Lac de Tibériade
| Lac de Tibériade | |||||
Le lac de Tibériade vu par le satellite Spot. | |||||
| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Subdivision | Tibériade | ||||
| Fait partie de | Vallée du rift du Jourdain | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 32° 48′ 18″ N, 35° 35′ 14″ E | ||||
| Type | Lac naturel | ||||
| Superficie | 166 km2 |
||||
| Longueur | 21 km | ||||
| Largeur | 13 km | ||||
| Périmètre | 53 km | ||||
| Altitude | −212 m | ||||
| Profondeur · Maximale · Moyenne |
entre 40 et 49 m 25,6 m |
||||
| Volume | 4,1 G m3 | ||||
| Débit moyen | 15,8 m3/s | ||||
| Hydrographie | |||||
| Bassin versant | 273 km2 | ||||
| Alimentation | Jourdain, Nahal Amud, Nahal Zalmon | ||||
| Émissaire(s) | Jourdain | ||||
| Durée de rétention | 5 ans | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Israël
Géolocalisation sur la carte : district nord
Géolocalisation sur la carte : plateau du Golan
Géolocalisation sur la carte : Syrie
| |||||
| modifier |
|||||
Le lac de Tibériade (hébreu : יָם כִּנֶּרֶת ; arabe : بحيرة طبريا), mer de Galilée, lac de Kinneret ou encore lac de Génézareth est un lac naturel d'eau douce d'une superficie de 166 km2 situé dans le nord-est d'Israël, à l'ouest de la Syrie, entre le plateau du Golan et la Galilée.
Situé à plus de 200 m au-dessous du niveau de la mer, il est traversé par le fleuve Jourdain. Riche en poissons, il est réputé pour ses tempêtes violentes à cause des différences de température avec les hauteurs environnantes.
Étymologie et appellations
[modifier | modifier le code]En hébreu, le nom du lac est « mer de Kinneret » (ים כנרת). Il apparaît sous la forme Kinerot dans les scripts d'Ugarit dans l'épopée de Danel et Aqhat, au XIVe siècle avant notre ère.
Il figure dans la Bible hébraïque, soit le livre des Nombres (parasha Massei 34,11)[1] :
- «...puis elle [la frontière] suivra le bord oriental de la mer de Kinneret »
et dans le livre de Josué (13,27)[2], en parlant du territoire de Gad :
- «…avec le Jourdain pour limite, jusqu’à l’extrémité de la mer de Kinneret, au bord oriental du Jourdain. »
Une explication du nom Kinneret provient d’une allusion à sa forme, kinnor (כנור) signifiant « lyre », d’où kinneret « en forme de lyre ». Selon le Talmud, le nom du lac lui vient du fait que « ses fruits sont doux comme le son de la lyre » (Talmud de Babylone, Meguila 6a). D’après le Talmud de Jérusalem (Méguila 1:1), le nom Kinneret proviendrait des arbres kinnar qui poussaient autour du lac, terme interprété par Marcus Jastrow comme désignant le jujubier de Palestine (Ziziphus spina-christi) et par Moses Margolies comme désignant des roseaux, ce qui donnerait au toponyme le sens de « lieu des roseaux ». Le consensus scientifique est que l'origine du nom est dérivée de l'importante ville de Kinneret de l'âge du bronze et du fer, fouillée à Tell el-'Oreimeh[3].
Tous les écrivains de la Torah et du Nouveau Testament utilisent le terme « mer » (hébreu יָם yam, grec θάλασσα / thálassa, « mer[4] ») pour désigner cette grande étendue d'eau douce, à l'exception de Luc, qui l'appelle λίμνη Γεννησαρέτ / límnē Gennēsarét, « lac de Gennèsaret », forme grecque de Chinnereth[5]. Le Talmud babylonien ainsi que Flavius Josèphe mentionnent la « Mer de Ginosar » - un autre nom dérivé de Kinneret - d'après la petite plaine fertile de Ginosar qui se trouve sur son côté ouest[6]. Ce nom a été transmis dans les langues européennes sous la forme Génésareth.
Il est appelé « lac de Tibériade » dans la Mishna, le Talmud et la Tosefta à cause de sa proximité avec la ville de Tibériade. Sa désignation comme « lac de Guinossar » se rencontre aussi.
