé[21]. Après la mort de Jésus, Pierre, Jacques et l'apôtre Jean auraient exercé une direction collégiale sous la suprématie de Pierre, jusqu'à l'arrestation de ce dernier[23]. Après son évasion, Pierre « s'étant mis en route vers une autre destination (Ac 12, 17) »[23], Jacques l'aurait remplacé « non seulement comme chef de la communauté de Jérusalem, mais aussi comme autorité suprême du mouvement chrétien[24] »[25].

Au IIe siècle, indépendamment d'Hégésippe, Clément d'Alexandrie indique que « après l'ascension du Sauveur » Pierre, Jacques et Jean « ne se disputèrent pas pour cet honneur mais qu'ils choisirent Jacques le Juste comme premier évêque de Jérusalem[26] ». « Eusèbe écrivant plus d'un siècle après Hégésippe et Clément, considérait également que Jacques avait été le premier évêque de Jérusalem[26]. » « Plusieurs traditions provenant de mouvements chrétiens forts différents présentent Jacques comme le premier chef de l'Église de Jérusalem[27]. » Il en est de même dans toutes les listes ecclésiastiques. Les deux Apocalypses de Jacques retrouvées à Nag Hammadi[28], l'Évangile selon Thomas et celui des Hébreux font de Jacques le successeur que Jésus désigne lui-même[27]. « La Doctrine d'Addaïe (32) le dit « administrateur de l'église de Jérusalem » jouissant d'un rôle de coordinateur de l'activité apostolique[15]. »

Pour John Painter, depuis que les textes retrouvés à Qumrân « ont fait connaître l'existence d'un mebaqqer (= intendant) dans les institutions communautaires esséniennes, le soupçon d'anachronisme pesant sur le titre d'évêque (épiskopos = intendant) attribué à Jacques devrait sans doute être nuancé, car épiskopos = mebaqqer[29]. » Cependant, le lien entre les Esséniens et l'Eglise primitive n'est pas établi clairement.

Son prestige dans l'Église primitive[modifier | modifier le code]

« Pendant les deux ou trois premiers siècles de l'Église chrétienne, Jacques a joui d'une réputation considérable, quasi mythique[14]. » Les traditions transmises par Hégésippe « soulignent la très grande piété de Jacques et sa prééminence dans l'Église primitive[6] ». Selon lui, il « aurait été sanctifié dès le sein de sa mère[6] » et il le présente comme un nazir à vie, assurant les fonctions de grand prêtre puisqu'il entrait seul dans le saint des saints et passant ses jours dans le Temple à intercéder pour son peuple[17]. Toutefois, la critique estime en général qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre ces descriptions édifiantes[30], en se rappelant toutefois « que par sa mère Marie, cousine d'Élisabeth et de Zacharie, Jacques est de famille sacerdotale, c'est donc un prêtre (un cohen Lc 1, 31-36)[30] ». « La figure de Jacques a été diversement exploitée, aussi bien par les chrétiens d'origine juive que d'origine païenne. On la retrouve dans des écrits nazaréens ou ébionites, mais aussi dans des écrits gnostiques de Nag Hammadi — ce qui montre son emploi polysémique[31]. »

Jacques, le frère du Seigneur reste pourtant largement inconnu du grand public et « de la plupart des chrétiens[32] ». L'égal de Pierre voire son supérieur « est aujourd'hui doublement éclipsé par celui que les catholiques considèrent comme le premier pape[32] » et par Paul de Tarse « unanimement qualifié de prince des théologiens[32] » par ses homologues modernes.

Identifié à Jacques le Mineur, il est même nettement distancé dans la dévotion des chrétiens par son homonyme, Jacques fils de Zébédée, « rehaussé du qualificatif de Majeur[32] ». L'occultation de son personnage en Occident a donc été favorisée par la promotion de Jacques, « le Majeur », dont le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle s'est développé à partir du Xe siècle et a connu une grande vogue durant tout le Moyen Âge. Même l'appellation de « Mineur », par opposition à celle de Jacques le Majeur vise à minorer son rôle, alors que dans les évangiles le fils de Marie Jacobé, la femme de Clopas, est appelé « Jacques le petit » et pas Jacques le Mineur.

L'extrême pauvreté de son iconographie est le meilleur indice de l'oubli dans lequel est tombé ce personnage si célèbre dans les premiers siècles du christianisme[32]. Pour le théologien chrétien Burnett Hillman Streeter « c'est une des ironies de l'histoire que son nom n'apparaisse pas dans le calendrier des saints de l'Église d'Occident, du fait de son identification erronée avec Jacques le Mineur[33] ». Cette identification n'a toutefois jamais été acceptée par les Églises orientales qui distinguent Jacques le Mineur et Jacques frère du Seigneur et les fêtent séparément[3].

Pierre-Antoine Bernheim estime que de nombreuses questions se posent lorsque l'on compare les sources antiques qui parlent de Jacques et ce que la tradition chrétienne d'aujourd'hui en dit. Pour lui, la principale d'entre elles est : « comment expliquer l'oubli dans lequel est tombé Jacques dans la tradition chrétienne[34] ? »

« Inconnu du grand public, parfois confondu avec le fils de Zébédée, le frère du Seigneur, n'est certainement pas ignoré des exégètes et historiens[32] » qu'ils soient chrétiens ou non. Depuis les années 1960, « Jacques et les Judéo-chrétiens suscitent un engouement croissant dans les milieux académiques[32] ». Cela participe du mouvement qui vise à mieux rendre compte de la totale intégration de Jésus et du mouvement qu'il a créé dans le judaïsme de son temps, comme il en est des douze apôtres, des septante disciples et même de Paul de Tarse.Éléments biographiques

