Deuxième épître de Pierre

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II Pierre
Image illustrative de l’article Deuxième épître de Pierre
Le papyrus Bodmer VIII contenant la fin de la deuxième épître de Pierre, Bibliothèque apostolique vaticane

Auteur traditionnel Pierre
Datation traditionnelle vers 64
Nombre de chapitres 3
Canon chrétien Épîtres catholiques
Codex liturgique copte contenant des passages de la deuxième épître de Pierre, musée du Louvre

La deuxième épître de Pierre est un livre du Nouveau Testament. Elle est envoyée par « Simon Pierre, esclave et apôtre de Jésus-Christ » (1:1).

Datation[modifier | modifier le code]

Certains exégètes représentant la critique moderne considèrent qu'il s'agit de l'écrit le plus tardif du Nouveau Testament. Schlosser et Brown par exemple proposent une datation autour de 130[1],[2].

Les raisons sont :

- le parallélisme entre les chapitres 2 et 3 et l'épître de Jude (le texte est presque identique, la principale différence étant l'absence des citations des livres apocryphes de l'Ancien Testament, ce qui amène ces exégètes à dater la deuxième épître de Pierre après l'événement qu'ils considèrent comme le moment de fixation du canon juif de l'Ancien Testament à Jamnia),

- le fait que les lettres de Paul sont constituées en recueil et considérées comme Écriture sainte (2P 3, 15s), l'évocation de la disparition de la première génération chrétienne (2P 3, 2 et 3,4b).

Par ailleurs, Clément de Rome et Irénée de Lyon ne connaissent qu'une seule Épître de Pierre.

En outre, selon la TOB, la seconde lettre qui est citée pour la première fous par Origène (185-254) se retrouve dans une version égyptienne de textes néotestamentaires. La TOB précise en outre qu'il se rencontre une différence stylistique entre les deux lettres de Pierre qui ont en commun 1000 mots contre 599 différents. Elle ajoute que malgré le fait que l'auteur de la seconde lettre atteste avoir été présent à la transfiguration, les exégètes, pour des raisons liées à la différence d'eschatologie sous-jacente aux deux lettres, penchent pour une datation tardive, et pour un auteur de la seconde lettre différent de Pierre l'auteur de la première.[3],

Philippe Rolland a indiqué que Luther (et bien d'autres après lui) pensait que c'était Jude qui avait recopié Pierre et il a argumenté en la faveur de cette position exégétique. Il a également précisé qu'un exégète tchadien lui avait opposé qu'il est invraisemblable que l'auteur qui condamne vigoureusement le mensonge (2, Pierre 1, 16; 2, 3 et 2, 13) ait pu donner l'exemple de la tromperie en se faisant passer pour Pierre, et qu'il ait pu prétendre avoir été un témoin oculaire de la transfiguration.[4]

Il a ajouté que l'Eglise orthodoxe émet les plus extrêmes réserves sur ces opinions concernant ces points de vue exégétiques qui sont soutenus en particulier par la TOB, et pour cette raison n'a pas cru pouvoir recommander à ses fidèles l'usage de cette version oecuménique de la Bible.[5]

D'autres exégètes, qui tiennent une position plus traditionnelle, datent l'épître des années 60. L'on peut se référer au texte même et aux témoignages de l'Église ancienne[6]. L'auteur serait alors Pierre, éventuellement par l'intermédiaire d'un secrétaire[7],[8].

L'exégète Philippe Rolland a précisé : "il existe par ailleurs de bons critiques protestants appartenant aux milieux évangéliques qui osent encore soutenir que la seconde épitre de Pierre est bien écrite par Pierre, mais on les regarde avec un peu de commisération."[9]

Résumé[modifier | modifier le code]

Le chapitre 1 traite de la libéralité de Dieu, du témoignage apostolique dont en particulier celui où l'auteur se présente comme un témoin oculaire de la transfiguration (1, 16-18), et de la parole prophétique, tout en exhortant les saints à affermir leur vocation. Le chapitre 2 met en garde contre les faux docteurs, tire les leçons du passé, et parle du châtiment à venir. Enfin le chapitre 3 évoque es derniers jours, les faux docteurs, et la seconde venue du Christ, puis se termine par un nouvel appel à la sainteté et par une doxologie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. J. Schlosser, « La deuxième épître de Pierre », dans Introduction au Nouveau Testament, sous la dir. de D. Marguerat, Genève, Labor et Fides, 2001.
  2. R.E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament?, Paris, Bayard, 2000.
  3. TOB, traduction oecuménique de la Bible. Nouveau Testament. Introduction à la deuxième épitre de saint Pierre., Paris, Cerf et Les Bergers et les Mages, , p. 729.
  4. Philippe Rolland, L'origine et la date des Evangiles, Paris, Saint Paul, 1994., p 86 et 87
  5. Philippe Rolland, L'origine et la date des Evangiles, Paris, Saint Paul, , p 83
  6. A.D. Baum, Pseudepigraphie und literarische Fälschung im frühen Christentum, WUNT 2/138, Tübingen, Mohr Siebeck, 2001
  7. A. Kuen, Introduction au Nouveau Testament, tome 3 : Les épîtres générales, Saint-Légier, Éditions Emmaüs, 1996
  8. (en) D. A. Carson, D.J. Moo et L. Morris, An Introduction to the New Testament, Zondervan, 2005.
  9. Philippe Rolland, L'origine et la date des Evangiles, Paris, Saint Paul, , p 83.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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