Les versions grecque et latine (Mare Galilaeae) des Évangiles, utilisent le nom de « mer de Galilée ». C’est également le cas en anglais aujourd'hui (Sea of Galilee).
Des Omeyyades à la période mamelouke, le lac est connu en arabe sous le nom de Bahr al-Minya, la « mer de Minya », d'après le complexe qasr omeyyade dont les ruines sont encore visibles à Khirbat al-Minya[7].
À l'époque contemporaine, il est appelé (translit.) « Kinneret » ou « mer de Kinneret » en hébreu. La langue arabe (بحيرة طبريا, buhayrat tabariya) et le français utilisent le nom de « lac de Tibériade ».
Géographie
[modifier | modifier le code]Généralités
[modifier | modifier le code]Le lac de Tibériade est considéré comme le lac d'eau douce le plus bas de la Terre et le deuxième lac le plus bas du monde (après la mer Morte et la dépression de l'Afar)[8].
Dans sa forme actuelle, il était précédé par le (en)lac Lisan (en) qui s'étendait du nord de la mer de Galilée à (en)Hatzeva (en) au sud, à plus de 200 km du point le plus méridional actuel du lac. Ce lac Lisan a été précédé par le lac Ovadia, un lac d'eau douce beaucoup plus petit. Le lac Kinneret s'est formé sous sa forme actuelle il y a moins de 20 000 ans, à la suite de l'affaissement tectonique et du rétrécissement du lac Lisan[9].
Il est situé dans le nord-est d'Israël, entre le plateau du Golan et la région de Galilée, dans la vallée du Rift du Jourdain et dans la partie nord du fossé syro-africain[10],[11]. Formée par la séparation des plaques africaine et arabique, la région est ainsi sujette à des tremblements de terre et dans le passé, à une activité volcanique[12],[13]. Cela est indiqué par l'abondant basalte et à d'autres roches ignées qui définissent la géologie de la Galilée[13],[14]. Ainsi, on trouve notamment dans la zone entourant le lac des roches telles que du gravier, du gypse, du basalte, du calcaire, de l'argile, du silex, de la marne et d'autres encore[15].
L'altitude du lac de Tibériade fluctue entre 215 et 209 mètres sous le niveau de la mer (selon les précipitations et la variation des saisons). Il mesure environ 53 km de circonférence, environ 21 km de long et 13 km de large. Sa superficie est de 166,7 km2 à son maximum et sa profondeur maximale est d'environ 43 mètres[16].
Le lac est alimenté en partie par des sources souterraines mais sa source principale est le Jourdain qui le traverse du nord au sud avec le dérivant contrôlé par le barrage de Degania.
Hydrographie
[modifier | modifier le code]Le lac reçoit de l'eau principalement du fleuve Jourdain qui s'y déverse au nord et en ressort au sud.
Il constitue aujourd'hui une ressource hydraulique importante pour Israël. En 2016, le lac fournit environ 10 % des besoins en eau potable d'Israël et environ 50 millions de mètres cubes d'eau par an à la Jordanie. Il est prévu que les Jordaniens construisent une nouvelle usine de dessalement permettant l'achat par Israël d'environ 30 millions de mètres cubes d'eau par an avec en contrepartie, la fourniture à la Jordanie d'une quantité équivalente d'eau provenant du lac de Tibériade et du nord du pays[17].

Des travaux de canalisations permettent l'approvisionnement des villes d'Israël en eau douce et l'irrigation à des fins agricoles, essentiellement dans le désert du Néguev. Le développement du dessalement de l'eau de mer en Israël qui diminue les pompages dans les eaux du lac de Tibériade n'empêche pas le lac d'atteindre un de ses niveaux les plus bas à l'automne 2017 en raison de la sécheresse du précédent hiver[18]. La situation s'aggrave à l'automne 2018[19]. Afin de lutter contre la baisse de niveau du lac, le gouvernement israélien approuve le un plan pour l'alimenter en eau dessalée. Il prévoit que d'ici 2022, 100 millions de mètres cubes d'eau y soient déversés annuellement. Le projet prévoit la construction de deux usines de dessalement, une en Galilée occidentale, l'autre à Nahal Sorek, pour une capacité totale de 300 millions de mètres cubes par an[20]. À la suite de pluies abondantes en 2019 et 2020, le niveau remonte et atteint les 209,275 mètres sous le niveau de la mer le , un niveau qui n'avait jamais été atteint depuis juillet 2004[21],[22]. À la fin de l'été 2022, le niveau du lac reste relativement haut, ne se situant qu’à un mètre en dessous de sa pleine capacité, selon les mesures prises par les experts le 13 septembre 2022[23]. En novembre 2025, le niveau du lac est de 213,33 mètres au-dessous du niveau de la mer et à 33 centimètres au-dessus de la limite basse, en-deçà de laquelle le pompage risque d’endommager l’écosystème aquiatique[24].