Nous ne savons rien de Jacques avant qu'il ne surgisse comme l'un des dirigeants de l'Église primitive[35]. Les Actes des apôtres et les épîtres de Paul, « même s'ils le présentent comme un personnage clé, placé au centre des conflits fondamentaux[36] » de l'église primitive, ne nous fournissent guère d'informations sur lui[36]. « Ils nous font davantage percevoir une présence, sorte de statue du Commandeur, qu'un être de chair et de sang[36]. » Paul indiquant que les frères de Jésus effectuaient leurs voyages missionnaires en compagnie de leur femme, nous pouvons supposer que Jacques était marié[35]. Dans la liste d'évêques de Jérusalem des Constitutions apostoliques (VII, 46, 1), il est rapporté que l'évêque qui succède à Siméon fils de Clopas est Judas (Justus), le fils de « Jacques frère du Seigneur », premier « évêque[Note 1] » de la liste[37]. Il est donc possible que Judas (Justus) soit le fils de Jacques[37]. Par ailleurs, les accusations de davidique qui seront le motif de la crucifixion de son cousin germain Siméon fils de Clopas et de l'arrestation des petits-fils de son frère Jude[38] convergent avec l'insistance des évangiles synoptiques pour présenter Jésus comme un descendant de David[39]. La succession de type dynastique qui depuis Jean le Baptiste voit se succéder à la tête du mouvement des cousins, des frères ou des fils, renforce l'idée d'une « appartenance à une lignée davidique » qui expliquerait « la position prééminente des membres de la famille de Jésus[38] » dans l'Église primitive. Par sa mère Marie, Jacques est de famille sacerdotale, c'est donc un prêtre (un cohen)[30].

La réunion de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Le conflit d'Antioche et la réunion de Jérusalem sont datés par certains critiques des années 48-52[40]. Toutefois, d'autres critiques estiment que cet épisode se trouvait initialement dans le document pétrinien, un texte hypothétique dont l'existence a été postulée par Marie-Émile Boismard et Arnaud Lamouille, et que c'est le deuxième rédacteur des Actes des apôtres qui l'a inséré dans la « Geste de Paul », en Actes 15, 5s, pour suggérer que Paul était présent à cette réunion[41]. Pour eux, cette réunion a eu lieu bien avant. Ils estiment que fort logiquement les questions soulevées lors de cette assemblée ont découlé de la contestation qui a suivi la conversion du centurion Corneille (Ac 11, 2-3) et que la relation de cette réunion se trouvait initialement juste après l'épisode où Pierre convertit des craignants Dieu « païens » à Césarée maritime (Actes 10, 9s). Ce point de vue est partagé par un nombre significatif d'historiens spécialistes, ce qui a pour conséquence que Barnabé et Paul n'étaient pas présent lors de cette réunion, contrairement à ce que suggère le texte des Actes des Apôtres[42].

Pour Simon Claude Mimouni, le conflit d'Antioche et la réunion de Jérusalem « peuvent être considérés comme les deux premiers épisodes connus de la longue saga de l'opposition, qui s'est développée à l'intérieur même du mouvement des disciples de Jésus, entre deux tendances : l'une maximalisant la portée de l'observance de la Torah, avec Jacques et Pierre comme figures principales, et l'autre la valeur de la croyance au Messie, avec Paul essentiellement – les autres péripéties ont été conservées dans les lettres de Paul en Ph 3 et en 2Co 10-13[40] ». Pour lui, Paul rapporte de façon assez détaillée, ce conflit dans une lettre écrite aux communautés de Galatie, dans les années 54-55[43].

Vue d'une ville construite à flanc de colline entourée de remparts
Reconstitution de la ville de Jérusalem à l'époque de Jésus. Vue de l'enceinte fortifiée dans le secteur de l'Ophel.

Le conflit d'Antioche, ne vient pas à proprement parler de divergences avec ce que l'on peut appeler la théologie de saint Paul, qui semble se développer ultérieurement, mais d'un phénomène nouveau, qui est l'apparition d'adeptes du mouvement de Jésus venant directement du paganisme et donc appelés « païens[Note 3] » dans les lettres de Paul et les Actes des Apôtres. Il est facile de comprendre que l'observance de la Torah par ces chrétiens d'origine polythéiste et notamment la question de la circoncision, déjà problématique médicalement pour un adulte à l'époque, mais en plus interdite pour un non-juif dans la société romaine puisque considérée comme une mutilation, soit devenue une question épineuse.

Lors de la réunion de Jérusalem, l'observance de la Torah par les chrétiens d'origine polythéiste est examinée[43]. Selon Simon Claude Mimouni, « la question de la circoncision, notamment, est posée par des pharisiens devenus chrétiens. Elle est examinée par les apôtres et les anciens (presbytres) en présence de la communauté. Elle est résolue par Pierre qui adopte le principe suivant : Dieu ayant purifié le cœur des païens par la croyance en la messianité de Jésus, il ne faut plus leur imposer le « joug » de la Torah. Jacques accepte la proposition de Pierre[44],[S 1]. »

Toutefois, Jacques est inquiété par des problèmes pratiques, qui naîtront dans les communautés[44] comportant à la fois des « adeptes de la Voie » (« juifs ») et ce que l'on pourrait appeler des « adeptes de Chrestos » d'origine polythéiste[Note 3], souvent appelées « communautés mixtes » par les spécialistes.

Pour respecter l'obligatoire « pureté » exigée par l'orthopraxie juive, « il ne faut pas que les chrétiens d'origine juive aient à craindre de souillure légale lorsqu'ils fréquentent les chrétiens d'origine polythéiste[Note 3]. Il propose par conséquent sa décision à l'assemblée de la communauté et enjoint de la notifier aux chrétiens d'origine païenne par lettre : il faut que ces derniers observent un minimum de préceptes en s'abstenant des souillures de l’idolâtrie, de l'immoralité, de la viande étouffée et du sang[44]. »

La dernière rencontre de Jacques le Juste et de Paul à Jérusalem[modifier | modifier le code]

Dans les Actes des Apôtres[S 2], il est rapporté que, lors de son dernier séjour à Jérusalem, Paul a été accueilli très froidement par Jacques le Juste, le chef de la communauté, et les anciens. Ceux-ci lui font savoir que, selon des rumeurs, il a enseigné aux juifs de la diaspora l'« apostasie » vis-à-vis de Moïse, c'est-à-dire l'abandon des coutumes ancestrales[45] et notamment de la circoncision de leurs enfants. Une « rumeur » confirmée par le contenu de ses épîtres, telles qu'elles figurent dans le Nouveau Testament. Jacques et les anciens suggèrent à Paul un expédient qui doit montrer aux fidèles son attachement à la Loi, puis lui citent les clauses du « décret apostolique » émis pour les chrétiens d'origine païenne, que Paul n'a pas remplies[46].

