Zachée

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Jésus invite Zachée à descendre du sycomore (œuvre de Niels Larsen Stevns)

Zachée ou Zacchée (en grec : Ζακχαῖος, Zakchaios ; en araméen Zakkaï « le Juste »[1]) est un personnage du Nouveau Testament, mentionné dans l'Évangile selon Luc (19, 1-10) comme étant un collecteur d'impôts de Jéricho. Les collecteurs d'impôts étaient souvent corrompus et détestés par beaucoup de leurs compatriotes Juifs, qui les voyaient comme des traîtres travaillant pour l'Empire romain. À l'époque, la production et l'exportation de baume étaient centrées à Jéricho, ce qui rendait Zachée important et riche.

Dans le récit, Jésus passe à Jéricho pour aller à Jérusalem. Zachée, décrit comme un homme de petite taille, n'arrive pas à le voir à cause de la foule imposante qui s'empresse autour de lui. Il décide alors de grimper sur un sycomore afin de voir Jésus. Quand celui-ci arrive au pied de l'arbre, il lève les yeux vers Zachée, s'adresse à lui par son nom, et lui dit de descendre, car il a l'intention de visiter sa maison. La foule est choquée que Jésus, un Juif, se souille en s'invitant chez un collecteur d'impôts. Touché par l'audace de cette demande, Zachée se repent publiquement de ses actes de corruption, s'engage à verser un dédommagement aux personnes à qui il a fait du tort et organise une fête dans sa maison.

À Er-Riha (Jéricho), se trouve une tour carrée, qui par tradition est nommée la Maison de Zachée.

Saint Luc 19, 1-10[modifier | modifier le code]

« Jésus traversait la ville de Jéricho. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il n’y arrivait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l’interpella : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Vite, il descendit, et reçut Jésus avec joie. Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un pécheur. » Mais Zachée, s’avançant, dit au Seigneur : « Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. » Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Identité[modifier | modifier le code]

Selon Clément d'Alexandrie, dans son livre Stromata, le surnommé Zachée (le Juste) s'appelait Matthias et a pris la place de Judas Iscariote après la trahison et la mort de celui-ci. Les Constitutions apostoliques identifient plus tard "Zachée le publicain", comme le premier évêque de Césarée.
Après la Grande révolte juive et la prise de Jérusalem, il aurait été exilé à Rocamadour en compagnie d'une princesse appelée Bérénice (Véronique), qu'il ne faut pas confondre avec Bérénice, la soeur du roi Agrippa II.

Une tradition chrétienne dont le plus ancien témoin connu semble être contenu dans des sermons de Bernard Gui (1261-1331) assimile Zachée avec saint Amadour, venu en Gaule et qui s'installa dans une grotte du Quercy (Rocamadour), avec son épouse Véronique (Bérénice) qui serait morte à Soulac dans le Bordelais[2]. Dans ses sermons, Bernard Gui associe saint Martial IIIe siècle, appelé « l'apôtre des Gaules » ou « l'apôtre d'Aquitaine » à saint Amadour qui lui aussi aurait été « l'apôtre d'Aquitaine » deux siècles avant saint Martial. Celui-ci aurait d'ailleurs fondé une église en l'honneur de sainte Véronique à Soulac, lieu traditionnel de sa mort. Cette église a été ensevelie sous les dunes, mais a été dégagée entre 1860 et 1864[3]. Zachée pour sa part serait mort à Rocamadour où a été fondé par la suite le sanctuaire portant son surnom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 460.
  2. À comparer avec les Zachée et Bérénice qui convertissent les frères de Clément de Rome à la « doctrine de vérité » ce qui les conduit à être des juifs reconnaissant Jésus comme Messie, dans l'Iinéraire de Pierre, que l'on retrouve tant dans les Homélies que dans les Reconnaissances pseudo-clémentines.
  3. Jean-Loup Lemaitre, Hagiographie et histoire monastique, § I. Bernard Gui et les saints du Limousin : la légende aurélienne, 4 - 6.

Article connexe[modifier | modifier le code]

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