En décembre 2022 est inaugurée la première tranche d'un système de pompage et de traitement de l'eau permettant l'alimentation en eau de mer dessalée du lac de Tibériade qui devrait permettre d'éviter de trop fortes baisses du niveau du lac[25]. Ce système devrait devenir pleinement opérationnel en novembre 2025 lors d'une nouvelle période de sécheresse qui interdit le pompage des eaux du lac pour l'agriculture[26].
En novembre 2025, l’eau traitée issue du système national de dessalement s’écoule dans la rivière saisonnière Tsalmon, par la source d’Ein Ravid. L'eau du Tzalmon se déverse ensuite lentement à raison de 1 000 mètres cubes par heure (débit qui peut être augmenté) dans le lac de Tibériade menacé par la sécheresse, afin de relever le niveau du lac d’environ 0,5 centimètre par mois[24].

Caractéristiques
[modifier | modifier le code]- Superficie : 166 km2 (soit 23 449,3 terrains de foot)
- Longueur : 21 km
- Largeur : 13 km
- Périmètre : 53 km
- Profondeur moyenne : 25,6 m
- Temps de renouvellement : 5 ans
- Débit annuel : 700 000 000 m3 en entrée et 500 000 000 m3 en sortie.
Histoire
[modifier | modifier le code]
Sur la rive ouest du lac, est construite la ville éponyme de Tibériade (Tiberias). Capitale de la Galilée, elle fut fondée par le roi Hérode Antipas en l'honneur de l'empereur romain Tibère. C'est aujourd'hui une station balnéaire de 31 000 habitants, réputée pour ses sources chaudes et pour son climat sec.
Il existe de nombreux sites archéologiques et historiques autour du lac de Tibériade, notamment Hattin, site de la bataille de Hattin (1187) lors de laquelle le sultan Saladin battit 1 200 chevaliers croisés. Sous les eaux du lac, au sud-ouest, se trouve une énorme structure conique de blocs de basalte non taillés, découverte par des archéologues en 2013. Encore énigmatique, elle pèserait environ 60 000 tonnes[27]. La Bible mentionne de telles œuvres humaines sous le terme araméen Yegar-Sahadouthâ (« monceau-témoignage ») ; une autre hypothèse voudrait qu'il s'agisse d'une nurserie à poissons.
Durant l'hiver 1986, a été découverte dans le lac, près de ce qui est généralement considéré comme l'ancienne Magdala / Tarichée, un exemplaire unique de barque romaine[28] (longueur 8,3 m, largeur 2,6 m, profondeur 1,2 m) pour la pêche et le transport de marchandises. Le carbone 14 situe la construction de cette barque au Ier siècle de notre ère, ce qui lui vaut parfois le surnom de « barque de Pierre » ou « barque de Jésus ».
Au XIXe siècle, Moshe Reisher (1840-1880) parle de la mer de Galilée dans son livre Les Portes de Jérusalem (שערי ירושלים) publié en 1866[29],[30] :
« Elle mesure douze heures de long et six de large. De magnifiques montagnes l'entourent. Ses eaux sont pures et bonnes, nous en buvons beaucoup et il semblerait qu'on y vienne pour des sacrifices. On y trouve aussi de nombreux gros poissons de diverses espèces et de très bonne qualité, dont certains sont vendus à Safed et dans les environs. »

Au cours des années 1880, les terres d'al-Manshiyya Samakh et de Khirbat Umm Juni, en bordure du lac de Tibériade, sont achetées par Baha' Allah, fondateur de la secte religieuse baha'ie)[31]. En 1908, Dr Arthur Ruppin, directeur de l'Institut Palestine, acheta, pour le compte du Keren Kayemeth Leisraël (KKL), environ 3 000 dunams de terres incultes à Umm Juni, sur la rive sud du lac Kinneret[32]. L'année suivante, un premier groupe sioniste socialiste, composé de sept jeunes de Romny, s'installe sur une partie de ces terres, suivi par d'autres groupes qui fondent le kibboutz Degania qui, dès 1911, obtient une « récolte raisonnable » grâce à l'abondance de l'eau du lac permettant le développement d'un système d'irrigation gravitaire[33].