Un mouvement de contestation houleux, soulevé par des juifs d'Asie, entraîne l'arrestation de Paul alors qu'il se trouve dans le Temple[S 3],[5]. « Apparemment, Jacques et les anciens ne font rien pour lui venir en aide, ni pour lui éviter son transfert à Césarée puis à Rome[5]. » Cet incident montre un certain durcissement du groupe de Jacques le Juste en matière d'observance[5], probablement lié à la crise provoquée par les zélotes, qui aboutira, en 66, « à une révolte armée des Juifs contre les Romains[5] ».

L'exécution de Jacques le Juste[modifier | modifier le code]

Peinture représentant un homme frappant avec un bâton un homme agenouillé portant un habit religieux
Martyre de Jacques le Juste dans le Ménologe de Basile II, un manuscrit daté de la fin du Xe, ou du début du XIe siècle.

Jacques fut condamné, jeté du haut du Temple, lapidé puis assommé à mort en 61/62[37] sur ordre du grand prêtre Hanan ben Hanan (le beau-frère de Joseph Caïphe) « pendant la période d'anarchie qui a régné à Jérusalem après la mort du procurateur romain Festus (60 – 62) et avant l'arrivée de son successeur Albinus (62 – 64)[5] ». Elle intervient, alors que depuis plusieurs années, « la Palestine s'enfonçait inexorablement dans le chaos et l'anarchie[47] ».

L'exécution de Jacques est mentionnée[S 4] par de nombreuses sources chrétiennes transmises par Eusèbe de Césarée[S 5] ou indépendantes de lui[5] ». Pour Pierre-Antoine Bernheim, « Il est possible que Jacques, en tant qu'autorité suprême de l'Église, ait été tenu pour responsable des transgressions de la Loi dont Paul fut accusé[48] ».

« Ananius, qui appartient au courant sadducéen, a sans doute pensé rendre service à Rome en supprimant Jacques, car il a dû estimer qu'il est alors sous influence des Zélotes — son initiative a été mal appréciée, et lui a valu d'être destitué de sa charge de grand prêtre[31] » à la demande du nouveau procurateur romain sitôt entré en fonction[31]. Pierre-Antoine Bernheim se pose la question : « qui était donc Jacques », dans la société de Jérusalem ? En effet, si cette exécution provoque le renvoi du Grand-Prêtre aussi puissant qu'Anan, appartenant à une famille qui compta huit Grands prêtres en 60 ans et qui venait à peine d'être nommé, cela ne signifie-t-il pas que Jacques était un personnage important, bénéficiant d'alliés puissants à Jérusalem[49] ?

« L'exécution de Jacques montre l'influence du mouvement nazaréen à cette époque, et sa perception comme un danger par les autorités du Temple de Jérusalem qui sont saducéennes[31]. » Robert H. Eisenman note qu'Agrippa II a profité du vide provoqué par la mort du procurateur Porcius Festus avant l'arrivée de son remplaçant Albinus pour démettre Joseph Cabi et nommer Ananius ben Anân comme grand-prêtre. Celui-ci a immédiatement arrêté Jacques et quelques-uns de ses partisans. Il en conclut qu'Agrippa a probablement « saisi la première opportunité après l'affaire du mur du Temple pour se débarrasser de Jacques[50] ».

Un texte tronqué[modifier | modifier le code]

Admettant l'authenticité du passage où il évoque Jacques, certains ont estimé que Flavius Josèphe aurait lui-même fourni davantage d'informations sur Jacques ou sur sa mort[51]. En effet, selon Origène, Flavius Josèphe aurait considéré la chute de Jérusalem et de la ruine du Temple « comme le châtiment mérité des Juifs pour la mort injuste de Jacques[51] » :

« Et le même auteur, bien que ne considérant pas que Jésus fut le Christ, cherche la cause de la chute de Jérusalem et de la ruine du Temple. Il aurait dû dire que l'attentat contre Jésus avait été la cause de ces malheurs pour le peuple, parce qu'on avait mis à mort le Christ annoncé par les prophètes. Mais, comme malgré lui, il n'est pas loin de la vérité quand il affirme que ces catastrophes arrivèrent aux juifs pour venger Jacques le Juste, le frère de Jésus appelé le Christ, parce qu'ils l'avaient tué en dépit de son éclatante justice[52]. »

À deux autres reprises, Origène se réfère à ce jugement de Flavius Josèphe, une fois à nouveau dans Contre Celse (2, 13) et une fois dans son Commentaire sur Matthieu (10, 17)[51]. Eusèbe de Césarée et Jérôme de Stridon (Sur les hommes illustres 2) semblaient lire le même passage qu'ils situent dans la Guerre des Juifs[53]. Au XIIIe siècle, Jacques de Voragine lisait encore ce même exposé dans le livre VII de cette œuvre de Josèphe[54]. « Étrangement, le passage cité par Origène ne se rencontre plus dans les versions de Flavius Josèphe à notre disposition[51]. »

Cela pose deux questions difficiles : « pourquoi Flavius Josèphe qui n'était pas chrétien, a-t-il attribué la chute de Jérusalem au châtiment de Dieu pour la mort d'un homme aussi juste que Jacques ? Ensuite, pourquoi un copiste probablement chrétien a-t-il ultérieurement supprimé une référence aussi flatteuse pour Jacques[55] ? ». Ces questions pourraient prendre un sens tout à fait différent si le passage des Antiquités de Flavius Josèphe, ledit "Testimonium flavianum", mentionnant Jacques était un ajout ultérieur au texte, comme de nombreux éléments le laissent penser.