La délimitation définitive des frontières entre la Palestine mandataire de 1922 et le mandat français de Syrie en 1923, en vertu de l'accord Paulet–Newcombe octroya aux Britanniques la juridiction sur l'ensemble des eaux du lac. Seule la rive nord-est fut cédée à la Syrie, soit une frontière sise à 10 mètres du rivage du lac de Tibériade, à marée haute[34],[35]. Le lac de Tibériade marquait ainsi la frontière orientale de la Palestine d'alors, tout en étant intégralement inclus dans ses frontières. Cependant, un accord franco-britannique autorisait notamment les Français à prélever de l'eau du lac de Tibériade pour l'approvisionnement des colonies syriennes et prévoyait que les droits existants sur l'utilisation des eaux du Jourdain par les habitants de la Syrie soient maintenus[36].
Lors du plan de partage de la Palestine en 1947, les territoires mandataires se trouvant dans ce secteur furent intégralement placés sous l'autorité d'Israël. Alors que les Syriens exigeaient le maintien et le respect de l'accord franco-britannique les autorisant à pomper l'eau du lac de Tibériade, Israël était disposé à n'autoriser qu'un pompage limité pour les besoins des colonies syriennes situées sur les rives du lac, à condition que sa pleine souveraineté sur le lac soit reconnue[37].
En mai 1948, la Syrie envahit le nouvel État d'Israël, et capture le territoire le long du lac de Tibériade[38]. Dans les accords de Rhodes de 1949 entre Israël et les pays arabes l'entourant, établissant les lignes d'armistice provisoires, le tracé de la frontière obligatoire fut adopté, de sorte que la mer de Galilée fut juridiquement incluse dans son intégralité au sein des frontières de l'État d'Israël[39]. Dans les faits, la Syrie prit le contrôle de la partie nord-est du lac et occupa une bande de 250 mètres de large, au pied du plateau du Golan .
En avril 1949, le président syrien Hosni al-Zaim proposa la signature d'un traité de paix avec Israël et l'installation de trois cent mille réfugiés palestiniens en Syrie en échange de la cession par Israël de la moitié du lac de Tibériade mais le président israélien David Ben Gourion rejeta cette proposition[40].
Dans les années 1950, Israël formula un plan pour relier le lac de Tibériade au reste de l'infrastructure de l'eau du pays via l'Aqueduc national d'Israël, afin de répondre à la demande en eau du pays en croissance. Le transporteur fut achevé en 1964. Le plan israélien, auquel la Ligue arabe s'opposa tout en approuvant son propre plan de dérivation des rivières du Jourdain, suscita des confrontations politiques et parfois même armées sur le bassin du Jourdain.
Depuis l'occupation israélienne du plateau du Golan en 1967, la rive orientale du lac est entièrement sous contrôle israélien, annexée de manière unilatérale par l'État hébreu en 1981. Cette annexion n'étant pas reconnue par la communauté internationale, cette dernière en demande la restitution à la Syrie qui en fait un sujet au cœur d'un éventuel processus de paix entre les deux pays.
Lors des négociations avec la Syrie en 2000, cette dernière revendiqua son droit d'accès au rivage du lac de Tibériade mais Israël rejeta cette revendication, arguant que selon les frontières de l'armistice de 1949-1967, le territoire syrien s'arrête à 10 mètres du rivage[35],[41].
Tandis qu'Israël se réclame des frontières de 1923, la Syrie voudrait un retour aux positions du , incluant donc une partie de la rive orientale du lac dans son territoire[42],[43].
Importance culturelle et religieuse
[modifier | modifier le code]Judaïsme
[modifier | modifier le code]
Le lac est un lieu de pèlerinage pour les Juifs. Les pèlerins juifs viennent y prier :
- au Mausolée de Rabbi Akiva, sur une colline surplombant le lac à Tibériade ;
- au tombeau de son disciple, Rabbi Meïr Baal Hanes, à l'entrée de la ville près des sources chaudes de Tibériade dont subsistent les restes de la synagogue de Hammath ;
- à l'ancien cimetière de Tibériade qui contient les tombes de nombreux rabbins ;
- au tombeau de Moïse Maïmonide, philosophe, médecin, savant du XIIe siècle auteur d'un éminent code de loi, le Mishné Torah.
Le lac donne son nom au kibboutz Kvoutzat Kinneret situé à proximité. Dans le cimetière de Kinneret, qui surplombe le lac, sont enterrés plusieurs idéologues socialistes et pionniers sionistes de la seconde et de la troisième aliyah. Dans ce cimetière, sont enterrées les artistes Rachel Bluwstein, connue sous le nom de Rachel hameshoreret (la poétesse Rachel) et Naomi Shemer, autrice-compositrice israélienne.
Beaucoup de chanteurs israéliens ont consacré des chansons au lac de Tibériade.
Christianisme
[modifier | modifier le code]
Le lac de Tibériade a une grande importance pour les chrétiens. Au bord de ses rives, dont les collines boisées et les petites plaines fertiles abritaient de nombreux villages de pêcheurs et d'agriculteurs, ont lieu de nombreux épisodes de la vie de Jésus, rapportés dans les Évangiles : ainsi, la première rencontre de Jésus avec ses disciples et futurs apôtres Simon (Pierre), André, Jacques et Jean (Mc, 15, 16 et Mc, 15, 19), la tempête apaisée (Lc 8, 12, 25), la pêche miraculeuse (Lc 5, 4-6), la marche sur les eaux (Mt 14, 22-33), ou la dernière apparition de Jésus aux disciples alors qu'il est ressuscité (Jn 21, verset 1).
Le lac est un lieu de pèlerinage chrétien :
- Bethsaïde, ancienne cité, sur la rive nord du lac, près de Capharnaüm ;
- Capharnaüm, ancienne cité, sur la rive nord du lac, de l'hébreu kfar (village) et Nahum (compassion, consolation). Ville où est venu prêcher Jésus et où il guérit l'esclave du centurion. Vestiges d'une synagogue monumentale et d'une église octogonale du IIIe siècle ou IVe siècle[44]. Maison de saint Pierre ;
- Chorazeïn ;
- Dôme du Mont Thabor, lieu de la Transfiguration du Christ ;
- Mont des Béatitudes, colline au nord de Tabgha, site du sermon sur la Montagne où Jésus proclama : « Heureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu ». Église des Béatitudes ;
- Tabgha, sur la rive ouest, le lieu du miracle de la multiplication des pains et des poissons par le Christ. Église de la Multiplication, église de la Primauté ;
- Koursi, le lieu du miracle de la guérison par le Christ d'un ou deux hommes possédés par des démons ;
- Yardenit, à l'extrême sud du lac, là où les eaux reconstituent le Jourdain. Aujourd'hui, des pèlerins s'y rendent pour se faire baptiser en pensant qu'il s'agit d'un des deux endroits où Jean le Baptiste baptisait, ce qui n'est pas l'avis des historiens[45].
Islam
[modifier | modifier le code]Selon un hadîth[46], son assèchement est l'un des signes mineurs de la fin des temps, qui signe l'émergence du faux-messie, le dajjal. Surtout, cet événement indique l’arrivée de Gog et de Magog, responsables de l’assèchement de ce lac.
Représentations graphiques
[modifier | modifier le code]- Fresque
- Le Christ sur la mer de Galilée (1305) par Giovanni Lanfranco à la basilique Saint-Pierre de Rome.
- Mosaïque
- La Navicella de Giotto à l'atrium de l'ancienne basilique Saint-Pierre de Rome.
- Tableaux
- Marché aux poissons (1570) de Joachim Bueckelaer, au musée de Capodimonte de Naples, où le lac est représenté dans une nature morte inversée.
- Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée (1633) de Rembrandt (volé le 18 mars 1990 au musée Isabella-Stewart-Gardner[47]).
- Christ sur le lac de Genesareth par Eugène Delacroix au Walters Art Museum de Baltimore.
- Prédication du Christ sur le lac de Génésareth (1863) par Alfred Bellet du Poisat au Musée de Brou à Bourg-en-Bresse.
- Au lac de Tibériade (1888) par Vassili Polenov à la Galerie nationale Tretiakov de Moscou.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Livre des Nombres, chapitre 34, verset 11.