« Frère » de Jésus[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Frères de Jésus.

De très nombreux documents chrétiens attestent de l'appellation « frère du Seigneur » ou « frère de Jésus » donnée à Jacques. Le sens à donner à cette expression est sujet à de larges débats exégétiques.

On trouve trouve généralement dans le protestantisme une lecture littérale, Jacques serait alors un petit frère de Jésus. Toutefois, dans la tradition des Églises orientales ceux qui sont appelés des frères, sont en fait des demi-frères, issus d'un premier mariage de Joseph, reprenant ainsi des traditions qui figurent dans le Protévangile de Jacques. Dans la tradition catholique, à la suite de la proposition de Jérôme de Stridon à la fin du IVe siècle, les frères de Jésus — Joset, Jude, Simon — sont des cousins germains de Jésus, fils d'une sœur de Marie appelée Marie Jacobé et marié avec Clopas. Il en est de même de « Jacques le frère du Seigneur » qui est donc identifié à Jacques le Mineur : une identification rejetée par les Églises orientales qui fêtent les deux personnages séparément[3].

Identification[modifier | modifier le code]

Cette qualité de frères, de demi-frères ou de cousins de Jésus induit un sérieux problème d'identification, toujours non résolu, malgré les nombreux historiens qui se sont penchés sur la question. Elle affecte Jacques le Juste qui pour certains critiques est l'apôtre Jacques Alphée, alors que cette identification est rejetée par d'autres. Pour la tradition chrétienne occidentale les frères de Jésus mentionnés notamment dans le Nouveau Testament sont en fait des cousins de Jésus, fils de Clopas, souvent appelé Alphée considéré comme un autre nom pour Clopas. Le problème d'identification affecte donc aussi les autres « frères » de Jésus et donc de Jacques.

Jacques le Juste un prêtre ?[modifier | modifier le code]

Les auteurs qui, au XXe siècle, ont redécouvert la personnalité de Jacques, n'ont pas envisagé la possibilité qu'il ait appartenu à la classe sacerdotale. On doit, cependant, à Simon Claude Mimouni[56] d'avoir développé cet aspect.

Dans les premiers siècles[modifier | modifier le code]

Voir aussi le chapitre : « Frère » de Jésus.

Comme rapporté ci-dessus dans le chapitre « Frère » de Jésus, les textes chrétiens qui appellent Jacques « frère du Seigneur » ou « frère de Jésus » sont extrêmement nombreux dans les tout premiers siècles de notre ère. Il est même qualifié de « frère du Christ selon la chair » dans un écrit chrétien. La fraternité biologique est notamment la position d'Hégésippe (IIe siècle), Tertullien (mort en 225) et Bonose (mort vers 400)[57]. « À partir du Ve siècle, cette conception, devenue hérétique, n'a plus guère été soutenue[57]. »

Au milieu du IIe siècle, dans le Protévangile de Jacques, apparaît toutefois pour la première fois une tradition dans laquelle Jacques et ses frères étaient issus d'un premier mariage de Joseph[58], Jésus étant né de sa mère Marie alors que celle-ci était vierge[59]. Le fait que Joseph ait eu plusieurs femmes n'est nullement impossible dans la société juive de l'époque qui pratiquait la polygamie. Joseph y est présenté comme un vieillard de façon à rendre improbable toute relation sexuelle avec sa jeune femme[59], ce qui conforte l'idée d'une naissance miraculeuse. Ce grand âge suggérait peut-être la virginité perpétuelle de Marie[59]. C'est en tout cas ainsi que vont l'interpréter certains Pères de l'Église. Cette théorie a été qualifiée d'épiphanienne, car elle a été défendue par Épiphane de Salamine dans l'Ancoratus[60]. Elle devint très populaire « en raison de la valorisation croissante de la chasteté dans la piété chrétienne[59] ». Origène (IIIe siècle), un de ses plus célèbres partisans, admet que « son succès est dû davantage à des considérations idéologiques qu'à des traditions historiques solides[59] ». Il écrit ainsi : « ceux qui professent cette opinion [appelée épiphanienne par la suite] désirent préserver l'honneur de Marie pour ce qui concerne sa virginité [...]. Et je pense qu'il est raisonnable, de même que Jésus donna le premier exemple de chasteté chez les hommes, Marie le fit chez les femmes[59] ».

Cette théorie est défendue dans la tradition orthodoxe.

Ces deux traditions cohabitent, lorsqu'à la fin du IVe siècle Jérôme de Stridon va proposer de voir chez ceux qui sont appelés « frères de Jésus » dans les textes chrétiens, non pas des frères, mais des cousins de Jésus.

La proposition de saint Jérôme[modifier | modifier le code]

Peinture représentant un homme d'église barbu surmonté d'une auréole
Jacques le Juste, Icône réalisée dans l'Empire russe (1809).

Vers 380, un certain Helvidius publie un livre dans lequel il soutient, preuves scripturaires à l'appui, que Jacques et ses frères étaient des fils de Joseph et de Marie[59]. Pour réfuter cet avis Jérôme de Stridon lui répond quelques années plus tard[61]. Nous ne connaissons que cette réponse, le texte d'Helvidius étant perdu. Pour Jérôme, le Christ venu, d'après lui, enseigner la virginité, ne pouvait avoir été élevé que par des vierges. Il propose donc à cette occasion une nouvelle théorie qui préservait la virginité de Joseph, en faisant de Jacques et de ses frères des cousins germains de Jésus. « Pour comprendre la théorie élaborée par Jérôme, il faut se rappeler que les évangiles mentionnent de nombreux Jacques et Marie[61]. » Rien d'étonnant à cela puisqu'il s'agit de noms très répandus à l'époque en Palestine[61]. Pour ce faire, il se saisit d'une des affirmations d'Helvidius qui, visiblement embarrassé par le fait que les évangiles synoptiques ne mentionnent pas la mère de Jésus parmi les trois Marie qui se trouvaient au pied de la croix de Jésus, semblait l'identifier à la femme appelée « Marie la mère de Jacques le Mineur et de Joset ». Dans sa réponse, Jérôme affirme que cette Marie n'est pas la mère de Jésus, mais une de ses demi-sœurs mariées non avec Joseph, mais avec son frère appelé Clopas[62]. En revanche, il suit Helvidius et identifie Jacques le Mineur avec « Jacques le frère du Seigneur ». Pour ce faire, il propose de voir dans le mot Alphée qui suit le nom de Jacques dans la liste des apôtres, un autre nom pour Clopas. Il semble qu'une telle proposition n'avait jamais été faite avant cet échange d'arguments. « Jacques frère du Seigneur » n'est nulle part qualifié de Petit ou de Mineur, ni dans le Nouveau Testament, ni dans les textes déclarés apocryphes, ni dans les traditions les plus anciennes[63] et pendant plusieurs siècles. De plus, le témoignage d'Hégésippe exclut la possibilité que Clopas ait été le père de Jacques, puisqu'il indique explicitement que celui qui succède à Jacques est « le fils de son oncle, Siméon, fils de Clopas[Note 4] »[63].

Pierre-Antoine Bernheim note toutefois que Jérôme « ne défend pas avec acharnement l'identification de Marie de Clopas avec Marie, la mère de Jacques et de Joset. L'important selon lui, est de distinguer cette Marie de la mère de Jésus[64]. » D'ailleurs, trente ans plus tard, dans sa Lettre à Hebidia, « Jérôme admettra que Marie de Clopas et la mère de Jacques et de Joset sont deux personnes différentes, bien que, écrit-il certains les identifient[64]. »

Les exégètes ultérieurs n'ont plus les mêmes doutes, c'est avec enthousiasme qu'ils adoptent son interprétation, au regard de la croyance de la virginité perpétuelle de Marie[65]. Celle-ci était devenue fondamentale dans l'Église depuis 374, dans le Symbole d'Epiphane qui développe le Symbole de Nicée[66] (réaffirmée au Deuxième concile de Constantinople en 553)[65]. Des variantes sont toutefois proposées afin de tenter de résoudre certaines contradictions, sans remettre en cause la proposition qui dit que Jacques et ses frères étaient en réalité des cousins de Jésus[64]. De plus, beaucoup d'auteurs ont abandonné dans les siècles suivants l'identification entre « Jacques Alphée » et le « frère du Seigneur »[64]. Déjà fortement minoré, Jacques a alors perdu sa qualité d'apôtre, membre du groupe des douze.

L'apôtre Jacques Alphée[modifier | modifier le code]

L'identification de Jacques le juste « frère » de Jésus à l'apôtre Jacques Alphée est discutée autour de plusieurs arguments :

  1. Dans son épître aux Galates (1, 19)[67], Paul de Tarse déclare que lors de sa première visite à Jérusalem il passa quinze jours avec Pierre et qu'il ne vit « pas d'autres apôtres si ce n'est/seulement Jacques le frère du Seigneur[S 6],[68]. » Deux interprétations sont possibles, selon la traduction retenue : selon la première, « le frère du Seigneur » et l'apôtre Jacques Alphée sont le même personnage, et cette phrase montre que Jacques le Juste était un des douze apôtres[69]. Selon la seconde, les personnages sont au contraire distingués. Toutefois, ce « passage est fort ambigu[69] » selon certains exégètes, Paul de Tarse parlant souvent d'apôtre au sens large, attribuant ce titre à Barnabé et le revendiquant pour lui-même, alors que cela semble lui être contesté. Des historiens estiment donc qu'on ne peut rien conclure à l'aide de cette phrase.
  2. Clément d'Alexandrie donne à Jacques le Juste le titre d'apôtre en le citant le premier avec Jean et Pierre en les distinguant des autres « apôtres » membre du groupe des soixante-dix disciples dont Barnabé aurait été membre sans être un membre du groupe des douze[70]. À l'époque de Clément, il n'y a toujours que deux Jacques, tous deux apôtres, ainsi qu'il l'écrit : « Il y avait deux Jacques : le Juste jeté par-dessus le parapet [du Temple] et battu à mort avec un bâton du fouleur, et celui qui fut décapité (Jacques de Zébédée cf. Ac 12,2)[71]. »
  3. Dans les nombreux textes chrétiens qui relatent comment les pays à évangéliser ont été répartis entre les douze apôtres, tous reçoivent des pays éloignés, seul Jacques Alphée reçoit le territoire de la région Palestine. Or cela correspond à la fonction et à l'action de Jacques le Juste, « évêque[Note 1] » de Jérusalem, qui n'est jamais décrit comme exerçant une mission d'évangélisation à l'étranger.
  4. Quelles que soient les nombreuses sources chrétiennes qui parlent des apôtres Jacques et Matthieu (Lévi Alphée) — tous deux distingués par le qualificatif "d'Alphée" —, il n'y a aucune indication que ces deux personnages aient été frères[72]. Pour Robert Eisenman Ἁλφαίου pourrait être une forme grecque par laquelle on désignait le fils qui dans les familles pieuses était consacré à Dieu dès sa naissance[72]. Jacques et Lévi d'Alphée auraient ainsi été consacrés à Dieu, c'est-à-dire qu'ils auraient été des nazir à vie, ce qui correspond à la description qu'Hégésippe fait de « Jacques, le frère du Seigneur »[72] puisqu'il le présente comme un nazir à vie, assurant les fonctions de grand prêtre qui entrait seul dans le saint des saints et passant ses jours dans le Temple à intercéder pour son peuple[17]. Ce point de vue ne fait toutefois pas consensus et bon nombre d'exégètes considèrent que Jacques Alphée veut en fait dire Jacques [fils d']Alphée qui serait un synonyme de Clopas, comme le soutenait Jérôme de Stridon.

Selon les autorités religieuses[modifier | modifier le code]

Selon la Conférence des évêques de France[modifier | modifier le code]

Voici ce que dit à son propos le sanctoral de la Conférence des évêques de France : « Les exégètes distinguent plusieurs Jacques autour du Seigneur. Jacques le Majeur, fils de Zébédée et frère de Jean. Jacques fils d'Alphée dont on sait seulement qu'il fut apôtre, et celui-ci, Jacques, frère du Seigneur, de sa parenté et originaire de Nazareth. » La notion de frère devrait être comprise au sens large sans doute utilisé à l'époque. Celle-ci pouvait signifier une parenté plus éloignée, comme celle de cousin germain, ou bien indiquer une double parenté (des deux souches).

Dans le christianisme oriental[modifier | modifier le code]

Comme Jésus a de plus en plus été considéré comme Dieu lui-même, dans le christianisme oriental Jacques porte souvent le titre « Adelphotheos » (grec : Iάκωβος ο Αδελφόθεος) (Jacques le frère de Dieu). La plus ancienne liturgie chrétienne, la liturgie de saint Jacques, utilise cette épithète[73].

L'épître de Jacques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Épître de Jacques.

L'auteur de cette épître faisant partie du Nouveau Testament se présente comme « Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus Christ ». La critique estime que ce texte est pseudépigraphe.

Jacob l'hérétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jacob l'hérétique.

Dans le Talmud un personnage appelé Jacob le min (Jacques l'hérétique) ou Jacob de Kfar Sikhnaya est identifié par plusieurs auteurs, dont Robert Eisenman, comme étant Jacques le Juste[74],[75]. Il est tour à tour présenté comme un guérisseur et un missionnaire qui agit au nom de Jésus de Nazareth[76], mais aussi comme un polémiste[77]. « Dans un cas comme dans l'autre, il ne fait que se conduire comme un missionnaire chrétien utilisant toutes ses capacités[77]. » Le fait que Jésus a donné autorité à ses disciples pour soigner les maladies et que ses premiers disciples ont guéri des malades en son nom est en effet bien connu[78]. Mis à part Jacob de Kfar Sikhnaya, les personnages qui s'affrontent dans ces passages parallèles du Talmud « sont assez connus : rabbi Elazar ben Dama est le neveu de rabbi Ishmaël, un contemporain de rabbi Aqiba[79]. » Rabbi Eliézer ben Hyrcanos « est un personnage très connu dans la littérature rabbinique[80]. » C'est un élève de rabbi Yoḥanan ben Zakkaï (mort vers 75), il aurait donc pu connaître Jacques « frère du Seigneur » (mort en 61-62[37]), « puisqu'il était encore jeune lors de la révolte de 66-73[81]. » Sa comparution devant la justice romaine pourrait s'être déroulée sous le règne de Trajan[81] ou lors de la répression ayant eu lieu sous Domitien[82] (vers 95). Toutefois Simon Claude Mimouni, tout comme François Blanchetière, estiment qu'on « doit se résoudre à laisser [Jacob l'hérétique] dans un certain anonymat[83] » car « l'identifier à « Jacques frère du Seigneur » est sans doute trop déduire de prémices imprécises[84]. »

L’affaire de l'ossuaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ossuaire de Silwan.
Vue d'une pierre avec une inscription dessus
L'inscription de l'ossuaire de Jacques : Ya'akiv bar Yosef akhui di Yeshua, ce qui signifie « Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus ».

En octobre 2002, l'épigraphiste français André Lemaire rend public l'existence d’un ossuaire en calcaire du premier siècle de notre ère, qui selon lui, avait probablement contenu les ossements de Jacques[85]. L’ossuaire est une petite urne de pierre, couramment utilisée par les Juifs de l'époque pour conserver les ossements d’un défunt, un an après sa mort, lorsque les chairs ont disparu, et que les os ont été purifiés par la terre d'Israël. De tels ossuaires ont été utilisés du Ier siècle av. J.-C. au IIe siècle. Celui-ci comporte une inscription en araméen, la langue courante de la Palestine à l'époque de Jésus[85] :

« Ya'akiv bar Yosef akhui di Yeshua » ce qui signifie « Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus ».

Même si les noms de Jacques, Joseph et Jésus étaient très courants à l'époque, selon les calculs d'André Lemaire, pendant les sept premières décennies du Ier siècle, Jérusalem ne devait pas avoir compté plus de vingt individus appelés Jacques et simultanément fils d'un Joseph et frère d'un Jésus[86]. En revanche, il était très inhabituel de mentionner le nom d'un frère sur un ossuaire après celui du père (il n’existe qu’un seul autre cas de cette pratique), ce qui suggère que ce frère était un personnage important[86].

Le propriétaire de l'ossuaire, l'antiquaire Oded Golan, fournit plusieurs versions des conditions de son acquisition[86]. Selon la dernière, c'est en 1975 qu'un marchand de la vieille ville de Jérusalem lui aurait vendu l'ossuaire qui provenait des environs de Silwan[87], ce qui est compatible avec le témoignage d'Hégésippe qui indique que Jacques a été enterré à l'endroit même où il est mort, après avoir été précipité du pinacle du Temple. Malgré quelques objections et même l'avis de certains experts pour qui la première partie de l'inscription datait probablement du Ier siècle, mais la seconde (frère de Jésus) avait été gravée par une autre personne, un ou deux siècles plus tard, un grand nombre d'historiens et d'exégètes ont rapidement été convaincus de son authenticité[88].

En juin 2003, le département des antiquités israéliennes, à la suite du travail d'une commission d'experts et d'une analyse au microscope électronique, publie les résultats de trois mois de travail[88]. La sous-commission des épigraphistes ne put se mettre d'accord sur l'authenticité de l'inscription[88]. En revanche, les conclusions de l'autre sous-commission ont été adoptées à l'unanimité[88]. « Ces experts ont conclu que l'ossuaire était ancien et provenait de la région de Jérusalem. Cependant, ils ont constaté que la patine recouvrant l'inscription était différente de celle recouvrant le reste de l'ossuaire et ne pouvait avoir été produite par un vieillissement naturel dans les conditions climatiques de la Judée[89]. » Pour Pierre-Antoine Bernheim, un faussaire a probablement gravé l'inscription longtemps après la formation de la patine, puis a recouvert cette inscription d'une patine artificielle[90]. Toutefois André Lemaire maintient son identification et estime que l’inscription est authentique[91]. Il s'appuie pour cela sur les conclusions du professeur Yuval Goren pour qui « l'inscription a été faite ou nettoyée dans la période moderne[91]. » Le 14 mars 2012, après cinq ans de procès, la justice israélienne relaxe le collectionneur israélien Oded Golan et le vendeur d’antiquités Robert Deutsch et se déclare incapable de dire si l'ossuaire est un faux ou non[92].

Écrits chrétiens[modifier | modifier le code]

Culte[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, Cerf, , 586 p. (ISBN 9782204062152). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, . Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Albin Michel, , 261 p. (ISBN 2-226-15441-8). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Simon Claude Mimouni, Jacques le Juste, frère de Jésus de Nazareth, Bayard, (ISBN 978-2-227-48701-7). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Paul-Hubert Poirier, Jacques, le frère de Jésus, dans trois livres récents, in Laval théologique et philosophique, vol.56, no 3, 2000, p. 531-541 en ligne. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jeffrey J. Butz, Le Frère de Jésus et les enseignements perdus du christianisme. Éditions Exclusif, 2006, (OCLC 145849082).
  • Jonathan Bourgel, D'une identité à l'autre ? : la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem : 66 - 135, Paris, Le Cerf, 2015.
  • Jonathan Bourgel, "Jacques le Juste, un Oblias parmi d'autres", New Testament Studies 59 (2013), p. 222-246.
  • André Lemaire, Jacques et les chrétiens de Jérusalem in Les premiers temps de l'Église, Folio histoire, Gallimard, 2004. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Wilhelm Pratscher, Der Herrenbruder Jakobus und die Jakobustraditionen: FRLANT 139 (Göttingen: Vandenhoeck & Ruprecht, 1987).
  • Richard Bauckham: The relatives of Jesus ; James: Wisdom of James, disciple of Jesus the sage. New Testament Readings (London/New York: Routledge, 1999).
  • John Painter, Just James. Columbia: University of South Carolina, 1997 Hershel Shanks and Ben Witherington, The Brother of Jesus. New York: HarperSanFrancisco, 2003. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Il n'y a pas lieu de donner au terme episkopos (surveillant), utilisé dans les listes ecclésiastiques, un sens trop précis pour l'époque considérée. Sa compréhension avec le sens d'évêque est anachronique. Il faut le comprendre avec le sens qu'il a dans certaines lettres de Paul de Tarse (1 Tm 3, 2 ; Tt 1,7) ; « c'est donc l'intendant d'une communauté agissant seul ou en collège. » La critique estime généralement que la charge d'episkopos dans les communautés chrétiennes a dû correspondre à celle du mebaqer (inspecteur) pour le mouvement du Yahad — souvent identifié aux Esséniens — décrit dans certains Manuscrits de la mer Morte. Celui-ci « veille aussi par des inspections périodiques à la réalisation de l'idéal communautaire. » cf. Mimouni 2006, p. 454-455.
  2. épi tautê tê pétra oikodomêsô mou tên ekklêsian
  3. a b et c Selon François Blanchetière, « Païen est un terme qui n'apparaît dans le sens qui lui est resté aujourd'hui qu'au IVe siècle, il est donc anachronique pour parler des origines du mouvement chrétien ; c'est de plus un terme typiquement chrétien. Il conduit en conséquence et subrepticement à adopter un point de vue christiano-centrique, à la différence du terme plus objectif et neutre polythéiste. », cf. Blanchetière 2001, p. 150.
  4. Hégésippe écrit : « Après que Jacques le Juste eut rendu son témoignage [mourut] comme le Seigneur et pour la même doctrine, le fils de son oncle, Siméon, fils de Clopas, fut établi évêque : tous le préférèrent comme deuxième [évêque] parce qu'il était cousin du Seigneur. », cité dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée IV, 22, 4.

Sources antiques[modifier | modifier le code]

  1. Ac 15. 13-21 Ac 15. 13-21
  2. Ac 21. 17-26
  3. Ac 21. 27-36
  4. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques XX, § 197-203.
  5. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, II, 1, 4-5 ; [témoignage originaire de Clément d'Alexandrie ; II, 23, 4-18, témoignage originaire d'Hégésippe (œuvre perdue)]
  6. Nouveau Testament, Ga 1. 19.

Références[modifier | modifier le code]

  1. André Benoit, « Les personnages de l'Évangile nommés Jacques », in Pierre Geoltrain (dir.), Aux origines du christianisme, Folio/Histoire, 2000 (ISBN 978-2-07-041114-6), p. 246-250.
  2. François Vouga, « L'Épître de Jacques », in Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides, 2008 (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 438-440.
  3. a b c d e f et g Bernheim 2003, p. 17.
  4. a et b Bernheim 2003, p. 14.
  5. a b c d e f g et h Mimouni 2004, p. 137.
  6. a b c d e f et g Bernheim 2003, p. 16.
  7. Blanchetière 2001, p. 198.
  8. a et b Blanchetière 2001, p. 197.
  9. Blanchetière 2001, p. 257.
  10. a b et c Mimouni 2006, p. 448.
  11. Mimouni 2006, p. 448-451.
  12. (en) Eusèbe de Césarée, Church History Book II Chapter 1:3-4, www.newadvent.org (lire en ligne).
  13. Simon-Claude Mimouni, Jacques le Juste, Frère de Jésus de Nazareth, Paris, Bayard, 612 p., "Selon les Épîtres pauliniennes et les Actes des Apôtres, Jacques est censé intervenir directement ou indirectement dans plusieurs conflits qui l'opposent à Paul, notamment lors de l'incident d'Antioche (Ga 2, 11-21) et lors de l'assemblée de Jérusalem. (Ac 15, 1-29)"
  14. a et b Bernheim 2003, p. 15.
  15. a et b Blanchetière 2001, p. 215.
  16. (en) « Ante-Nicene Fathers: The Same Hippolytus on the Seventy Apostles », Wm. B. Eerdmans Publishing Company (consulté le 29 mars 2016).
  17. a b et c Blanchetière 2001, p. 195.
  18. Mimouni 2006, p. 451.
  19. a et b Bernheim 2003, p. 251.
  20. Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le Christianisme des origines à Constantin, éd. P.U.F/Nouvelle Clio, 2006, p. 184.
  21. a et b Bernheim 2003, p. 252.
  22. M.F Baslez, Comment le monde est devenu chrétien ?, Paris
  23. a et b Blanchetière 2001, p. 196.
  24. Bernheim 2003, p. 253.
  25. Ce schéma a été défendu par de nombreux savants protestants dont Oscar Cullmann, Maurice Goguel, Étienne Trocmé, Martin Hengel et Christian Grappe, cf. Pierre-Antoine Bernheim, op. cit., p. 253.
  26. a et b Bernheim 2003, p. 287.
  27. a et b Bernheim 2003, p. 286.
  28. Eisenman 2012 vol. I, p. 385.
  29. Mimouni 2015, p. 95-96.
  30. a b et c Blanchetière 2001, p. 195-196.
  31. a b c et d Mimouni 2004, p. 138.
  32. a b c d e f et g Bernheim 2003, p. 18.
  33. Burnett Hillman Streeter, The Primitive Church, Londres, Mac-Millan, 1929, p. 39, cité par Pierre-Antoine Bernheim, op. cit., p. 18.
  34. Bernheim 2003, p. 20.
  35. a et b Bernheim 2003, p. 105.
  36. a b et c Bernheim 2003, p. 19.
  37. a b c et d Mimouni 2006, p. 455.
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  40. a et b Mimouni 2004, p. 133-134.
  41. Marie-Émile Boismard et Arnaud Lamouille, Actes des deux apôtres, livre I, Paris, 1990, Librairie Lecoffre J. Gabalda et Cie éditeurs, p. 12.
  42. Justin Taylor, Actes des deux apôtres, livre V, Paris, 2000, Librairie Lecoffre J. Gabalda et Cie éditeurs, p. 201-205.
  43. a et b Mimouni 2004, p. 134.
  44. a b et c Mimouni 2004, p. 134-135.
  45. Bernheim 2003, p. 336.
  46. Mimouni 2004, p. 136.
  47. Bernheim 2003, p. 324.
  48. Bernheim 2003, p. 337.
  49. Bernheim 2003, p. 13.
  50. (en) Robert Eisenman, James the Just in the Habakkuk Pesher, p. 14, note n° 32.
  51. a b c et d Bernheim 2003, p. 328.
  52. Origène, Contre Celse, (I, 47), cité par Pierre-Antoine Bernheim, op. cit., p. 328.
  53. Eisenman 2012 vol. I, p. 135.
  54. Jacques de Voragine, La Légende dorée, Notice sur saint Jacques, Apôtre, Volume 1, 1967, Paris, Garnier-Flamarion, p. 336.
  55. Bernheim 2003, p. 329.
  56. Jacques le Juste, frère de Jésus de Nazareth, et l'histoire de la communauté nazoréenne chrétienne de Jérusalem du Ier au IVe siècle, 2015.
  57. a et b Bernheim 2003, p. 27.
  58. Bernheim 2003, p. 28.
  59. a b c d e f et g Bernheim 2003, p. 34.
  60. Ancoratus chap. 60.
  61. a b et c Bernheim 2003, p. 35.
  62. cf. Eusèbe de Césarée (Hist. eccl. 3, 11) qui cite Hégésippe : « Tous, d'une seule pensée, décidèrent que Siméon, fils de Clopas, qui est mentionné dans le livre de l'Évangile, était digne du siège de cette Église : il était, dit-on, cousin du Sauveur. Hégésippe raconte en effet que Clopas était le frère de Joseph. »
  63. a et b Bernheim 2003, p. 43.
  64. a b c et d Bernheim 2003, p. 38.
  65. a et b Bernheim 2003, p. 23.
  66. Bernheim 2003, p. 23-24.
  67. Bernheim 2003, p. 36.
  68. Bernheim 2003, p. 36 et 39.
  69. a et b Bernheim 2003, p. 39.
  70. Eisenman 2012 vol. I, p. 66.
  71. Clément d’Alexandrie, Hypotypos, VII ; cité par Reza Aslan, Le Zélote, § 15 : Le Juste.
  72. a b et c Eisenman 2012 The Key to Unlocking, p. 77-81.
  73. (en) Philip Schaff: History of the Christian Church, chapter 4, § 27.
  74. Blanchetière 2001, p. 199.
  75. Eisenman 2012 vol. I, p. 77-79 ; ainsi que plusieurs autres passages.
  76. Mimouni 2004, p. 117.
  77. a et b Mimouni 2004, p. 103.
  78. Mimouni 2004, p. 107.
  79. Mimouni 2004, p. 105.
  80. Mimouni 2004, p. 114-115.
  81. a et b Blanchetière 2001, p. 200.
  82. Mimouni 2004, p. 115.
  83. Mimouni 2004, p. 102.
  84. Blanchetière 2001, p. 201.
  85. a et b Bernheim 2003, p. 7.
  86. a b et c Bernheim 2003, p. 8.
  87. Bernheim 2003, p. 8-9.
  88. a b c et d Bernheim 2003, p. 9.
  89. Bernheim 2003, p. 9-10.
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  91. a et b André Lemaire, The inscription and the ossuary are authentic, Paris-Sorbonne, avril 2004, p. 4-5.
  92. Le Monde de la Bible, Le « procès en faux du siècle » accouche d’une souris, 1er novembre 2013, paru une première fois dans Le Monde de la Bible no 201, « Aux origines du Coran » (juin-juillet août 2012).
  93. Enrico Norelli, Marie des apocryphes : Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, éd. Labor & Fides, 2009, p. 47-48.
  94. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Ιάκωβος ο αδελφόθεος

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]