- ↑ Livre des Nombres, chapitre 13, verset 27.
- ↑ (en) Avraham Negev et Shimon Gibson, Archaeological Encyclopedia of the Holy Land, Continuum, (ISBN 978-0-8264-1316-1, lire en ligne)
- ↑ Anatole Bailly ; 2020 : Hugo Chávez, Gérard Gréco, André Charbonnet, Mark De Wilde, Bernard Maréchal & contributeurs, « Le Bailly », (consulté le ).
- ↑ The Easton Bible Dictionary: Updated and Revised, "Chinnereth".
- ↑ (en-US) « Sea of Galilee – Aerial View * », sur Israel and You, (consulté le )
- ↑ https://archive.today/20150203065722/http://www.jalili48.com/pub/xENShowGallery.aspx?sub=What_Remained_of_the_destroyed&sub2=Khirbet_Al-Minya&Cid=1294
- ↑ (he) « כנרת-כללי » [« Kinneret - Généralités »] [archive du ], sur kinneret.ocean.org.il (consulté le )
- ↑ (en) Mordechai Stein, « The sedimentary and geochemical record of Neogene-Quaternary water bodies in the Dead Sea Basin - inferences for the regional paleoclimatic history », Journal of Paleolimnology, vol. 26, no 3, , p. 271–282 (ISSN 1573-0417, DOI 10.1023/A:1017529228186, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Sea of Galilee | Israel, Fishing, Map, & History | Britannica », sur www.britannica.com, (consulté le )
- ↑ D. Laferrière, « La Faille Du Jourdain Et Le Fossé Syro-Africain », Revue Biblique (1892-1940), vol. 33, no 1, , p. 85–106 (ISSN 1240-3032, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Aharon Horowitz et א' הורוביץ, « הסטראטיגראפיה של הפלייסטוקן בעמק-הירדן / the Pleistocene Stratigraphy of the Jordan Valley », Eretz-Israel: Archaeological, Historical and Geographical Studies / ארץ-ישראל: מחקרים בידיעת הארץ ועתיקותיה, vol. יג, , p. 14*–22* (ISSN 0071-108X, lire en ligne, consulté le )
- (en) Yin Lu, Nadav Wetzler, Nicolas Waldmann et Amotz Agnon, « A 220,000-year-long continuous large earthquake record on a slow-slipping plate boundary », Science Advances, vol. 6, no 48, , eaba4170 (ISSN 2375-2548, PMID 33246948, PMCID 7695470, DOI 10.1126/sciadv.aba4170, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) A. Harash et Y. Bar, « Faults, landslides and seismic hazards along the Jordan River gorge, Northern Israel », Engineering Geology, vol. 25, no 1, , p. 1–15 (ISSN 0013-7952, DOI 10.1016/0013-7952(88)90015-4, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (he) « Geology », sur kineret.org.il
- ↑ http://wldb.ilec.or.jp/Lake.asp?LakeID=ASI-09
- ↑ (he) Hagai Amit, « הקו האדום של הכנרת נהפך לבעיה של הירדנים » [« La Ligne rouge de la mer de Galilée est devenue un problème pour les Jordaniens »], sur The Marker,
- ↑ Mélanie Lidman, « Le lac de Tibériade se dirige vers son niveau le plus bas jamais enregistré », sur The Times of Israel,
- ↑ AFP, « Miracle naturel surexploité, le lac de Tibériade s’assèche », sur The Times of Israel,
- ↑ « Israël : le lac de Tibériade alimenté en eau de mer dessalée », sur lepoint.fr, (consulté le ).
- ↑ « Le lac de Tibériade atteint son plus haut niveau depuis 2004 », sur fr.timesofisrael.com, (consulté le ).
- ↑ (en) Zafrir Rinat, « Lake Kinneret Is the Fullest It's Been in Five Years, and There's More to Come », sur haaretz.com, (consulté le ).
- ↑ « Le Kinneret prospère à un niveau proche de sa capacité maximale », sur The times of Israel, .
- Sue Surkes, « Première mondiale : Israël verse de l’eau dessalée dans le lac de Tibériade presque asséché », sur fr.timesofisrael.com, (consulté le )
- ↑ « Inauguration d’un plan pour remplir le lac de Tibériade d’eau dessalée », sur The Times of Israel,
- ↑ « Première mondiale – Face à la sécheresse, Israël va faire venir de l’eau dessalée dans la mer de Galilée », sur The Times of Israel,
- ↑ (en) A Submerged Monumental Structure in the Sea of Galilee, Israel, par Yitzhak Paz1, Moshe Reshef, Zvi Ben-Avraham, Shmuel Marco, Gideon Tibor et Dani Nadel, The International Journal of Nautical Archeology, , DOI : 10.1111/1095-9270.12005.
- ↑ Voir le descriptif complet de La barque romaine du lac de Tibériade sur le site du Ministère israélien des Affaires étrangères.
- ↑ (he) « ChabadLibrarybooks.com Sefer Detail: שערי ירושלים -- רישר, משה בן מנחם מנדל », sur chabadlibrarybooks-com (consulté le ), p. 31
- ↑ (he) משה ריישר, ספר שערי ירושלים :: נבנה על י״ב שערים בכל שער מבואר דברים חדשים נפלאים מעניני אה״ק ומעמדה ותכונתה וטבעה ומספר בני ישראל אשר בה וכל המנהגים והמעשיות משנות קדם ומזמן הזה ... /, בדפוס ד. לוריא, (Imprimé par D. Luria), , 176 p. (lire en ligne)
- ↑ (en) « al-Manshiyya — المَنْشِيَّة », sur Interactive Encyclopedia of the Palestine Question – palquest (consulté le )
- ↑ « Qui sommes-nous du KKL », sur KKL de France (consulté le )
- ↑ dev, « Degânia Alef, mère de tous les kibboutzim », sur Morashá, (consulté le )
- ↑ « Entre Syrie et Israël: les cartes topographiques du Joulân-Golan, vecteurs de revendications territoriales », sur mappemonde-archive.mgm.fr (consulté le )
- (en) Gidʿôn Bîger, The Boundaries of Modern Palestine, 1840-1947, Routledge, coll. « Routledge Studies in Middle Eastern History Ser », (ISBN 978-0-7146-5654-0 et 978-0-203-30952-0), p. 145
- ↑ (en) « OFFICE OF LEGAL AFFAIRS | », sur www.un.org (consulté le )
- ↑ (trad.) Moshe Bror, Les frontières d'Israël, passé, présent et futur – Aspects géopolitiques, Yehoshua Orenstein, Yavne Publishing House, 1988, p. 162–163
- ↑ (en) « Israel and the Palestinians - a history | guardian.co.uk | guardian.co.uk », sur www.theguardian.com (consulté le )
- ↑ (en) « The Avalon Project : Israeli-Syrian General Armistice Agreement, July 20, 1949 », sur avalon.law.yale.edu (consulté le )
- ↑ (he) Dr Avishai Ben-Porat, « בעיות המים בין ארץ-ישראל לסוריה, במבט של 80 שנה » [« « Les problèmes d'eau entre la Terre d'Israël et la Syrie, dans une perspective de 80 ans » »] [archive du ], sur www.amalnet.k12.il, (consulté le )
- ↑ (he) « סנונית - לעוף מעבר לדמיון - Borders », sur www-snunit-k12-il (consulté le )
- ↑ Cahier spécial sur le Proche-Orient dans Le Monde diplomatique.
- ↑ Chibli Mallat, « Les frontières syro-israéliennes en droit international », Conférences du Cedroma, Bruxelles, Bruylant, 69-83, , p. 1-10 (lire en ligne)
- ↑ (en) Stanislao Loffreda, « Capernaum », dans Eric M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Near East, vol. 1, Oxford et New York, Oxford University Press,
- ↑ Les historiens modernes s'accordent pour localiser Ænon près de la ville de Salim en Samarie, comme l'indique l'évangile attribué à Jean (BOISMARD, 1973), (Murphy O'Connor, 1990, p. 361-363). L'autre endroit « Béthanie au-delà du Jourdain » n'est toujours pas identifié avec certitude cf. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, éd. du Cerf, Paris, 2001, p. 217.
- ↑ Récit de Nawass Ibn Samaan rapporté dans le Sahih Muslim.
- ↑ (en) Carol Cratty,Jason Hanna, « FBI: We know who was behind massive 1990 Boston art theft », sur CNN, (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Le Lac de Tibériade », Le Globe. (1902)
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :